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QUATRIÈME SECTION

CONFIGURATION DES CONCRETIONS URINAIRES. INFLUENCE DU NOTAC. N°* 1 A 18. — PREMIÈRE SÉRIE.

Dans Tes applications de la lithotritie, la configuration des calculs a une très-grande importance. Les pièces de cette collection présentent les principales variétés de configuration, provenant, soit de la position du noyau, soit de la structure intime du calcul, soit encore de l'action ou de la conformation des organes.

Forme naturelle des concrétions urinaires. —

A l'état rudimentaire, les concrétions urinaires, et notamment celles qui ont pour base l'acide urique, se présentent sous la forme de granules arrondis. C'est le cas ordinaire de la gravelle lamellée d'acide urique pur. La forme des graviers granulés et mixtes n'est pas aussi régulière ; ils sont allongés, anguleux, et se transforment plus tôt que les graviers lamelles.

Les graviers bruns et noirs, qui se composent surtout d'oxalate calcaire, sont très-irréguliers. Les graviers s'allongent encore davantage lorsque l'oxalate calcaire se combine avec l'acide urique. Les plus grandes variétés de forme se rencontrent parmi les graviers gris, blancs, terreux. Du reste, les irrégularités de forme dépendent des variétés de

calculs' urinaires

structure et de composition du noyau et des enveloppes. A quelques exceptions près, plus le calcul vésical grossit, plus il s'éloigne de sa forme première.

Formes extraordinaires. — ïl y a des calculs coniques, pyramidaux, triangulaires, cubiques, carrés, etc. On a vu des pierres qui ressemblaient à un champignon, à un cœur, à un cerveau. D'autres sont fortement comprimées,- à facettes. (V. l'Introduction.)

L'aplatissement et les facettes ne sont pas toujours le résultat de la pluralité des calculs. On trouve souvent dans la vessie de nombreux calculs qui ne sont ni aplatis, ni à facettes. Quelques-uns sont parfaitement ronds et lisses.

J'ai retiré quatre pierres de la vessie d'un malade. L'une était allongée, la deuxième ressemblait à une pyramide triangulaire.

De ce qu'un calcul est arrondi et lisse, il ne faut pas conclure que la vessie n'en contient pas d'autres.

Les formes extraordinaires des calculs n'ont point de cause connue. On ne sait rien des rapports qui existent entre l'espèce des calculs et leur forme. Les calculs muraux, auxquels on attribue généralement la forme ronde, sont quelquefois cubiques, quadrilatéraux, etc.

La longueur de certains calculs des reins, des uretères et de l'urèthre, est attribuée à l'action de ces divers organes, que l'on considère comme des moules. On trouve cependant des calculs très-allongés dans la vessie, et des calculs ronds ou ovoïdes dans les uretères et dans l'urèthre.

On ne trouve pas plus de rapports entre les déformations de la vessie et les calculs annulaires, perforés, branchus, articulés, en chapelet, en croissant, etc. Ces formes singulières se rattachent souvent à des circonstances qui méritent d'être attentivement étudiées, avec d'autant plus de soin qu'el-

les. concourent aussi à modifier la structure de la pierre.

De la couche extérieure de» calcul*. — Il I àul <li-

viser la pierre pour connaître sa structure intérieure ei déterminer le rang qu'elle occupe dans la série; mais à ht coupe oh ne voit qu'une faible partie des couches superposées. Comme il n'est pas possible de pénétrer graduellement de la périphérie vers le centre, il est indispensable d'étudier la formation successive des concrétions, en passant des plus petites aux plus grosses, sans oublier que ces corps, laissés dans la vessie, peuvent grossir indéfiniment. On comprend de quelle importance est l'étude de la couche extérieure de la pierre, c'est-à-dire de la surface de la pierre, au moment de l'extraction.

Dans un très-grand nombre de cas, la couche externe diffère des autres parties de la pierre par sa composition, sa structure et sa couleur.

Il est utile d'établir ici quelques distinctions pour mieux apprécier les caractères particuliers de la couche extérieure.

1° On observe souvent à la surface des pierres entières ou fragmentées, qui ont séjourné longtemps clans la vessie, une couche plus ou moins épaisse de matière grise ou blanche. d'un aspect pulvérulent et quelquefois très-compacte. C'est du phosphate calcaire ou de l'urate de soude, produit d'une phlegmasie de la vessie.

Quand la phlegmasie vésicale est survenue peu avant l'extraction de la pierre, la couche de matière grise est mince, souvent même la surface de la concrétion ne présente qu'une légère teinte cendrée.

