‹ Collection d'articles, de rapports et de lettresChapitre 321 sur 354 · janvier · texte numérisé non relu

janvier

M. I . Tisserand : Sur la probabilité des erreurs. — M. J Birtrand : Probabilité du iir à la cible. — M. de Jonguib es : Sur quelques notiois, principes et formules qui interviennent dans plusieurs questions concernant les courbes et les surfaces algébriques.— M.E. Bouché : Sur la durée du jeu.— .1/. I oijtr : Sur un problème du calcul des probabilités. — M. G. Humbeil : Sur les lignes de courbure des cyelides. — M. Uadainard : Le rayon de convergence des séries ordonnées suivant les puissances d'une variable. — M. Léon Antonne .' Application des substitutions quadratiques crémoniennes à l'intégration de l'équation différentielle du premier orJre. — .)/. S. Pilicherle : Sur une généralisation des fonctions eulériennes. — M. Félix Lucas: Résolution électrique des équations algébriques. — M. Ilayer : Sur les distances moyennes des planètes au soleil. — M. P. Tacchini : Résumé des observations solaires faites a Rome pendant le quatrième trimestre do 1S81. — Dom E. Sifferl : Sur les phases de Jupiter.— .1/. Ch -Y. Znvjer : La loi gépét i' du mouvement planétaire appliquée aux planètes entre Mars ot Jupiter. — M. E. Detaw ier : Recherches expérimentales sur la pondérabllilé do l'éther.

— M. Journée : Sur la vitesse de propagation du son produit par les armes à feu. — M. Emile Colin : Sur la direction des ballons. — M. l'inspi H gênerai de la navigation : Crues et diminutions quotidiennes de la Seine pendant l'année 1887. — M. A. Dille : Action de l'acide vanadique dans les fluorures alcalins. — .!/. Engtl : Action de l'acide chlorhvdriquo sur le chlorure cuivrique; le chlorhydrate de chlorure cuivrique. — -'/■ A. -Gabriel Poncllei : Sur des combinaisons de dérivés métalliques des phénols avec les chlorures mercureux et cuivreux. — M. C. htrati : Sur les franceincs. — M. A. Lindet : Sur le dosage des bases dans les phlegmes industriels. — .1/. Maquenne : Sur l'acide galactose-carbonique. — M. G- lîi uel : Dosage des alcools supérieurs, dans les alcools, liqueurs, vins, et recherche qualitative des autres principes toxiques qui peuvent se trouver dans ces alcools.

— M. CL Martin : De l'anesthésie prolongée et continue par lo mélange de protoxyde d'azote et d'oxygèce sous pression (méthode Paul Bert). — M. A. Béehamp : Sur la zymase de l'air expiré par l'homme sain. — M. A. tittlel : Le cycle évolutif et les variations morphologiques d'une nouvelle bac'.ériacée marine (Bacterium laminariœ). — Dom Lamey : Étude relative aux doctrines scientifiques des anciens et a la valeur scientifique de Yliytemorpliisme. — MM. Rieisch, Joberl et Murlinund : L'épidémie des porcs à Marseille, en 1S87.

— M. Ii. Kafilei- : Sur la double forme de spermatozoïdes chez le Mure» brandaris et le Mmex tt unculus et le développement de ces spermaU zoldes. -- M. Camille Btunolte : Recherches sur la structure de l'œil chez nu Bn nchU mina. — MM. .1. Giard et /. Uonnier : Sur deux nouveaux genres d'épicaridos [Probopyrus et Palegyge). — M. Iteunann Fol : Structure microscopique des muscles des mollusques. — M. Louis Houle : Structure histologique d'un Oligocltœle marin appartenant à un genre nouveau. — M. Maurice^ llovelacque : Les liges souterraines de Y l'ti ieulai ia ntouluna. — M. Emile .)!(>■: Des causes qui produisent l'excentricité de la moelle dans les sapins.

— M.Rvij de Morunde : Note sur les niveaux de la mer aux diverses époques géologiques. — .1/. Stanislas Meunier : Contribution à l'histoire des organismes problématiques des ancieunes mers. — ;(/. Aristide Duntont ." Note sur l'état actuel de la question des eaux de la ville do Lyon et sur uo projet complémentaire proposé. — M. G.-F. llissct : Nouvelles expériences relatives à la désinfection antiphylloxérique des plants de v^g^e. — .1/. .1. Coi nu : Sur le cadran solaire portatif de M. Faivre.

Astronomie. — M. P. Tacchini présente le résumé de ses observations solaires faites à Rome pendant le quatrième trimestre de 1887. Pendant ce temps, la saison a été peu favorable; elle a, par suite, beaucoup limité le nombre des jours d'observations; il a été de 55 pour les taches et les facules, savoir : 19 en octobre, 17 en novembre, 19 en dé cembre.

La diminution des taches, déjà constatée en septembre, a continué en octobre et même en novembre, de sorte que la fréquence moyenne des taches et des groupes est encore plus petite pour le quatrième que pour le troisième trimestre. De plus, l'auteur fait remarquer que les périodes du (3 au 17 octobre, du 28 octobre au !x novembre, du 21 novembre au 1er décembre ont été sans taches. Quant aux protubérances, elles présentent aussi une diminution pendant le quatrième trimestre de 1887; mais les alternatives ne correspondent pas aux périodes de niaxiiua et niinima secondaires des taches, ainsi que M. Tacchini Pavait déjà fait remarquer précédemment. Enfin quelque* éruptions ont

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été observées en novembre et décembre, mais toujours faibles.

— Bien que les phases de Jupiter ne soient pas aussi sensibles que celles de Mars, par exemple, Dom E. Sijferl a pu faire un grand nombre d'observations qui les mettent en évidence, ainsi que le démontre le tableau des observations de 1885 qu'il présente à l'Académie.

La majeure partie des observations a été faite à l'observatoire de Grignon, à l'aide du petit équatorial de 10 centimètres d'ouverture, dont Dom E. Sifl'ert se servait pour dessiner les aspects variables de Jupiter. Les dessins obtenus montrent le plus souvent, sauf au voisinage de l'apparition, un petit croissant moins lumineux qui se présente constamment du côté réellement opposé au soleil.

Hydrographie. — M. l'Inspecteur général de la navigation transmet à l'Académie les^états des crues et diminutions de la Seine, observées chaque jour au Pont-Royal et au pont de la Tournelle pendant l'année 1887. De ce rapport, il résulte les faits suivants :

1° Les plus hautes eaux ont été observées : à l'échelle de la Tournelle, le 1" janvier, à la cote de 3m,45, et à l'échelle du Pont-Royal, le même jour, à la cote de V",50 ;

2" Les plus basses eaux ont été observées : à l'échelle de la Tournelle, le 1er septembre, à la cote de 0m,10, et à l'échelle du Pont-Royal, le même jour, à la cote de lm,57.

Chimie. — Continuant ses recherches sur l'acide vanadique, M. A. DiUe s'occupe, dans sa note d'aujourd'hui, de l'action de cet acide sur les fluorures alcalins :

1° Sur le fluorure de sodium avec lequel il a obtenu, à l'aide de divers procédés, des composés tout à fait analogues à ceux qui lui ont été fournis par le fluorure de potassium ;

2° Sur le fluorure d'ammonium en dissolution. Parmi les composés obtenus, celui qui est représenté par de beaux cristaux transparents, brillants, jaune citron, et dont la formule est VO5, 2 Az H'1 FI, k HO, est aussi celui qui prend naissance avec la plus grande facilité dans l'action du fluorure d'ammonium sur l'acide vanadique. H correspond ides combinaisons analogues formées par les fluorures de potassium et.de sodium.

Enfin M. Ditte fait remarquer que l'acide vanadique attaque également les fluorures métalliques.

— Dans une communication précédente, M. Eng'el fait remarquer que les chlorhydrates de chlorure paraissent être, en général, plus solubles que les chlorures correspondants, et que, lorsque l'acide chlorhydrique détermine une augmentation de la solubilité d'un chlorure, ce phénomène, qui constitue une exception à la loi générale qui régit l'action de l'acide chlorhydrique sur la solubilité des chlorures, parait devoir être attribué à la formation, au sein de la solution, d'une combinaison définie du chlorure avec l'acide chlorhydrique.

