DES CALCULS. N0' 1 A 18. — DEUXIÈME SÉRIE
Nous n'avons pas à nous occuper ici des caractères propres du noyau; il en a été question dans les considérations préliminaires. Nous traitons ici de son influence sur le développement, la structure et la configuration de la pierre.
Pour constater cette influence, il n'y a qu'a examiner la plupart des pièces de la collection. Il est facile de s'apercevoir que leur configuration dépend en partie de la forme et de la situation du noyau.
L'action du noyau sur la configuration des concrétions urinaires est particulièrement sensible dans les pierres d'acide urique et d'oxalate calcaire.
Bien que le fait général soit incontestable, dès qu'on aborde les cas particuliers et qu'on descend aux détails, on s'aperçoit, aux difficultés qui se présentent, que le sujet loin d'avoir été sérieusement étudié.
A ce qui a été exposé sur ce sujet dans le Traité de l'affection calcutense (l) , j'ajouterai ici quelques nouvelles explications qui seront d'autant plus faciles à saisir, qu'on aura les objets sous les yeux.
Calculs à noyau excentrique. — C'est dans cette
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espèce de calculs et dans ceux qui ont deux noyaux que se manifeste surtout l'influence du noyau sur la configuration des concrétions urinaires, par la disposition des lamelles et des granules (1).
Il arrive souvent que le noyau n'est point au centre de la pierre. De là des variétés de configuration et de structure dont les principales se trouvent réunies sur ce carton. Peu marqués dans les six premières pièces, les changements de configuration résultant de l'excentricité du noyau sont trèsévidents dans les autres.
N° 1. — Calcul lamelle d'acide urique, extrait par la taille. Petit noyau excentrique. Une croûte blanche, d'épaisseur inégale, recouvre la masse lamelleuse.
N° 2. — Petit calcul à structure mixte, allongé, aplati, extrait par la taille de la vessie d'un enfant. Noyau excentrique. Surface extérieure mamelonnée.
N° 3. — Calcul ovoïde, composé de deux parties distinctes. Le centre est lamelle, et la croûte granulée. On aperçoit la place du noyau excentrique. Surface en rapport avec la croûte, recouverte d'aspérités.
N° 4. — Calcul oblong, aplati, légèrement concave sur un de ses côtés. La coupe rappelle un peu la structure interne d'un os plat.
N° 5. — La coupe de ce calcul n'est pas très-nette , la division ayant été faite dans la vessie. Ce calcul est gros et trèsdistinct par sa couleur. Structure mixte, avec prédominance de la matière granuleuse. Un dépôt phosphatique recouvre les surfaces ; il est très-visible sur le noyau.
(1) Nos devanciers, entre autres Àustin, Deschamps, Rigby, Fourcroy, avaient décrit des calculs à noyau excentrique. Les faits recueillis dans ces derniers temps prouvent que cette disposition n'est pas rare ; on la retrouve dans un grand nombre de pièces de la collection.
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N* 10. — Très-gr sse pierre blanche, arrondie. Structure mixte , confuse . tourmenta e* Les lamelle - - .tournent d
s les sens. Double noyau. Le plus gros s'est v« lit la place qu'il occupait. C'est ï grèfi au qui parait
avoir eu le plus d'influence sur la structure très-irrégulière de cette masse friable, bien que très-compacte.
N° 11. — Moitié d'une grosse pierre allongée, à extrémités arrondies, présentant une légère concavité sur un de ses côtés. La structure est très-tourmentée, plus particulièrement vers le centre. Deux masses poreuses, formées de vides et de mamelons, séparent une masse centrale, très-compacte et lamelleuse. A mesure que l'écorce devient plus compacte vers la périphérie, la couleur devient moins rouge. Les lamelles, mêlées de granules, présentent des stries irradiantes. La couche qui recouvre la surface diffère complètement de la masse par la composition, la structure et la couleur. On aperçoit des groupes de mamelons aplatis aux deux extrémités.
N° 12. — Les deux moitiés d'une grosse pierre dont la structure mixte est remarquable. Les lamelles sont séparées par des grains interposés et coupées de stries irradiantes. Il résulte de cette disposition une texture spongieuse . Aux deux extrémités, recourbées en cornes, les lamelles ont toujours la disposition circulaire concentrique. Les lames se resserrent sur ce point, de manière que la structure est trèscompacte. Le noyau, très-volumineux et parfaitement distinct, offre à peu près la forme de la pierre. La surface extérieure est aussi très-remarquable par la variété des teintes, les dépressions, les anfractuosités et les dépôts de cristaux blancs.
N° 13. — Petit gravier semilunaire, recouvert d'une légère couche de matière grise. Supposons que ce gravier fût devenu le noyau d'une pierre, il y a grande apparence que celle-ci eût présenté une configuration analogue.
