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LES INDIENS DES K'HTS-I NIS

radis terrestre. La chaîne si belle et si pittoresque des montagnes Rocheuses passe là; cetterégion estpleine de bisons, d'élans, de cerfs, de daims, d'ours, d'antilopes. L'antilope paît dans les vallées par milliers et ces animaux sont comme apprivoisés.

Les Indiens mangent la chair de ces bêtes, vendent leurs peaux, font peu d'agriculture. En 1882, ils ont vendu 2400 robes de buffle à 6 dollars et demi l'une; en 4883, 1500 robes à 7 dollars; en 1884, 500 robes à 7 dollars et demi. On voit que le bison diminue ici d'année en année, comme partout. L'agent pense qu'ils n'en tueront pas plus de 200 cette année.

En 1883, les Indiens ont vendu 4500 peaux d'élan et de daim, pesant 9000 livres, à 7 dollars 15 cents la livre, et, en 1884, 6000 peaux pesant 12 000 livres, à 7 dollars 75 cents. Enfin, ils ont vendu pour 1000 dollars d'autres fourrures, peaux d'ours, de renards, etc. L'élan, le cerf disparaîtront encore plus vite que le buffle; car leur chair est meilleure, et les Indiens les chassent autant pour trafiquer leurs peaux que pour se nourrir de leur chair. Et en même temps que ces animaux disparaissent, l'indigène aussi disparaît.

L'Utah, le pays des Mormons, a deux agences, qui ont une étendue de 1700 000 hectares, et deux réserves fixées par des décrets de 1861 et 1882, et où sont les Yutes, qui sont au nombre de 2699, appartenant à différentes bandes, les Yutes-Pavant, les Yutes- Tabequaches, les Gosh-Utes, et dont 390 sont hors des réserves. Ce sont les Indiens de la nation des Yutes ou Utes, qui ont donné leur nom au terriloire d'Utah, qu'ils occupaient avant l'arrivée des blancs, en s'étendant jusqu'aux régions qui forment aujourd'hui le Colorado, le Nevada, l'Idaho.

Dans le Nouveau-Mexique, il y a 30 000 Indiens, quatre agences et quatre réserves (en réalité vingtdeux) d'une superficie de plus de 3 800 000 hectares, confirmées par un acte du Congrès de 1858, un traité de 186s, et deux décrets de 1873 et 1877, pour les Apaches Mescaleros et Jicarillas, les Navajos, dont on vient de rectifier la réserve par un cadastre plus exact (1), et les Pueblos, qui ont à eux seuls dix-neuf petites réserves. Ceux-ci semblent appartenir à un rameau des Aztèques; on les appelle aussi les Moquis, et ce sont les plus civilisés de tous ces Indiens. Ils bâtissent et leurs pères ont bâti des maisons, des villages ou pueblos dans les roches et avec les matériaux tendres du pays, et l'on y monte par des escaliers taillés dans le roc, ou par des échelles. Les Pueblos, comme aussi les Navajos, sont industrieux, élèvent des moutons, filent, peignent et tissent la laine, en font des couvertures, des manteaux qui rappellent les saiwpes du Mexique. Ils fabriquent aussi très habilement la poterie et des paniers. La majeure partie de la réserve des Pueblos

(1) Le Congrès a consacra, dans sa dernière session de 1884, la somme de uOOUO dollars à la rectification du cadastre des réserves.

provient d'anciens contrats datant du temps de la domination espagnole et qui ont été confirmés par les États-Unis, qui ont augmenté cette réserve de plus de 100 000 hectares.

Dans l'Arizona, il y a quatre agences, neuf réserves, fixées par des actes du Congrès de 1859 et 1865 et des décrets subséquents. Ces réserves ont une étendue de plus de 2 millions et demi d'bectares et renferment 21 163 Indiens, dont 2464 sont hors des réserves. Les Indiens de l'Arizona sont les Mohaves, les Yumas, qui pénètrent aussi en Californie, limitrophe de l'Arizona, les Tontos, les Apaches, les Papagos, les Pimas, les Maricopas, les Navajos, les Moquis ou Pueblos.

Dans l'Arizona, comme dans le Nouveau-Mexique, les noms de toutes les tribus sont espagnols, comme ils étaient tout à l'heure, pour le Dakota, le Montana, l'Idaho, le territoire français de Washington. Cela s'explique parce que le Mexique a possédé ces deux provinces et la Californie de 1540 à 1848.

Tous les Indiens de l'Arizona et du Nouveau-Mexique sont pacifiques et travailleurs, et ne donnent aucun souci aux États-Unis. Us étaient ainsi lors de l'arrivée des Espagnols. Il n'y a qu'une partie des Apaches qui sont belliqueux, indépendants, nomades, vivant hors des réserves. Us viennent de se révolter et de passer, quand ils ont été vaincus, au Mexique, où sont leurs frères, les Apaches de la Sonora.

Dès la fin de mai 1885, et jusque dans le milieu de juin, plusieurs bandes hostiles d'Apaches, dans le sud, ont pillé et massacré les colons, qu'ils ont scalpés, au nombre d'une vingtaine; ils ont arrêté les courriers, dévasté les fermes. Le secrétaire de la guerre a écrit au général commandant les troupes cantonnées dans les forts de l'Arizona, de tirer vengeance de ces outrages. Cinq cents hommes ont été envoyés en Arizona et dans l'ouest du Nouveau-Mexique pour renforcer les troupes locales. Le chef des Apaches révoltés, Geronimo, était à la tète des Indiens. Heureusement que le gouvernement n'a pas tardé de venir à bout de ces soulèvements, grâce à la bravoure du général Crook et de ses soldais; mais une partie de ces bandes sauvages a pu mettre la frontière mexicaine entre elle et les États-Unis.

L'Arizona, le Nouveau-Mexique, la Californie, le Nevada, le versant occidental du Colorado, l'Idaho, l'Utah, l'Orégon et le territoire de Washington, en un mot, toute la région des États-Unis qui est à l'ouest des montagnes Rocheuses, ont été cédés aux Américains par le traité de Cuadalupe-IIidalgo, au commencement de 1848, après la prise de Mexico par le général Scolt, qui eut lieu en 1847, et où prit part le capitaine, depuis le général Grant. Cette guerre entre le Mexique et les États-Unis était survenue a la suite de l'annexion par les États-Unis du Texas, limitrophe de la frontière mexicaine.

Par une coïncidence singulière, ce fut au même moment où la Californie était cédée aux Américains, que

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