‹ Collection d'articles, de rapports et de lettresChapitre 41 sur 354 · LES INSTITUTIONS MILITAIRES ET LES DIFFÉRENCES DE RACE · texte numérisé non relu

LES INSTITUTIONS MILITAIRES ET LES DIFFÉRENCES DE RACE

l'historique des institutions militaires de la Prusse en général et de sa loi de recrutement en particulier, l'auteur se résume en ces termes :

« La loi du recrutement en Prusse découle donc d'événements, de mœurs, d'institutions sociales et politiques, qui l'ont merveilleusement appropriée au génie et aux besoins nationaux. »

Après quoi la conclusion habituelle et attendue :

« Nous croyons qu'il suffit de le considérer pour comprendre que rien en France, ni dans nos coutumes, ni dans noire situation intérieure, ne peut servir de base à un système semblable. »

Je laisse de côté celte conclusion pour m'attacher un instant à la phrase qui la précède et où l'auteur constate luimême une chose, la seule que je veuille retenir, c'est que la loi du recrutement en Prusse est « merveilleusement appropriée aux besoins nationaux » de ce pays, c'est-à-dire aux besoins auxquels elle est destinée à donner satisfaction.

Or n'est-ce pas là le caractère essentiel d'une bonne loi?

N'est-ce pas la condition suffisante, mais impérieusement nécessaire, que toutes les lois sans exception doivent remplir ?

Et faudra-t-il donc qu'un peuple, au lieu de travailler luimême à se donner de telles lois, au lieu de les confectionner de toutes pièces, se contente d'attendre qu'elles « découlent» des « événements », de ses « mœurs», etc.?

Ah! certes s'il s'agissait de lois civiles, une telle façon de procéder se comprendrait et serait môme dans bien des cas la plus rationnelle; je l'ai dit plus haut.

Mais sur le chapitre des lois militaires on ne saurait plus, encore une fois, raisonner delà sorte.

Les « besoins nationaux » auxquels il s'agit de satisfaire en pareil cas sont aussi graves qu'urgents; il y a péril, et péril redoutable, à les laisser même un seul instant en souffrance.

Attendre qu'une loi militaire «découle des événements » : mais c'est ce que nous avons fait jusqu'en 1870 !

Jusqu'à cette néfaste année, ne nous sommes-nous pas obstinément refusés — nous ou du moins ceux qui disposaient des destinées de notre pays — à introduire aucune modification sérieuse dans nos lois militaires, que tant d'hommes compétents et prévoyanls déclaraient insuffisantes?

Les « événements » sont venus — terribles; — une autre législation militaire en a « découlé ». N'eût-il pas mieux valu qu'elle les précédât?

Assurément, car peut-être elle en eût changé la face.

La loi prussienne de recrutement «découle », elle aussi, des « événements » de 1806; elle est le fruit de cruelles expériences dont nous eussions pu et dû faire, dès longtemps, notre profit.

Sur le terrain militaire, les « besoins nationaux » de chaque peuple peuvent différer par l'étendue et dans la forme ; mais ils sont au fond absolument les mêmes.

Le « besoin national », en semblable matière, se réduit toujours en effet, pour chaque nation, à pouvoir se tirer heureusement des guerres où elle se trouve engagée contre une et parfois plusieurs nalions voisines, c'est-à-dire à pouvoir non seulement empêcher ces nations de la battre, mais les baltre elle-même, le cas échéant.

Car telle est la guerre; la guerre, fait brutal s'il en fut, fait donl je ne veux ici discuter ni les origines ni la nature bonne ou mauvaise, mais dont l'existence ne saurait être méconnue, et dont il faut bien accepter les conséquences.

Or de ces conséquences mêmes il ressort que la guerre est tout simplement une forme particulière de la lutle pour la vie, qui paraît être en ce monde le lot commun de tous lesêlres vivants, individuels ou collectifs.

Cette lutle s'établit entre les sociétés humaines comme entre les espèces animales, et pour des raisons qui, au fond, se ressemblent beaucoup de part et d'autre.

De part et d'autre aussi, elle aboutit aux mêmes résultats

Toujours, dans ce combat incessant, la victoire finale reste aux mieux doués, aux mieux outillés pour soutenir la concurrence vitale sous les formes si multiples qu'elle peut revêtir.

Les vaincus tombent, périssent et disparaissent victimes d'une impitoyable, sélection. Et sur les ruines des civilisations imparfaites ou vieillies, des peuples faibles ou usés, s'élèvent d'autres civilisations et se forment d'autres peuples, dont la supériorité sur les premiers peut n'êlre point réelle à tous les points de vue, mais que la nature a dotés d'armes mieux appropriées au combat à soutenir, ou bien qui, ne possédant pas ces armes, ont su artificiellement se les donner.

C'est là un point capital.

Les sociétés humaines n'en sont pas réduites, comme les espèces animales, à attendre de la nature et des hasards du transformisme les armes qui leur font défaut. 11 dépend d'elles, au moins dans des limites très étendues, de les acquérir, de se les donner, de les emprunter à leurs adversaires eux-mêmes.

Qu'un peuple par exemple ait le premier compris quelle arme puissante constitue dans la lutle pour l'existence, la diffusion de l'instruction, la possession par tous les citoyens de certaines connaissances élémentaires, c'est là pour lui une supériorité incontestable tant qu'il est seul à faire l'application de ce principe fécond.

Mais cette supériorité disparaîtra vis-à-vis de toute nation rivale qui, assez perspicace pour comprendre à son tour les avantages de l'instruction obligatoire, n'hésitera pas à se les approprier, en appliquant chez elle le même principe ; ce principe lui semblàt-il d'ailleurs à première vue contraire à ses mœurs, à ses traditions, à ses habitudes, à son «génie » ; — pour me servir encore d'une expression fréquemment employée en pareille circonstance, quoique la signification n'en soit pas très claire, ou peut-être précisément à cause de cela.

CAUSERIE BIBLIOGRAPHIQUE

Si, au contraire, cédant à des considérations de ce genre, une nation, tout en reconnaissant la puissance d'une arme nouvelle, découverte ou employée par une nation voisine, refuse de s'en servir, elle se condamne, bénévolement et de parti pris, à l'infériorité sur ce point vis-à-vis d'un rival qui demain peut devenir pour elle un adversaire dangereux.

Or agir ainsi serait fort imprudent; et fùt-on même certain — circonstance bien rare — qu'on pourra compenser celte infériorité par d'autres avantages, on aurait tort encore, et grand tort, de s'y résigner.

On a toujours eu effet trop de chances contre soi à la guerre ; on n'en a jamais trop, jamais assez pour soi.

C'était l'opinion de Napoléon lor qui disait qu'après avoir mis de son côté toutes les chances de gagner une bataille, il fallait encore compter le hasard comme représentant au moins 50 pour 100 de chances adverses.

Et quant à la prétendue impossibilité pour un peuple d'appliquer tel principe d'organisation militaire, d'utiliser telle méthode d'attaque ou de défense, d'employer telle sorte d'armes dont une autre nation tire excellent parti : c'est une objection de si peu de valeur et tant de fois réfutée par l'expérience, qu'on s'étonne à bon droit d'avoir à la combattre encore.

N'a-t-on pas, pour n'en citer qu'un seul exemple, prédit pendant vingt-cinq ans, que le fusil à chargement par la culasse adopté par la Prusse en 18iil — la date est à retenir, nous venions de renoncer tout juste au fusil à silex — ne pourrait jamais être mis sans danger entre les mains de nos troupes? Avec le « caractère » français, le « tempérament » français, disait-on, le soldat muni d'une telle arme brûlerait infailliblement toutes ses cartouches en quelques minutes et resterait alors désarme. Puis les armes à tir rapide conduiraient fatalement à la tactique défensive, éminemment opposée au « génie français », etc.

Toutes ces belles théories se sont évanouies au lendemain de Sadovva ; nous nous sommes empressés de doter nos soldats aussi d'une arme à tir rapide et je ne crois pas que, pendant la guerre de 1870, nous ayons eu jamais à le regretter.

Car si parfois nous eûmes ou faillîmes avoir quelques demi-succès pendant celte néfaste campagne, c'est bien certainement à la supériorité du chassepot sur le fusil prussien d'alors, que nous en lûmes presque toujours redevables.

En outre, la tactique défensive à laquelle nous nous condamnâmes en effet très maladroitement n'était nullement la conséquence obligée de ce que nous possédions une arme à tir rapide ; nos adversaires nous l'ont bien prouvé.

Et pourtant, chose inouïe, il s'en est fallu de bien peu qu'a propos des armes à répétition, nous n'ayons vu rééditer des objections absolument semblables!

Il faudrait en finir une bonne fois avec ces théories aussi funestes qu'erronées.

Tant qu'on n'aura pas trouvé moyen de supprimer la guerre entre nations civilisées, toutes celles qui sont désireuses de ne pas périr devront se préparer, se tenir prêtes à la faire et à la faire avec succès.

Pour alteindre ce but il leur faudra s'imposer des sacrifices de plus d'un genre; il leur faudra même se résigner a subir des lois peu en harmonie avec leurs « mœurs », leurs « habiiudes «,1e « tempérament » de leurs citoyens, etc.

Et s'il se trouve que les mœurs, les habitudes, le tempérament d'une nation quelconque soient incompatibles avec l'adoption de tel principe d'organisation reconnu nécessaire, avec l'emploi de tel moyen puissant d'attaque ou de défense, de tel mode de combat, de tel engin redoutable adopté par un adversaire dangereux, c'est à modifier son tempérament, ses habitudes et ses mœurs que cette nation devra s'appliquer.

