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L. Pasteur

CAUSERIE BIBLIOGRAPHIQUE

CAUSERIE BIBLIOGRAPHIQUE

Ce n'est pas sans une certaine méfiance que nous avons ouvert le livre de M. Rengade (1). En effet, pour justifier notre méfiance, la forme dece livre de vulgarisation etl'aspect des figures, un peu enfantines, au premier abord, étaient un motif suffisant. Cependant, au fur et à mesure de la lecture, une opinion plus favorable s'est dégagée. M. Rengade a entrepris de présenter d'une manière élémentaire la géologie et la botanique tout entières. Il a su faire une œuvre très attachante; on ne peut toucher ces sujets si beaux sans être pris, pour ainsi dire, par la grandeur des questions qu'on traite. Aussi M. Rengade, en présentant l'ensemble de la création, suivant la loi de l'évolulion naturelle, n'a pas fait une simple compilation. Il s'est laissé entraîner par son sujet, et, quoique son livre soit destiné à d'autres lecteurs que ceux de la Revue, j'im igine que plusieurs d'entre nous trouveraient plaisir et profit à la lecture de cet ouvrage.

Les planches mûmes, très nombreuses, très élémentaires, quelquefois même grossières dans leur forme primitive, ne sont pas sans intérêt. Ce n'est certes pas de la science, dans le sens le plus élevé de ce mot ; mais y a-t-il plus de trois à quatre cents personnes dans toute la France qui seraient en état de s'intéresser à un traité savant et complet de géologie et de botanique?

Peut-être les savants devraient-ils être moins sévères pour les ouvrages de vulgarisation ; peut-être devraient-ils oublier, au moins pour un temps, les connaissances techniques et approfondies qu'une longue étude leur a données. Ils aborderaient alors, avec moins de prévention, la lecture de ces livres.

Ce n'est point à dire qu'il n'y ait des défaufs graves au livre de M. Rengade, des planches inutiles, d?s planches franchement mauvaises et erronées, des assertions hasardées et impossibles à défendre; comme, par exemple, celleci, que je prends au hasard : que la supériorité intellectuelle des Anglais vient de leur alimentation exclusivement animal1. Nous ne voyons pas en quoi les Grecs du temps de Phidias, d'Archimôde et de Sophocle, qui consommaient si peu de viande, ont été inférieurs aux Anglais. De même, la conviction darwiniste profonde de l'auteur l'entraîne souvent à des affirmations qui ne sont que des affirmations d'hypothèses.

Quoi qu'il en soit, ce livre de vulgarisation est loin d'être un livre vulgaire. Il a une originalité qui se dégage de la lecture du texte aussi bien que de l'étude des planches. C'est une bonne chose que les belles découvertes de la science moderne soient présentées à d'autres qu'aux initiés.

M. Ci.amage.ran donne une nouvelle édition de son livre sur l'Algérie (2). Depuis l'époque, 1873, où la première édi-

(1) La création naturelle et les êtres vivants, un vol. in 8". Paris librairie illustrée, 1883.

(2) L'Algérie, impressions de voyage, 2' édition. Paris, Germer Baillière, 1883.

tion a été faite, de grands progrès ont été réalisés pour l'Algérie. Ce chapitre du livre de M. Clamageran est un des plus instructifs; il montre la progression rapide en tous sens de notre colonie; mais aussi on volt quels progrès restent à faire. L'exportation a peu progressé; c'est surtout l'importation qui a augmenté; ce qui indique malheureusement que la culture et l'industrie ne progressent pas aussi vite que la population. Les exportations, qui étaient de 164 millions en 1872, ne sont que de 168 en 1880 et I&3 en 1881. Si l'on compare les trois dernières années avec les trois premières, ou trouve uno diminution de 2 millions. Parmi les marchandises exportées, les céréales viennent en première ligne; en 1865, l'exportation é " a i • d'environ 19 millions de francs, de 19 millions en 1869; de 49 millions en 1873, de à'.) millions en 1876; de 51 millions en 1880, de 22 millions seulement en 1881. L'influence d'une mauvaise récolte est là amsi marquée que possible. Pour les bêtes de somme, il y a quelque augmentation, 9 millions en 1865, autant en 1869; 13 millions en 1873, 10 millions en 1876; 15 millions en 1880 et 19 en 1881. Pour les laines, la décroissance est manifeste, comme l'indiquent les chiffres suivants :

1861 27 million».

