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L. Pasteur

Extraits de deux lettres adressées à M. Sédillot, par M. littré, sur le mot microbe.

Paris, le 2fi février 1878.

Très cher confrère et ami,

Microbe et microbie sont de très bons mots. Pour désigner les animalcules je donnerais la préférence à microbe, d'abord parce que, comme vous le dites, il est plus court, puis parce qu .1 reserve microbie, substantif féminin, pour la désignation de 1 état de microbe. 5

E. Littré.

Paris, le 13 mai 1878.

Très cher confrère et ami,

Il est bien vrai que (uxpo&os et ^po'&o? signifient dans la grécité à courte vie et à longue vie. Mais, comme vous le remarquez justement, il s'agit non pas de la grécité proprement dite, mais de l'emploi que notre langage scientifique lait des radicaux grecs. Or la langue grecque a B.'cç vie, B.cùv vivre, B.OÛÇ vivant, dont le radical peut très bien figurer sous la torme be ou bie avec le sens de vivant dans aérobie anaerobie, microbe. Mon sentiment est de ne pas répondre à la critique et de laisser le mot se défendre lui-même, ce qu il fera sans doute.

E. Littré.

Mathématiques. — M. Halphen : Sur l'approximation des sommes de fonctions numériques.

— M. Poiucaré .- Sur les séries des polynômes.

Astronomie.— M. Y&mivti Mouchez informe l'Académie des excellents résultats obtenus avec le nouvel objectif de la grande lunette astronomique de l'observatoire de Paris. Depuis que cet objectif est en place, MM. Paul et Prosper Henri/ ont observé régulièrement les satellites de Saturne, d'Uranus et de Neptune, ce qui n'avait jamais pu se faire' encore à l'observatoire de Paris.

— M. E. Sléphan : Deuxième note sur les nébuleuses découvertes et observées à l'observatoire de Marseille.

— La nouvelle comète Brooks et Swift est très belle, très brillante vers le centre; son aspect est granuleux comme une nébuleuse résoluble. Sa queue est rectiligne, faible, très déliée, opposée au soleil et longue de 18 minutes environ, ainsi que nous l'apprennent les observations de M. Sléphan à l'observatoire de Marseille.

— Celles de M. G. Bigourdan à l'équatorial de la tour de l'ouest de l'observatoire de Paris se résument par ces lignes : « t\ mars, la comète est une nébulosité sans queue, ronde,

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de 2 minutes 5 de diamètre, et dont l'éclat est à peu près celui d'une étoile de G'-/'' grandeur. »

— La noie de M. Goiiessiat, relatant ses observations de la même comète, à l'observatoire de Lyon, avec l'équatorial Brunner de six pouces, dit également que la comète Swilt- Brooks se présente comme une nébulosité brillante, à peu près arrondie avec noyau bien condensé. L'auteur ajoute que, par un beau ciel, on distingue une queue rectiligne et déliée, de 13 minutes de longueur environ, dont l'angle de position était, le 2 mars, très approximativement de 11°.

— Les observations de la grande comète de septembre 1882 ont été faites avec l'équatorial de six pouces par M. G. Bigourdan au fort Tartenson (près de Fort-de-France, Martinique), choisi par M. Tisserand pour l'installation de l'observatoire du passage de Vénus sur le soleil. L'oculaire, employé du 7 au 29 novembre inclusivement, grossissait soixante-treize fois et permettait de voir le noyau de la comète 1res allongé) sensiblement rectiligne, et dans ce noyau, de temps à autre, 1rois ou quatre points plus brillants. Avec un grossissement de 155 fois, employé le 30 novembre et le 3 décembre, le noyau était dédoublé en deux condensations d'inégale intensité.

Dans plusieurs tableaux, M. Bigourdan donne les positions apparentes de la comète et les positions des étoiles de comparaison.

Mécanique. — M. H.Léaulé : Sur les trajectoires des divers points d'une bielle en mouvement.

Physique. — Dans une noie sur la théorie des machines électro-magnétiques, M. Jouberl indique une nouvelle cause de la perte de travail de ces machines, en dehors de celle qui est la conséquence de la loi de Joule, cause qui n'avait pas encore été signalée et qui lui semble devoir être de beaucoup la plus importante.

Chimie. — Après avoir étudié précédemment la manière dont se comportent les vapeurs de bisulfhydrale d'ammoniaque en présence d'un excès d'un des gaz décomposants, après avoir établi ensuite qu'on devait regarder ces vapeurs comme formées d'un simple mélange du gaz ammoniac et acide sulfhydrique, M. F. Isambert s'occupe aujourd'hui de la dissociation du bromhydrate d'hydrogène phosphore.