Cette observation a conduit l'auteur à admettre, dans le cas particulier du chlorure de cuivre, l'existence d'un chlorhydrate de chlorure qu'il a pu, en effet, isoler sous la forme de belles aiguilles d'un rouge grenat foncé.

Exposé à l'air sec, ce sel perd immédiatement de l'acide chlorhydrique et devient vert. Quelques secondes suffisent pour que celte transformation soit complète, lorsque le

corps est en couche mince et que l'acide clilorhydrique est entraîné par un courant d'air.

— Ayant repris l'étude du produit que l'on obtient en traitant le phénol sodé ou bien une solution de phénol dans la soude caustique par le chlorure mercurique, M. Gabrtet Pouchel a reconnu qu'il se forme une combinaison beaucoup plus complexe que celle qui correspondrait aux produits appelés phénate ou oxyphénale de mercure. Le précipité, qui prend naissance dans de semblables conditions, présente une composition constante qui est représentée par la formule (C6 115 0)- Ilg, HgiClI, 4H»0, ainsi que M. Pouchet l'a constaté à la suite d'un certain nombre d'analyses.

Le phénol [t de la naphtaline et le phénol x. de l'anthracène donnent aussi des combinaisons du même genre dont les formules sont (C10 117 O)2 Hg, 11g- Cl-, '( I1H) et (C14 H9 O)2 Hg, Hg2 Cl2, à h- 0.

Afin d'établir avec la plus entière certitude la constitution de ces composés, l'auteur a préparé aussi avec le chlorure cuivrique les combinaisons correspondantes de ces composés. Il étudie en ce moment les propriétés thérapeutiques de ces composés auxquels il donne le nom de mercure-phënol-calomel , mercure-naphlol-calomel et mercureàntkrol- calomelj soit qu'on les emploie en injections intra-musculaires pour remplacer le calomel ou l'oxyde jaune, soit qu'on les utilise à titre d'antiseptiques, notamment pour réaliser l'antiseptie intestinale.

— Pendant l'étude qu'il a entreprise, pour obtenir des dérivés sulfoniques de la benzine, riches en chlore, M. C. I.Urati a observé la production d'une série de corps nouveaux possédant presque tous des propriétés colorantes, auxquels il a donné le nom générique de francéines et dont voici les principales propriétés :

Toutes, sauf deux, sont solubles dans les alcalis et peuvent donner des sels neutres très solubles dans l'eau. Toutes sont plus ou moins solubles dans l'alcool et donnent assez souvent de magnifiques solutions colorées du plus intense dichroïsme. Soit en solution alcoolique, soit en solution alcaline et dans ce cas à l'aide d'un mordant, elles peinent colorer le coton, le fil de lin, la laine et surtout la soie, eu donnant des teintes qui varient depuis le vieux rote jusqu'au marron ou même au café au lait foncé.

La vivacité de la coloration des francéines et leur tendance vers le rouge sont en raison directe de leur teneur chlore.

A mesure que la teneur en chlore augmente, on voit s'accroître eu même temps la tendance vers le rouge, et les corps solides ont une cassure conchoïdale et un aspect métallique à reflet vert noirâtre, surtout pour la francéine qu'on obtient avec le corps C'HCl1.

— On sait que les hygiénistes se sont, depuis quelque temps, préoccupés de la présence, dans les alcools commerciaux, de bases organiques, auxquelles ils ont attribué une action toxique, et que plusieurs auteurs ont considérées comme des bases pyridiques, bien que leur constitution soit encore mal connue.

Ayant entrepris de rechercher une méthodequi permît de les doser même sur de faibles quantités d'alcool et san> recourir à la distillation fractionnée, il a semblé à .)/. /.. I.indel qu'une méthode reposant sur la transformation de ces bases eu ammoniaque et sur le dosage alcalimétrique de

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l'ammoniaque permettrait d'évaluer la quantité de bases contenues dans un alcool.

M. Lindet s'est donc servi, en lui faisant subir quelques modifications, du procédé imaginé par M. Kjeldahl pour le dosage de l'azote dans les engrais, procédé qui se prête parfaitement à cette transformation.

Cette méthode est d'une grande sensibilité, elle permet aisément de doser dans un flegme 1/1000 000 de base; elle est, de plus, d'une parfaite exactitude.

— M. Schùtzenberger a fait voir le premier, en partant du sucre interverti, que les glucoses, sous l'influence de l'acide cyanhydrique et de l'eau, peuvent donner naissance à des acides alcools en C,7 que l'on peut considérer comme des acides hexaoxyheptyliques, sans rien préjuger d'ailleurs sur la structure de leur chaîne. M . Maquenne a lui-même montré, il y a quelque temps, que cette réaction a lieu avec la dextrose ou la lévulose pris isolément, et que les acides qui en dérivent ont un pouvoir rotatoire inverse à celui des sucres générateurs; enfin, plus récemment, Kiliani, par une étude complète de ces dérivés, a réussi à établir leur constitution et, par suite, celle de la dextrose et de la lévulose.

M. Maquenne a reconnu que la galactose, non encore étudiée à ce point de vue, peut aussi fixer les éléments de l'acide cyanhydrique et de l'eau, et donner un acide hexaoxyheptyiique isomère des précédents.

Physiologie pathologique. — On sait que depuis le mois de juillet dernier, les porcheries de Marseille et des environs sont ravagées par une épidémie que les vétérinaires ne semblent pas encore y avoir observée.

D'après les recherches auxquelles se sont livrés MM. Rielsch, Jobert et Marlinand, elle aurait été importée par des porcs venant d'Oran et débarqués à Marseille le 25; les premiers cas se sont déclarés parmi ces porcs africains, le 10 juillet.

Cette maladie, dont la durée est généralement de dix à douze jours et qui se termine presque toujours par la mort, paraît être une affection essentiellement intestinale caractérisée par des ulcérations plus ou moins considérables de cette partie du tube digestif, soit sous forme acuminée ou furonculeuse.

Les diverses expériences tentées pour traiter les porcs malades n'ont donné de bons résultats qu'avec le sous nitrate de bismuth, et encore dans les cas seulement où les poumons ne sont point affectés.

MM. Cornil et Chantemesse croient pouvoir l'identifier à la pneumonie contagieuse des porcs observée récemment aux environs de Paris.

Ainatomie comparée. — Les recherches entreprises par M. K. Kœhler sur la double forme de spermatozoïdes chez les Murex brandaris et Irunculus et le développement de ces spermatozoïdes ont conduit cet auteur à admettre (en considérant que les proiibranches sont plus anciens que les pulmonés) que l'existence d'une double forme de spermatozoïde indique dans le testicule une tendance à l'hermaphroditisme, une séparation en deux sortes d'éléments, dont les uns, très constants, sont les spermatozoïdes ordinaires, et les autres, à formes essentiellement variables, sont des produits inutiles qui n'acquerront les propriétés physiologiques d'ovules, dont ils ont la valeur morphologique, que quand l'hermaphroditisme sera définitivement constitué.

Anatomie animale. — On sait que les Branchiomma portent, au sommet de chacun des filaments bronchiaux, des points oculaires de taille variable. Leur structure est la même dans les deux grands yeux portés sur les filaments toujours rigides, et atteignant jusqu'à un demi-millimètre de diamètre, et les petits yeux des filaments recourbés pour former l'entonnoir branchial.

Des études auxquelles s'est livré M. Camille Brunolle et qui ont porté sur les Branchiomma de l'étang de Thau, qui diffèrent, par certains caractères, des autres Branchiomma de la Méditerranée, il résulte que l'œil des branchiomma doit être considéré comme un véritable œil composé, différent de celui qui a été décrit jusqu'alors chez les autres annélides.

— Des recherches de M. Ilermann Fol, il résulte qu'il n'y a chez les mollusques qu'un seul type de muscles, les muscles lisses. C'est même dans cet embranchement et surtout parmi les céphalopodes que fon rencontre les plus belles fibres unicellulaires à axe granuleux.