Cette transformation sera bien rarement impossible, et le plus souvent même elle ne sera pas aussi difficile qu'on l'imagine ou qu'on veut bien le dire.

Ne voyons-nous pas le service militaire obligatoire accepté et pratiqué aujourd'hui par la plupart des puissances européennes, dont pas une, sauf la Prusse, ne s'était avisée de l'appliquer avant les événements de 1870?

Italiens et Russes, Turcs et Hongrois, peuples de race latine ou de race slave, s'y sont soumis tout comme les Allemands, comprenant qu'il y allait de leur existence même.

(Ju'on ne vienne donc plus après cela parler de « races », de « génie », de « mœurs » ou de « tempérament national » quand il s'agit d'institutions militaires.

Ces institutions ne peuvent ni ne doivent être identiques, je le reconnais, dans les différents pays auxquels leur étendue, leur situation géographique et mille autres causes créent des besoins militaires différents.

Mais, ces besoins constatés, il faut absolument leur donner satisfaction pleine et entière, et c'est folie de repousser l'emploi de moyens démontrés efficaces par une longue pratique, sous l'unique prétexte que ceux qui les ont employés et mis en œuvre sont de « race »., de « mœurs » ou de « tempérament » différents des nôtres.

La littérature chimique s'est enrichie dans ces derniers temps d'un nouveau livre, où dans peu de temps se trouveront réunis tous les faits acquis à la science.

\J Encyclopédie chimique (1), publiée par l'éditeur Dunod, sous la direction de M. Erémy et avec la collaboration d'un grand nombre de savants, parmi lesquels nous citerons MM. Rerthelot, Cloêz, Junglleisch, .Mallard, Ogier, Villiers, Ditte, Lemoine, etc., présente un côté particulièrement intéressant : son éclectisme.

bans tous les grands traités de chimie, on s'occupe uniquement de cette science au point de vue de la théorie et des applications industrielles ; il est évident que c'est de ces

(1) 2 beaux vol. in-S°, chezDuuod. Paris, 1883.

CAUSERIE BIBLIOGRAPHIQUE

choses qu'on doit surtout parler, mais il n'est pas moins vrai qu'on devrait faire une très large place aux sciences avec lesquelles la chimie est sans cesse en contact.

L'Encyclopédie est un livre accordant une très grande place aux questions générales. C'est ainsi, pour ne parler que de ce qui a paru jusqu'à ce jour, que le deuxième volume est consacré en entier aux questions les plus élevées de la mécanique moléculaire et de la physique, sciences avec lesquelles la chimie théorique se confond par degrés insensibles. Ces questions relativement étrangères sont traitées avec talent par les hommes les plus compétents. M. Berthelul résume dans l'Encyclopédie son livre sur la lherniochiinie> M. Mallard expose les phénomènes de la minéralogie optique et de la cristallographie dans une monographie qui constitue un véritable traité. Les équilibres chimiques, la dissociation, sont expliqués par M. Lenioine d'une façon tout aussi complète; puis viennent la capillarité, les phénomènes généraux de la chimie, les relations de la chimie et de la physique, etc.

Il est un autre genre de questions d'ordre plus modeste, mais d'une réelle utilité ; nous voulons parler des moyens matériels d'étudier la chimie, des méthodes de travail, des instruments et des laboratoires, qui ont été traités à fond dans le premier volume de l'Encyclopédie. Les laboratoires étrangers sont décrits avec le plus grand soin, au point de vue de leur architecture, de leur distribution intérieure et de leur organisation scientifique. Les laboratoires français, où la chimie a pris naissance et établi ses principales théories, sont en général plus anciens et construits dans des conditions moins favorables. Us sont examinés seulement au point de vue de ce qu'ils ont produit et de ce qu'ils produisent sans être pour cela les plus mal partagés.

Toutes ces descriptions sont accompagnées de plans qu'il sera utile de consulter quand on voudra construire des laboratoires.

On sait que la théorie équivalente ayant été, dans notre pa\s, plus longtemps que partout ailleurs, la théorie classique et officielle, assez peu de traités relativement élémentaires ont été rédigés en langage atomistique. Cela nous engage à signaler le Traité de chimie Moderne, que MM. A. i\'aquet et M. Hanriot ont publié récemment (I).

Cet ouvrage se compose de deux volumes : l'un, consacré en entier à la chimie minérale, expose l'histoire des corps simples et de leurs combinaisons ; l'autre, plus étendu, passe en revue toutes les reactions organiques avec une méthode et un ordre remarquables.

Ce volume renferme un très grand nombre de formules développées d'après leur constitution ; c'est là, dans un livre classique, une sorte de luxe typographique qui est à la compréhension des théories et des fonctions chimiques ce que sont les gravures à l'explication des appareils. De plus, autant pour les corps simples que pour la chimie organique, l'ouvrage est mis au courant des derniers faits acquis. C'est

(1) Traité de chimie moderne, 1 vol. in-8° chez Savy, Paris, 1883.

ainsi que le chapitre consacré aux alcaloïdes, d'ordinaire purement descriptif, est enrichi de nombreux faits et suivi d'un appendice où, pour la première lois, on parle d'une nouvelle série de corps : la série pyridique.

Les travaux importants accomplis depuis une dizaine d'années sur le somnambulisme, et qui ont donné une renaissance au somnambulisme, sont en grande partie nouveaux ; mais, cependant, pour une part, ils avaient été constates par des observateurs antérieurs. 11 y a là un phénomène fréquent dans l'histoire de la science ; c'est l'oubli relatif dans lequel tombe une œuvre isolée, jusqu'à ce qu'elle soit reprise, au bout d'un long intervalle de temps, par beaucoup de savants. Jusque-là, elle avait passé à peu près inconnue.

C'est ce qui est arrivé à James Biiaid qui avait découvert, de 18Ù0 à 1850, beaucoup de faits importants qu'on a découverts depuis. Avec Braid commence la secoude période du magnétisme animal; la première période étant avec Mesmer, Puységur et Deleuze, à peu près reléguée dans le domaine de la fable.

M. PfiEYEn, qui avait déjà publié une étude historique sur Braid (1), a fait traduire les principaux ouvrages relatifs à l'hypnotisme, du célèbre médecin de Manchester (2).

Voici le titre des principales publications de Braid; nous les donnons ici, car elles sont peu connues en France :

1" The poiver of the mind over the body, I846j

2° Observations on human hybernation, 1843;

3° Neurhypnology or the rational of nervous sleep eonsidered in relation with animal magnetism, 1843;

4° Magie, witcheraft, animal magnetism, hypnotism ami electrobiology, tïs.VJ ;

5" Electrobiological phwomena, 1851 ;

6° The physiology of fascination, 1SJ.">.

Nous ne poursuivrons pas plus loin ces indications, qui suffisent pour indiquer le sens des découvertes de Braid.

Le médecin de Manchester a commencé ses observations en 18/i2 par quelques expériences d'hypnotisme et le récit des phénomènes observés dans l'Inde sur la catalepsie et Yhybernalion des fakirs. On disait, dans l'Inde, que les fakirs peuvent être enterrés vivants, les yeux ouverts, le regard fixe, sans faire un mouvement et qu'ils restent ainsi ensevelis pendant de longues années; quand on les sort de leur cercueil, ils reprennent le mouvement et la vie. Braid rapporte quelques cas authentiques de ce phénomène prolongé, non pendant plusieurs années, mais pendant quelques jours. L'n fakir en état de catalepsie fut enseveli sous la terre, à une profondeur de trois ou quatre pieds. Un ofticier anglais fit surveiller la place, et auboutde trois jours, craignant que cet enterrement n'ait porte dommage au fakir, le fil déterrer malgré les Indous qui voulaient le laisser neuf jours dans cet état. On

(1) Die Enldeckung der Bypnotismus Deutsche Rundschau, l°* iévrier 1881.)

2) l>>,- Hypnotismus ; ausgewdhUe Schriften, voo J. Braid. Berlin. chez Pœtel, 1882.

CAUSERIE BIBLIOGRAPHIQUE

procéda donc à l'extraction de la victime et on la trouva sans connaissance, les yeux ouverts, les membres rigides. Les Indiens présents procédèrent alors à des frictions multipliées qui réveillèrent le malheureux et, une heure après, il était revenu à ses fonctions normales. Braid rapporte à la suite de ce récit d'autres faits, plus ou moins analogues, observés en

Europe.

Si nous laissons de côté les théories de Braid sur l'hypnotisme et sa cause, théories peu intéressantes aujourd'hui, par suite du grand nombre de laits nouveaux que nous possédons, nous trouvons dans les faits mêmes bien des détails utiles à connaître. Les hallucinations, dans l'état d'hypnotisme, peuvent Otre provoquées par les paroles des personnes présentes : une association d'idées s'établit aussitôt par le l'ait de l'excitation que subit le patient, absolument comme dans le rêve.

L'idée fondamentale de Braid est le renversement des théories anciennes de Mesmer, de Puységur, deReichenbach, sur la force magnétique circulant dans le monde et localisée dans l'esprit et le corps du magnétiseur. Pour lui, tel peut être hypnotisé qui n'ajamais entendu parler de magnétisme, alors que le magnétiseur lui-même ne fait aucun effort de volonté. La fixation d'un objet brillant trouble l'équilibre des centres nerveux, produit l'anesthésie de certaines parties, l'hyperesthésie de certaines autres et amène un état que Braid appelle l'hypnotisme.

