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DEUX CURIEUSES PROPRIÉTÉS DES PROJECTILES DISCOÏDES

ART MILITAIRE Deux curieuses propriétés des projectiles discoïdes.

Avant l'adoption des canons rayés, ou du moins avant qu'on pût se douter de la perfection que devait atteindre le tir des projectiles oblongs, quelques balisticiens, parmi les plus autorisés, avaient émis l'idée qu'on pourrait obtenir de bons effets d'un projectile discoïde (ou lenticulaire) animé d'un mouvement de rotation autour de son axe de figure, et tiré de façon à présenter à l'air sa surface équatoriale, sa tranche, de la môme manière qu'une roue. Différents officiers se sont faits tour à tour les champions de cette idée et l'ont appuyée de recherches théoriques et expérimentales qui n'ont pas élé sans quelque profit pour la balistique. On doit citer parmi eux de Puydt, en Belgique, — de Saint-Robert, en Italie, — Gras et Terquem, en France.

Tout récemment encore, divers essais ont été tentés dans la même voie par l'artillerie de marine ; on a môme soumis à quelques expériences un fusil lançant un projectile discoïde.

Le principal avantage qu'on espérait de ce système était une certaine atténuation de la résistance de l'air, ce qui correspond à une augmentation de la portée et de la tension de la trajectoire. Il est facile de s'en rendre compte d'une façon élémentaire, si l'on se rappelle que la résistance de l'air au mouvement d'un corps dépend de la vitesse de ce corps.

Commençons par supposer que le projectile discoïde P tourne sans avancer autour de son axe 0 0' dans le sens marqué par la flèche F. On sait qu'en plaçant la main en A. on sentirait du vent provenant de l'air lancé par le bas du disque. Au contraire, en abandonnant en B un flocon de duvet, par exemple, il serait entraîné en arrière; en d'autres termes, le bas du projectile chasse l'air en avant, le haut le rejette en arrière.

Dans ces conditions, le disque continuant à tourner autour de l'axe 00', supposons que cet axe vienne à se déplacer

Fig. 111.

parallèlement à lui-môme dans la flèche F'. On voit que, vers le bas, en A, le frottement de l'air dû à la rotation du projectile s'ajoutera à la résistance que celui-ci éprouve par le fait de son mouvement de translation, tandis que le contraire se produira à la partie supérieure enB. La vitesse des molécules du disque est plus grande en bas qu'en haut, donc

la résistance de l'air est plus considérable en A qu'en B; en définitive, le projectile tendra à aller du côté où il rencontre un moindre frottement, c'est-à-dire à s'élever au-dessus de la direction F'.

A la vérité, l'attraction terrestre tend à l'abaisser ; mais on comprend qu'il s'abaisse moins, étant soumis au douole mouvement de translation et de rotation, que s'il n'avait reçu qu'une impulsion dans le sens F'. L'action de la pesanteur s'exerce toujours, mais elle est en partie atténuée par le re-

'. lèvement dû au frottement en quelque sorte dissymétrique

du mobile contre les molécules du milieu fluide qu'il traverse.

Pour certaines formes du projectile, pour des mouvements

de rotation et de translation d'intensités convenables, ce re-

I lèvement peut môme contre-balancer l'effet d'abaissement produit par la résistance de l'air, car on sait que plus est dense le milieu traversé par un projectile lancé dans les conditions ordinaires, plus sa trajectoire est courbe et surbaissée.

j Telle balle qui, tirée dans l'eau, n'irait pas à 5 mètres de dis-

I tance, atteindra une distance d'un kilomètre, si on la tire dans l'air, toutes autres choses égales, c'est-à-dire avec la même charge de poudre, sous le môme angle, avec la

i môme arme. Et dans ces mêmes conditions, la portée dans le vide eût été de dix kilomètres, par exemple ; il est aisé

; de l'établir par le calcul.

Ce qu'il y a de remarquable précisément dans le tir de ces projectiles lenticulaires, c'est que, pour augmenter leur portée, on utilise ce qui, d'ordinaire, la diminue : la résistance de l'air; on peut môme obtenir avec eux, on vient de voir

. comment, des portées aussi grandes que dans le vide, plus grandes mômes, comme l'ont prouvé quelques expériences. On a en effet remarqué une augmentation de tension. Ce n'était pas là le seul avantage qu'on espérait retirer de l'emploi des projectiles lenticulaires. On attendait d'eux une très grande stabilité de l'axe de rotation, ce qui correspondrait à un accroissement de justesse (les vérifications expérimentales semblent avoir été moins satisfaisantes sur ce point). On pensait aussi que ces disques, se présentant parla tranche en tournant, auraient une très grande facilité de pénétration dans les corps solides, et qu'enfin ils permettraient d'exécuter le tir à projectiles roulants dans des conditions nouvelles et d'en tirer de précieux effets.

