‹ Collection d'articles, de rapports et de lettresChapitre 81 sur 354 · REPONSE DE M. PASTEUR · texte numérisé non relu

REPONSE DE M. PASTEUR

Paris, le 9 mai 1883.

Messieurs,

Votre lettre du 30 avril me surprend beaucoup.

De quoi s'agit-il entre vous et moi? Que j'aille à Turin, s-i vous l'acceptez, pour démontrer que des moutons morts du charbon, en tel nombre qu'il vous plaira, seront, dans les premières heures après leur mort, exclusivement charbonneux, et que, le lendemain de leur mort, ils seront tout à la fois charbonneux et septiques; qu'en conséquence, lorsque, le 23 mars 1882, voulant inoculer du sang uniquement charbonneux à des moutons vaccinés et non vaccinés, vous avez prélevé du sang dans un cadavre charbonneux mort depuis plus de vingt-quatre heures, vous avez commis une faute scientifique grave.

Au lieu de me répondre par oui ou par non, au lieu de me dire : « Venez à Turin ou ne venez pas », vous me proposez, dans une lettre manuscrite de dix-sept pages, de vous envoyer, de Paris, par écrit, des explications préalables sur toul ce que j'aurais à démontrer à Turin.

A quoi bon en vérité ? Ne serait-ce pas préparer des discussions sans fin. C'est parce qu'une controverse écrite n'a pas abouti et n'aboutirait pas davantage, si nous la reprenions encore, sous cette forme, que je me suis mis à votre disposition.

De nouveau, j'ai l'honneur de vous prier de vouloir bien m'informer si vous acceptez la proposition que je vous ai faite, le 9 avril, de me rendre à Turin pour placer sous vos yeux les preuves des faits que je viens de rappeler.

Veuillez agréer l'expression de mes sentiments les plus

distingués.

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