Peut-être ne serons-nous pas aussi enthousiaste que M. Preyer sur les travaux de Braid. Depuis quelques années on a lait de grandes découvertes dans le domaine magnétique, toutefois on doit admettre que Braid a eule mérite de renverser la théorie du fluide magnétique et de montrer qu'il s'agit d'un phénomène naturel et non d'un fait surnaturel. Ce n'est pas là, on en conviendra, un mince mérite.

Les lecteurs de la Revue connaissent déjà, par la notice qu'en a donnée M. II. -A. Robin, la vie et les travaux de Fhancis Balfour. Ce savant, mort à la fleur de l'âge, à trente-deux ans, a fait des découvertes mémorables qui permettent de le placer parmi les premiers anatomistes. Le traité d'embryologie, dont M. Robin nous présente aujourd'hui la traduction (1), n'est pas seulement l'exposé des découvertes originales faites par Balfour, c'est aussi un exposé complet de l'état de la science embryologique à notre époque. Peu de sciences paraissent, au premier abord, aussi difliciles ; mais il en est peu qui soient aussi avancées. De magnifiques travaux ont pu nous faire déchirer le voile qui couvre ces opérations mystérieuses; on a pu suivre jusque dans ses plus minutieux détails l'évolution de l'œuf et pénétrer dans toutes leurs phases les évolutions de la cellule généralrice. De là une lumière éclatante jetée sur l'origine des êtres. Sous ces aspects multiples, la cellule de l'œuf se développe d'après les mêmes lois, parcourt les mêmes mé-

(1) Traité d'embryologie et d'organogénie comparées, par Francis Balfour, traduit par H. -A. Robin. T. i" : Histoire de l'œuf; embryologie des invertébrés. Un vol. iu-S". Paris, J.-B. Baillière, lôSJ.

tamorphoses, pour aboutir finalement aux formes dissemblables que la féconde nature a su donner à ses divers enfants.

Le livre de Balfour n'est pas un livre élémentaire, mais un ouvrage de haute science nécessaire à tous les naturalistes. Aujourd'hui, en effet, c'est par l'embryogénie que doit débuter l'étude anatomique des êtres; pour comprendre les formes analomiques de l'adulte, il est nécessaire de connaître les phases évolutives de l'embryon.

M. Akmengacd vient de publier dans le XXVIII» volume de la Publication industrielle des machines, outils et appareils, une étude sur le blé, les farines et le pain en France. De la lecture de ce travail, il paraît résulter que si l'agriculture et la meunerie ont fait de notables progrès, la première en améliorant les terres pour obtenir de plus forts rendements, la seconde en perfectionnant les machines pour produire de plus belles farines, il n'en est pas de même de la boulangerie, qui a conservé les moyens ordinaires de travail manuel et n'a pas cherché à introduire dans sa fabrication des procédés mécaniques qui lui permissent d'opérer plus économiquement, et de tirer un parti plus avantageux des substances alimentaires du froment.

Elle en est restée au yindre qui pétrit la pâte avec les mains, elle emploie toujours les fours les plus primitifs pour la cuisson. Depuis la liberté de la boulangerie, en 1863, cette industrie n'a rien tenté pour sortir de la situation arriérée dans laquelle elle se trouvait sous un régime restrictif. Avec la liberté du commerce, le nombre des boulangeries s'est accru dans une proportion plus grande que la population. Chaque atelier, ayant moins de travail à faire, est obligé de répartir ses dépenses sur une moindre quantité de produits. Le nombre des boulangeries était en 1862 de 907; il s'élevait en 1880 à 1586. La moyenne générale du nombre d'habitants par boulangerie, qui était en 1680 de 470, était en 1852 de 1750; en 1862 de 1838 et en 1878 de 1305. Notons de plus que le cours normal des blés tend à se régulariser et à diminuer d'autant plus que la concurrence s'étend et devient générale; tandis que, contrairement à toutes les prévisions, si la boulangi rie continue à suivre les mêmes errements, plus la concurrence augmentera, et plus le prix du pain ira en augmentant.

Les conclusions de l'auteur sont très nettes. C'est à l'industrie mécanique, c'est à l'application des machines et des fours perfectionnés que la boulangerie doit s'adresser pour travailler plus proprement, avec plus de régularité et d'économie, tout en diminuant le labeur de l'ouvrier.

il) Meunerie cl boulangerie, par M. Arinengaud, ingénieur.

ACADÉMIE DES SCIENCES DE PARIS

ACADÉMIE DES SCIENCES DE PARIS

Correspondance. — M. le secrétaire perpétuel donne communication d'une lettre de la Société royale du Canada invitant, en son nom propre et au nom du gouverneur général du Canada, l'Académie à se faire représenter à la seconde session annuelle de la Société, dont l'ouverture aura lieu à Ottawa, le 22 mai prochain. Les délégués de l'Académie seraient, pendant la durée du congrès, les hôtes de la Société royale du Canada.

Mathématiques. — M. Schwarz : Note sur les surfaces à courbure moyenne sur lesquelles on peut limiter une portion finie de la surface par quatre droites situées sur la surface.

— M. Appell : Sur les fonctions uniformes affectées de coupures et sur une classe d'équations différentielles linéaires.

— M. E. de Jonquières : La loi des périodes.

— M. Walther Dyck : Remarques sur la primitivité des groupes.

— M. F. Lucas : Détermination des progressions arithmétiques dont les termes ne sont connus qu'approximativement.

— M. E. Cesaro : Note sur un théorème de M. Stieltjes.

Astronomie. — M. C. Trépied communique les observations qu'il a faites à l'observatoire d'Alger de la comète II 1882. Le 22 novembre, on voyait distinctement deux noyaux, et jusqu'au 30 décembre les comparaisons se rapportent au plus brillant. A partir du 30 décembre on a pointé le noyau le plus boréal, le plus faible, mais le mieux défini.

— M. Përigaud rend compte de ses observations, faites à l'équatorial coudé et corrigées de la parallaxe, sur la comète Swift-Brooks.

— L'empereur du Brésil adresse à l'Académie une note de M. Cruls sur l'observation du passage de Vénus à Punta- Arenas, dans le détroit de Magellan. Bien que dans cette localité le degré de nébulosité du ciel soit généralement assez considérable, surtout pendantle jour, néanmoins l'observaiion des quatre contacts a pu se faire, le 6 décembre, dans d'excellentes conditions. Vers l'instant du premier contact interne les nuages ont, à plusieurs reprises, interrompu l'observation; mais des éclaircies fréquentes ont permis cependant de juger parfaitement de la succession des phases et de noter en toute certitude l'instant de ce contact.

Mécanique. — M. Meurisse présente un instrument de son invention destiné à mesurer la vitesse des navires et à remplacer le loch. La construction de cet appareil, auquel il donne le nom de vélocimèlre nautique, est fondée sur l'emploi d'un régulateur à force centrifuge; l'écartement des boules du régulateur permet de faire connaître et d'enregistrer la vitesse.

— M. A. de Caligni/, après avoir indiqué dans un précédent mémoire le moyen d'obtenir une marche entièrement automatique de l'écluse de navigation à colonnes liquides oscillantes, en employant des cataractes, décrit aujourd'hui, dans un nouveau travail, les moyens d'obtenir cette même marche,

sans cataracte. Ce système, beaucoup plus simple, a élé expérimenté avec succès pendant la vidange de l'écluse de l'Aubois.

— M. A. Ledieu étudie dans un important mémoire les unités de la mécanique et de la physique, unités dérivées et unités fondamentales.

— M. //. Léauté adresse une note sur un perfectionnement applicable à la turbine Jouval, turbine qui, si elle offre des avantages d'une nature spéciale, présente cependant deux ordres d'inconvénients : le premier consiste dans la difficulté qu'il y a, lorsque le travail résistant vient à varier, à maintenir un régime constant par l'emploi d'un régulateur; le second résulte de la diminution notable du rendement qui se produit dès qu'on abaisse le débit au-dessous de la dépense normale correspondant à l'ouverture complète des orifices. C'est à ce dernier que le procédé de M. Léauté tend surtout à remédier.

Piiysiqi/e. — Lors du congrès international des électriciens, en 1881, M. J. Violle avait proposé, pour étalon absolu de la lumière, la radiation émise par un centimètre carré de platine fondant. M. le'ministre des postes et des télégraphes ayant invité l'auteur à étudier de nouveau la question, celui-ci fait connaître à l'Académie le résultat des expériences préliminaires qu'il a entreprises sur la radiation de l'argent au moment de sa solidification.

— M. Ch. Zengcr adresse une note sur un spectroscope à vision directe très puissante, dont la dispersion, inconnue jusqu'ici, n'a élé dépassée que par le spectroscope de M. Thollon. L'appareil de M. Zenger aurait, d'après son inventeur, l'avantage de ne présenter, pour ainsi dire, que les pertes inévitables dues à l'absorption, parce que le rayon moyen rencontre à peu près à angle droit les faces du parallelipipède à dispersion et celles du prisme qui y est joint.

— M. E. Pauchon communique le résultat de recherches sur la détermination de la limite supérieure de perceptibilité des cours. Ces recherche?, dont une parlie a élé faite avec la collaboration de M. L. Bertrand, avaient pour but de vérifier si, comme l'ont avancé plusieurs physiciens, sans apporter à l'appui de leur dire aucune expérience probante, cette limite varie pour une même oreille avec l'intensité du son.