Pour le tabac, il y a accroissement :

1865, j 000 000 francs.

1873 4Q00QÛ0 —

Pour les minerais, le rnouvemml est resté à peu stationnaire; le liège et l'alfa ont beaucoup augmenté; et enfin, quoique la culture de la vigne ait pris un grand développement, l'exportation en 1880, année où a été atteint le maximum de l'exportation, n'a pas dépassé la valeur de quelques centaines de mille francs. Il est vrai que l'importation des vins a beaucoup diminué, la plupart du vin algérien étant consommé sur place.

Les chemins de fer ont pris aussi beaucoup d'extension. La recette totale va en augmentant tous les ans, et aussi la recette kilométrique, qui est même supérieure à la recette de certains chemins de fer français. La recelte kilométrique en Algérie a été de 10596 francs en 1881 ; alors que pour le réseau de l'État, en France, elle ne s'est élevée, dans la même année, qu'à 8761 francs.

M. Cfamageran termine son livre en Indiquant les desiderala actuels : la réforme de propriété foncière en Algérie; l'assimilation plus ou moins complète des indigènes; la reconnaissance et la délimination du sol forestier. Il en est une aulresurlaquellen'insistepasM. Clamageran, et pour laquelle,

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malheureusement, tous les roulements administratifs seront vains. Il faillirait qu'un plus grand nombre de Français prissent souci des choses de l'Algérie; non pas en lisant seulement ce qui est fait et ce qui est dit de l'autre côté de la Méditerranée; mais encore en agissant, en s'élablissant dans notre colonie; en y créant des institutions agricoles ou financières. Avec des capitaux et des hommes, l'Algérie deviendra réellement une nouvelle France.

Le livre de MM. Bm.foub Stewart et Tait (1) a eu un très grand succès en Angleterre. Serait-ce, comme on l'a dit, par suite du déclin commençant de l'école positiviste anglaise, qui a eu, depuis un demi-siècle, un si éclatant succès? Gela est peu vraisemblable, et il faut plutôt supposer qu'il se trouve en Angleterre nombre de savants fermement attachés à la science et à la religion autant qu'à la science. Tel est, en effet, le but de MM. Balfour et Tait : l'union de la science et de la religion. Il est bien entendu qu'il s'agit de la "religion protestante, tellement dégagée de toute forme dogmatique, qu'elle semble consister uniquement en une révélation par le Christ, et en un livre révélé, qui est la Bible. La tentative est louable, mais le fond de la question n'est pas abordé. 11 est très possible de faire concorder les révélations et les principes bibliques avec les données actuelles de la science, et la théorie mécanique de la chaleur peut être parfaitement admise par les plus orthodoxes. C'est cela seulement qu'ont démontré MM. Balfour et Tait; mais ils n'ont pas abordé cette autre question bien plus litigieuse. Pourquoi une révélation, et quelle est cette révélation? On peut dire que la science, si elle n'écarte pas la révélation, au moins n'y conduit en aucune manière. Mais, à discuter plus profondément cette question, ou entrerait dans le domaine périlleux de la théologie; il vaut mieux laisser aux méthodistes, aux presbytériens et aux anglicans, la satisfaction d'avoir sur la même table la Bible et un traité de physique.

Il règne une grande profusion d'ouvrages sur les temps préhistoriques, et s'il fallait juger l'état d'avancement d une science par le nombre de livres qu'elle provoque, on en conclurait peut-être que nulle science n'est plus avancée que le préhistorique. L'ouvrage de M. Abbot (2) a cet intérêt spécial qu'il se rapporte à l'âge préhistorique en Amérique, sur lequel nous avons beaucoup moins de document* que sur l'âge préhistorique en Europe. Les lecteurs de la livvue se rappelleront sans doute que M. de Nadaillac a publié, sur le préhistorique en Amérique, un remarquable ouvrage, il y a peu de temps.

