CAS RARES, N0' 1 A H. — PREMIÈRE SÉRIE
Sous ce titre, j'ai rangé une série de pièces de toute nature dignes de fixer l'attention.
Nos 1 et 2. — Ces deux échantillons remarquables donnent une idée assez exacte du mode de structure qui est propre à certains calculs d'acide urique et à ceux de cystine. De .la partie centrale partent des lignes qui divergent vers la périphérie, où elles se ramifient et se terminent à l'extérieur par des granulations plus ou moins saillantes. On remarquera que ces stries divergentes ou ces lignes irradiantes ne rendent pas ces calculs cassants, au contraire de ce qu'on observe dans d'autres séries. — Entre les prolongements de la substance centrale, formée d'acide urique. se déposent des matières phosphatiques qui remplissent ies vides. Os calculs sonl très-compactes , très-résistants.
N°3. — Calcul blanc-jaunâtre, très-irrégulier, à pointes saillantes, et d'une configuration singulière, qui rappelle celle de certains coquillages. L'extérieur n'annonce pas une concrétion d'acide urique. Le noyau est rond, très-distinct et nettement circonscrit par une série de couches iamellées trèscompactes, dont quelques-unes cassantes, formant un cercle à peu près régulier à la partie centrale, et d'une nuance plus
foncée que l'écorce. Jusqu'ici, malgré la singularité de la configuration, nous n'avons qu'un calcul lamelle ordinaire. Mais, au delà de ce cercle, la structure change. Les couches ne sont plus circulaires ni uniformes ; les lamelles sont moins serrées ; on remarque des vides nombreux et des traînées de granulations noires qui vont aboutir à la surface extérieure, où elles forment des mamelons et des saillies dont on aperçoit la pointe noire. Trois de ces traînées de points noirs sont très-apparentes sur la coupe. La surface est recouverte d'une couche d'un blanc jaunâtre; on remarquera la forme conique des mamelons.
Les grains noirs qui viennent adhérer aux calculs déjà formés ne présentent pas toujours un arrangement constant. Leur nombre et leur, volume varient dans chaque concrétion. Ils ne se groupent pas toujours, comme dans les cas précédents; et on les voit disséminés, isolément ou par groupes. Leurs agglomérations ne forment pas toujours de ces traînées qui se terminent par des aspérités à la surface du calcul. Dans tous les cas, la disposition des couches lamellées reçoit de la présence de ces grains des modifications trèsnotables.
N° 4. — Les deux moitiés d'une pierre très-dure, à gros mamelons lisses, distribués par groupes, polis et brillants à la surface. Petit noyau gris, entouré d'une série de couches brunes lamellées, compactes, séparées de la couche périphérique, également lamellée et très-ferme, par des espaces vides ou à moitié comblés de matière noire, autour desquels les couches lamellées sont disposées de façon à rayonner. La coupe de ce calcul a un aspect étoile.
N° 5. -*• Calcul de moyen volume, aplati, offrant à la coupe la forme d'un parallélogramme à angles droits. Structure lamellée. La partie centrale qui circonscrit le noyau est d'une teinte pale. La croûte est beaucoup .plus fon-
cée. Les mamelons de la surface sonl gros, Lisses, arrondis, un peu aplatis, isolés, d'une teinte bleuâtre vers la b s. I fans les intervalles, qui sont très-étendus, on voit une matl
terreuse et noirâtre qui se détache facilement .
N°6, —Pierre à peu près quadrilatérale, à angle? mottSses, Autour de la capsule grise qui enveloppait le noyau; la trame est très-compacte. Entre la partie centrale et ['è& >rce, on aperçoit des interstices et des vides très-nombreux, dont quelques-uns sont remplis d'une matière noire granulée. La croûte est formée de lamelles très-serrées et recouverte d'une couche jaunâtre, laquelle recouvre inégalement les innombrables mamelons de la surface. Ceux-ci sont petits, isolés ou distribués par groupes, et séparés par des amractuosités profondes. Il y a des dépressions aux deux extrémités. La configuration extérieure de cette pierre n'est pas en rapport avec la forme de la coupe *
Dans les calculs de cette série, les aspérités et les mamelons de la surface externe paraissent résulter uniquement des poussées de la matière intérieure. Il y a là une sorte de soulèvement qui mérite de fixer l'attention. Dans les calculs qui ne présentent pas la même configuration, les irrégularités de la surface se produisent d'une manière toute différente.
