M. PIDERIT. - LA MIMIQUE DE LA BOUCHE
grosses bottes de foin qu'on distribuait autour de leurs terriers ».
D'autre part, ajoute M™ Pommery, partout où l'on découvre un peu les monceaux de craie, demeure habituelle des lapins, on voit des tas de cadavres de deux,
trois, quatre et cinq lapins.
Pasteur,
de l'Institut.
PSYCHOLOGIE La physionomie de la bouche (1).
Les muscles de la bouche ont une triple destination; ils servent soit à l'articulation des sons, soit à seconder l'activité du goiH, soit à seconder l'activité de l'ouïe.
Nous n'étudierons que les mouvements des muscles buccaux qui se rapportent au goût.
Mouvements des muscles buccaux dans leurs rapports avec le goût. — Le goût est de tous les sens celui qui se développe le plus tôt et qui prévaut de la première à la dernière heure de notre vie. Nul autre ne domine l'homme aussi tôt, avec autant de puissance; nul ne lui reste aussi longtemps fidèle.
Devant la cavité buccale, ainsi que devant l'orbite oculaire, se trouve un muscle circulaire, plat. Ce muscle orbiculaire des lèvres possède, comme l'orbiculaire des paupières, en son milieu une fente horizontale; comme les bords de l'orifice perpétuel, les bords de l'ouverture buccale sont recouverts d'une membrane muqueuse, humide, rosée; et, comme l'œil, la bouche, chez l'homme adulte du moins, est garnie de poils.
Abstraction faite des muscles moteurs de la mâchoire inférieure, l'orifice buccal est fermé par la contraction du muscle orbiculaire des lèvres et ouvert parles antagonistes de ce muscle, fixés à son bord extérieur.
L'orifice buccal peut donc aussi subir les plus grandes variations de forme; et en vertu de cette variété de mouvement, la bouche jouit, en ce qui touche l'expression mimique du visage, d'une importance au moins aussi grande que les yeux.
A. — Le trait amer. — Lorsqu'un objet quelconque, perceptible au goût, est placé sur la langue immobile, la sensation due à ce contact est très vague et imparfaite; c'est seulement quand la face supérieure de la langue est pressée contre la voûte osseuse du palais, qu'une impression complète de l'objet peut se produire sur les nerfs du goût. On sait que c'est dans les papilles caliciformes placées sur la face supérieure de la langue que se trouvent les extrémités des nerfs gustalifs.
(1) Extrait de la Mimique et la I'hysiognomnnie, par Th. Piderit; traduit, de l'allemand d'après la seconde édition, par M. A. Girot, ouvrage qui paraîtra très prochainement à la librairie Alcan.
De là vient que si, dans la mastication, on rencontre inopinément un objnt d'une saveur désagréable, on sépare brusquement les deux mâchoires l'une de l'autre afin de tenir la langue aussi loin que possible du palais, c'est-à-dire alin d'éviter autant que possible un frottement de la face supérieure de la langue et une répétition de cette sensation gustative désagréable. Ce mouvement des mâchoires est accompagné d'un mouvement analogue de la bouche; la lèvre supérieure est éloignée le plus possible de la lèvre inférieure, comme le palais l'est de la langue, par le fait que les muscles releveurs de la lèvre supérieure et des ailes du nez la tirent en haut. Chacun de ces deux muscles naît à proximité du coin intérieur de l'œil et se termine par deux pointes, dont l'une va s'attacher à l'aile du nez et l'autre à la lèvre supérieure au milieu de sa moitié latérale. Quand ces deux muscles entrent en jeu, l'expression du visage se modifie d'une manière originale. Le rebord rouge delà lèvre supérieure est attiré en haut, au milieu de sa moitié latérale, et entre ces deux points la lèvre supérieure est ren-
, 20. — Trait amer.
Fig. 2!. — Trait amer avec rides verticales sur le front.
versée, de sorte que la ligne de profil de la lèvre supérieure paraît un peu brisée ; en même temps, les ailes du nez sont relevées et alors les deux sillons naso-latéraux, c'est-à-dire les sillons qui, parlant des ailes du nez, se dirigent obliquement et se continuent jusqu'à la commissure des lèvres apparaissent, près des ailes du nez, fortement prononcés et singulièrement rectilignes. Dans ce mouvement de la bouche, la peau du dos du nez se plisse également, par suite du relèvement des ailes (fig. 20).
Cette expression du visage, qui vient d'être dépeinte, apparaît tout d'abord avec des sensations désagréables, amères du goût, et se répète aussi avec des représentations et des dispositions très désagréables, avec celles dont on caractérise d'une façon bien significative la nature désagréable par le mot amer.
Combinaisons mimiques. — Tandis que, dans des représentations et des dispositions désagréables, la peau du front seule est plissée verticalement, le trait amer apparaît aussi dans des représentations et des dispositions très désagréables (fig. 21).
Toutefois, la signification et l'importance de cette expression du visage varient essentiellement suivant la nature du