— M. Trouvé, en réponse aux observations de M. Régnier relatives aux piles de bichromate de potasse, rectifie une erreur commise dans la note qu'il a communiquée à l'Institut, le 19 mars dernier, et rétablit la dépense en zinc pour les douze couples de la pile à 912 grammes, soit 76 grammes par élément.

— M. J. Pollart présente un rapport relatant les résultats des expériences effectuées dans le courant de l'année 1879, à bord du Richelieu, d'après les ordres du vice-amiral Cloué, commandant en chef de l'escadre d'évolution. Ces expériences et l'essai de théorie qui en découle ont été établis avec la collaboration de M. l'ingénieur Garnier et de M. le lieutenant de vaisseau Journet. Le rapport de M. Pollart renferme en outre des données et des aperçus sur la théorie des machines dynamo-électriques.

— M. Lefèvre, à l'occasion de la récente catastrophe de Marnaval, envoie une note relative à un indicateur automatique du niveau d'eau dans les générateurs à vapeur.

— M. G. Cabanellas : Hauts potentiels d'émission et gros fil.

ACADÉMIE DES SCIENCES DE PARIS

Agronomie. — M. P. de Gasparin communique une note sur les terrains salants du sud-est de la France dont voici les conclusions :

1° L'entreprise de dessalement d'un terrain salant, tout au rebours de la création d'un polder, est un problème indéterminé. Que le dépôt de sel qui, par les eaux souterraines, entretient la salure, soit voisin ou éloigné, on ignore sa puissance, et par conséquent on ne sait si c'est en dix, vingt ou trente années de submersion et de drainage ou d'épuisement qu'on en viendra à bout. Sans doute des combinaisons rationnelles multiplient les années et peuvent faire dans un temps limité ce que les siècles n'ont pas fait, à cause de l'imperfection des écoulements qui n'étaient souvent que des écoulements de surface et n'agissaient que dans une faible mesure. Mais le problème n'en.reste pas moins indéterminé, et les accidents véritables et connus sont bien assez redoutables pour l'agriculteur, sans y joindre les déceptions de l'inconnu, la poursuite d'une chance heureuse.

2° En tout cas, on ne doit jamais tenter le dessalement de terrains depuis longtemps sans communication avec la mer à un niveau de plus de 7 mètres au-dessus de l'étiage de la Méditerranée et pourvus depuis longtemps d'écoulements invariables; on ne peut raisonnablement tenter d'improviser ce que les siècles n'ont pas fait, quand on ne peut augmenter que faiblement par des submersions temporaires l'effet des eaux douces sur les terrains salants;

3° Puisqu'on trouve encore des terrains salants à des altitudes de plus de cent mètres au-dessus du niveau de la Méditerranée; puisqu'une vaste formation gypseuse s'étend de Sainte-Victoire, près d'Aix, jusqu'à Malaucène, au pied du mont Ventoux; puisque toutes les sources qui émergent dans la basse vallée contiennent, en des proportions variées, du sel marin, quoique venant à eau courante de la vallée de la Durance; puisque les dépôts de sel gemme sont souvent les associés des formations gypseuses, n'est-il pas permis de craindre que les sources salées qui entretiennent la salure d'une partie des ces eaux ne viennent de dépôts éloignés et indéfinis en étendue, en sorte que l'assainissement de ces terrains serait pour cette partie-là un problème insoluble?

En tout cas, M. P. de Gasparin croit nécessaire, en raison du mouvement agricole dont il est le témoin, d'appeler de nouveau l'attention sur cette question importante.

Chimie. — Les apatites pouvant être décomposées par le milieu dans lequel elles se forment, lorsqu'on modifie les conditions d'équilibre, on trouve dans ce fait un procédé général qui permet d'obtenir par voie sèche des vanadates cristallisés. M, A. Ditle, da.ns sa communication sur ce sujet, indique les circonstances dans lesquelles se produisent quelques-uns de ces sels et fait remarquer que les cristaux des vanadates restent petits lorsque, le sel étant facilement fusible, la cristallisation dans le dissolvant en fusion ne peut commencer qu'à une température déjà peu élevée, et s'effectue alors en un temps relativement court. De plus, en substituant le phosphate ou l'arséniate d'ammoniaque à l'acide vanadique, on peut obtenir des cristaux de phosphates ou d'arséniates sans plus de difficultés.

— D'une note de MM. E. Filhol et Senderens il résulte que l'action du soufre sur les phosphates alcalins semblerait con. duire à considérer l'acide phosphoiïque comme un acide sesquibasique à fonction mixte.

— MM. P. Uautefeuille et,/. Margollel décrivent une combinaison de l'acide phosphorique avec la silice, qui cristallise dans les mûmes conditions que les métaphosphates d'alumine, de chrome, de fer et d'urane. Ce phosphate s'obtient en traitant par l'acide métaphosphorique en fusion tranquille, dans un creuset de platine, la silice provenant de la décomposition du fluorure de silicium par l'eau. Sa formule est PHÛ5, SiO1.

— M, Daniel Klein fait connaître les conditions dans lesquelles il a pu obtenir divers genres de borotungstates. Ce sont : un sel tribasytique, un sel tripotassique, un sel triargentique, un sel sodico-barytique et un sel sodicostrontianique.

— M. H. Le Châlelier appelle l'attention de l'Académie sur l'application des phénomènes de sursaturation à la théorie du durcissement de quelques ciments et mastics, et signale notamment comme procédé de sursaturation celui qui consiste à faire réagir un corps liquide ou dissous sur un corps solide. Quand le nouveau corps obtenu est faiblement soluble, on obtient des dissolutions qui sont relativement très sursaturées.

— S'appuyant sur les expériences de MM. Heumann, Kbch lin et Billitz et sur de nouvelles expériences qui lui sont propres, M. D. Kowanoloff combat de nouveau les affirmations de M. Jules Ogier maintenant absolument, de par ses propres recherches au laboratoire de M. Berthelot, que le chlorure de pyrosulfuryle possède une densité de vapeur anormale.

— M. Navel adresse une note sur les composés qui se forment avec absorption de chaleur.

— M. Henry a entrepris des recherches sur la différence d'aptitude réactionnelle des corps halogènes dans les éthers haloïdes mixtes. La note qu'il présente aujourdhui sur cette question comprend la première partie d'un long travail et s'occupe seulement des composés éthyléniques.

— Si l'étude des chlorhydrates cristallisés de térébenthène a été faite très complètement, par contre, celle des chlorhydrates liquides est restée très incomplète, et l'on ne connaît pas encore bien la nature et les propriétés des carbures qu'ils engendrent par élimination de l'acide chlorhydrique combiné. C'est cette lacune que M. Ph. Barbier a voulu combler par les recherches auxquelles il s'est livré, et dont il communique les résultats à l'Académie.

Les deux monochlorhydrates liquides qu'il a étudiés sont : 1° celui qui se produit par l'action de l'acide chlorhydrique sur une dissolution alcoolique de térébenthène; 2° celui qu'il obtient par l'acide chlorhydrique gazeux agissant directement sur le térébenthène sec.

Géologie. — M. Tedeschi di Ercole transmet à l'Académie une description des récents phénomènes volcaniques de l'Etna.

Zoologie. — M. L. Roule a étudié depuis quelques années l'anatomie, l'histologie et la faune des luniciers des côtes de Provence et a résumé l'an dernier, dans trois notes successives, les principales particularités de l'organisation du Ciona inleslinalis. Avant de terminer le mémoire dans lequel il résume toutes ses observations sur la famille des phallusiadées, l'auteur tient à préciser, dans une nouvelle communication, la structure de l'ovaire et le mode de développement des ovules des phallusiadées, d'autant plus que dans une note

ACADÉMIE DES SCIENCES DE PARIS

récente, M. le professeur Sabatier avait remis ce sujet en question.

— Dans sa note sur les organes du vol chez les insectes, M. Amans, après avoir fait de nombreuses dissections et vivisections sur des insectes, au laboratoire de zoologie de la Faculté des sciences de Montpellier, présente quelques observations sur la construction d'une aile artificielle, et discute les deux théories en présence, celle de M. Marey et celle de M. Petitgrew.

Botanique. — M. J. Charreyre, poursuivant ses études sur l'origine et la formation trichomaliques de quelques cystolithes, divise ceux-ci en deux catégories : 1° ceux de la plupart des Urlicinées, épidermiques et développés le plus souvent aux dépens d'un poil, rarement de la paroi externe d'une cellule épidermique; 2° ceux des Acanlhaoées et des Procridées, existant dans tous les tissus et développés aux dépens des parois de la cellule qui les contient. Ces deux catégories, dit l'auteur, seraient peut-être reliées par les cystolithes linéaires de certaines orties.

— Dans la série de recherches qu'ils ont entreprises sur a physiologie des végétaux sans chlorophylle, MM. Gaston Bonnier et L. Mangin ont choisi les champignons comme premier sujet d'études et se sont surtout occupés des phénomènes relatifs à la respiration et à la transpiration, ainsi que des diverses causes qui peuvent influer sur ces deux fonctions : l'air confiné, la température, l'état hygrométrique et la nature des radiations. C'est ainsi qu'entre autres résultats, ils ont constaté que la lumière diffuse diminuait la respiration, toutes conditions égales d'ailleurs, tandis qu'elle augmentait la température.