Or ces avantages se sont trouvés, pour la plupart, largement réalisés depuis à l'aide de projectiles oblongs, et, d'un autre côté, la mise en œuvre des projectiles discoïdes a présenté de sérieuses difficultés. Théoriquement, le problème a été résolu par l'emploi de canons à rayures inégales ou môme à âme courbe (1); mais bien des raisons ont empêché l'adoption des solutions de cette nature. Aucune nation n'a songé sérieusement à créer une artillerie de projectiles discoïdes.

« Ce dernier système semblerait devoir être voué maintenant au plus complet abandon et ne plus se prêter qu'à des

(1) Voir Mélanges scientifiques du comte de Saiut-Robert, t. III, p. 187.

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recherches historiques ou purement spéculatives. Pourtant diverses études sur ce- sujet m'ont conduit, il y a plusieurs années déjà, sur la trace d'une propriété nouvelle que je crois d'un certain intérêt pratique et grâce à laquelle il se peut que l'on revienne quelque jour à des recherches aujourd'hui abandonnées. »

Ainsi s'exprime, dans un article de la Revue d'artillerie (1), article auquel les développements qui précédent sont pour la plupart empruntés, le capitaine Chapel, officier d'un esprit curieux et distingué, auquel on doit déjà des études originales et des travaux utiles. 11 a été, à la suite de calculs, amené à cette conviction qu'on peut construire des projectiles dans des conditions telles qu'ils éprouvent un mouvement de rétrogradation sur la branche descendante de leur trajectoire. En d'autres termes, la balle ou le boulet lancé dans ces conditions viendrait, après avoir passé par-dessus la tête de l'ennemi, le frapper dans le dos, ou, pour employer l'expression technique, l'atteindre de revers. Cette forme de trajectoire serait particulièrement avantageuse, il est aisé de le concevoir, pour le tir contre des ennemis abrités par un mur, un parapet, etc. Quel effet démoralisateur pour les troupes, qui, sur le champ de bataille, recevant des coups dans le dos et voyant les lignes ennemies en face d'elles, se croiraient prises entre deux feux! Et c'est là, on le sait, le sentiment d'où procèdent les plus terribles paniques , c'est celui qu'exploite la tactique du mouvement tournant.

Mais on n'en est pas encore à l'application. La découverte du capitaine Chapel — il l'a publiée surtout pour prendre date — n'a jusqu'à présent qu'un intérêt de curiosité scientifique.

On trouvera dans son article les raisonnements théoriques qui l'ont guidé. Les développements de formulesne sauraient trouver leur place ici. 11 importe seulement qu'on sache le résultat : il démontre «que l'on peut obtenir des trajectoires de revers et d'échappé d'une rétrogradation théoriquement sans limite, en spéculant non plus sur la résistance e'quatoriale des projectiles discoïdes, mais sur leur résistance polaire convenablement développée ».

Le projectile se présente toujours par la tranche, mais à plat, avec une certaine inclinaison sur l'horizon, comme les cerfs-volants qu'on lance. L'axe de rotation 00', au lieu d'être perpendiculaire au plan de tir, c'est-à-dire au plan vertical de la direction d'impulsion F', est contenu dans ce plan.

Avec un rapport variable de la vitesse de rotation F et de la vitesse de projection F', avec des valeurs variables de l'aplatissement du projectile et de son inclinaison sur l'horizon, on peut accentuer à volonté son mouvement de rétrogradation. Le disque s'élève en s'éloignant de l'arme qui l'a lancé et redescend en s'en rapprochant.

On peut s'amuser à s'en rendre compte par une expérience fort simple. Qu'on prenne un petit rectangle de carton ou de bois mince, comme une enveloppe de paquet de cigarettes

(1) Sur une propriété des projectiles discoïdes pouvant servir de se à l'établissement d'une arme nouvelle, livraison d'août 1882.

ou un côté d'une boîte d'allumettes. Qu'on le tienne sans serrer par le coin inférieur gauche entre le pouce et l'index de la main gauche, par exemple, et qu'avec l'autre main on lui donne une forte chiquenaude sur le coin inférieur droit, de manière à le lancer obliquement en l'air, dans la direction de son plat, et à le faire tourner en même temps, on le verra s'élever en s'éloignant, puis redescendre en se rapprochant.