M. Abbot a pu recueillir une magnifique collection qui va depuis l'âge de la pierre taillée jusqu'aux époques préhistoriques. Beaucoup de planches sont jointes à son livre, représentant des objets trouvés en grande partie dans le New-

(1) L'univers invisible, étude physique sur un état futur. Traduit de l'anglais par A. B. Un vol. in-S°. Paris, Germer Baillière, 1883.

(2) Primitive indus tr y, publication af ihe l'eabody Acattemy of science, Salem, Massachusetts, in-8", 1883.

Jersey. Elles montrent que les objets de l'industrie primitive ressemblent d'une manière frappante aux objets dont se servent encore aujourd'hui les Indiens. L'ouvrage n'a pas moins de Zi'2ô pi anches et constitue, par conséquent, un véritable atlas utile à consulter par tous les anthropologistes. Nous signalerons en particulier la planche A3, qui représente un dessin primitif sur une pierre; et les planches 317 et 318, qui figurent des pipes sculptées, et même assez finement sculptées.

M. Mairet (1) a essayé d'introduire une nouvelle forme clinique de l'aliénation mentale. Il pense que certains malades, qu'on range d'ordinaire parmi les paralytiques généraux, doivent être séparés des formes communes de la maladie. La forme du délire, chez ces malades, est spéciale; caractérisée par un affaiblissement radical de l'intelligence ; un délire mélancolique, lypémanie ou hypochondrie, et les autres symptômes de la paralysie générale, avec cette différence qu'il y a de l'abrutissement et de la tristesse, au lieu de l'exaltation et du délire ambitieux qui s'observent dans les formes normales.

M. Mairet, et c'est là la pariie la plus originale de son étude, pense qu'il y a une lésion organique, toujours la même, dans ces différents cas; et il tend à admettre que cetie démence mélancolique est due à une péri-encéphalite chronique portant sur certaines circonvolutions, celles qui forment la lèvre inférieure de la scissure de Sylvius et, en arrière de cette lèvre, les circonvolutions temporales, les circonvolutions sphénoïdales et les circonvolutions de l'hippocampe.

Ces faits de clinique et d'anatomie pathologique, M. Mairet a cherché à les appuyer par des expériences. Mais, quoique le résultat lui paraisse très probant, tous ceux qui connaissent la diiticulté d'une pareille étude ne seront pas convaincus. A trois chiens, M. Mairet a lésé, au moyen d'un procédé opératoire spécial, les lobes sphénoïdaux; et, chez les animaux ainsi opérés, il a vu de la stupeur, de la tristesse et de l'affaiblissement intellectuel. Mais, s'il faut dire toute notre pensée, les symptômes décrits par l'auteur sont loin d'être assez saisissants pour qu'il soit permis de conclure. Un chien qui a subi une opération grave est toujours triste et affaissé, tant que sa blessure n'est pas complètement guérie; il aurait fallu, assurément, les observer pendant plus de dix-huit jours, sept jours, trente-huit jours. Quant à l'affaiblissement intellectuel, il résulte de toute lésion cérébrale et à des degrés divers. Nous ne croyons donc pas que des expériences de M. Mairet on puisse conclure. Restent donc les observations cliniques. Là encore il nous parait qu'il faut attendre, qu'on n'a pas le droit de localiser la tristesse dans les circonvolutions sphénoïdales.

Voici un livre sur le spiritisme (1, mais il est difficile de dire si l'auteur est convaincu ou non de la réalité du spiri-

(1) De (a démènes mélancolique, un vol. ia-8°. Paris. Maeson, I :.

(2) Ktud-s e.rin i unentales sur certains phénoménts lurvcux et sulu-

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tisme. M. Chkviixabd cnmhal, et ceci lui fait honneur, l'hypothèse d'esprils, diaboliques ou surnaturels, qui transmettent des mouvements aux corps inanimés. Il a cependant une Ihéorie, dont le détail nous entraînerait trop loin. Kn pareilles matières, la théorie importe peu; ce qui est intéressant, ce sont les faits, et ces faits sont loin d'être prouvés. M. Chevillard admet bien des phénomènes extraordinaires auxquels nous avons quelque peine à croire; et, avant d'en donner l'explication, il faut absolument en prouver la réalité. Si les phénomènes du spiritisme étaient vrais, il y alongtemps qu'on en aurait donné une preuve inattaquable ; nous n'avons pas encore cette preuve et nous attendons.