Physiologie. — M. A. Charpentier, continuant ses recherches sur la perception des couleurs et la perception des différences de clarté, croit pouvoir conclure des nouveaux faits acquis, que la perception de couleur n'est que l'appréciation de la différence d'excitation que produisent des rayons déterminés, d'une part, sur l'appareil de la sensibilité lumineuse, d'autre part, sur l'appareil de la sensibilité visuelle proprement dite ou de la distinction des formes.

— Après avoir successivement étudié dans des communications précédentes la quinine et la cinchonine, MM. G. Sëe et Boche fontaine font connaître aujourd'hui, dans une nouvelle note, le résultat de leurs recherches expérimentales sur

es effets physiologiques de la cinchonidine, cet autre alcaloïde du quinquina qui a servi récemment à la falsification du sulfate de quinine des hôpitaux de Paris. Les expériences ont élé faites d'abord sur des animaux, puis sur l'homme sain, l'un des auteurs de cette note ayant voulu l'expérimenter sur lui-môme. Les résultats obtenus se rapprochent de ceux qui ont été consignés par MM. Ratl'ertie, 1876, Weddel, 1877, etc. : pouls élevé, peau brûlante, lourdeur de tète, congestion de la face, yeux rouges, etc. Ils rappellent les effets de la quinine et de la cinchonine, les convulsions et la salivation provoquées par ce dernier agent étant plus accusées chez le chien, tandis que les vomissements dus à la cinchonidine sont plus répétés chez cet animal. Chacune de ces trois substances ne détermine de convulsions chez la grenouille ; cet accident manque fréquemment chez le cobaye, le lapin, le chien, et on ne l'obtient qu'au moyen de doses toxiques. Par conséquent, aucune d'elles ne peut être classée sans restriction parmi les agents convulsivants, comme la

strychnine; leur place est plutôt au milieu des substances qui dépriment le système nerveux central après avoir un moment activé la circulation.

Enfin, il est à remarquer que sur l'homme, à l'état normal, le sulfate de cinchonidine produit un syndrome fébrile, qu'il est, ainsi que la quinine, ordinairement appelé à combattre en thérapeutique.

— Le note de M. Bourceret, relative à ses recherches sur le système vasculaire, sur la circulation des doigts et la circulation dérivalive des extrémités, se termine par les conclusions suivantes : 1° il existe dans la dernière phalange des doigts une circulation spéciale, permettant un retour rapide du sang. Cette disposition particulière consiste en gros capillaires, très courts, formant des pelotons vasculaires caractéristiques qui permettent une communication facile entre les artères et les veines; 2" cette circulation spéciale n'est qu'une modification du type général; elle paraît avoir pour but d'entretenir la chaleur du doigt, en permettant au sang de passer en abondance. Ce n'est pas à proprement parler une circulation dérivative.

— M. le secrétaire perpétuel signale, parmi les travaux importants déposés sur le bureau, le compte rendu des travaux du service du phylloxéra pour l'année 1882, comprenant les procès-verbaux de la session annuelle de la commission supérieure du phylloxéra, les rapports et les pièces annexes ainsi que les lois, décrets et arrêtés relatifs au phylloxéra; en un mot, une foule de documents intéressants à consulter que vient encore compléter une carte des arrondissements dans lesquels la présence du phylloxéra a été constatée. Cette carte est dressée conformément au décret du 31 janvier 1883.

Prix Bordin. — M. Firmin Larroque se fait connaître comme l'auteur du mémoire inscrit sous le n" 3 au concours du prix Bordin (électricité de l'atmosphère).

Ce mémoire étant celui qui a obtenu un encouragement de mille francs, M. le président proclame le nom de M. Firmin Larroque comme lauréat.

Mathématiques. — M. Callandreau : Calcul intégral double.

— M. Sylvester : Démonstration pratique d'un théorème d'Euler touchant la partition des nombres.

Astronomie. — M. André fait connaître le résultat de ses observations sur la comète Swift-Brooks à l'observatoire de Lyon.

— Dans un nouveau mémoire, M. Zenger présente un résumé très curieux d'observations météorologiques à la suite desquelles il établit les relations qui lui paraissent exister entre des faits regardés jusqu'alors comme indépendants les uns des autres.

Physique. — M. Bouley présente, au nom du chirurgien en chef de l'hôpital de Rouen, son inventeur, un photophore électrique qui s'applique sur l'os frontal du malade auquel on a à faire subir une opération exigeant une grande clarté. Cet instrument est combiné de façon à donner une lumière aussi intense que possible.

ACADEMIE DES SCIENCES DE PARIS

— M. Edm. Becquerel a présenté à l'Académie en son nom et au nom de son fils, M. Henri Becquerel, un mémoire sur la température de l'air à la surface du sol et de la terre jusqu'à 36 mètres de profondeur, ainsi que sur la température de deux sols, l'un dénudé, l'autre couvert de gazon, pendant l'année 1882.

Ce travail est la continuation des recherches entreprises au Muséum d'histoire naturelle par Antoine-César Becquerel, il y a vingt ans, à l'aide des appareils thermo-électriques qu'il a imaginés. Les observations, faites plusieurs fois par jour, donnent la marche de la température suivant les différentes influences extérieures.

Dans la terre on peut suivre l'influence perturbatrice apportée par l'infiltration des eaux; on sait que sous le sol du Muséum il existe deux nappes aquiféres qui amènent les eaux vers la Seine : l'une est située à 16 mètres de profondeur, l'autre à 26 mètres, à la partie supérieure de l'argile plastique. La température n'augmente donc pas d'une manière régulière à mesure que l'on s'enfonce sous le sol, et, à ces profondeurs, les eaux communiquent aux couches de terrain une température différente de celle qui devrait exister sans cela. Cette année 1882, c'est à 16 mètres que la perturbation a été la plus forte. L'année précédente, c'était à 26 mètres. A des profondeurs plus grandes, depuis 31 mètres jusqu'à 36 mètres, la température, depuis vingt ans, n'a pas varié, et à cette dernière profondeur elle est restée constamment égale à V2°l\h-

Sous des sols dénudés ou couverts de gazon, la température a été observée depuis 0m,05 jusqu'à 0m,60 de profondeur. La conclusion générale est que le gazon forme une sorte de manteau qui garantit la terre d'un excès de chaleur ou de froid et que, en moyenne mensuelle et annuelle, la température sous le sol gazonné est plus élevée que sous le sol dénudé.

Chimie. — M. Donalo Tommasi, dans une nouvelle communication sur la chaleur de combinaison des glycolates et la loi des constantes thermiques de substitution, soumet à l'Académie les réflexions suivantes : 1° tout d'abord sa première note du 19 mars dernier n'avait qu'un seul but, celui de montrer par un nouvel exemple l'exactitude et la généralité de cette loi. Il n'a jamais eu la moindre pensée de diminuer en aucune façon le mérite des recherches expérimentales de M. de Forcrand et encore moins de se les approprier. Si cette loi élait déjà connue, comme on l'a prétendu, M. Tommasi se demande comment il se fait qu'on ne la trouve jamais mentionnée dans aucun traité de chimie ou de physique ou de mécanique chimique, et que l'on ne s'en soit jamais servi pour contrôler ou prévoir une donnée thermique. Aussi l'auteur s'étonne-t-il que l'on veuille lui disputer le mérite de la découverte.

M. de Forcrand, dit-il, pense que les résultats qu'il a obtenus « n'étaient nullement prévus et calculables ù priori » ; il est en cela dans une erreur complète puisque ces résultats, je les ai bien prévus et calcules d'avance. D'ailleurs, j'ai fourni un moyen tout simple de soumettre à une nouvelle épreuve l'exactitude de la loi en donnant à priori la chaleur de combinaison d'un certain nombre de glyculalcs que l'on détermine dans les calories de combinaison de ces sels et l'on verra si elles sont d'accord ou non avec les calories de combinaison prévues par ma loi sur les constantes thermiques.

— Nous devons citer aussi une note de M. Page, pharmacien à Bourg (Ain), sur une altération du lait qu'il a observée dans certaines fermes de la Bresse, altération semblable à celle que M. Reiset, correspondant de l'Académie, a signalée, il y a deux mois environ, en Normandie et que l'on nomme le lait bleu. La seule différence serait que pour M. Page cette altération serait due à la présence d'un vibryon tandis que pour M. Reiset il s'agirait d'un mycoderme.

— Il y a plus d'un an, M. Caillelel adressait à l'Académie le résumé de ses recherches sur la production des très basses températures et démontrait que, en évaporant sous la pression atmosphérique le gaz éthylène liquéfié au moyen d'un appareil simple et facile à manier, de son invention, on pouvait abaisser à peu près de 110 degrés au-dessous de zéro la température des corps qu'on y tenait plongés. Ces expériences mettaient à la disposition des savants des froids bien plus intenses que ceux obtenus par Faraday dans ses mémorables recherches et permettaient à MM. Hautefeuille et Chappuis de liquéfier l'ozone mélangé à l'oxygène sous forme d'un liquide bleu indigo. De son côté, M. Cailletet, en comprimant de l'oxygène dans un tube refroidi par l'éthylène, constatait la formation d'un liquide qui entrait en ébullition tumultueuse au moment où l'on opérait la détente de l'appareil.