Après quelques tâtonnements, vous finirez par trouver l'inclinaison convenable pour que ce petit projectile retombe à vos pieds.

Cette expérience est d'ailleurs connue : on se rappellera peut-être avoir vu à l'Exposition de 1877 des sauvages (Indiens ou Australiens) qui excitaient l'étonnement des curieux et intriguaient la perspicacité des chercheurs en lançant des pierres qui revenaient à eux. La raison de ce jeu restée inexplicable est aujourd'hui trouvée. Que l'art de la guerre en profite ou non, la découverte n'est pas moins digne d'être signalée.

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M. A. Gautier publie un livre plein d'intérêt et d'originalité dans lequel il examine le rôle hygiénique et toxicologique que joue dans la pratique journalière de la vie les trois métaux les plus répandus autour de nous : le fer, le cuivre et le plomb.

Comme le fait remarquer l'auteur, il eût paru oiseux, il y a quelques années, de se demander si le cuivre était, ou non, toxique. Les sels de cuivre et le vert-de-gris avaient comme agents malfaisants une réputation bien établie. La retentissante affaire Moreau engagea les hommes spéciaux à rechercher scientifiquement jusqu'à quel point le cuivre était vénéneux.

Les premières raisons de douter de ces effets dangereux furent fournies par l'observation déjà ancienne de l'immunité relative des ouvriers en cuivre, pour certaines maladies, et de l'absence chez eux de toute cachexie spéciale, analogue à celles qui atteignent les ouvriers qui travaillent le plomb ou le mercure. On put ensuite retrouver dans les annales de la médecine quelques cas où de fortes doses de sels de cuivre avaient été prises sans causer la mort. Enfin, en 1875, le docteur Galippe fit sur les animaux des expériences démontrant l'innocuité relative du cuivre. Elles lui inspirèrent assez de confiance pour qu'il osât essayer l'action du vert-de-gris sur lui-même et sur plusieurs de ses amis, sans qu'il en résultat aucun accident, même au bout d'un temps très long.

Le livre de M. Gautier rappelle ces faits; mais il n'a pas été publié pour présenter sous une nouvelle forme une série d'observations déjà connues. C'est un livre absolument nou-

(1) Le cuivre et le plomb dans l' alimentation et l'industrie, par A. Gautier. — Paris, J.-ll. Baillière, 1883.

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veau dans chacun de ses chapitres, écrits principalement d'après des expériences personnelles. Ceci nous engage à donner quelque étendue à ce résumé.

Après avoir cité les observations de Burq, de Galippe et de quelques autres auteurs. M. Gautier passe rapidement en revue les industries en cuivre; puis il examine en particulier les divers cas où ce métal s'introduit dans l'alimentation et l'influence de ces doses journalières sur la santé publique.

Le cuivre est normal dans la plupart de nos aliments ; le blé, l'orge, le riz, les haricots, les lentilles, le cale, etc., en contiennent constamment des quantilés variant de quatre à dix milligrammes par kilogramme.

Les aliments préparés, tels que les légumes et fruits conservés et reverdis au cuivre, le chocolat, etc., en contiennent beaucoup plus — de dix à deux cents milligrammes. — L'auteur établit que, normalement, on consomme cinq milligrammes de cuivre métallique par jour sans qu'il en résulte aucun inconvénient.

Ces quantités pourraient être accrues sans danger notable ; mais, en vertu de la saveur extrêmement désagréable des sels de ce métal et de leur coloration propre, on aurait dans ce cas des aliments d'un goût nauséabond et que l'on repousserait d'instinct, mais qui, même à ces fortes doses, ne seraient pas encore dangereux à prendre. A la dose de quatre grammes de sel de cuivre par kilogramme, toute matière alimentaire cesse d'être mangeable ; mais les empoisonnements même volontaires ont été reconnus à peu près impossibles.

11 résulte pratiquement de tout ceci que le grand soin qu'on prend d'étamer les ustensiles de cuisine en cuivre est au moins inutile. Nous allons voir qu'il est dangereux.

