‹ Collection d'articles, de rapports et de lettresChapitre 242 sur 354 · SÉBIE. — REVUE SCIENTIFIQUE. — XXXVII · texte numérisé non relu

SÉBIE. — REVUE SCIENTIFIQUE. — XXXVII

graphie microscopique, étaient roulées dans un tuyau de plume d'oie fixée à l'une des pennes caudales de l'oiseau, au moyen d'un fil de soie ciré, et ce léger fardeau ne retardait en rien le vol du pigeon (fig. 50).

Quel sort, croyez-vous, fut réservé à ces fidèles messagers? Furent-ils, comme les pigeons de Leyde, entourés d'une sorte de culte ? Hélas, non ! M. Gobin, dans son livre sur les pigeons de volière, nous apprend, en effet, que ces malheureux oiseaux, qui auraient dû être pieusement élevés aux frais de l'État, furent vendus aux enchères et mangés par ceux-là mêmes qu'ils avaient cherché à sauver. On commence cependant à se rendre mieux compte de l'utilité des pigeonsvoyageurs, en temps de guerre ; il y a quelques années, un pigeonnier militaire a été installé au Jardin d'acclimatation, et vous avez pu voir, ces jours derniers, sur les murs de Paris, une affiche officielle prescrivant le recensement de ces oiseaux. Je rappellerai, en outre, que dans un congrès ornithologique réuni à Vienne, en 1884, il a été réclamé, de la façon la plus expresse, une proteelion beaucoup plus efficace des pigeons messagers, qui sont très souvent victimes de l'ignorance des chasseurs.

Dans le cours des discussions qui eurent lieu au sein de ce même congrès, quelques membres avaient également demandé que l'on plaçât sous la sauvegarde des lois toute une catégorie de gibier, qui constitue, pour ainsi dire, une propriété internationale, puisque sa destruction, dans une contrée, diminue considérablement les ressources cynégétiques des pays voisins. En tète de cette catégorie ils plaçaient, avec raison, les caiiles, que leur humeur nomade expose à des dangers particuliers.

Ces gallinacés, en effet, semblent ne pouvoir tenir eu place, et, tandis que certains d'entre eux sont encore occupés à couver dans nos contrées, d'autres sont déjà en route pour l'Egypte, oi'i ils se montrent dès la fin du mois d'août. La grande émigration descailles a lieu, toutefois, dans le courant de septembre; elle se continue pendant le mois d'octobre el se termine en novembre. Celte durée insolite du passage d'automne provient de ce que les cailles ne se donnent point rendez-vous dans un point déterminé pour partir toutes ensemble. Elles s'en vont isolément, et c'est le long de la route, par l'agglomération successive des émigrants, que se forment les bandes innombrables qui visitent l'Europe méridionale. Dans leurs voyages, les cailles se tiennent le plus longtemps qu'elles peuvent au-dessus de la terre ferme, el certaines d'entre elles, au lieu de franchir la Méditerranée en ligne droite, préfèrent suivre la péninsule ibérique ou passer à travers l'Espagne. Beaucoup, néanmoins, se montrent plus hardies et risquenl le passage direct. Si le vent est favorable, elles parviennent sans trop d'encombre sur l'autre rive de la Méditerranée. Parfois, cependant, le temps, propice au début du voyage, se gâte pendant

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