En même temps que M. Cailletet poursuivait ses recherches au laboratoire de M. Debray, à l'École normale, un officier étranger, M. Wroblenski, attaché au même laboratoire, assistait chaque jour aux expériences de notre compatriote et en suivait toutes les phases. De retour à Cracovie, où il est professeur de l'Université, M. Wroblenski a repris les expériences de M. Cailletet, et en activant l'évaporation de l'éthylène au moyen du vide, ainsi que Faraday l'avait fait autrefois, il vient d'obtenir un abaissement de température de 136 degrés au-dessous de zéro, qui lui permet de liquéfier l'azote et l'oxygène sous des pressions qui ne dépassent pas 26 atmosphères.

Ces gaz liquéfiés sont des liquides incolores d'une extrême mobilité et qui repassent à l'état gazeux, dès que la température s'élève ou que l'on diminue la pression.

— Après cette communication, MM. Boussaingault, Berthelot, AViirtz, Debray et Dumas prennent tour à tour la parole. M. Boussaimjaull déclare que l'on doit attribuer à M. Cailletet tout le mérite de la découverte et rappelle qu'il a assisté l'année dernière aux expériences de l'École normale et qu'il a vu de ses propres yeux bouillir l'oxygène liquide au moment où l'on opérait la détente dans l'appareil plongé dans l'éthylène. M. Wiïrtz, de son côté, insiste vivement sur les expériences de M. Raoul Pictet (de Genève) que l'on aurait tort d'oublier, lesquelles sont, dit-il, plus concluantes encore, car non seulement il a obtenu l'oxygène liquide, mais il a pu mesurer sa densité. M. Berlhelol répond à son tour que ni M. Cailletet ni M. Pictet n'ont jamais fourni une démonstration complète, qu'ils n'ont jamais vu l'oxygène liquide à l'état statique, mais seulement en détente; seul M. Wroblenski vient d'y parvenir pour la première fois. Enfin M. Dumas intervient pour faire remarquer que l'auteur de la note, M. Wroblenski, est tout le premier à reconnaître que les résultats qu'il communique aujourd'hui à l'Académie sont le fruit de ses études à l'École normale sous la direction de M. Cailletet, et que c'est dans son laboratoire qu'il a appris à connaître et à manier les appareils grâce auxquels il vient d'obtenir la liquéfaction de l'oxygène et de l'azote.

ACADÉMIE DES SCIENCES DE PARIS

Physiologie. — MM. Pécholier et Reyc/ier adressent une note relative à leurs nouvelles recherches expérimentales sur l'action physiologique de la vératrine.

— M. Minor fait connaîire, dans un travail intitulé Contributions à l'élude expérimentale de l'élongation des nerfs, le résultat des expériences qu'il a entreprises dans le laboratoire de M. Vulpian. On sait que cette opération a été instituée comme traitement des névralgies rebelles et qu'elle a produit dans un certain nombre de cas, soit un soulagement véritable, soit môme la disparition des douleurs, de même qu'elle a diminué chez certains malades les crises douloureuses que l'on observe dans l'alaxie locomotrice. C'est le mécanisme de ces effets que M. Minor a voulu étudier dans une série d'expériences très bien faites. En résumé, il résulte de ses recherches que l'élongation d'un nerf équivaut pour ainsi dire à sa section par suite de la rupture des fibres nerveuses qui en sont la conséquence. Un autre lait intéressant, c'est que cette lésion partielle d'un nerf n'entraîne nullement l'altération des muscles correspondants; mais leur structure normale est conservée intacte, contrairement à ce que l'on observe lorsqu'il y a section véritable du nerf.

— M. RummOj ayant constaté que malgré les travaux publiés jusqu'ici sur l'iodoforme, l'action physiologique de ce médicament n'était pas encore bien connue, s'est livré à quelques études expérimentales sur ses propriétés physiologiques. Les expériences ont été poursuivies sur plus de soixante animaux, mammifères et batraciens. En voici les principaux résultats : 1° diminution progressive du nombre des contractions ventriculaires du cœur; augmentation de l'énergie des systoles ventriculaires et lenteur du relâchement diaslolique; 2° les mouvements respiratoires restent presque normaux sous l'influence de petites doses d'iodoforme, tandis qu'avec des doses élevées il y a d'abord une accélération des mouvements, puis une diminution, enfin l'arrêt de la respiration; 3° les doses moyennes élèvent la température de 1 à 2°, de très fortes doses produisent une élévation transitoire à laquelle succède un abaissement de k à 5°, malgré le tétanos; U° aneslhésie locale, affaiblissement général, diminution de l'excitabilité nerveuse, musculaire, des réflexes surtout dans le membre injecté, puis rigidité générale qui persiste même après la section de la moelle cervicale. Chez les mammifères les troubles nerveux généraux ont lieu quand on introduit l'iodoforms dans l'estomac ou dans le péritoine, après les inhalations prolongées avec un appareil approprié, tandis que l'injection sous-cutanée ne détermine qu'une anesthésie locale et fort peu de phénomènes généraux. Enfin les doses élevées déterminent, comme troubles gastro-intestinaux, des nausées, des vomissements, des selles dysentériques, et les doses mortelles produisent le marasme et tous les phénomènes de l'iodisme; 5° quant à son action antiseptique, M. Rumuio a observé que l'iodoforme en nature n'arrêtait pas le développement des bactéries en voie de pullulation dans les liquides putrides, mais il empêche le développement des germes microbiques. L'iodoforme dissous dans l'huile de térébenthine tue, au contraire, les bactéries en pleine prolifération.

Médecine. — M. le professeur Richet donne lecture d'un mémoire sur le traitement de la pustule maligne chez l'homme par les injections iodées. On sait que la pustule maligne est une maladie des plus redoutables que l'on

observe plus particulièrement dans certaines professions telles que celles de mégissier, de boucher, etc. Le Bulletin municipal officiel de dimanche dernier en rapporte trois cas tout récents communiqués par M. le docteur Le Roy des Barres à la commission d'hygiène publique et de salubrilé du département de la Seine.

M. Richet présente deux observations semblables chez deux garçons bouchers. Dans le premier cas la pustule se développe à l'extrémité d'un des doigls de la main et le malade, venu beaucoup trop fard à l'hôpital, succombe avec une telle rapidité que le traitement n'a pu être poursuivi assez longtemps pour avoir quelques chances de succès. Dans le second cas, au contraire, l'individu entre à temps à l'Hôlel-Dieu ; c'est un homme vigoureux qui a éfé atteint après avoir porté un quartier de viande saignante sur son épaule. La marche de la maladie est rapide, l'affaiblissement général considérable et la terreur du malade est grande, symptôme de mauvais augure, car elle est toujours en rapport avec la gravité du mal. Du reste, la nature de la maladie ne laisse aucun doute. Le côté gauche du cou et de la face sont tuméfiés, les ganglions lymphatiques voisins engorgés et douloureux. Sans aucune hésitation M. Richet injecte immédiatement sous la peau, tout autour de la pustule, de 100 à 120 gouttes de teinfure d'iode iodurée, réparlies sur un certain nombre de piqûres. Le soir on pratique de nouvelles injections sous-cutanées, en même temps qu'une potion iodée est administrée à l'intérieur. Dès le lendemain la température est abaissée à 38°, le nombre des pulsations a diminué. Le surlendemain l'amélioration tend à s'accentuer; injections et potion sont continuées. L'eschare s-e forme régulièrement et est d'une épaisseur considérable, en rapport avec la gravité du mal. Par contre, les piqûres faites à la peau pour les injections iodées ne déterminent aucun phénomène morbide. Quelques jours plus tard le malade était parfaitement guéri, démontrant l'heureuse influence de la médication iodée appliquée à temps et énergiquement. Quant à la nature de la maladie, l'inoculalion de la sérosité prise autour de la pustule à un cobaye a déterminé la mort, ainsi que cette même sérosité cultivée et inoculée à son tour à d'autres animaux, tandis que l'inoculation du sang pris au doigt du malade n'a donné que des résultats négatifs. M. Richet insiste non seulement sur l'action des injections iodées dans le cas de pustule maligne, action supérieure à tous les traitements préconisés jusqu'à ce jour, mais encore sur l'avantage de ces injections sur les cautérisations par l'absence de toutes traces qu'elles laissent après elles. Cet avantage a son importance, surtout si l'on veut bien se rappeler que la pustule maligne ne se développe guère que sur les parties du corps ordinairement découvertes comme la face, le cou et les mains.

— M. Jules Guërin lit ensuite un nouveau mémoire relatif à des expériences sur l'anesthésie caustique. Il s'agit d'une observation de squirrhe ulcéré de sein, opéré par cette méthode. L'auteur a surtout en vue, dans son travail, les cas où l'anesthésie chloroformique est interdite en raison d'un état organique du cœur ou de quelque afTeclion des voies respiratoires. Enfin il ne faut pas oublier, dit-il, que l'événement déjoue parfois les précautions les mieux calculées pour prévenir tout accident dans l'emploi usuel du chloroforme. C'est dans ce but qu'il a cherché le moyen d'arriver d'emblée à l'insensibilisation des parties sans la participation de tout l'organisme à l'anesthésie, que l'on

BIBLIOGRAPHIE

veut obtenir. Les résultats obtenus par M. Jules Guérin justifient pleinement la méthode à laquelle il a recours.

— M. F. de Lesseps rend compte à l'Académie des résultats du voyage qu'il vient d'entreprendre en Algérie et en Tunisie, relativement au projet de M. le commandant Roudaire pour la création de la mer intérieure africaine (voy. p. /j95).