L'auteur dans la seconde partie de son livre, consacrée au plomb, montre que l'usage de l'étamage eit une pratique qu'il faut abandonner, l'étain employé dans ce cas, étant souvent plombifère, est précisément la cause, passée jusqu'ici presque inaperçue, de la plupart des troubles attribués au cuivre mal étamé. Un vase en cuivre rouge, même malpropre, est encore moins dangereux qu'un vase bien étamé dont l'étain serait plombifère à 10 pour 100, ce qui est fréquent. On trouve très couramment des étamages qui contiennent jusqu'à 30 et 40 pour 100 de ce dernier métal. Or le plomb est un métal extrêmement toxique, et d'autant plus dangereux qu'il agit à faibles doses et se trouve répandu partout. On absorbe le plomb par les conserves alimentaires (sardines, thon, haricots et pois verts, foie gras, homard), parles papiers glacés de nos tentures, par les toiles cirées imitant le linge damassé qui couvrent nos tables, par les émaux et faïences, par les peintures, par les vases étamés, enfin par les fards, cosmétiques, pommades, teintures, etc.

C'est ainsi que de tous côtés le plomb nous assiège et nous envahit aujourd'hui. Les quantités de ce métal que nous absorbons chaque jour sont minimes, il est vrai, ainsi qu'il résulte des dosages de l'auteur; mais celle action est continue, et de fait, on le retrouve à cette heure dans la plupart de nos organes quand on le recherche par les méthodes longuement et savamment étudiées par l'auteur.

Bien plus, le plomb peut, dans une certaine mesure, s'ac-

cumuler dans l'organisme et finir par produire les effets les plus graves; qui ne connaît l'empoisonnement saturnin chronique, avec son cortège d'encéphalopathie, de coliques sèches, de paralysies et de folie?

Après avoir ainsi montré que les usages de la vie moderne introduisent le plomb d'une manière continue dans l'organisme et produisent tout au moins une anémie profonde, l'auteur étudie les conditions dans lesquelles ce métal est absorbé dans les nombreuses industries où on le manipule : fabricants de céruse et de minium, peintres, typographes, ciseleurs, plombiers, ferblantiers, cartouchiers, fabricants de poterie d'étain et de potée d'étain, etc. 11 montre clairement que c'est surtout par la peau et la bouche que l'empoisonnement se produit tout particulièrement grâce aux poussières plombifères, et d'après cette observation, il arrive à donner les moyens prophylactiques destinés à empêcher utilement celte absorption.

Le livre de M. Gautier est plein d'originalité, de recherches personnelles, d'applications usuelles presque incessantes. Il s'adresse aux industriels, comme aux gens du monde et aux savants. 11 emprunte un intérêt tout spécial à la compétence incontestable de l'auteur, dans les questions qu'il traite et qu'il a eu l'occasion d'étudier non seulement au laboratoire durant des années, mais dans la grande industrie parisienne, comme membre du conseil d'hygiène et de salubrité de la Seine auquel il a présenté sur ces sujets de nombreux et consciencieux rapports.

M. MoQuiN-TANDONacommencélapublication d'une deuxième édition française du Traité de zoologie de Clais, d'après la quatrième édition allemande : quatre fascicules sur neuf ont déjà paru. La principale amélioration que l'on remarque dans cette nouvelle édition est la présence de nombreuses gravures intercalées dans le texte, un des desiderata de la première. Tout en regrettant que le savant professeur de la Faculté de Besançon n'ait pas préféré nous donner un fraité de zoologie véritablement français et signé de son propre nom, nous n'en souhaitons pas moins la bienvenue à sa traduction. Il est à souhaiter que les nombreuses erreurs ou incorrections que l'on a signalées dans la première édition (et qui ne sont pas du fait du traducteur) soient rele\ées dans celle-ci.

Nous ne voyons aucune bonne raison pour qu'un traducteur pousse le respect du texte original jusqu'à copier les erreurs de ce texte : il a le droit, et même le devoir, de les corriger, tout au moins dans des notes signées de son nom. — Signalons, par exemple, les indications relatives à la distribution géographique d'un grand nombre de types de vertébrés, indications qui laissaient beaucoup à désirer dans la première édition. — Dans les fascicules parus on pourrait signaler des erreurs d'impression qui font souhaiter que les épreuves soient corrigées à l'avenir avec plus d'attention : Qrohippus est écrit par quatre fois (dans le texte, p. 167, en note et dans la légende de la figure), Urohippus, et l'on ne dit rien des rapports si importants de ce genre américain avec Yllyrucothelium européen, rapports signalés Jypuis cinq ans au moins,

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par M. Cope. — Les deux figures 237 et 238 ont été transposées comme le prouve leur légende, etc. — Si nous notons ces petites imperfections, c'est parce que l'ouvrage étant en cours de publication, il sera facile de les rectifier dans l'erratum, et surtout d'en éviter d'autres à l'avenir. La zoologie de Claus est le vade-mecumàe. tous les zoologistes : sans exiger qu'elle donne une analyse fidèle de tous les mémoires originaux récents, ce qui la grossirait outre mesure, on peut désirer tout au moins qu'elle réponde au but que l'auteur s'est proposé, c'est-à-dire que chacun de ses chapitres soit le résumé exact de l'état de la science moderne sur le groupe particulier auquel chacun d'eux est consacré.