Seulement ces fibres lisses présentent deux variétés, celles à fibrilles droites et celles à fibrilles spirales. Ces dernières sont au moins aussi fréquentes que les premières. Elles prédominent chez les céphalopodes; elles sont très répandues dans les organes les plus mobiles des gastéropodes, des ptéropodes et des hétéropodes, ainsi que dans les muscles d'occlusion des lamellibranches; elles se trouvent, en outre, dans d'autres embranchements, chez l'Arénicole et les Hirudinées, par exemple.

— M. Louis Roule adresse une note sur la structure histologique d'un o.igochcete marin appartenant à un genre nouveau, et vivant sur les rochers à fleur d'eau qui entourent le fort Saint-Jean à Marseille.

Il a été trouvé par M. Marion, qui l'a signalé sans lui donner aucun nom, et décrit par M. R. Saint-Loup, qui l'a placé dans le genre Pachydilus.

M. Roule a reconnu que, bien que très voisin des pachydriles, cet oligochœte en diffère par un système circulatoire moins complexe et par des testicules à lobes rassemblés eu masses irrégulières; à ce dernier point de vue, il se rapproche des Enchytrœus. Aussi, en conservant le nom spécifique qui a l'avantage de préciser les affinités de cet annélide, M. Roule propose de l'appeler Enchytrœoides Mario/ri.

Zoologie. — MM. A. Giard et ./. Bonnier viennent d'étudier la collection des bopyriens du musée royal d'histoire naturelle de Bruxelles; ils y ont rencontré deux formes intéressantes d'épicorides, parasites de pakemons, habitant les eaux douces de la Malaisie néerlandaise et probablement l'île d'Amboine. Ces deux espèces leur paraissent devoir être considérées comme les types de deux genres nouveaux : Probopyrus et Paleyygc, d'où sont dérivés d'une part les liopyens, d'autre part les Gyge. MM. Giardet Bonnier les dénomment Probopyrus usccndens et Paleyyyc Dorrci.

Morphologie végétale. — M. A. Billet adresse une note sur le cycle évolutif et les variations morphologiques d'une nouvelle bactériacée marine, qu'il a observée à Wimereux, dans de l'eau de mer où macéraient des laminaires. 11 lui a donné le nom de Baclerium laminariœ, parce que c'est dans ce milieu de culture qu'il l'a obtenue d'une manière constante et qu'elle semble parcourir le plus facilement toutes

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les phases de son existence. Dans ces conditions, en effet, le Baclerium laminariœ pullule à tel point qu'à une température + 15» à + 20" C, et en moins de trente-six heures, il forme à la surface du liquide de culture une pellicule assez épaisse, où il est aisé de le suivre dans toutes les périodes de son cycle évolutif, cycle qui présente quatre états morphologiques bien distincts : l'état filamenteux, l'état dissocié, l'état enchevêtré et l'état zoogléique.

Anatomie végétale. — La note de .)/. Maurice Hovelacque est relative aux tiges souterraines de VUtricularia monlana.

Ces tiges sont produites par le développement de bourgeons adventifs, nés à la face supérieure des cordons foliaires souterrains, principalement aux points où ceux-ci émettent une paire de fortes nervures secondaires. Ces tiges souterraines, courtes, dressées verticalement, très grêles dans leur partie inférieure, un peu renflées vers le milieu, se terminent soit par un bourgeon, soit par une ou plusieurs hampes florifères. Dans ce dernier cas, l'une d'elles continue l'axe souterrain; les autres sont des hampes adventives. Enfin les tiges souterraines ont des entre-nœuds très courts et portent de nombreuses feuilles, les unes souterraines, les autres aériennes. Les premières se montrent en plus grand nombre à la partie inférieure; les secondes sont en majorité ou existent seules dans la région supérieure.

Botanique forestière. — On sait que les sections transversales pratiquées dans le tronc des arbres sont loin d'être toujours circulaires, surtout à la base. La moelle est souvent excentrique, parce que les couches annuelles d'accroissement n'ont pas une épaisseur constante ; mais les motifs de cette irrégularité du fonctionnement de la zone cambiale sont peu connues. Cependant, à la suite de recherches entreprises sur les sapins des Vosges, M. Emile Mer a constaté que l'excentricité de la moelle résulte de plusieurs causes, c'està-dire de l'influence de la rampe, de celle de la lisière, de l'exposition, du voisinage, des courbures et des lésions.

La connaissance de ces faits, dès aujourd'hui mise en évidence par l'auteur, non seulement permet de se rendre compte, avant l'abatage, de la configuration intérieure d'un sapin, mais elle présente aussi un grand intérêt pour la sylviculture.

Géologie. — M. Stanislas Meunier fait une communication sur les organismes problématiques des anciennes mers, connus sous le nom général de bilobites, organismes sur la nature desquels les paléontologistes sont fort divisés entre eux, les uns les considérant comme des restes de plantes ou de spongiaires, les autres n'y voyant que des traces purement physiques, pistes laissées sur le fond des mers par le passage d'animaux, traces du traînage d'algues ou d'autres corps, etc. C'est au cours de récentes excursions sur les plages de sable micacé des environs de Saint-Lunaire (llle-et- Vilaine) que l'auteur a constaté la production, par le simple ruissellement des eaux ramenées à la mer par le reflux, de ravinements présentant avec la plus parfaite ressemblance les formes les plus caractéristiques de fossiles végétaux: branchages, racines, feuilles et fruits.

Or ce n'était pas là un fait isolé; mais ces reproductions se faisaient en nombre considérable et sur des longueurs atteignant parfois plusieurs centaines de mètres. Bien que

ces curieux vestiges soient immédiatement effacés par le retour des flots, sans laisser la moindre trace, cependant, dit l'auteur, le fait devra être pris en sérieuse considération par les paléontologistes prudents, lorsqu'il s'agira de détermination de vestiges anciens.

Viticulture. — .1/. d.-F. Bissât fait connaître à l'Académie le résultat de ses expériences, faites en 1887, sur les plantations en grande culture avec des boutures de vignes ayant subi la désinfection antiphylloxérique à l'aide du mélange préconisé par M. Balbiani.

Ces expériences lui permettent de conclure : 1° que la bouture trempée dans le mélange Balbiani ne peut être employée dans la pratique ; 2° que la bouture badigeonnée sur souche dans vingt-deux lignes, à 0"',20 les unes des autres, n'exige aucun surcroît de préparation ni de frais, et se comporte comme la boulure ordinaire.

Le badigeounage sur souche peut donc être employé pour la désinfection des boutures destinées à être plantées.

E. Bivière.

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Exploitation des bois au Caucase. — Matériel roulant pour l'exploitation des forêts. — Transport des bois on Amérique. — Électro-aimant gigantesque- Lampe à arc de Hardt. — Plombs de sûreté pour l'éclairage électrique. — Emmagasinage des combustibles. — Incendie par l'acier divisé. — Le canot électrique. — Bateau sous-marin Nordenfeldt. — Chauffage par les résidus de pétrole.

Le déboisement, contre lequel tout le monde s'élève et auquel il n'est presque pas de pays qui ait échappé, ne donne cependant pas lieu à une industrie bien productive. Aujourd'hui, le Caucase est peut-être la seule contrée où l'exploitation des forêts soit capable de donner un bénéfice véritablement rémunérateur, qu'on estime à 100 pour 100 pour la vente en gros et à plus de 200 pour 100 pour la vente au dUail. Les richesses forestières de la Caucasie sont, en effet, répandues presque uniformément sur les bords de la mer Caspienne, dans les montagnes du centre et sur les bords de la mer Noire; mais ce n'est que cette dernière région qui peut offrir des conditions logiques pour une exploitation sérieuse, à cause du faible prix des transports.