Cette disposition très-remarquable se présente avec des caractères particuliers dans les pierres suivantes. On observe à la surface de ces pièces les deux modes de déformation que j'ai déjà signalés, avec des modifications qui varient,
Deuxième s^rie. — K° 7. — Quinze pièces provenant d'une opération de taille pratiquée le 27 février 1867*. à Paris. La pierre éclata dans la vessie, après avoir été perforée. Les coupes de ces éclats sont d'une grande netteté ; elles révèlent la structure des calculs d'acide urique à lignes circulaires et
à stries irradiantes. La partie centrale est une agglomération de grains.
N° 8. — Cette pierre est un des plus remarquables échantillons de cette série. La structure interne est très-serrée et très-régulière. Le noyau, gros et peu régulier, est très-saillant. Il est entouré d'une bande épaisse de lamelles extrêmement serrées, d'un gris clair. Au delà est une ligne ondulée, formée par des lamelles d'une nuance plus foncée. Les lamelles et les granules alternent et forment un cercle plus large, au delà duquel il y a une épaisse croûte de matière blanchâtre formée de lamelles et de granules avec quelques stries. La surface externe, d'une teinte ferrugineuse, est à peu près recouverte de masses compactes, résultant de l'agglomération de nombreux mamelons blancs à l'intérieur, friables, recouverts d'une légère couche jaune. J'en ai détaché deux fragments pour montrer la structure de cette espèce de champignon et le mode d'adhérence. Cette masse se détache de la pierre avec la plus grande facilité.
N° 9. — Grosse pierre très-dure, morcelée dans la vessie pour en faciliter l'extraction. Sa structure, sans différer totalement de celle du n° 8, est remarquable.
N° 10. — Pierre moyenne, d'une configuration singulière. La surface est recouverte aux deux extrémités de deux masses d'une matière blanche et grise, recouverte d'une légère couche jaune, et où prédominent les granules.
Entre les deux extrémités, la surface est hérissée de pointes et de petits mamelons unis par groupes et formant comme des végétations, dont la plupart sont recouvertes d'une pellicule bleue. Des anfractuosités profondes séparent ces agglomérations et donnent à la surface du calcul un aspect très-tourmenté.
A l'intérieur, le noyau est isolé de la masse par quelques couches lamellées très-minces et très-serrées. Au delà, la
GATAL0G1 ! 10."
structure devient confuse ; elle présente çàel là on pointillé blanc On remarquera sur la partie qui a été divisée par le coin, vers l'extérieur, des couches de matière blanche qui pénètrent dans les interstices dp lit subst.'mr'e brune.
N°ll. — Moitié d'une grosse pierre oblongue, aplatie, remarquable par sa structure simple autant que par la pureté des éléments qui la constituent, La disposition est exactement celle des calculs uriques lamelles. La croûte est coupée de lignes et de stries irradiantes. La surface est unie, lisse et polie sur les deux côtés aplatis. Mais les rugosités commencent avec les lignes courbes, et elles vont aboutir à des masses de granulations ou de mamelons qui adhèrent fortement à la pierre vers ses deux extrémités. Ces sortes d'excroissances changent la forme de la pierre.
CAS RARES, Noi 1 A H. — TROISIÈME SÉRIE.
N° 1. — Grosse pierre pyriforme, poreuse, très-légère, extraite de la vessie d'un homme qui avait succombé aux suites d'une affection rénale. Structure mixte des plus cu^rieuses. On aperçoit de nombreuses petites stries irradiantes entre des bandes espacées qui forment la trame de ce tissu spongieux. Même disposition autour du noyau, un peu excentrique. La substance qui remplissait les interstices des lamelles s'est affaissée par la dessiccation. L'écorce, vers la circonférence, est formée par quelques couches d'une matière blanche et jaune dont les interstices sont remplis de granulations de la'même composition. La surface est parsemée de cristaux. — Les pierres spongieuses qu'on remarque dans la collection ont une structure différente et moins régulière.