Cette couche accidentelle, hors un petit nombre de cas, n'influe en rien sur la configuration de la pierre. C'est comme

un élément adventice qui se superpose aux éléments constituants.

Les pierres, les fragments de calcul et les graviers qui ne présentent pas cette couche grise, au moment de l'extraction, n'ont pas déterminé de catarrhe vésical.

Si la phlegmasie se prolonge, la couche phosphatique peut acquérir beaucoup d'épaisseur. C'est ce qu'on voit souvent en divisant les grosses pierres.

Ce dépôt superficiel n'est pas toujours en raison de l'intensité et de la durée de la phlegmasie vésicale. On a fait de nombreuses suppositions au sujet des conditions dans lesquelles se fait ce dépôt-, dont l'épaisseur varie dans la même pierre, et surtout dans les pierres à configuration peu régulière. L'inégalité d'épaisseur se remarque surtout dans les grosses pierres qui ont une forme régulière. Comme ces dépôts accidentels dépendent d'une phlegmasie vésicale, ils cessent en même temps que la phlegmasie, sauf à se reproduire avec elle. Dans l'intervalle, le calcul se développe par l'adjonction des matières solidifiables de l'urine. De là les couches alternantes, si variables quant à l'épaisseur, à la densité, à la couleur, au mode d'adhérence, quand elles adhèrent les unes aux autres.

On ne confondra pas avec cette couche superficielle de phosphate calcaire qui recouvre un grand nombre de calculs, d'autres dépôts d'une nature différente qui se font aussi à la surface de la pierre. Ces dépôts sont le plus souvent des granules ou des matières cristallisées qui affectent des formes particulières et qui changent la configuration dé la pierre.

Les cristaux sont tantôt isolés, tantôt agglomérés, surtout aux extrémités des grosses pierres, {V. les calculs granulé* @i les cas rares.)

Ces agglomérations de cristaux se forment vers la fin de la

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maladie* à la suite des désordres occasionnée par ta présence de 1a pierre. Les concrétions d'acide urique ei d'oxalate calcaire en offrent de nombreux exemples. Ou voit sur quel

gros calculs de la collection des masses isolées, distinctes, auxquelles sont venus s'ajouter de nouveaux grains, dont quelques-uns adhèrent à peine. Ces derniers laits servent de complément aux preuves que j'ai données du développement des calculs granulés en général. C'est la même disposition. Au lieu des petites aspérités déprimées ou arrondies, formant les grains disposés comme les granulations des fraises ou des mûres, on observe des agglomérations isolées de grains ou de cristaux qui acquièrent une certaine épaisseur.

On comprend combien il importe au praticien de connaître ces singularités de structure anomale de l'extérieur des calculs.

Ces anomalies de structure, qu'on n'observe pas uniquement sur les pierres murales, peuvent occasionner des méprises.

Je ne reviendrai pas ici sur les aspérités formées par des grains et de petits cristaux à la surface des calculs granulés extérieurement. Les échantillons que j'en ai donnés rappellent la petite pierre hérissée de poils dont parle Mac Gill. Cette disposition très-curieuse, dont on connaît de nombreuses variétés, ne change pas la forme ordinaire du calcul.

Toutes les variétés de dépôts qui modifient diversement la surface et la croûte des grosses pierres, à une période avancée de la maladie, sont la conséquence habituelle des changements survenus dans la composition de l'urine, par suite de l'état des organes de l'appareil liminaire, changements qui déterminent la nature des dépôts, d'après l'analyse chimique.

C'est à cet ensemble d'influences qu'il faut rapporter les caractères qui distinguent la forme, la composition et la structure de la croûte dans les gros calculs.

Un grand nombre de calculs ont une surface polie et comme vernie et brillante, dont la teinte peut être blanche, brune, jaune, noire et même bleuâtre.

Ce poli vitreux ne s'étend pas toujours sur la surface entière des calculs ; il ne recouvre que quelques membres, ou les facettes et les points par lesquels les calculs sont en contact dans la vessie et surtout dans l'urèthre. ' H ne faut pas croire que ces calculs, d'apparence vitreuse, puissent rester longtemps dans la vessie sans augmenter de volume ni changer de caractère. Sur cette surface brillante il se fait d'autres dépôts plus ou moins épais, de matière blanche ou grise, que recouvre à son tour une nouvelle couche vernie. On voit sur plusieurs éclats de pierre qui figurent parmi les cas rares, des couches variées, en général très- minces, et cette couche vernie qui a le brillant du mica. Brugnatelli a constaté par l'analyse chimique que ces couches dorées sont composées de phosphate de magnésie et de chaux, et d'une substance animale particulière.

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