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M. BADODREAU. — LA THEORIE DU PIQUET

l'or fut découvert, par hasard, un beau matin du mois de février 1848, sur le Sacramento, à la scierie du capitaine Sutter, un ancien garde suisse de Charles X, émigré aux États-Unis en 1830 et de là en Californie.

Le Nevada faisait alors partie de la Californie. C'est là qu'en 1860, l'argent fut aussi découvert d'une façon imprévue par des orpailleurs à bout de ressources, venus des placers du Sacramento par les cols de la sierra Nevada. Us trouvèrent le minerai d'argent au lieu de l'or qu'ils cherchaient dans celte région alors déserte, et fréquentée seulement par les Indiens. Cette découverte eut lieu en 1860, et bientôt après celle de l'or, et plus lard aussi de l'argent en très grande quantité, dans le Colorado, l'Idaho, leWyoming, l'Arizona, le Nouveau- Mexique, si bien que les États-Unis produisirent un moment 500 millions d'or et d'argent, et en produisent encore 400, la moitié de la production du globe. Tout cela étonna le monde et appela tous lesémigrants en foule, comme l'avait fait, dix ans auparavant, la découverte de l'or en Californie, et, en 1851, celle de l'or en Australie, toutes découvertes qui enrichirent ou ruinèrent tant de gens. C'est aux mines de Nevada que le richissime M. Mac Kay a fait son étonnante fortune, après les plus modestes débuts à Sau-Francisco.

En résumant tous les éléments qui se rapportent à la distribution de la population indienne dans les différents États ou territoires de l'Union, on voit que 264 000 Indiens, qui peuvent représenter 66 000 familles, sont répartis en 157 réserves, comprenant 61 agences, et que ces réserves occupent au delà de 137 766 000 acres, soit 55 millions d'hectares.

En donnant à chacune de ces familles la quotité réglementaire réservée aux colons, c'est-à-dire 160 acres ou 64 hectares, on économiserait 50 millions d'hectares, qu'attendent les émigrants, les fermiers; car aujourd'hui les autres terres publiques colouisables sont à peu près toutes occupées.

Il est certain que les États-Unis vont recourir un jour ou l'autre à la combinaison dont nous parlons, et déjà, leurs journaux, en tête le New-York Heraid, remplissent leurs colonnes de ces discussions dont le Congrès aussi a retenti, et partout on présente tous les documents et tous les chiffres à l'appui de cette cause: « Il faut livrer, dit-on, ces immenses terres, la plupart si fécondes, si bien arrosées, à la culture, à la colonisation, au peuplement des blancs, des races civilisées, au lieu de les laisser entièrement à la merci des Indiens, dans l'unique but qu'ils y chassent le bison et fassent paître leur maigre bétail. »

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