Les principales essences qu'on rencontre dans cette contrée sont le buis et le noyer qui valent en moyenne 160 francs la tonne rendue au bord de la mer. Le chêne de toutes variétés peut s'obtenir à raison de 60 à 75 francs le mètre cube, rendu sur n'importe quelle place de l'Europe, où son prix de vente moyen est de 120 à 180 francs le mètre cube. Le mètre cube au Caucase se compte, comme en France, par la méthode dite du quart réduit, c'est-à-dire en prenant comme base du cylindre formé par le tronc, le quart de sa circonférence, cette manière de cuber le bois donne environ 22 pour 100 en plus du cube réel. Les dimensions moyennes des chênes mis en exploitation sont : 2 mètres de circonférence et 8 à L5 mètres île Longueur de tige droite sans nœuds. A côté du buis, du noyer et du chêne, on commence depuis quelques années à exploiter le hêtre, qui trouve son emploi dans la fabrication des fûts pour le pétrole de Bacou. Le sapin est également très répandu au Caucase, mais on le rencontre surtout dans les parties montagneuses qui, situées loin de toutes voies de. communication, rendent impossible l'exploitation de ce bois, que le nord de la Bussie fournit en grande quantité et à très bon compte.

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Malgré cette richesse forestière, malgré le bas prix auquel on peut obtenir toutes les essences, le Caucase offre à l'exploitation des bois de très grandes difficultés, qui n'ont pas peu contribué à ralentir son déboisement. L'établissement de petits chemins de fer à voie étroite et de scieries mécaniques, qui semblent devoir donner de bons résultats, est difficilement applicable dans ce pays, faute d'ouvriers capables et de ressources nécessaires pour conduire et réparer l'outillage mécanique; aussi, le moyen le plus pratique consiste-t-il dans l'achat de forêts en bloc, ou d'arbres au choix, en ne faisant, comme installation, que le strict nécessaire pour abriter le personnel et établir la surveillance de la coupe, du troussage, de la toilette du chargement et du transport des bois. Un spécialiste connaissant bien son métier et la langue du pays trouvera facilement dans les indigènes des ouvriers qui s'offriront à faire le travail à forfait, bien et dans de bonnes conditions.

Dans ce pays la sève ne cesse presque pas de couler; aussi la coupe doit-elle être faite de décembre à février, et il faut visiter les forêts avant le mois d'avril, pour éviter le trop de feuillage et les plantes grimpantes. Telles sont, de l'avis des hommes compétents qui ont visité les forêts du Caucase, les conditions essentielles pour mener à bien l'exploitation des bois, lorsqu'il faut opérer avec de faibles capitaux. Les conditions seraient tout autres si l'on disposait de ressources financières très considérables, et dans ce cas particulier on ne saurait trop engager les entreprises à faire usage du matériel très complet et très perfectionné dont on dispose dans l'industrie.

En Amérique, où les progrès se font rapidement, l'exploitation des forêts se fait à l'aide d'un outillage très perfectionné; mais là encore l'obstacle le plus considérable réside dans les moyens de transport du lieu de l'exploitation à la voie de communication la plus proche. Cette difficulté est vaincue aujourd'hui de la façon la plus originale, par l'emploi de la voie à bois rond. Voici comment opèrent les Yankees lorsqu'il s'agit de mettre une forêt en exploitation. Ils amènent à la forêt le matériel complet d'une scierie qui, une fois en fonction, fait rapidement le vide autour d'elle, ayant ainsi produit les matériaux nécessaires à son déplacement.

En effet, les premiers arbres abattus, ayant 30 centimètres de diamètre environ, sont ébranchés, débarrassés de leur écorce et débités sur une longueur de 9 mètres. A cet état ces bois vont servir de voie; à cet effet, ils sont placés à même sur le sol, joints entre eux, bout à bout, par un assemblage à mi-bois, de la tête de l'un au pied de l'autre, et consolidé à l'aide d'une forte cheville de cinq centimètres de diamètre. Deux files parallèles de ces arbres sont placées à un écartement de iu,,524 d'axe en axe, reliées entre elles de distance en distance par quelques traverses prises dans de grosses branches. 11 ne reste plus qu'à installer sur cette voie élémentaire un matériel roulant muni de roues très larges spécialement construites, et l'on dispose d'un mode de transport à vapeur amplement suffisant pour les besoins de l'entreprise, permettant le déplacement facile de la scierie dans toute la forêt, et le transport des arbres débités jusqu'aux voies de communication. Les résidus de la scierie sont absorbés comme combustible, pour les locomotives servant à la traction des trains de bois, ainsi que pour les machines motrices de la scierie.

Cette solution très simple paraît donner d'excellents résultats et résoudre avantageusement la question du transport des bois. Il n'en a pas été de même de l'essai que nous avons signalé dans notre dernière revue, es.-ai ayant trait au transport des bois en mer à l'aide d'un radeau monstre accumulant 27 000 arbres et remorqué par un steamer. Après quelques jours d'un voyage qui s'était effectué dans

de bonnes conditions, ce radeau gigantesque a été surpris par une grosse nier et, les amarres rompues, il est allé s'échouer contre un rocher où il s'est désagrégé, abandonnant aux vagues ses 27 000 arbres.

Ce n'est pas seulement dans le domaine du transport des bois que les Américains font grand, car VEleclriciun nous signale un électro-aimant monstre construit aux États-1 nia par le major YV.-li. King, du génie de l'armée américaine.

Il a employé deux canons Rodman de 38 centimètres de calibre réunis culasse à culasse, sur lesquels il a fait enrouler oû-'i0 mètres de fils conducteurs employés pour les torpilles, longueur qui sera portée prochainement à 9660 mètres. L'électricité est fournie par une dynamo de trente chevaux. On n'a fait encore que peu d'essais et la force de cet électro-aimant ne pourra être mesurée exactement que lorsqu'on lui aura donné des supports d'une solidité en rapport avec ses dimensions.

Cependant, dans l'état actuel de l'appareil, on a pu constater que vingt hommes sont impuissants à déplacer un rail placé sur la bouche des canons, quand passe le courant ; un boulet du calibre, pesant 145 kilogrammes, placé dans la pièce, est violemment chassé dès qu'on fait passer le courant ; mais il s'arrête dans sa course à la bouche de la pièce, où il oscille comme le ferait un morceau de papier placé dans un courant d'air. Un second boulet du même poids, placé à l'orifice de la pièce, ne détruit pas le phénomène; les deux projectiles participent ensemble aux mêmes influences magnétiques. Lorsque cet électro-aimant sera terminé et qu'il possédera ses 9660 mètres de fils, son poids total atteindra Z|5 000 kilogrammes, et cependant sa construction n'aura pas été très coûteuse, puisqu'elle n'a fait usage que de deux pièces d'artillerie hors d'usage et de cables de torpilles qui étaient eux-mêmes réformés.

Les électriciens sont toujours à la recherche de moyens faciles de régulation des lampes à arc ; aussi croyons-nous devoir citer un dispositif, récemment breveté, par M.Hardt, de Cologne, permettant la régulation de la lampe à l'aide d'un frein magnétique particulier. Le porte-charbon mobile est retenu par un fil passant sur des petites molettes et venant s'enrouler sur une poulie en fer, formant armature, mobile autour d'un axe. Au-dessus de cette poulie, est placé un électro-aimant enroulé diflérentiellement. Le bord de la jante de la poulie-armature porte une fine denture dans laquelle peut engrener une petite lame; cette dernière permet à la poulie de tourner autour de son axe, seulement lorsque celle-ci est dans l'une ou dans l'autre de ses positions extrêmes.

Au moment où le courant s'établit, l'électro-aimant est excité et attire l'armature formée par la poulie; celle-ci, en tournant, enroule le fil qui supporte le porte-charbon mobile, soulevant ainsi ce dernier et l'arc se forme. C'est alors qu'intervient la lame qui engrène, dans la partie dentée de la poulie-armature et empêche sa rotation jusqu'à ce qu'elle se trouve dans la position la plus élevée; mais alors elle est de nouveau retenue par l'aimantation provenant de l'enroulement du circuit principal.