Je sais bien qu'un illustre savant, celui qui a découvert le thallium, celui qui a construit le radiomètre, a conversé avec les esprits. Je n'ignore pas qu'il a construit une lampe phosphorescente dont la lueur, qui vacille, n'épouvante pas les esprits; mais, vraiment, depuis le livre de M. Crookes, quelqu'un a-t-il pu reproduire les mirifiques expériences qu'il nous a annoncées?

Il y a des gens qui se piquent de ne jamais lire de préfaces ; on peut affirmer que ceux-là n'ont jamais cherché dans leurs lectures qu'en manière de passer le temps. Une bonne préface est en effet le meilleur résumé d'un livre; aussi est-ce généralement cette première page que les auteurs écrivent en dernier lieu.

Voici celle de M. Marie (1) :

« L'histoire que j'ai désiré écrire est celle de la filiation des idées et des méthodes scientifiques.

« Il ne faut donc chercher dans cet ouvrage ni tentatives de restitutions de faits inconnus ou d'ouvrages perdus, ni découvertes bibliographiques, ni discussions sur les faits incertains et les dates douteuses, ni hypothèses sur la science des peuples qui ne nous ont transmis aucun monument certain de leur savoir.

« Je suis très éloigné de croire inutiles ou chimériques les recherches dirigées dans l'un des sens que je viens d'indiquer, mais enfin je ne m'en suis pas occupé.

« Il n'est pas nécessaire qu'un même ouvrage contienne tout ce qu'il était possible d'y mettre; il y en a d'autres. L'important est qu'il contienne des choses utiles, qui ne se trouvent pas ailleurs.

« Je ne sais si j'ai atteint le but que je me proposais; tout ce que je puis dire, c'est que j'ai toujours rêvé d'écrire ce livre et qu'il y a trente ou quarante ans que je m'en occupe. »

Tel est bien en effet, avec ses qualités et ses lacunes, le programme qu'a réalisé le savant professeur.

Son livre est clair, bien divisé, admirablement imprimé; mais ce n'est qu'un manuel résumant ce qu'on connaissait

tion rationnelle du problème dit spirite, par M. Chevillard, professeur à l'École nationale des beaux-arts. Une brochure. Paris, Dentu, 1883. (1) Histoire des sciences mathématiques et physiques, par M. Ma.vimilien Marie, répétiteur de mécanique et examinateur d'admission à l'École polytechnique. — Tome 1", de Thaïes à Diophante. — Un volume in-8° de 286 pages. — Paris, Gauthier-Villars, 1883.

après les beaux travaux de Montucla et de Delambre. Or, depuis cinquante ans, L'histoire des sciences, surtout celle des sciences physiques, a fait des progrès considérables; M. Marie semble les ignorer.

Il est vrai que les travaux originaux qui ont été publiés sur ce sujet par MM. Vincent (de l'Institut), H. Martin (de Rennes), le prince Buoncompagni, de Rochas, Ruelle, Prou et bien d'autres sont disséminés dans des recueils que l'on n'a pas toujours sous la main et où il est souvent difficile de deviner leur existence. C'ect aux conservateurs de nos grandes bibliothèques scientifiques qu'il incombe de se tenir constamment au courant des publications nouvelles afin de les signaler à ceux qui en ont besoin pour leurs études. L'ont-ils toujours fait? sont-ils toujours choisis de manière à savoir le faire, surtout dans les établissements qui dépendent du ministre de la guerre? On pourrait en douter, s'il était vrai qu'à l'École polytechnique, il n'y a pas encore bien longtemps, le recueil publié par Thévenot ■ sous le titre Velerum Malhematicorum Opéra, était classé à l'article musique.

