‹ Collection d'articles, de rapports et de lettresChapitre 60 sur 354 · AC4DKMIE DE MÉDECINE DE PAÎ1IS BÉPONSE DE M. L. PASTEUR A M. PETER · texte numérisé non relu

AC4DKMIE DE MÉDECINE DE PAÎ1IS BÉPONSE DE M. L. PASTEUR A M. PETER

Ma réponse à la dernière communication de M. Peter sera courte. J'ai beaucoup hésité à demander la parole et je me serais môme abstenu s'il n'était pas indispensable que, dans toute discussion, l'exactitude des faits fût respectée. M. Peter, reprenant les assertions qu'il avait émises au sujet de mon travail sur l'inoculation de la salive d'un enfant mort de la rage, reconnaît que ma note du 25 janvier 1881 est intitulée :

enfant mort de In rage. C'est par abréviation, ajoute-t-il, que j'ai traduit ce titre par ces mots « sur une nouvelle maladie rabique ». En vérité, la propriété des termes est ici fort méconnue par M. Peter. Cette abréviation n'est rien moins qu'une altération de texte qui met à ma charge une erreur capitale.

M. Peter reconnaît que s'il a eu ce tort, j'ai eu, moi, celui de croire à l'existence d'une maladie nouvelle. Mais je n'accepte aucunement le tort qu'il m'attribue. Il s'agit parfaitement d'une maladie nouvelle produite par un microbe nouveau, maladie et microbe qui n'avaient jamais été décrits.

M. Peler cite ensuite des extraits où je déclare que je n'abandonnerai la recherche d'une dépendance cachée possible entre la rage et la maladie nouvelle, qu'après avoir épuisé toutes les combinaisons expérimentales. Mais cette ténacité dans la recherche, monsieur, c'est l'honneur de notre travail, et c'est en nous livrant, mes collaborateurs et moi, à ces combinaisons expérimentales, que nous avons démontré que la maladie nouvelle existait dans le mucus buccal d'enfants morts de maladies communes et également dans la salive de personnes en pleine santé. C'est alors, et alors seulement, que j'ai eu le devoir d'affirmer que la nouvelle maladie n'avait pas de relations avec la rage. Vous voudriez, monsieur, pouvoir concéder à d'autres une part de priorité dans ces observations. Malheureusement Vous ne le pouvez pas, sinon par une nouvelle erreur ou une nouvelle inexactitude de citation. M. Vulpian a apporté, le 29 mars 1881, une confirmation à ma lettre du 22 mars, lue par M. le docteur Parrot, confirmation dont je suis le premier à reconnaître tout le prix.

Sur ce premier point, voilà les faits rétablis. Il en reste d'autres. Vous m'avez prêté tout à l'heure une erreur par une abréviation de texte. Nous voici maintenant en présence d'une exhumation de texte, fort étrange et presque amusante. Vous dites que « cinq jours avant ma communication du 17 avril à l'Académie de médecine, la commission des vétérinaires de Turin a adressé une troisième lettre confirmative des deux premières quant aux accidents provoqués par les inoculations pastoriennes ». Et après avoir lu mardi dernier ce que vous appelez cette troisième lettre, vous ajoutez avec assurance : « Ce sont des faits, cela ! »

Les faits, permettez-moi de les rétablir encore. Il n'y a pas eu, comme vous le dites, une troisième lettre des professeurs de Turin. Ce que vous avez lu, mardi, à l'Académie, est extrait textuellement de la seconde lettre de nos savants collègues d'Italie. Or vous n'ignorez pas qu'à la suite de cette seconde lettre, je me suis mis à leur disposition. La troisième lettre, je l'ai sur moi. A la date du 16 avril, M. le directeur de l'Ecole de Turin a eu l'obligeance de m'écrire que la commission n'est pas présentement en mesure de délibérer, parce que l'un des professeurs de l'École se trouve à Rome, en mission officielle ; mais que dès son retour, la commission répondra à ma proposition.

Page 1