Que l'arc vienne à s'allonger, l'enroulement en dérivation de l'électro-aimant en affaiblit tellement le magnétisme que la poulie-armature tourne sous l'influence du poids du porte-charbon, sans cependant qu'elle se détache de l'électroaimant, et la poulie tournerajusqu'à ce que l'arc soit devenu assez petit pour que le magnétisme provenant de l'enroulement du circuit principal de l'électro-aimant la fixe de nouveau. Le pôle de la poulie placée en face de l'électroaimant se déplace lors d'une rotation de cette dernière, et le travail qu'il faut employer dans ce changement d'aiman

REVUE INDUSTRIELLE

tation empêche une rotation et, par suite, un déplacement des charbons, ce qui assure à l'arc une dimension et une intensité très régulières.

Dans les installations d'éclairage électrique, il est arrivé plus d'une fois que les fils de distribution du courant se sont échauffés au point de carboniser non seulement leur enveloppe isolante, mais encore les tentures contre lesquelles ils sont appliqués. Ce fait s'est produit tout récemment au théâtre de la Porte-Saint-Martin. Il est donc bon d'y remédier, pour ne pas effrayer le public et discréditer le mode d'éclairage qui offre le plus de garanties contre l'incendie. Nous trouvons dans Y Ingénieur-Conseil un moyen bien simple de prévenir un pareil accident et dont M. A -C. Cokburn a donné la démonstration dans une communication qu'il a faite à la Société des ingénieurs télégraphistes de Londres.

Dans l'établissement d'une distribution d'électricité pour l'éclairage, dit M. Cokburn, les diamètres des conducteurs sont calculés de manière que le passage du courant ne puisse pas produire une élévation de température dangereuse. Pour parer à tout accident, on place de distance en distance des plombs de sûreté qui fondentdès que l'intensité du courant dépasse le régime normal, de 5 pour 100 par exemple. Le circuit se trouve alors rompu, et l'extinction des appareils d'éclairage avertit à la fois du défaut et de la région du circuit dans laquelle il s'est manifesté.

De cette définition même, il ressort que le plomb de sûreté doit fondre avant d'être porté au rouge, qu'il doit être enveloppé dans une matière incombustible, dans un endroit bien apparent, afin qu'il ne communique pas lui-même le feu. Si l'on étudie la question de plus près, on arrive à poser les conditions suivantes: le plomb de sûreté doit fondre pour une intensité de courant bien définie, 5 pour 100 par exemple du maximum correspondant aux conducteurs employés. Il doit être inaltérable par le temps, et ne pas se trouver en contact avec la boîte dans laquelle il est enfermé et qui doit être elle-même incombustible. Chaque modèle de plomb aura un support spécial, auquel il sera assujetti non pas simplement par une vis, mais à l'aide d'une soudure ; au voisinage des plombs, on évitera les changements brusques de direction des conducteurs ; enfin, pour rendre le contrôle plus facile, la boite contenant le plomb de sûreté sera munie d'un carreau de verre ou de mica sur sa face antérieure.

Quant au choix à faire du métal, M. Cockburn écarte le plomb, parce qu'il ne donne pas de fils réguliers et exige trop de soin pour la pose; le cuivre, parce qu'il devient incandescent avant de se rompre, supporte mal les variations fréquentes de température et s'oxyde à la longue; le fer, parce qu'il s'oxyde à l'humidité et se porte au rouge sans se rompre. 11 propose l'étain, connu en Angleterre sous le nom de phosphorlin; les fils de ce métal se rompent avant d'avoir atteint la température du rouge, ne s'oxydent pas et entrent en fusion, pour un accroissement à peu près exact de 5 pour 100 du maximum d'intensité, pour laquelle leur diamètre a été fixé.

On a ainsi le moyen de prévenir tout éehaulleinent anormal des conducteurs électriques, auquel il cou viendrait d'adjoindre des appareils permettant le contrôle fréquent de l'état de la canalisation, dès que celle-ci atteint des dimensions importantes, telles que dans les théâtres, où la longueur du réseau des conducteurs électriques se chiffre souvent par plusieurs kilomètres.

Puisque nous parlons d'éviter les chances d'incendies, noua relaterons le conseil suivant, donné par le Journal of liailway applianceSj sur l'emmagasinage des combustibles, nui doit se taire, autant que possible, à l'abri de l'air; cette précaution est essentielle pour le charbon de bois.

Quand il s'agit de la houille ou du coke, on peut prendre moins de précautions, et il suffit, en les abritant autant que possible, de les placer sur une plate-forme de 10 à 12 centimètres au-dessus du sol, inclinée dans les mêmes proportions qu'une chaussée bien pavée. Lorsqu'on veut conserver le combustible sous un hangar spécialement destiné à cet usage, la meilleure plate-forme est celle qu'on fera en mortier argileux mélangé de scories, et quand le combustible devra séjourner quelque temps avant d'être consommé, il est bon de faire un mur extérieurement avec les gros échantillons, tandis que toutes les parties menues seront placées au centre du tas; si le charbon est placé en plein air, il faut le recouvrir de planches ou d'une bâche pour l'empêcher d'être lavé par l'eau de la pluie.

Enfin, il est certaines qualités de charbons avec lesquelles il faut prendre des précautions toutes spéciales. Ce sont les charbons très riches en matières volatiles. Il est bori, dans ce cas, de ne pas former des amas trop considérables et de les abriter du rayonnement du soleil, qui, allié a l'humidité provoquée par les pluies, tend à opérer une décomposition chimique qui donne lieu, sous certaines influences encore mal définies, à des combustions spontanées.

Du reste, nous avons signalé, dans notre dernière revue, un cas de combustion spontanée qui s'était produit dans des chambres renfermant des poussiers de houilles. Kst-ce un phénomène dû à une décomposition chimique ou à un état de division extrême? Les deux hypothèses sont admissibles, car voici un fait analogue qui s'est produit, non plus avec un combustible, mais avec de l'acier très divisé, et que signale le journal Iron.

Dans l'usine de M. W.-F. Kellet, constructeur à Chicago, on se servait d'une éponge pour mouiller une meule d'émeri. Cette éponge siphonnait l'eau par capillarité dans une auge placée au-dessus de la meule, et appliquée sur cette dernière à l'aide d'un ressort. La meule servait à polir des pièces d'acier très dures, de sorte que l'éponge s'imbibait de poussières d'acier qui finirent par combler tousses pores et la rendre impropre au service qu'on réclamait d'elle. Ayant été jetée de côté sur une planche de sapin, l'éponge sécha petit à petit, et un jour on la vit absolument incandescente et ayant communiqué le feu à la planche sur laquelle on l'avait abandonnée.

Cet exemple de combustion spontanée dans un objet qui n'était pas saturé de matières grasses ou d'huile, mais rempli de particules d'acier très divisé, donna lieu à de grandes discussions. Nous nous bornerons à présenter l'hypothèse de M. Kellet, qui semble la plus rationnelle en concluant à un simple phénomène d'oxydation. L'acier, très divisé et humecté, était, dans cette circonstance, dans un état particulièrement favorable pour la combinaison du fer et de l'oxygène de l'air. Dans les conditions ordinaires, cette combinaison se fait sans dégagement sensible, de calorique; mais dans l'état où se trouvait le métal, offrant une surface relativement très grande à l'absorption de l'oxygène, l'oxydation s'est produite avec une énergie telle que l'incandescence a eu lieu.

Nos lecteurs ont pu suivre, dans notre chronique, les essais faits au Havre de la navigation électrique appliquée à un canot de 8"'.sô. Nous allons compléter les renseignements que nous avons déjà donnés par quelques chiffres empruntés à un très intéressant travail dû à M. Lisbonne, directeur des constructions navales en retraite. Ces chiffres, qui s'appliquent spécialement aux poids transportés par le canot électrique, comparativement au moteur à vapeur, montrent qu'il y a évidemment uu très grand pi réalisé, mais que l'avantage reste encore au moteur à vapeur.

CHRONIQUE

Les poids constatés parla commission chargée de suivre les expériences sont les suivants, pour le canot électrique :

Moteur 514 / . „., . ..

„ . , , .„ [ .job kilogrammes.

Caisse recouvrant le moteur 52 1

Accumulateurs 23"6 ) ,,„.„

Caisse 300 J ^b

Total 3212

Dans les canots à vapeur de mômes dimensions, on trouve comme poids d'appareils :

Machine, chaudière pleine, accessoires .... 1719 kilogrammes.