Ce corps, conslitué exactement comme le bisulfhydrale et qui possède déjà, à une température comprise entre 10 et 20°, une force élastique assez considérable pour que les expériences puissent se faire comme pour le sulfhydrate à la température ordinaire, suit exactement les mûmes lois de dissociation que le bisuïfhydrate. Il se dissocie ainsi en donnant naissance à de l'hydrogène phosphore et à de l'acide bromhydrique, jusqu'à ce que la pression des deux gaz atteigne une certaine limite, constante à une même température, qui croît avec elle d'abord lentement, puis plus rapidement.

— M. de Forcrand, étudiant la chaleur de formation des glycolates solides (glycolate de potasse, de soude, de chaux, de baryte, de strontiane, de zinc, de cuivre, de plomb, de magnésie et d'ammoniaque), a reconnu que les glycolates donnent constamment des nombres intermédiaires entre ceux des acétates et ceux des oxalates. Ces faits, dit l'auteur, sont d'ailleurs conformes aux propriétés chimiques générales |

des trois acides qui renferment des quanlités d'oxygène croissantes; ils permettent de se faire une idée plus exacte de l'énergie chimique de l'acide glycolique.

— Lorque, en 1881, dans une première note sur quelques composants des tourbes de la vallée de l'Aven, dans le Finistère, M. Dtcrin annonçait que les produits blancs, d'apparence paraftineuse, qui peuvent être extraits de ces tourbes, ne sont pas de la paraffine, comme on l'avait cru, mais des produits ayant les réactions des acides gras, M. Dumas émit l'opinion que ces mêmes acides gras pouvaient préexister dans les mousses spéciales qui avaient formé, par leur décomposition, les tourbières de l'Aven. Depuis lors, les recherches de l'auleur sur des mousses parfaitement saines et fraîches ont pleinement confirmé les prévisions de M. Dumas. Aussi M. Durin, dans sa nouvelle communication à l'Académie, admet-il, comme très probable, ce fait que les produits préexistants des tourbes ne sont pas des hydrocarbures formés pendant la période de décomposition végétale, mais qu'ils existaient déjà dans les mousses qui ont donné naissance aux tourbières.

Physiologie. — 11 y a huit mois environ, M. G. Uayem établissait, par une série d'expériences, que la vulnérabilité des hématoblastes jouait un rôle précieux dans le mécanisme de l'arrêt des hémorrhagies. Cependant les conditions dans lesquelles ces expériences avaient eu lieu ne permettaient pas d'affirmer en toute certitude que la paroi lésée d'un vaisseau non ouvert produit sur les hématoblastes les mêmes effets qu'un corps étranger. Aussi, désireux d'établir sans conteste ce dernier point, a-t-il entrepris de nouvelles recherches. Voici l'expérience à laquelle il a eu recours : on met à nu une artère (la carotide par exemple) chez un chien vivant, et on la comprime fortement de manière à déterminer la rupture des tuniques interne et moyenne. Au bout de cinq minutes, après avoir isolé entre deux ligatures le tronçon artériel lésé, on l'excise et on le plonge immédiatement dans un liquide qui fixe les éléments du sang. 11 est alors facile de s'assurer, à l'aide de l'examen, microscopique, que sur la fente du vaisseau se trouve étalée une quantité innombrable d'hématoblasles réunis en amas qui, après avoir pénétré dans les interstices laissés entre eux par les éléments dissociés de la paroi vasculaire, form.-nt, à la surface de la rupture, une couche de bourgeons plus ou moins volumineux. Entre ces amas sont emprisonnées des traînées de globules rouges, et à leur périphérie ou dans leur masse se voient quelques globules blancs parfaitement intacts. M. Ilavem a répété aussi ses expériences de différentes façons sur le

cheval.

En résumé, la concrétion sanguine greffée sur la paroi d'un vaisseau est formée à sa base, c'est à-dire à son point d'insertion ou d'origine, par une accumulation d'innombrables hématoblastes. C'est la, dit l'auteur de la note, une preuve de plus en faveur du rôle que jouent ces élément* dans la formation de certaines coagulations intravasculaires et du rapport qui existe entre l'intégrité de la paroi des vaisseaux et la tluidité du sang.