L'intention qu'ont eue MM. Wilder et Gage (1) d'écrire une sorte d'introduction à l'anatomie comparée en rattachant l'organisation de tout un groupe animal à celle d'un type facile à se procurer : le chat; cette intention est assurément louable. M. Huxley a fait un peu la même chose pour un autre groupe d'animaux, en écrivant sa monographie de l'écrevisse ; mais l'ouvrage de MM. Wilder et Gage en diffère sous beaucoup de rapports.

UAnatomical technology répond bien à son titre en ce qui concerne la technique. En effet, dès le début, des paragraphes spéciaux sont consacrés à un certain nombre de questions, accessoires en apparence, mais ayant une importance réelle : tels les paragraphes consacrés à l'équivalence des poids et mesures des différents pays. La terminologie anatomique est ensuite l'objet de quelques remarques ; elles sont bonnes assurément, mais de nature à compliquer, plutôt qu'à éclaircir les questions litigieuses. Il n'en est pas moins quelques termes bien faits qui mériteraient d'entrer dans la terminologie française : tels : dislal et proximal signifiant respectivement l'extrémité libre et l'extrémité attachée d'un membre ou organe quelconque; tels encore entai eXectal. Après quelques pages consacrées à la position normale des membres et à la meilleure manière de se faire une collection défiches anatomiques et scientifiques (les sujets se suivent sans beaucoup se ressembler), les auteurs en viennent à l'outillage nécessaire à l'anatomiste, aux instruments qu'il faut avoir, à la manière de s'en servir, de les nettoyer, de les repasser. Puis viennent quelques utiles indications sur la manière de tuer les animaux.

Les sujets précédents prennent quatre-vingt-cinq pages et remplissent le premier chapitre. Le second chapitre traite des os en général, de la manière de les préparer; des tissus

(1) Anatomical technology as applied to the domestic cat, par Wilder et Gage, New-York, 1S82.

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mous en général et de la manière de les conserver, soit à l'état sec, soit dans un liquide quelconque, soit à l'aide d'injections, quelles qu'elles soient. Puis vient l'ostéologie ; la manière de mettre les os en position, une description rapide de chacun d'eux, ainsi que des régions ostéologiques importantes, telles que la base du crâne et la face. Après l'ostéologie, la myologie avec conseils sur la dissection ; puis la splanchnologie — du chat toujours — son angéiologie, sa neurologie ; pour Unir, les organes des sens. Mais c'est à peine si quelques pages sont consacrées aux organes reproducteurs. S'il est pourtant un chapitre intéressant à étudier dans l'anatomie comparée et surtout dans l'histoire du développement, c'est bien celui qui a trait aux organes génitaux, et l'on peut dire que les résultats acquis sont d'ores et déjà nombreux et importants.

ILa partie la plus développée dans cet ouvrage est celle qui traite de la neurologie : elle est bien faite et accompagnée de quatre bonnes planches hors texte. Pour ce qui est des figures — très suffisamment nombreuses d'ailleurs, — elles ressemblent à celles que l'on trouve dans beaucoup d'ouvrages américains ou anglais. Peu nettes, n'ayant rien d'élégant, elles sont encore gâtées par les noms que l'on met sur chaque partie représentée. Chaque muscle porte son nom inscrit en un point de sa longueur; de même chaque artère, chaque nerf, chaque organe, quel qu'il soit. Il est môme une figure représentant la manière dont la main de l'opérateur doit saisir une grenouille pour la mettre à mal, où chaque doigt de l'opérateur porte sur l'ongle le nom qui lui appartient. Le dessin a beau être mauvais : il faut être assez dénué d'entendement pour ne point reconnaître un doigt à sa position et à ses rapports. En somme, l'ouvrage serait fort bon s'il n'était gâté par quelques puérilités : entre autres, celle qui consiste à émailler le discours principal d'un certain nombre d'aphorismes recueillis un peu partout, à tort et à travers. Ainsi (pages 52 et 53) , après avoir cité une phrase de Bichat, puis une d'Agassiz, MM. Wilder et Gage en citent une de Gahoriau ! M. Gaboriau a écrit de très amusants romans de police, mais jamais il n'a prétendu donner des conseils sur la manière de disséquer les chats.

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