Charbon et eau douce en approvisionnement. . 960 — ■

Chauffeurs, outils de chauffe 135 —

Réservoir à eau 36 —

Total 2850 —

L'appareil électrique pèse donc environ Z|00 kilogrammes de plus que l'appareil moteur. D'ailleurs, conclut M. Lisbonne, le fonctionnement du moteur électrique a été très satisfaisant : la conduite en est très simple et très facile, et le canot peut d'ores et déjà rendre de bons services; et si, pour le moment, il est notablement plus cher que le canot à vapeur, on peut admettre que la dépense qu'il nécessitera en service courant sera tout au plus égale à celle du moteur à vapeur; celui-ci n'exige, en effet, que 2k,5 de charbon par heure et par cheval. Or la charge des accumulateurs, qui s'est faite jusqu'à présent avec une dynamo qui n'était pas construite dans ce but. pourra s'opérer, en service courant, avec une machine réalisant les progrès nécessaires pour amener l'opération à la plus grande économie possible.

Devant des résultats économiques semblables, on n'est pas surpris de voir rechercher, même pour des bateaux sousmarins, la vapeur comme agent de locomotion. C'est ce qui est survenu pour le bateau Nordenfeldi qui vient de reprendre à Southampton les expériences de navigation sousmarine qui ont si vivement excité l'attention publique à différentes reprises et notamment au mois de mai dernier. De nouveaux essais ont été entrepris dans les eaux calmes du dock de Southampton, en présence d'une commission militaire.

Le bateau de M. Nordenfeldt a l'aspect d'un torpilleur de 37 mètres de long sur 3nl,60 de diamètre. Lorsque le n'avire doit plonger, on introduit de l'eau dans les cales spéciales en ouvrant des robinets aménagés à cet effet, et quand le navire ne montre plus en dehors de l'eau qu'une de ses extrémités, l'inventeur met en mouvement deux petites hélices qui l'obligent à descendre au fond de l'eau; et comme il a un faible excès de force ascensionnelle, il remonte comme un bouchon lorsqu'on arrête le mouvement des hélices.

Ce système a l'avantage d'éviter tout accident de submersion; mais comme le moteur, ainsi que nous l'avons dit, est actionné par la vapeur, il faut avant de plonger éteindre les feux, et l'on ne marche plus qu'avec la provision de vapeur accumulée. Ce bateau, muni également d'une hélice ordinaire, peut effectuer une marche en avant pendant qu'il est submergé. Ces dernières expériences ont, paraît-il, donné toute satisfaction; mais, malgré les quelques avantages économiques qu'on peut retirer en employant la vapeur comme force motrice, nous croyons qu'il serait préférable, dans le cas particulier de la navigation sous-marine, de faire usage de l'électricité, qui permet d'opérer une immersion brusque, sans précautions préalables, assurant ainsi une rapidité d'exécution et une économie de combustible très notables.

Avant même de songer à l'électricité comme source de force motrice pour la navigation, on s'est énormément occupé du chauffage des chaudières marines par les hydro-

carbures, provenant surtout des résidus de pétrole. Ces produits présentent en effet l'avantage d'offrir, sous le même poids et le même volume que le charbon, un pouvoir calorifique beaucoup plus considérable. On a également évoqué, dans les essais qui ont été poursuivis, l'économie qui résulterait de l'emploi des résidus de pétrole, ces derniers n'ayant qu'une valeur infime sur les lieux de production. Mise sous ce jour, la question n'est pas à son véritable point, car si le chauffage des chaudières marines par les hydrocarbures a été très favorisé dans le sud de la Russie, c'est qu'on était à la source même du combustible. Or, aussitôt qu'on s'en éloigne, les prix s'élèvent rapidement, et il n'est pas sans intérêt de reproduire quelques chiffres présentés par M. B.-II. Thnait dans un travail qu'il a fait récemment.

L'auteur a étudié au point de vue du chauffage industriel, comparativement à la houille, les hydrocarbures obtenus par la condensation des produits de distillation de certains charbons, ou fournis par les gisements pétrohfères du Caucase.

11 résulte de cette étude comparative que si l'on calcule le nombre de kilogrammes d'eau vaporisée à 100° C. pour une dépense de 1 fr. 25, les différents, rendements seraient les suivants :

De 550 kilogrammes avec du charbon à 10 pour 100 de cendres et coûtant en moyenne en Angleterre 18 fr. 75 la tonne ;

De 570 kilogrammes avec des huiles lourdes coûtant 31 fr. 25 la tonne;

De 556 kilogrammes avec des résidus de pétrole coûtant 37 fr. 50 la tonne en Angleterre ;

De 1535 kilogrammes avec les mêmes résidus au port de Batoum où ils coûtent 13 fr. 60 la tonne.

On voit, d'après ces résultats, combien l'Angleterre, qui est le pays du charbon par excellence, a peu d'intérêt à rechercher le chauffage de ses chaudières par les résidus de pétrole; mais on voit aussi quel peut être l'avantage de ce combustible pour la marine russe et aussi pour la marine des pays voisins du midi de la Russie. En France même, nous pouvons trouver une économie notable dans l'usage du pétrole appliqué au chauffage des chaudières marines. Du \ reste, il se poursuit à Marseille des études très complètes dans cet ordre d'idées, et il est hors de doute qu'on arrive à une solution avantageuse quand on pense que nous sommes encore tributaires, sur notre littoral méridional, de l'Angleterre en ce qui concerne les houilles.

Georges Petit.

CORRESPONDANCE ET CHRONIQUE L'électricité du corps Humain.

On a souvent parlé d'individus qui, sous des influences plus ou moins connues, se chargeaient d'électricité au point de dégager des étincelles ou d'opérer sur les corps voisins des phénomènes d'attraction ou de répulsion. Cependant, il faut avouer que ces observations, ou plutôt ces récits, ont toujours été reçus avec une grande méfiance, et qu'on ne croit généralement pas à l'existence de ces phénomènes chez d'autres êtres que les chats; ceux-ci sont en effet bien connus pour se charger d'électricité dans certaines circonstances et en particulier sous l'influence du frottement, et pour produire des étincelles.

Mais tous les animaux dont la peau est particulièrement sèche jouissent de la même propriété, et il paraît incontestable qu'il existe des personnes qui présentent aussi le même phénomène à un faible degré, dans Ips temps secs et

CHRONIQUE

froids. On voit alors se dégager, de leurs cheveux surtout, des étincelles accompagnées d'un bruit sec, d'un pétillement caractéristiques.

Relativement à ces derniers cas, M. Féré vient de communiquer à la Société de biologie une observation qui ne laisse aucun doute sur la réalité d'une électrisation spontanée, à haute tension, du corps humain.

11 s'agit d'une femme, âgée de trente-deux ans, appartenant à une famille névropathique, et elle-même franchement hystérique. Étant jeune fille, vers l'âge de quatorze ou quinze ans, elle s'était déjà aperçue qu'à certains moments sa chevelure était le siège d'une crépitation plus ou moins intense, et qu'il s'en dégageait des étincelles très visibles dans l'obscurité. Ce phénomène n'a fait qu'augmenter, plus tard; mais c'est surtout depuis 188*2 que son existence se manifeste avec plus d'intensité et qu'il est devenu à peu près permanent, sauf dans les temps humides et par les vents du sud.

Cette personne a remarqué, depuis cette époque, que ses doigts attirent les corps légers, tels que fragments de papier, rubans, etc. Ses cheveux, non seulement donnent des étincelles au contact du peigne, mais présentent une tendance à se redresser et à s'écarter les uns des autres. Quand ses vêtements s'approchent de la peau, sur quelque partie que ce soit, il se produit une crépitation lumineuse ; puis ses vêtements adhèrent au corps, quelquefois avec assez d'intensité pour gêner les mouvements.