— D'une nouvelle étude expérimentale de M. Chauveau sur la faculté prolifique des agents virulents atténués par la chaleur et la transmission par génération de l'influence atténuante d'un premier chauffage, il résulte : 1° que celle intluence n'est pas simplement individuelle; 2° qu'elle peut se taire sentir même sur les propriétés des nouveaux agents

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auxquels donne naissance la prolilieation du protoplasma qui l'a directement éprouvée.

Zoologie. — M. B. Blanchard communique une note sur les chromatophores des céphalopodes. Ces chromatophores ne dill'èrent aucunement, quant à leur structure générale, de ceux des poissons, des batraciens et surtout des sauriens) (caméléons). Ce sont de simples cellules conjonctives, chargées de pigment et possédant au plus haut degré la faculté de pousser des prolongements amiboïdes au sein de la matière amorphe, peu consistante, qui se trouve située audessous de l'épidémie. Les chromatophores sont donc seuls actifs et les tissus ambiants ne prennent aucune part à l'accomplissement de leurs mouvements. Le chromalophore, en somme, est une sorte d'amibe chargée de pigment, vivant pour soi, indépendante du derme qui l'emprisonne et placé sous l'influence du système nerveux. Quant aux fibres rayonnantes observées chez les céphalopodes, M. H. Blanchard a pu se convaincre, par des préparations nombreuses, que c'étaient de simples fibres de tissu conjonctif, n'ayant aucune liaison avec le chromatophore. Les cellules pigmentaires contractiles de la peau des céphalopodes rentrent donc désormais dans la loi générale.

Botanique. — M. Culerim emploie, depuis plus de cinq années, le sulfocarbonate de potassium avec beaucoup de suicès dans le midi et fait connaître, dans le mémoire qu'il adresse à l'Académie, les résultats qu'il a obtenus et le meilleur mode d'emploi de cet insecticide.

Pour la région du midi, où les souches sont très espacées les unes des autres et dont le système radiculaire est très développé, on doit faire au pied de chaque cep une cuvette capable de contenir une solution toxique sans mettre les premières racines à découvert : dans chaque cuvette on verse Z|0 litres d'une solution renfermant 100 grammes de sulfocarbonate de potassium. Cependant, si les ceps ont moins de trois ans, on ne met que 70 grammes de sulfocarbonate dans 30 litres d'eau, soit 30 litres de solution. Ces doses étant beaucoup plus efficaces sur les insectes que sur les œufs, l'époque du traitement devra être celle où il n'y a que de jeunes phylloxéras sur les racines, c'est-à-dire du mois de novembre à fin avril. Enfin après imbibition complète de la solution, on applique les engrais et on recouvre les cuvettes, en ramenant la terre au pied de chaque souche traitée.

— M. B. Renault a étudié les gnôtacées du terrain houiller de Rive-de-Gier, gnétacées dont on ne connaît plus actuellement que les trois genres Ephedra, Gnelum et Welwilschia, bien qu'ils paraissent avoir occupé dans la flore du passé une place plus importante que leurs rares débris ne le feraient supposer. 11 décrit dans sa note de ce jour les organes femelles de reproduction et démontre que, à l'époque de formation du terrain houiller de Rive-de-Gier, il existait des gnétacées déjà munies d'ovaires, lesquels contenaient deux à quatre ovules unilégumentes et dépourvus des enveloppes accessoires que l'on rencontre dans les graines des gnétacées actuelles.

. Correspondance. — Elle comprend deux lettres transmises à l'Académie par le ministre du commerce et relatives à la

découverte de nouveaux moyens de combattre le phylloxéra. Ces deux lettres sont écrites l'une en anglais, l'autre en allemand; cette dernière provient de la Bohême.

Mathématiques. — M. Drouet : Transformation du mouvement circulaire eu mouvement rectiligne.

— M. Sylvesler : 1° note sur la partition des nombres; 2° transformation des produits continus en série par une méthode graphique.

— M. Pmncàré : Nouvelles recherches sur la théorie des équations linéaires.

Physique. — L'influence de l'huile répandue à la surface des vagues de la mer est l'objet d'une nouvelle communication. L'auteur, M. Thomasson, assimilerait le calme des vagues obtenu par le liquide oléagineux au retard du point d'ébtfllition d'une eau sur laquelle on aurait également versé quelques gouttes d'huile.

