PORTRAIT DE M. THIERS, par Bonnat
— Toile. Hauteur, 1,25; largeur, 0,90.
268. - — DESSIN attribué à Léonard de Vinci. Ce dessin, qui est un simple croquis, représente un combat de cavaliers contre des piétons écorchés et à tète de mort. Ceux-ci, armés de lances, renversent et mettent en fuite les cavaliers, qui se défendent avec dee sabres, des piques et des boucliers. — Hauteur, 0,55; largeur, 0,55.
Il est assez probable que ce croquis fait de verve par un grand artiste qui possédait à fond l’anatomie de l’homme et celle du cheval, fut dessiné au moment où Léonard, devant entrer en concurrence avec Michel -Ange, se préparait à peindre la Bataille d’Anghiari dans le Palais-\ ieux de Florence. Sachant que la connaissance des chevaux n’était pas familière à son rival, Léonard voulut s’assurer sur lui un avantage en choisissant de peindre un combat de cavalerie. Et comme
TABLEAUX
Michel-Ange était un dessinateur prodigieux, en ce qui touchait particulièrement la figure humaine, il résolut d’étudier non seulement sur le nu, mais sur l’écorché, les mouvements et les proportions des combattants qu’il allait mettre en scène. Après avoir comparé le dessin que nous avons sous les yeux avec les croquis gravés par Gerli, avec ceux qui furent cédés au Louvre par Yallardi, avec les études de chevaux qu’avait achetées mon respectable ami Émile Galichon, nous pouvons affirmer qu’il ne se trouve rien de plus admirable, en fait de chevaux, dans ce que nous avons vu, que ce combat fantastique. Aussi Lodovico Dolce dit-il que Léonard était sans égal dans l’art de modeler et de dessiner les chevaux, stupenclissimo in far cavalli.
Nous sommes heureux que ce dessin héroïque soit entré au Louvre. Il appartenait autrefois au plus grand connaisseur de l’Angleterre, feu Tiffin, marchand de dessins et d’estampes, établi à Londres, dans le Strand.
CH. GOUTZWILL