N° 14. — Moitié d'une pierre longue, aplatie, à double noyau, offrant plus d'une analogie avec la pierre n° 10. Les deux noyaux se sont détachés, et le plus gros a entraîné son
enveloppe. Malgré sa forme oblongue, cette pierre présente une structure mixte très-régulière, avec prédominance des lamelles. La surface extérieure, moitié grise, moitié jaune,
hérissée de petites aspérités, contraste avec la partie intérieure qui est blanche.
N° 15. — Les deux moitiés d'un calcul très-remarquabl'' par sa composition et sa structure. Il mériterait de figurer parmi les cas rares; mais je le place ici, parce qu'il peut servir à compléter la démonstration des calculs à noyau excentrique.
On remarquera le contraste frappant entre le noyau et l'écorce, par rapport à la composition, à la structure et à la couleur. Le noyau, tout à fait excentrique, puisqu'il forme une portion de la périphérie, est un composé d'acide urique, à lamelles très-compactes. La masse rouge est enveloppée d'une série de couches lamellées, d'une nuance sombre, qui la séparent de la substance granulée. Celle-ci est très-compacte aux deux extrémités du noyau. Mais, à mesure que cette substance s'éloigne du noyau, elle devient poreuse, et est coupée de lignes irradiantes. Cette substance, à cause de sa structure, offre peu de consistance. On remarquera, à la surface extérieure, la différence de couleur et de structure entre la partie lamellée qui répond au noyau et le reste.
N° 16. — Ce calcul diffère des précédents par des particularités remarquables. Le noyau excentrique et d'une forme irrégulière présente des vides à sa grosse extrémité ; il est isolé par une ligne de granules. Dans la même direction, entre le noyau et les premières couches lamellées, il y a un autre vide que contournent les lamelles. Les grains noirs, toujours dans la même direction, sont très-apparents au niveau de la ligne blanche qu'ils interrompent pour se prolonger, par des stries, jusqu'à la surface, ainsi qu'on le voit sur la coupe verticale. On. aperçoit encore des grains et de-
vides sur d'autres points de la coupe, et notamment à l'extrémité opposée. La surface, recouverte d'une couche grise, présente plusieurs mamelons.
N° 17: — Petit calcul d'acide urique à structure lamellée, très-compacte. Noyau excentrique, avec un gros mamelon saillant, au centre duquel on remarque une agglomération de grains noirs qui ont été pris pour un second noyau. Plusieurs de ces grains sont tombés; mais on voit les points vides qu'ils occupaient. L'agglomération de ces grains explique l'espèce de soulèvement que présentent les couches extérieures de la pierre. En se déposant successivement, ces couches ont contourné les grains et produit cette proéminence mamelonnée. La surface extérieure est lisse.
N° 18. — Les deux moitiés d'une grosse pierre allongée, de composition à peu près homogène. La structure lamellée est manifeste sur la coupe. Autour du noyau, oblong, irrégulier et excentrique, les granules alternent avec les lamelles. La croûte est plus compacte et plus uniformément lamellée vers la périphérie, et surtout vers la plus grosse extrémité, où les lamelles, très-compactes, sont d'une nuance foncée. On remarquera sur la plus grosse moitié les traces d'un foret à éclatement. La surface extérieure est irrégulière, très-tourmentée, très-dure, et parsemée de dépôts de cristaux blancs.
INFLUENTE DES ORGANES Stlfl EA FORME ET LB DEVELOPPEMENT DBS CALCULS, N01 i A 29.
Nombre de graviers et de calculs de cette collection pn -
sentent une configuration extraordinaire, soit que leur développement ait été gêné par la présence d'autres calculs. « il qu'il ait été comprimé par la conformation des organes qui leur ont servi en quelque sorte de moule. De là. des irrégularités de forme dont j'ai consigné les principaux exemples dans le Traité de ï 'affection caJculeuse (1).
On voit des pierres vésicales d'un certain volume étranglées par le milieu ou vers une de leurs extrémités. Quelqu 9unes représentent une calebasse.
D'autres sont allongées et c imprimées cimilairement danune certaine partie qui s'engage dans le col vésical. Chez les malades affectés de cette sorte de calculs, le col de la vessie est dilaté et la prostate plus ou moins atrophiée. Ces cas sont fréquents.
Sur d'autres calculs qui remplissaient la cavité vesieale. ou qui étaient luges dans des cavités, on voit des sillons pour l'éeoulement des urines, Be cours continu de ce liquide empêche la matière calcaire de les combler.
Quelques pierres ve>icales sont excavees. ie plus souvent du
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06 CALCULS UR1NAIRES
côté correspondant à des tumeurs nées du col ou du corps de la vessie.
On voit que les concrétions urinaires se développent irrégulièrement, parce que leur développement est subordonné à la conformation ou à la déformation des organes urinaires, ou gêné par la présence d'autres concrétions.
Première série» — Calculs à facettes* — Lorsque plusieurs calculs sont en contact dans les voies urinaires, ils présentent le plus souvent des facettes plates, concaves ou convexes, à surface polie et recouverte quelquefois d'une espèce de vernis. Ces calculs, très-communs, présentent de nombreuses variétés.