— M. Gouy décrit de nouvelles expériences de diffraction, faites au moyeu d'une méthode nouvelle qui permet d'étudier la lumière diil'ractée par le bord d'un écran, dans une direction très éloignée de celle des rayons incidents. Si la lumière incidente est naturelle, la lumière diil'ractée est fortement polarisée, parallèlement au bord de l'écran lorsque la diffraction a lieu du côté de l'ombre. Elle est polarisée perpendiculairement au bord de l'écran si la diilraction a lieu de l'autre côté. Si la lumière incidente est polarisée, la lumière diil'ractée l'est aussi dans un plan qui tend à être parallèle ou perpendiculaire au bord de l'écran, suivant que la diffraction se fait du côté de l'ombre ou du côté extérieur.

L'auteur de cette note indique seulement le sens général des phénomènes et annonce des expériences plus détaillées.

Cuimie. — M. Daubrée analyse un long travail de M. Châlelier sur le mécanisme de la prise du plaire et la théorie de Lavoisier.

Géographie. — Il présente aussi avec éloge le premier volume de la traduction française du célèbre voyage de M. de Nordenskjôld, voyage qui comporte, dit-il, des résultais scientifiques considérables relativement a la mer glaciale, aux aurores boréales, au magnétisme terri stre, \>>yage enfin qui n'a présenté aucune péripétie digne d'être nul.'', tout s étant passé comme il avait été prévu avant le départ. L'ouvrage est accompagné d'une série de cartes comprenant des fac-similés de 1Ù82, de 1612, etc.

Hydrologie. — Lne note envoyée par M. ^. Dumonl, ingénieur en chef des ponls et chaussées et promoteur du canal d'irrigation du Rhône, sur la possibilité d'augmenter les taux d'irrigation de ce fleuve à l'aide de réserves à établir dans les lacs de Genève, du llourget et d'Annecy, se termine par les conclusions suivantes :

Le moment est venu de reprendre l'examen et l'étude île cette importante question : la réglemt des lacs

affluents du Rhône, puisque parce moyen on pourrait assurer aux irrigations de la vallée du Rhône des volumes d'eau très importants, s'élevant à 110 mètres cubes (cent dix mètres cubes) par seconde, sans donner à la navigation de ce fleuve, qui serait en même temps améliorée, l'ombre d'un prétexte à opposition, et cela à l'aide de dépen pas-

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sant pas 3 millions. Les objections, si peu fondées d'ailleurs, qui ont été soulevées jusqu'ici par la navigation au canal d'irrigalion du Rhône disparaîtront entièrement.

Chimie. — M. Peiset, correspondant de l'Académie, qui s'occupe toujours beaucoup d'agriculture et de fermage, a été vivement surpris de voir à plusieurs reprises, depuis 1877, le lait provenant des vaches de certaines fermes se couvrir de taches hleues, en même temps que le beurre fabriqué avec ledit lait présentait un goût détestable. Tous les renseignements qu'il put obtenir des fermiers sur l'origine de ces taches, concluant à l'influence mystérieuse de sorciers, M. Reiset a cherché à se rendre compte par lui-même de la nature de ces taches. Il a bien vite reconnu qu'elles étaient le résultat d'un champignon particulier, lequel, déposé sur d'autres laits parfaitement purs, s'y développait rapidement et les altérait à leur tour. Dès lors il a combattu préventivement avec succès cette maladie du lait : 1° en exigeant que tous les vases qui servent à contenir le lait soient préalablement plongés, pendant cinq minutes, dans de l'eau bouillante; 2° en défendant, pour nettoyer lesdits vases, l'emploi de brosses ou linges qui ne seraient pas d'une extrême propreté; 3° enfin, lorsque ces moyens ne suffisent pas, il traite le lait par l'acide acétique au centième.

Anatomie. — M. Lavocat : Note sur l'appareil hyoïdien des animaux vertébrés.

Physiologie. — M. le docteur Spiridion Kaneliis (d'Athènes) adresse une note dans laquelle il expose une nouvelle théorie hémodynamique ou hydrologique de la production du premier bruit du cœur. D'après cette théorie, les causes exclusives de ce premier bruit seraient :

1° La vibration des cordes tendineuses et le frottement provoqués par le sang, lequel, par une assez grande pression, fait une irruption bruyante à travers le réseau formé par ces cordes pendant la contraction ventriculaire;

2° Le frottement du sang contre les inégalités de la paroi ventriculaire qui se trouve à se moment contractée.

Ce bruit dure donc autant, dit l'auteur, que la systole ventriculaire.