Candidatures. — M. Brame (de Tours) se présente comme candidat à la place laissée vacante dans la section de médecine et chirurgie par la mort de Sédillot.

Elections. — La section d'astronomie présente, pour remplir la place actuellement vacante dans son sein, par suite du décès de M. Liouville, les deux listes parallèles suivantes :

Première liste : En première ligne : M. Wolf; en deuxième ligne : ex osquo, M. Roche et Stéphan.

Deuxième liste : En première ligne : M. Bouquet de la Grye; en deuxième liste : M. Fleuriais.

Le nombre des votants étant de 56, majorité 29, au premier tour de scrutin, M. Wolf est élu par 32 voix contre 21 accordées à M. Bouquet de la Grye, 1 à MM. Roche et Stéphan et 1 bulletin blanc.

E. Rivière.

BIBLIOGRAPHIE

Soniniuircs des principaux recueil» de mémoires origiuuux.

Archives de physiologie normale et i>athologi<jue (janvier iSéZ,

n° 1). — Charles Labbé : Anomalies des sinus de la dure-mère.

Développement de ces sinus. — Considération sur la suppléance réciproque de ces canaux veineux dans les cas d'absence de l'un d'eux; description de quelques sinus peu connus. — Bochefontaine : Note sur le déplacement des points excitables du cerveau. — .4. Béchamp:

La salive, la sialozyma»e et les organismes buccaux chez l'homme.

Lannois et R. Lépine : Sur la manière différente dont se comportent les parties supérieure et inférieure de l'intestin grêle au point de vue de l'absorption et de la transsudation. — Alexandre Schmidt: Recherches sur les leucocytes du sang. — Malassex : Sur le « cylindrome » épithélionie alvéolaire avec envahissements myxomateux.

— Tue american Journal of science (n° 144, t. XXIV, décembre 1882). — J.-W. Spencer : Talus et bancs de sable du lac Ontario. — J. Le Conte : Attraction et répulsion apparente de petits corps flottants. — B.-E. Koons : Talus (ou terrasses) des rivières du Connecticut oriental. — Dana : Ancienne décharge au sud du lac Winnipeg.

— S.-P. Thompson : Prétendus changements de résistance du char, bon, dus à des changements de pression. — E.-S. lloklen : Figure du noyau de la comète (de Gould) de 1882. — S. Haughton : Excentricité et longitude périhélie de l'orbite terrestre, comme cause de changement du climat. — B.-W.Frazier : Cristaux d'axinite et analogie entre les formes cristallines de l'axinite et de la datolite.

A--E. Verril .'Faune marine des bancs inférieurs de la côto sud de la Nouvelle-Angleterre. — W.-J. Beat : Expériences de croisement du mais avec des fleurs de la même variété. — Aza Gray : Notice nécrologique sur Charles Darwin.

— Journal d'histoire naturelle de Bordeaux (n° 11 et 12, 1882).

— De Folin : Un mollusque terrestre de Madère dans le sud-ouest.

— Fouca-ud : Plantes méridionales de la Charente-Inférieure.

Guillaud : VAgrostis te7iacissimus à Bayonne. — Picard : Camp préhistorique de Thénac. — Bouquet de la Grye : Régime hydrographique dus pertuis de la Charente-Inférieure. Paul Garnault :

Ch. Darwin. — G. Bernard : Champignons des environs de la Rochelle. — Etudes sous-marines contemporaines. — Ch. Baltet : La villa Tourasse à Pau. — Conférence de M. Bouley sur les maladies infectieuses et les travaux de Pasteur. — Chronique du Pic du Midi.

— Archives de neurologie (janvier 1883). — Ballet et Marie :

Spasme musculaire au début des mouvements volontaires. Celle:

Etude clinique du vertige de Ménière dans ses rapports avec les

lésions des fenêtres ovales et rondes. — Marandon de Monthyel : Recherches cliniques sur la folio avec conscience. — Bonich : Note sur un cas de sclérose en plaques fruste. — Parinaud : Migraine ophtalmique au début d'une paralysie générale. — Ch. Feré: Note sur une anomalie asymétrique du cerveau. — Richer : L'hystéro-épilepsie en province et à l'étranger.

— Revue de médecine (18S3, n° 1, janvier). — Barié : Recherches cliniques sur les accidents cardio-pulmonaires consécutifs aux troubles gastro-hépatiques. — Trastour : Toux splénique, toux hépatique. Aspect cachectique pouvant faire craindre la phtisie pulmonaire. — Marie et Walton : Des troubles vertigineux dans le tabès (vertige de Ménière tabélique).

— Archivio per le scienze mediche (t. VI, fasc. 3). — Mattei : De la prétendue action toxique des infusions do tissus animaux frais. — Albertoni : La transfusion du sang et l'échange dans les tissus. — Griffini : Reproduction partielle de la rate. — Perroncito : Ténacité de la vie du virus charbonneux dans sa forme de spores et de bacillus. — Giacosa : Composition chimique de l'œuf et de ses enveloppes chez la grenouille. — Golgi : Hypertrophie compensatrice des reins.

— Bulletin de la Société de géographie (4e trimestre 1882). — J. Montana: Excursion à l'intérieur et sur la cote orientale de Mindanao. — Gallieni: Mission dans le haut Niger et à Ségou. — E.Aymonier: Excursion dans le Cambodge central. — E. Crevaux: Exploration des fleuves Vary, Paion, Iça et Yapura. — J.-L. Dutreuil de Rhins : Les missions d'observation du passage de Vénus sur le soleil.

— Revue d'ethnographie (1882, 1. 1", n°,6, novembre et décembre).

— A. -T. de Rochebrune : De l'emploi des mollusques chez les peuples anciens et modernes. — Sépultures du bas Pérou. — Pency: Mémoires sur l'ethnographie du Soudan égyptien. — Le Kourdofan. — P. Schumacker : L'âge de pierre chez les Indiens Klamalhs. — J.Moura:Le Cambodge préhistorique. — L. Archinard: Fabrication de la poudre par les Malinkés. — C. T.: La danse de la lune et la danse du soleil chez les Indiens Sioux.

— Archives de biologie (1882, t. III, fascicule 4). — M. Ussoiv: De la structure des lobes accessoires de la moelle épinière de quelques poissons osseux. — Armaner Hansen: Études sur la bactérie de la lèpre. — J.-P. Van Beneden: Sur l'articulation temuoro-maxillaire chez les cétacés. — Alexandre Foettinger : Note sur la formation du mésoderme dans la larve du Phoronis hippocrepia. — Léon Fréderkq: Sur la régulation de la température chez les animaux a sang chaud.

— Bulletin scientifique du département du Nord (n°s 9 et 10, septembre et octobre 1882). — F. Tourneux: Des restes du corps de Wolfl' chez l'adulte (mammifères). — Fritz Muller: Pour Darwin, traduit par F. Debray. — G. Duttlleul : Nouvelles zoologiques.

— Bulletin du musée royal d'histoire naturelle de Belgique (t. 1er, 18S2, fascicules 1, 2 et 3). — Le musée royal d'histoire naturelle do Belgique. — .4. Renard: Les rochers grenatifères et amphiboliques de la région de Bastogne. — L. Dollo : Note sur l'ostéologie des Mosasauridœ. — .4. Dubois: De la variabilité des oiseaux du genre Loxia. — E. Dupont: Terrain dévonien de l'Entre-Sambre et Meuse.

— Les lies coralliennes de Roly et de Philippeville. — L. Dollo: Première note sur les Dinosauriens de Bernissart. — E. Ludwig et .4. Renard : Analyses de la vésuvienne d'Ala et de Mouzoni. — A. Rutot : Les Alluvions modernes dans la moyenne Belgique. — P. Albrecht : Note sur un sixième costoïde cervical chez un jeune Hippopotamus amphibius. — L. Dollo: Deuxième note sur les Dinosauriens de Bernissart. — A. Renard: Recherches sur la composition et la structure des phyllades ardennais.

— Annales des sciences naturelles, Zoologie et Paléontologie (t. XIV, n"s 1 à 6, 1883). — Viallanes: Recherches sur l'histologie des insectes et sur les phénomènes histogéniques qui accompagnent le développement post-embryonnaire de ces animaux. — Chatin : Notes anatomiques sur une linguatule observée chez ['Alligator lucius. — Note sur la structure du noyau dans les cellules marginales des tubes de Malpighi, chez les insectes et les myriapodes.

— Bulletiv de la Société minéralogie (t. VI, n° 2, février 1883).

— L. Bourgeois: Minéraux du royaume de Siam, recueillis par M. le docteur Harmand. — Sur un gisement de néphéline au Mézenc (Haute- Loire).

CHRONIQUE

CHRONIQUE

i.cs harmonies naturelles!

Les obélisques, les pylônes, les <olonnades, les murailles, deviennent les par;hemins de l'antique Egypte et nous redisent l'histoire des siècles écoulés.

En suivant le cours du Nil, aussitôt après que l'on a dépass'- Gebe. leyn, la vallée s'élargit en l'orme de coupe.

Au centre de cette plaine gisent les gigantesques ruines des monuments qui jadis ont fait la gloire de l'ancienne Tlièbes.

Thèbes, l'Hécatompylos d'Homère, le Diospolis des Grecs, le No- Ammon des Hébreux renfermait dans une enceinte de 20000 mètres des temples magnifiques, des palais merveilleux.

C'est à cet endroit qu'on peut admirer les deux colosses monolithes dont l'un, celui du Nurd, image du roi égyptien AménophU III, généralement connu sous le nom de statue de Memnon. attira l'attention de l'antiquité par le son harmonieux qu'elle émettait au lever du soleil.