La tension électrique et l'intensité des décharges augmentent encore sous l'influence des émotions morales, et même un des premiers faits qui ont été remarqués, c'est que la crépitation s'exagérait à la suite de l'audition de certains morceaux de musique amenant une grande excitation générale. Les crépitements se manifestent d'ailleurs sur tout le corps, spontanément, sans l'approche d'aucun corps étranger et déterminent, principalement aux jambes, une sensation de picotement très désagréable.

Les temps secs favorisent ces phénomènes électriques, qui sont surtout remarqués au moment des gelées; les temps humides et brumeux produisent des effets contraires; et même les modifications de la tension électrique, qui est nulle par les temps de pluie ou de vent du sud, préviennent quelquefois plusieurs jours à l'avance, d'un changement de temps. A l'exagération de tension correspond une suracti- 1 vite très nettement appréciable, remplacée par une sensation de lassitude et d'impuissance quand la tension diminue.

M. Féré a pu contrôler sur sa malade, à l'aide d'un simple électromètre à boule de sureau, que la charge, exagérée par le frottement, était toujours positive depuis plusieurs années.

Un fait intéressant aussi à noter, c'est que le fils de cette dame, âgé de onze ans, est atteint depuis trois ans des phénomènes hystériques très accusés, en même temps qu'il présente la crépitation lumineuse observée chez sa mère lorsqu'elle était jeune.

Au moyen d'un hygromètre spécial, MM. d'Arsonval et Féré ont pu s'assurer que, chez la mère et le fils, il existe une sécheresse anormale de la peau, beaucoup plus marquée cependant chez la mère et prédominant chez les deux du côté gauche.

D'autre part, l'électromètre montre que, sans aucun frottement, M1"0 X... produit une légère déviation à droite, déviation plus grande quand c'est la main gauche qui est en contact avec l'appareil (75 à 100 volts). Le jeune X. ne produit rien dans ces conditions; mais après quelques frottements de la main sur les vêtements, il se manifeste une déviation considérable, toujours à droite chez les deux sujets, déviation plus forte chez la mère (650 volts) que chez le fils (500 volts).

Lorsque le sujet, isolé sur un tabouret, est en contact avec

l'électromètre, un frottement répété des cheveux, après avoir déterminé une décharge, produit une déviation tellement considérable que l'indice dépasse les limites de l'échelle. Enfin, sous l'influence d'excitations périphériques, il s'est produit avec M'"" X. une déviation à droite de 125 volts quand on l'a fait regarder à travers un verre bleu, et de 700 volts quand on a approché d'elle un flacon d'éther.

M. Féré pense que si ces phénomènes ont pour condition physique une certaine sécheresse de la peau qui s'oppose à la déperdition constante de l'électricité à mesure qu'elle se produit, il y aurait là une preuve de la production d'électricité par l'organisme. Cette hypothèse est en effet corroborée, dans le cas actuel, par l'influence des émotions et des excitations périphériques sur le dégagement de l'électricité. Quant à la sécheresse de la peau, elle serait elle-même la conséquence d'un état nerveux pathologique.

Quoi qu'il en soit, l'influence de ces phénomènes électriques, exagérés chez certains sujets, mais qui paraissent exister à un plus faible degré à l'état normal, était importante à vérifier. M. Féré pense qu'elle donnera peut-être la clef des phénomènes de transfert, de polarisation, de sensibilité élective, de certaines actions à distance. Dès maintenant son observation, rigoureusement faite avec le secours d'instruments qui mettent à l'abri de toute illusion, suffit pour établir la sincérité de la plupart des observations antérieures du même genre.

La fermentation alcoolique du sucre de lait.

La question de savoir si le sucre de lait est capable de subir la fermentation alcoolique n'était pas encore résolue; et comme, pour quelques auteurs, celle-ci n'était possible qu'à la condition de l'introduction de grandes quantités de levure, on pouvait se demander, comme l'a fait M. Dubrunfaut, si on ne l'avait pas pris pour des produits de la fermentation du sucre de lait, l'alcool que la levure de bière contient d'ordinaire, et l'acide carbonique qu'elle dégage quand elle est en grandes masses.

Pour résoudre cette question, M. Duclaux a institué des expériences consistant à ensemencer dans du lait ou du sérum neutralisé des levures pures, et à voir ce qu'elles y deviennent et ce qu'elles y produisent.

Ces recherches, qui ont été faites avec un grand nombre de levures, ont montré que la presque totalité de nos levures usuelles, celles qui fabriquent nos vins et nos bières, sont incapables de faire fermenter la lactose; qu'elles vivent péniblement à ses dépens et qu'elles en transforment une minime partie en alcool, brûlant le reste. Comme dans toutes les vies aérobies, le poids de la levure est une fraction sensible du poids du sucre consommé.

Toutefois, les conditions de ce commencement de fermentation alcoolique, qui s'accentuait sous l'influence de l'aération et de la lumière, pouvaient faire croire que l'action était susceptible de plus d'intensité. 11 ne s'agissait dès lors que de trouver une levure appropriée.

M. Duclaux l'a rencontrée inopinément dans un lait provenant d'une exploitation de Loir-et-Cher, dont le propriétaire se plaignait de ne pouvoir obtenir que du beurre médiocre avec du lait très riche et très bon, et en dépit de la bonne qualité et de la bonne tenue de ses animaux.

C'est une levure plus petite que les levures ordinaires, ne mesurant guère que lu. 5 à 2 a 5, presque ronde. Sa croissance dans le lait est rapide, surtout dans un liquide largement exposé à l'air, et même dans ces conditions, elle ne brûle pas de sucre. Tout celui qui disparait est transformé en alcool. Ce fait prouve d'ailleurs que le sucre de lait est

CHRONIQUE

décidément un édifice moléculaire plus stable que le sucre de canne.

La fermentation est aussi plus lente que celle du glucose ou sucre de canne, toutes choses égales d'ailleurs ; sa température optima est comprise entre 25° et 32". Le produit est un liquide d'une saveur alcoolique et légèrement acide à cause de l'acide carbonique, et dont l'odeur rappelle un peu celle des laiteries. En somme, c'est une boisson qui, au premier abord, semble plus étrange qu'agréable, même quand on est habitué au koumys du commerce, fabriqué presque toujours par fermentation du sucre ordinaire ajouté au lait qui reste toujours un peu sucré, et est aussi plus acide et moins alcoolique que la boisson produite par la levure de M. Duclaux.

En somme, le petit-lait, amené à clair, légèrement acidulé et fermenté, constitue une boisson agréable et légère, pétillante quand la fermentation a lieu sous pression, et il y aurait certainement avantage à faire fermenter et à utiliser aussi pour la nourriture de l'homme une partie au moins du petit-lait à peu près perdu dans les fromageries.

Les effets toxiques de l'étain.

MM. E. Ungar et G. Bodlander viennent de publier (in Zeilschrifl fur Hygiène) les recherches qu'ils ont faites dans le but de déterminer les dangers que fait courir à la santé l'usage de conserves renfermées dans des boîtes de fer-blanc étamé. Déjà plusieurs chimistes anglais et allemands avaient soutenu que la croyance en l'innocuité de l'étain n'est pas absolument rationnelle, puisque, d'une part, i'étain est attaquable, et que, d'autre part, il peut se combiner avec les substances contenues dans les boîtes de conserves et être absorbé parla muqueuse intestinale; et de fait, il existe dans la science des observations déjà nombreuses d'accidents gastro -intestinaux dus à la consommation de conserves en boîtes et desquels on ne peut accuser que l'étain.

Pour leurs expériences, les auteurs se sont servis d'abord du tartrate d'oxydule d'étain sodique et d'acétate d'étain triéthyle, combinaisons organo-métalliques qui furent administrées par la peau à des chiens , à des chats, à des lapins et à des grenouilles, à doses très faibles. 11 y eut toujours des troubles qui se terminèrent par la mort.