La maison Gauthier- Villars entreprend la publication d'un Traité élémentaire du. microscope (1), par M. Eugène Trutat, conservateur du Musée d'histoire naturelle de Toulouse. L'ouvrage sera composé de deux volumes. Le premier vient de paraître. C'est en quelque sorte le vade-mecum du micrographe. Les instruments les plus perfectionnés, toutes les pièces qui s'y rapportent, le bon usage qu'on en doit faire y sont soigneusement décrits. Tous les modèles de loupes et de doublets, de microscopes, simples et composés, sont figurés dans ce livre ; l'auteur montre les avantages et les inconvénients de chacun d'eux, indiquant par là même le moyen de les corriger l'un par l'autre. Louons-le d'avoir consacré deux chapitres de son livre à la question si importante des objectifs et des oculaires. Les qualités de ces lentilles, la distance focale, le grossissement, l'angle d'ouverture, le pouvoir de définition, de pénétration et de résolution, l'immersion et la correction sont choses capitales dans le choix d'un microscope : la composition qu'il convient de lui donner dépend en effet de la nature des observations auxquelles on le destine; il faut que l'opérateur puisse et sache la modifier à tout instant en raison de la variété de ses recherches. C'est ce qui est clairement exposé dans l'ouvrage de M. Trutat. Trop souvent les livres classiques se bornent à des généralités en ces matières, et l'étudiant qui les lit, quoique comprenant très bien la théorie des appareils, se trouve fort embarrassé quand on les lui met entre les mains.

11 y a seulement deux ou trois ans, l'un des hommes qui honorent le plus notre pays soutenait, dans une enceinle académique, la théorie parasitaire des épidémies. Pour convaincre ses auditeurs, il voulut leur montrer les agents figurés de certaine maladie virulente, et il leur apporta des microscopes. Mais à la grande hilarité de la galerie, ses adversaires ne surent par quel bout les prendre, à peu près aussi instruits de la technique micrographique que Bouvard et Pécuchet. C'est de ces deux personnages que Flaubert disait : « Tour à tour ils mirent sur la plaque de verre des cheveux, du tabac, des ongles, une patte de mouche ; mais ils avaient oublié la goutte d'eau indispensable; c'était, d'autres fois, la petite lamelle, et ils se poussaient, dérangeaient

(1) Traité élémentaire du microscope, par Eugène Trutat, conservateur du musce d'histoire naturelle de Toulouse.— Paris, Gauthier- Vitlars, éditeur, 1883.

l'instrument, puis, n'apercevant que du brouillard, accusaient l'opticien. Ils en arrivèrent à douter du microscope. Les découvertes qu'on lui attribue ne sont peut-être pas si positives?»

Scepticisme cruel, auquel les lecteurs du traité de M. Trutat ne seront pas exposés. L'auteur les prémunit contre toutes les difficultés de la pratique et leur apprend à les surmonter. Dans un ouvrage qui intéresse zoologistes, botanistes et minéralogistes, aucune branche de l'histoire naturelle n'a été oubliée : l'application de la photographie à la représentation des objets microscopiques, l'adjonction des goniomètres et des appareils de polarisation aux instruments ordinaires ont été de la part de M. Trutat l'objet d'une étude minutieuse et approfondie. Par la richesse de ses informations, son manuel se recommande à l'attention des praticiens et des savants.

Nous venons de recevoir de M. Cope le n° 35 du l'aleonlological Bulletin, portant la date du il novembre 1882. Ce numéro contient quatre mémoires importants dont nous ne pouvons donner aujourd'hui que le titre : 1° la classification des mammifères ongulés; — 2» troisième contribution à l'histoire des vertébrés de la formation permienne du Texas; — 3° synopsis des vertébrés de l'époque éocène de Puerco; — et enfin, li° sur les relations systématiques des carnivores fissipèdes.

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Observations et progrès accomplis pendant l'anneo 18S2.

La découverte des petites planètes situées entre Mars et Jupiter, dont Olhers a mis au jour l'évidence (1), se continue avec autant d'ardeur. Parmi les onze astres trouvés en 1882, nous en devons neuf aux laborieuses recherches de M. Palisa un appartient ù M. Paul Henry, et le dernier est dû à M. de Bail.

Le tableau suivant les fera du reste mieux connaître.

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