M. de Rochas a publié récemment un article très intéressant sur ce sujet ; il rappelle à la fin de sa note des phénomènes auxquels il attribue une identité d'origine.

Si je reviens sur ce sujet, c'est qu'il me semble, au contraire, qu'il serait bon de faire une distinction dans la manifestation des sons produits et par conséquent dans les explications à en donner.

La théorie exposée par M. de Rozière n'est pas tellement satisfaisante qu'on ne puisse en chercher d'autres.

Nous ne discuterons pas l'opinion de ceux qui croient que la statue était pourvue à l'intérieur de lames vibrantes, mises en mouvement sous l'action de la dilatation de l'air aux premiers rayons du soleil. Nous n'accorderons pas plus de confiance à l'idée de sirGardner Wilkinson, qui cependant consacra sa vie entière à l'étude de l'Egypte, et qui croyait avoir trouvé les traces d'une supercherie. Suivant le savant égyptologue, la statue était creuse et recevait dans ses flfncs un homme qui frappait, à l'aide d'une barre de métal, sur une pierre plate et sonore.

Il est plus rationnel, suivant nous, de s'en tenir à l'observation des savants modernes qui ont reconnu que ces sons étaient produits par une action physique causée par les courants d'air qui s'échappent des joi ts de la pierre échauffée par le soleil.

Je ne chercherai pas cependant à donner une explication de murmure mélodieux de la statue de Memnon, je me bornera à rapprocher de ce phénomène les observations remarquables dont les développements sjnt dus à l'illustre Tyndall.

En eiposantdes faits nouveaux, je ferai remarquer les rapports qui les lient à ceux que M. de Rochas a fait connaître et enfin je développerai les expériences dont Tyndall a tiré des conclusions applicables aux harmonies naturelles.

Le 20 octobre 1880, M. W. de Fonvielle, M. Perron et le capitaine Cheyru, faisant uue ascension remarquable en Angleterre à boid du ballon de 1200 mètres de l'Académie d'aérostatiou, entendirent ces ! bous musicaux pendant qu ils flottaient, au coucher du sileil,à quelques centaines de m très du sol.

Ce n'est pas seulement sur les bords de la mer que se produisent ces phénomènes. Daus une grande forêt située dans l'ouest de la France, pendant les chaudes journées de l'été, par un temps calme, quand l'océan de verdure est le siège d'une évaporation rapide, on entend s'élever dans les airs un bon harmonieux que les paysans connaissent bien et qu'ils appellent le chant de la forit.

Cette opinion nous ramène aux légendes de l'ancien temps (1). Nous reviendrons facilement aux observations modernes en rappelant la harpe éolienne de l'abbé Gastoiu. 11 avait soumis à un examen scientifique cet instrument formé de cordes métalliques et de boyau, qu'il avait attachés en haut d'un tour : il remarqua, entre autres choses, que l'on n'entend pus les vibrations sonores dans le; moments hou l'air est agité par le v.nt, mais seulement dans les moments où il est calme et que les changements de température produisent des frémissements sonores.

On pourrait citer d'autres exemples, mai je préfère développer de suite les expériences si remarquables de Tyndall.

Ce savant eut l'idée de faire tomber un rayon de lumière, rendu intermittent à l'aide d'un disque de zinc dentelé, sur de petits ballons

(1) A ce sujet, citons deux livres de M. Georges Koestner, plein d'intérêt et d'enthousiasme, les Sirènes et la Harpe d'Êole.

do verre d'un diamètre de 0m,002 à 0"',040, renfermant soit des gaz permanents, soit des vapeurs. Ce sont des ballons de 0m, 005 à 0"',006 qui ont donné les résultats les plus satisfaisants; mais de simples éprouvettes ont suffi pour produire des sons facilement perceptibles. Le rayon de lumière était un foyer électrique produit par une machine Gramme et que l'on pouvait rendre convergent à l'aide de deux lentilles ou de deux miroirs. La vitesse de rotation était très grande. En effet, en se plaçant du côté où on avait mis la fiole et en renvoyant la lumière sur le disque, on le voyait immobile.

M. Tyndall a successivement tiré des sons musicaux très intenses de l'éther sulfurique, de l'èther formique et de l'éther acétique, en éclairant la partie des ballons que la vapeur de ces liquides remplissait et en évitant de faire tomber le rayon sur la couche liquide qui n'occupait que la partie inférieure.

Le bisulfure de carbone et le chloroforme qui appartiennent à la classe des vapeurs diathermanes (qui laissent passer la chaleur) ne donnent naissance à aucun son.

Des expériences analogues ont été faites sur les gaz : l'oxygène, l'hydrogène et l'air sec n'ont donné aucun son ; mais l'air chargé de vapeur d'eau a produit un son musical très intense (1).

L'influence de la vapeur d'eau dans la production de ces phénomènes prouve bien que leur origine est due à la chaleur. Ces faits viennent fournir une explication rationnelle aux phénomènes perçus dans la nace'le du ballon que montait M. de Fonvielle, qui, ainsi que ses deux compagnons, avait entendu une harmonie mystérieuse venant les surprendre au milieu des nuages.

Dans son mémoire sur la Radiophonie, lu devant la Société des ingénieurs télégraphistes de Londres, dans la séance solennelle du 8 décembre 1880, M. Preece, président de la Société et électricien en chef du gouvernement anglais, assimile l'observation deM.de Fonvielle aux phénomènes observés lorsque les rayons solaires tombaient sur la statue de Memnon.

Je rapprocherai des phénomènes exposés plus haut ceux qui sont cités par M. de Rochas, et dont les suivants me paraissent particulièrement explicables par la méthode de Tyndall.

Les craquements sonores des granits de Karnak, les sons de harpe entendus daus le portique de Phike, de même que les Matines de la maudite trouvent également une explication scieu'ifique dans les nouvelles expériences de Tyndall.

Ces découvertes nous montrent pourquoi ces sons extraordinaires se manifestent précisément au moment où l'aurore apparaît ou à celui où la nuit commence, ce qui a conduit des esprits poétiques à supposer qu'elle tenait à nous annoncer son approche par une harmonie surnaturelle et qu'elle voulait nous consoler de son absence en nous faisant espérer son retour.

G. Dallet.

Incubation de l'Autruche.

Les habitudes de l'autruche pendant la période de l'incubation sont aussi bien connues des éleveurs du Cap que celles des poules le sont de nos paysans. Cependant il serait intéressant de connaître 1 les différents modes de nidification des autruches dans des climats différents.

On décrit généralement le nid de l'autruche comme étant composé d'un monceau de sable. Cela est exact pour les régions chaudes du du désert; mais, au Cap, l'autruche construit son nid avec de l'herbe et des matériaux qui conservent la chaleur.

(1) Voici le détail de cette expérience si curieuse rapportée par l'auteur : a Comme je ne pouvais espérer qu'à la température ordinaire, il se trouvât dans l'air une quantité suffisante de vapeur d'eau pour produire un son, j'ai fait bouillir une petite quantité d'eau dans ma fiole, et j'avoue que j'ai entendu avec délices un son musical puissant, produit par la vapeur aqueuse.

«Je plaçai le ballon dans l'eau froide jusqu'à ce que sa température se réduisit à 10°, m'attendant à ce qu'il n'y aurait plus de sons produits.

« Mais, malgré la faible tension de la vapeur qui remplissait ma fiole, le son se produisit encore; non seulement il était distinct, mais, de plus, il était très fort. Je plaçai trois flacons remplis d'air ordinaire, pendant un quart d'heure, dans un mélange réfrigérant.

a En faisant agir sur eux un rayon intermittent, j'entendis des sons beaucoup plus intenses qu'avec l'air sec; je fis chauffer ces fioles de manière à dessécher l'air et je les remis sous l'influence du rayon : i leur sonorité avait disparu. »

CHRONIQUE

Le mâle et la femelle ont toujours soin de garder le nid couvert à tour de rôle. Dans les régions plus chaudes, au contraire, la femelle abandonne sou nid pendant la journée, et il est possible que là où la température est très élevée, elle ne couve pas du tout, et que le mâle soit seul à couvrir le nid pendant la nuit. Il n'est pas prouvé que les habitudes de l'autruche soient, dans les différents climats de l'Afrique, les mêmes que celles que l'on observe dans la région du C.p.

Dans les jardins zoologiques on a soin de donner aux autruches, au moment de la ponte, le sable nécessaire à la confection de leur nid ; il serait intéressant de leur donner d'autres matériaux et l'on verrait si, dans notre climat, elles ne chercheraient pas à se construire un nid chaud comme au Cap.

Que les œufs d'autruche puissent, être couvés dans le sable comme ceux des tortues, c'est là un fait certain. Le mégapode de Cap-York (Australie) prépare, on le sait, un monceau de matières végétales qui se décomposent et produisent une chaleur suffisante pour faire éclore l'œuf. Aux îles Philippines, un autre mégapode enterre ses œufs dans un sable calcaire parfaitement propre, qui se trouve au bord de la mer. On a étudié avec soin la façon dont l'Emu fait son nid. Le mâle est seul .à couver, la femelle pond ses œufs n'importe où sur l'herbe. Le mâle bâtit le nid; il y roule les œufs et souvent il doit les défendre contre la femelle qui cherche à les briser.

Académie dos sciences de Bruxelles.

Page 1