— M. Chauveau, dans une note sur le rôle de l'oxygène de l'air, dans l'atténuation des cultures virulentes par l'action de la chaleur, démontre que cette atténuation s'effectue encore mieux dans le vide qu'en présence de l'air. L'oxygène n'intervient donc pas, comme il le fait avec la méthode de M. Pasteur, dans la production de l'atténuation. Le chauffage constitue une méthode spéciale qui a son importance propre, avec laquelle il faudra nécessairement compter.

Zoologie. — L'ordre des Comatulides, qui comprend presque tous les crinoïdes actuels, est tellement homogène que sur les quatre cents espèces connues, presque toutes se rapportent aux deux genres Antedon et Aclinomelra. Deux autres genres complètent cet ordre remarquable : les genres Promachocrinus et Eudiocrinus, et ne contiennent ensemble qu'une dizaine d'espèces.

Toutes les Comatulides connues présentent au moins dix bras ; seuls les Eudiocrinus n'en ont que cinq ; des quatre espèces décrites, l'une a été décrite par Semper sous le nom A'Ophiocrinus; elle n'est représentée que par un seul échantillon : les trois autres, décrites en juin 1882 par M. Herbert

Carpenter, proviennent toutes de l'expédition du Challenger et habitent les régions profondes de l'océan Pacifique où l'on croyait les Eudiocrinus exclusivement confinés. Dans les collections rapportées par le Travailleur, M. Edmond Perrier vient de trouver une quinzaine à' Eudiocrinus; ce genre rare et singulier appartient donc à l'Atlantique comme au Pacifique. Le nouvel Eudiocrinus portera le nom d' Eudiocrinus allanticus.

A cet égard, M. Perrier fait remarquer que V Eudiocrinus allanticus représente une modification essentiellement nageuse du type comatule ; c'est donc un crinoïde très modifié. On est souvent porté à croire que les animaux des grandes profondeurs appartiennent aux formes les plus simples de leurs groupes respectifs.

M. Perrier considère cette conclusion comme inexacte. Si l'on admet que l'évolution des formes vivantes s'est produite dans l'ordre qu'il a développé dans ses Colonies animales, on est, au contraire, frappé de voir les formes les plus simples et les formes les plus normales en quelque sorte de chaque groupe, confinées dans les régions littorales ou peu profondes, tandis que les formes abyssales sont toutes, au contraire, des formes modifiées, ce qui ne veut pas dire élevées. On doit en conclure que les abîmes de la mer ont été graduellement peuplés par des êtres descendus des régions littorales ou sublittorales. Comme les conditions d'existence demeurent exactement les mêmes à partir d'une certaine profondeur, les êtres parvenus à cette profondeur, qu'ils y soient descendus des régions chaudes du globe ou des régions froides, ont dû se répandre partout ; de là cette uniformité de composition de la faune abyssale dans toutes les régions du globe; de là aussi la variété des espèces qui caractérisent cette faune.

— On sait que la grande lamproie marine remonte les fleuves souvent à de grandes distances. De plus, on croyait généralement qu'elle déposait ses ceuts comme nombre d'autres poissons, et que. les mâles les fécondaient ensuite. Cependant des observations faites par M. Ferry, sur une lamproie placée dans un bocal, et relatées dans la note qu'il présente à l'Académie, il résulterait que la fécondation a lieu dans le corps même de la femelle par suite de rapprochements sexuels; en effet, quelques jours après la ponte de cette lamproie, M. Ferry voyait éclore déjeunes sujets.

Dans sa note, l'auteur étudie aussi la migration de la lamproie marine.

Géologie. — M. Damour donne lecture d'une très intéressante note sur une nouvelle espèce minérale, un borate d'alumine cristallisé, qui a été recueilli dans les monts Soktoai, près d'Adoun-Tchilon (Sibérie orientale), par M. Jéréméieu, ingénieur au corps des mines de la Russie et conseiller d'État.

Au premier aspect ce minéral pouvait être confondu avec un béryl, une tourmaline ou une apatite. 11 se montre cristallisé en prismes hexagonaux réguliers, transparents et à peu près incolores. Sa dureté = 6,50; sa densité =3,28. Sa cassure est vitreuse et sans clivages apparents. Chauffé dans le matras au rouge naissant, il ne laisse dégager ni humidité ni aucun corps volatil. Au chalumeau il perd sa transparence, blanchit et communique à la flamme la coloration verte caractéristique de l'acide borique. Il se dissout dans le borax et dans le sel de phosphore en donnant un verre incolore et transparent . Humecté de nitrate de cobalt et

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