REVUE DU TEMPS. — FÉVRIER
chauffé fortement, il prend une belle teinte bleue. Fondu avec le bisulfate de potasse, il se dissout : la masse fondue étant reprise par l'eau chaude donne une liqueur incolore et sans résidu appréciable.
Réduit en poudre très fine et chauffé dans une dissolution très concentrée de potasse caustique, il se dissout, ne laissant qu'un faible résidu d'oxyde ferrique. Les acides ne l'attaquent pas avant qu'il ait été calciné; mais, après une forte calcination, l'acide sulfurique chauffé à + 300° le dissout avec lenteur. La dissolution est facilitée par l'addition d'une petite quantité d'acide fluorhydrique.
Lorsqu'on chauffe ce minéral à la température du rouge blanc , dans un creuset en platine, il perd jusqu'à 33 pour 100 de son poids; sur le couvercle du creuset il se condense des gouttelettes vitreuses incolores et formées d'acide borique. Cette quantité de 33 pour 100 ne représente pas la proportion totale de l'acide borique contenu dans le minéral, car, lorsqu'on l'attaque ensuite par l'acide sulfurique, le sel alumineux que l'on obtient communique encore à la flamme de l'alcool la couleur verte qui caractérise l'acide borique.
La moyenne des trois analyses que M. Damour a faites des échantillons de borate d'alumine cristallisé qui lui avaient été envoyés par MM. Arzruni et Webski lui a donné les nombres suivants :
Oxygène. Rapports.
Acide borique (dosé par
différence,) .... 10,19 27,jj I
Alumine i)o,03 25,63 ) „ . „t .
Oxyde ferrique .... 1,08 1,22 \ '
Potasse 0,70
Ces résultats donnent le rapport très simple de 1 : 1 et permettent d'assigner à ce composé la formule A1!03,B03.
M. Damour, d'accord avec MM. Arzruni et Webski, propose de donner à cette nouvelle espèce minérale le nom de Jéré- Méievile, en souvenir du savant ingénieur qui, le premier, l'a signalée à l'attention des minéralogistes.
E. Rivière.