Puis les mêmes substances furent données aux animaux mélangées aux aliments; et, en particulier, un chien de /jZiOO grammes reçut dans du lait, deux fois par jour, une dose de 2 centigrammes de chlorure d'étain, qui fut progressivement augmentée de façon qu'au cinquante-deuxième jour, l'animal absorbait quotidiennement 50 centigrammes d'étain. A partir de ce moment, ce chien qui, jusqu'alors s'était bien porté, répugna à l'absorption de la nourriture mêlée d'étain ; et quatre mois après le début de l'expérience, il se manifesta de la paralysie du train postérieur, suivie, quatre mois encore plus tard, de celle des membres antérieurs. L'appétit se perdit, l'intelligence s'obnubila, et l'animal fut trouvé mort le quatre cent quarante-troisième jour après le début du régime stannique, avec des altérations d'inflammation chronique de la muqueuse intestinale, mais sans lésions appréciables des centres nerveux. D'autres animaux aussi étaient morts à la suite de régimes analogues.

La conclusion des auteurs est que l'absorption de doses même très faibles d'étain peut provoquer une intoxication chronique, et que ce métal devrait être rangé avec le plomb, le cuivre, l'antimoine et l'arsenic; conclusion qui paraît d'autant plus légitime qu'il est souvent ajouté aux conserves, dans le but d'en mieux assurer l'antisepsie, de l'acide

tartrique, du sel marin, du salpêtre, toutes substances qui disposent particulièrement l'étain à être attaqué et à se dissoudre.

Tiiiibouetou et sa population.

ïimbouctou, cette reiue du désert, a été jusqu'à ce jour une ville mystérieuse sur laquelle ont circulé bien des légendes. Aujourd'hui, par les efforts de l'expédition du colonel Gallieni et du lieutenant de vaisseau Caron, qui a résolu le problème du Soudan français en assurant la libre navigation du Niger, Timbouctou a ouvert ses portes, et il est intéressant de rappeler à quoi se réduisent toutes les données contradictoires qui ont été accumulées à ce sujet.

Au premier abord, Timbouctou (Toun-Boktou) n'offre qu'un amas de maisons en terre mal construites; dans toutes les directions, on n'aperçoit que des plaines immenses de sable mouvant, d'un blanc I tirant sur le jaune, et de la plus complète aridité ; partout le silence. Son périmètre, de forme triangulaire, peut être estimé à quatre kilo- ' mètres et demi, et sa population à 25 000 âmes. Ce sont principale- ' ment des nègres kissour et des Maures du Maroc qui, après avoir fait fortune, retournent dans leur patrie. Le commerce qui s'y fait i est certainement très actif, mais ne répond nullement aux idées de grandeur et de richesse qui ont régné sur son compte.

Timbouctou est ouverte de tous côtés; ses maisons, grandes, mais | peu élevées, puisqu'elles n'ont qu'un rez-de-chaussée, sont bâties en i briques rondes roulées dans les mains et séchées au soleil; les rues i sont propres et assez larges pour que trois cavaliers y puissent passer de front. Il y a sept mosquées, dont deux grandes, qui sont surmontées chacune d'une tour en briqueSj dans laquelle on monte par une tour intérieure. L'aridité des environs de la ville fait qu'elle lire de Djeinié tous ses approvisionnements. On y cultive cependant un peu de tabac. La chaleur y est accablante; les nuits sont aussi chaudes que les jours.

Le peuple est mahométan et très zélé pour ses pratiques religieuses. Le costume est celui des Maures du Maroc. Chaque chef de maison a quatre femmes; plusieurs leur adjoignent leurs esclaves. Les habitants sont doux, hospitaliers, intelligents, industrieui et d'une grande propreté. Les hommes sont d'une taille ordinaire, bien faits et d'une démarche assurée. Leur teint est d'un beau noir foncé; leur nez est un peu plus aquilin que chez les Mandingues ; mais, comme eux, ils ont les lèvres minces et de beaux yeux. Les femmes sont, en général, assez jolies. Elles ne sortent pas voilées comme dans les États barbaresques et jouissent d'une grande liberté. Elles portent des bracelets en argent et des anneaux de fer argenté aux chevilles.

On se rappelle que le premier voyageur qui a pénétré dans Timbouctou est le Français René Caillé, en 1828, et le second, le médecin allemand Barth, en 1853. Le major anglais Loing était bien parvenu à Timbouctou en 1X26; mais, lors de son retour, il avait été assassiné par une peuplade du Sahara et tous ses papiers avaient été perdus.

— Recherche ues couleurs d'amlinb dans lbs vins. — M. E. de la Puerta, de l'Académie royale de médecine de Madrid, vient de publier un nouveau procédé pour la recherche de la fuchsine et d'autres couleurs d'aniline dans les vins, dont rend ainsi compte la Revue internationale des falsifications.

Ce procédé, dont l'exécution est plus facile que celle de la plupart de ceux recommandés jusqu'à ce jour, est fondé sur la propriété de l'eau de chaux de faire disparaître tout à fait et immédiatement la couleur rouge de la matière colorante normale du vin, qui acquiert aussitôt une teinte verdâtre sale, tandis que la fuchsine et les autres couleurs qui dérivent des produits de la houille ne s'altèrent, par l'action de ce réactif, qu'après quelque temps et gardent la couKur rouge qui leur est propre.

Pour faire cet essai, on place dans un tube 5 centimètres cubes de vin, et l'on y verse une quantilé double d'eau de chaux; on mêle les deux liquides. Si le vin ne contient pas de couleurs d'aniline, il prend tout de suite la coloration verdâtre et il s'y forme des flocons de la même couleur; mais si lesdites couleurs artificielles s'y trouvent, elles conservent leur couleur rouge pendant un certain temps qui sera d'autant plus loug que la quantité de matière colorante est plus grande.

Il est encore possible d'obtenir plus d'exactitude et de précision dans l'essai. Si l'on ajoute au liquide verdâtre, résultat du mélan;

CHRONIQUE

de vin naturel et d'eau de chaux, quelques gouttes d'acide chlorbydrique ou azotique, la couleur rouge normale apparaît de nouveau ; mais s'il contient de la fuchsine ou quelque autre produit d'aniline, il n'apparaît que la teinte rouge correspondant à la matière colorante du vin, mais plus faible qu'avant d'en avoir fait l'essai. Si la matière colorante est entièrement artificielle, la teinte rouge disparait rapidement par l'addition de l'acide chlorhydrique ou azotique, et le liquide prend une coloration jaunâtre qui s'affaiblit de plus en plus.

— Statistique de l'industrie minérale pendant l'année 1886, en Angleterre. — La production houillère du Royaume-Uni, en 1880, est représentée par le chiffre de 157 518 482 tonnes anglaises (la tonne anglaise est de 1010 kilogrammes), correspondant à une valeur de 953048000 francs :

Valeur

sur le carreau Production de la mino.

en toniu'v Francs.

Angleterre et pays de Galles . . . 137 039 4M 819 815 000

Ecosse 20 373 478 102 778 000

Irlande 105 563 1055 000

..... . ■ , ( en 1880. . . . 157 518 482 953 648 000

Production totale ■ ,.„. .,„,,.. ,10 jn,o,„^n,„,

( en 1885. . . . 159351418 1028485000

Diminution pendant l'année 1886. 1 832 930 74 837 000

Les districts les plus productifs sont les COmtés de Durham, 27481000 tonnes; de Lancashiie, 20574000 tonnes; de Yorkshire, , 19393000 tonnes; de Glamorganshire, 17041000 tonnes, et de Staffordshirc, 12438000 tonnes.

Depuis l'auuée 1883, où il avait été exirait 163737000 tonnes de charbon, l'extraction houillère a subi un certain ralentissement. La quantité de charbon exportée à l'étranger a également diminué en 1880.

C'est Burtout en France, en Italie et en Allemagne que le charbon anglais a trouvé un important débouché; voici, pour les principaux pays d'exportation, la quantité de charbon anglais qui y a été introduit en 1886 :

Milliers Valeur deelaréo Principaux pays de (milliers

d'exportation, tonnes. de francs).

France 4081 40890

Italie 2852 25012

Allemagne 2858 25239

Russie 1400 14 751

Espagne 1417 17222

Suède 1146 11731

Danemark 1138 10531

Egypte 1005 U816

Inde et détroits . . . . 1163 13887

Norvège 017 6021

Malte 990 5900

Brésil 475 6173

Portugal 137 1727

Turquie 313 3986

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