IV58 1 à 18. — Pièces diverses. Celles qui ont été divisées présentent à la coupe un noyau enveloppé d'épaisses couches d'une matière très-dense, très-cassante. La légère couche grise qui recouvre la surface externe est très-peu adhérente.
On remarquera deux calculs aplatis, l'un triangulaire et l'autre quadrangulaire. La partie centrale est ovoïde; donc ce n'est pas elle qui a déterminé la configuration de ces deux calculs. La croûte extérieure est blanche et d'une structure très-serrée. La surface est lisse.
N° 19. — Calcul granulé, oblong, conique, retiré de l'urèthre d'une femme. La grosse extrémité présente deux facettes légèrement concaves et séparées par une crête médiane. C'est par ces deux facettes que ce calcul s'articulait avec une grosse pierre vésicale que j'ai détruite par la lithotritie. Par sa surface externe, ce calcul ressemble à ceux de cystine.
K0 20. — Pierre uréthro-vésicale dont le collet correspondait au col delà vessie. Une portion de la petite extrémité s'est détachée. La grosse extrémité est presque sphérique; elle présente des mamelons et des rugosités. Au-dessous du collet,
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sur la grosse extrémité, on remarque deux silloi que
parallèles, dont un très-visible.
N°21. — Pierre articulée dont l'histoire se trouve dans le Traité de l'affection calculeuse (1). Les surfaces articulaires
offrent une grande analogie avec l'articulation scapulohumérale. Leur aspect même est semblable à celui des surfaces articulaires des os. Du côté qui correspondait à la vessie, la pierre se termine par un tubercule, séparé par un espace
de 18 millimètres de trois éminences inégales, dont la moyenne correspondait à la crête uréthrale.
N° 22, — Pierre articulée, remarquable par sa situation dans les organes urinaires. Elle se prolongeait dans la vessie par un collet qui a été brisé pendant l'extraction. L'extrémité vésicale a été détachée. La surface extérieure est rugueuse et d'un gris terne. Les surfaces articulaires des deux portions se sont altérées et leur poli a disparu.
N°23. — Pierre oblongue, recourbée, semblable par la forme à des graviers rendus spontanément. Elle occupait une partie de la vessie et les régions prostatique et membraneuse de l'urèthre. L'extrémité qui occupait cette dernière a été détachée.
N° 24. — Fragment d'une grosse pierre, qu'on trouvera décrite plus loin (n° 28), détaché à l'aide du coin et de la scie, pour montrer la disposition de l'écorce. La coupe est d'une netteté remarquable. Structure composée, lignes irradiante-.
N°25. —Deux pierres oblongues, fortement aplaties. Les deux surfaces qui les mettaient en contact sont parfaitement unies. Le frottement a usé les aspérités des surfaces plates. Ces deux pierres, égales par la longueur et de largeur différente, ont été retirées de la vessie d'un vieillard , mort en 1847 . à l'Hospice des ménages. Je l'avais vu à ma consultation de
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l'hôpital Necker, et j'avais constaté la présence des calculs en même temps que l'impossibilité de pratiquer l'opération.
N° 26. — Moitié d'une pierre dont j'ai relaté l'histoire et ■donné le dessin dans le Traité de l'affection calculeuse (1). Elle est remarquable surtout par deux excavations latérales, correspondant à deux énormes fongosités très-dures situées des deux côtés de la vessie. Je constatai cette disposition, au moment où le calcul fut retiré par la taille hypogastrique. L'opération réussit pleinement.
N° 27. — Deux calculs provenant de deux malades. Retirés après la mort, l'un de l'urèthre, l'autre d'un uretère. Sur le calcul uréthral on voit un sillon qui servait à l'écoulement de l'urine.
N°28. — Pierre oblongue, cylindroïde, hérissée d'aspérités et recouverte d'une sorte de vernis. On remarquera ce large sillon superficiel dont la surface est lisse et polie. Ici l'action des organes est sensible. Dans mon Traité de V affection calculeuse, j'ai cité plusieurs cas de ce genre et un, entre autres, qui mérite une. mention spéciale. La pierre, du poids de 9 onces, 5 gros, remplissait le col vésical et en reproduisait la conformation. Elle était creusée d'une gouttière pour le passage de l'urine.
H° 29. — Grosse pierre arrondie, ovoïde, recouverte d'une croûte grise et hérissée de rugosités. La coupe présente une structure très-serrée. Cà et là, on voit des stries et des vides
qui rendent la masse cassante. Le noyau est irrégulier et légèrement excentrique. Sur la partie qui correspondait au col de la vessie on remarque un sillon oblique, lisse, qui est l'empreinte, si je ne me trompe, d'une portion du trigone, plutôt qu'une rigole pour l'écoulement des urines. Sur d'au-
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très calculs de la collection, on peut apercevoir la trace évidente des contractions de la vessie.
Il est à peine besoin de dire que la plupart de pien réunies sur ce carton, pour montrer L'influence des orgi sur les concrétions urinaires, appartiennent par leur structure à des séries différentes.
CINOUIÈME SECTION'