CONFIGURATION
be là L'importance de la couche extérieure, a l'étude de laquelle se rattachent des considérations d'un haut intérêt
pratique.
Dans un très-grand nombre de cas, comme on le voit en
parcourant des veux les pièces delà collection, la couche externe diffère des autres parties de la pierre par sa com] sition et par sa structure.
Etablissons quelques distinctions indispensables pour en
apprécier les caractères particuliers.
1° On observe généralement à la surface des pierres entières ou fragmentées qui sont restées longtemps dan> la vessie, une couche plus ou moins épaisse de matière grise ou blanche, d'un aspect pulvérulent. C'est du phosphate calcaire, quelques-uns disent du nitrate de soude, produit d'une phlegmasie de la vessie, occasionnée ou entretenue par la pierre elle-même, agissant sur l'organe comme un corps étranger, indépendamment de sa composition et de sa structure. Quand la phlegmasie vésicale est survenue peu de temps avant l'extraction de la pierre, la couche est mince; la surface de la concrétion ne présente souvent même qu'une légère teinte grise.
On conçoit que, à l'exception d'un petit nombre de cas, cette couche accidentelle n'influe en rien sur le volume et la configuration de la pierre. On peut la considérer à la rigueur comme n'appartenant pas proprement au calcul. C'est en effet un élément adventice qui se surajoute aux éléments constituants.
Cette couche accidentelle, qui se dépose sous l'influence d'un état particulier de la vessie, excitée et irritée par la présence du calcul, s'observe également sur la gravelle, les calculs entiers et les fragments de calcul.
Les pierres qui sont dépourvues de cette couche grise au
moment de l'extraction n'ont pas déterminé un catarrhe vésical.
Au contraire, si la phlegmasie se prolongera couche phosphatique, grise ou blanche, peut acquérir beaucoup d'épaisseur. C'est ce qu'on a souvent lieu d'observer sur les grosses pierres.
2° Le dépôt qui se fait n'est pas toujours en raison de l'intensité et de la durée de la phlegmasie qui le produit ; il y a d'autres conditions qui nous échappent pour la plupart. On ne sait pas davantage pourquoi ce dépôt ne présente pas une égale épaisseur sur tous les points de la surface des concrétions urina ires. Cette observation s'applique spécialement aux pierres qui s'écartent le plus de la forme arrondie. Cependant on remarque cette différence d'épaisseur de la couche grise dans la plus grosse pierre de la collection, quoique la forme en soit régulière.
3° Les circonstances sous l'influence desquelles se produit le phosphate calcaire peuvent cesser, et alors les dépôts gris ou blanc cessent aussi. Des dépôts différents peuvent se produire : de là les couches alternantes, si variables, quant à l'épaisseur, à la densité, à la couleur, à la manière dont elles sont unies les unes aux autres, quand elles sont unies ; car il n'est pas rare d'observer des vides ou des dépôts ■ granuleux qui les séparent. On n'est pas d'accord sur l'ordre de succession des divers dépôts qui forment les couches alternantes.
4° Il ne faut pas confondre avec cette couche superficielle de phosphate calcaire, qui recouvre un grand nombre de calculs, d'autres dépôts d'une composition et d'une structure différentes qui s'ajoutent de même à la surface de la pierre. Ce sont presque toujours des granules ou des matières cristallisées qui se présentent sous deux formes particulières, et qui changent l'une et l'autre la configuration de la pierre.
CONFIGU RATION
Tantôt les cristaux sont isolés, tantôl il forment i agglomérations considérables, el même de masses trèsépaisses, très-compactes, qui s'ajoutenl aux extrémités des -russes pierres. Les calculs" granulés en offrent des exemples remarquables.
Toutes ces variétés de dépôts qui modifient diversement la surface et la croûte des grosses pierres, à une époque avancée de la maladie, sont la conséquence habituelle < changements survenus dans la composition de l'urine, suite des états morbides de l'appareil urinaire, changements qui déterminent la nature des dépôts, ainsi que l'aconsl l'analyse chimique.
C'est à l'ensemble de ces influences qu'il faut attribuer les caractères qui distinguent la forme, la composition et la structure de la croûte dans les gros calculs.
Quelques mots sur la coloration des calculs.
On remarquera que c'est la teinte jaune qui prédomine. Elle est d'autant plus nette, que l'acide urique s'éloigne moins de l'état de pureté, et que la structure du calcul est plus régulière. La régularité de structure est généralement en rapport avec l'homogénéité de composition.
La nature de la pierre exerce aussi une influence notable sur sa coloration. La couleur rougeàtre des calculs de cystine ne ressemble à aucune autre.
Les concrétions d'acide urique pur diffèrent par la teinte des grains primitifs de la même matière.
La teinte des concrétions d'acide urique, à quelques exceptions près, s'affaiblit et s'altère à mesure que le calcul augmente de volume.
Ce sont les éclats les plus volumineux qui représentent le mieux la véritable teinte de la pierre. A mesure qu'on réduit les fragments, les teintes varient.
52 CALCULS URINAlRES
La forme des déloris pierreux ne varie pas moins. Ces variétés de forme tiennent à des causes diverses.
Quand la pierre est à la fois dure et cassante, le morcellement ou le broiement produit beaucoup moins de poudre que d'éclats, et ces éclats présentent une cassure régulière, à angles tranchants.
Les calculs lamelles, à structure très-serrée, non cassants, attaqués par le trilabe, produisent au contraire plus cle poudre fine que d'éclats. La poudre est plus grossière quand on se sert du litlioclaste.
Les calculs granulés, à structure poreuse, donnent plus de poudre que d'éclats, quelle que soit d'ailleurs la composition de la concrétion urinaire.
La forme des débris varie aussi suivant les instruments dont on se sert pour opérer. Avec le trilabe, on obtient principalement de la poudre fine ; avec le litlioclaste à mors plats et larges, agissant par pression, la poudre est grossière et les débris sont réguliers.
Quand on se sert du forceps fenêtre, et qu'on emploie la percussion, les éclats sont aplatis, irréguliers, à bords tranchants.