N° 2. — Les deux moitiés d'un calcul moyen, fusiforme, à structure mixte, remarquable par sa configuration irrégulière et par la disposition des lamelles et des granules, qui diffère beaucoup de ce qu'on observe dans les autres concrétions à structure composée. Vides nombreux, substance poreuse; surface hérissée par endroits d'aspérités.
N° 3. — Une lanière de cuir enroulée sert de noyau à ce calcul aplati, de forme ovale, du volume d'un œuf de poule.
L'arrangement des grains et des lamelles rappelle la disposition ordinaire de certains calculs d'acide urique, à stries divergentes, mais différentes de celles des calculs cassants. Entre les spirales formées par l'enroulement 'de la lanière sur elle-même, on voit une matière amorphe, de même composition que le reste de la pierre. La croûte extérieure est jaune, granulée, hérissée d'aspérités et parsemée de cristaux blancs (1).
N°4. — Grosse pierre à noyau, oblongue, d'une teinte ocreuse, différente de celle des calculs de la même série. Structure lamellée à l'intérieur. A l'extérieur, une croûte granulée, rugueuse, à mamelons aplatis et disposés par groupes très-rapprochés, recouvre une épaisse masse terreuse qui a pris consistance et s'est en partie détachée par la dessiccation. Cette substance se désagrégeait au moment où la pierre fut extraite de la vessie d'un cadavre, malgré les précautions que l'on prit pour la conserver entière. A l'ouverture de la vessie il s'exhala une odeur excessivement fétide , qui provenait de la pierre et qui persista plus d'un mois après l'extraction.
N° 5. — Pierre aplatie, comme taillée en biseau, à noyau excentrique distinct, entourée d'une épaisse couche de lamelles très-serrées. Au delà de cette partie bien circonscrite, la structure est des plus irrégulières. La masse est compacte et présente des vides. Sur la croûte extérieure, on remarque, aux deux extrémités, des inégalités et des granulations, ou plutôt des mamelons aplatis et diversement groupés.
N° 6. — Voici la pièce la plus remarquable de la collection. Elle a la forme d'un corps ovoïde, fusiforme, présentant un prolongement qui occupait le col vésical et la partie profonde
(1) Il ne faut pas s'étonner de voir une lanière de cuir au milieu d'un calcul vésical. On a des exemples jie toutes sortes de corps étrangers introduits dans la vessie et ayant donné lieu à la formation des concrétions urinaires. J'en ai recueilli pour ma part plusieurs cas.
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de l'urèthre. Ce prolongemenl et L'extrémité op oui
formés par une masse homogène de matière blanche, compacte, cristallisée, ayant la consistance ei lé poli du marbre.
T'est cette matière qui forme la croûte, ou, pour mieux dire, la coque de la pierre proprement dite. Je n'ai ôtéde l'enveloppe que ce qu'il fallait pour qu'on vit le contenu. A l'intérieur de la coque on remarque un grand nombre d'éclats fragmentés spontanément; les uns adhèrent encore aux parois delà croûte, tandis que les autres sont libres et mobiles. Ces éclats varient, non-seulement par leur volume, mais encore par leur composition et leur structure. On dirait un œuf enchâssé dans sa coque. Parfaitement blanche à l'extérieur, cette pierre est à l'intérieur d'un blanc sale.
No 7. Pierre plate, grise, granulée, jaunâtre à l'extérieur, excepté à l'endroit qui portait sur la vessie, où l'on voit une couche assez épaisse de cristaux blancs. La structure, très-irrégulière, présente sur les bords de nombreuses stries.
]\To$. __ petit calcul cylindrique, à structure fortement granulée. La partie centrale parait être formée à la fois de lamelles tiès-compactes et de granules. Tout autour, jusqu'à la circonférence, la substance granulée est coupée de stries et parsemée de vides comblés par une matière terreuse. La surface est rugueuse, elle présente des teintes variées et e>t parsemée de cristaux blancs.
N° 9. — Les deux moitiés d'un calcul de forme arrondie. La coupe est régulière. Un cercle très-visible partage la masse en deux parties distinctes, l'une centrale, l'autre extérieure, de même composition. La surface est finement granulée, offrant de légères aspérités et des anfractuosités peu profondes, qui rappellent la structure intérieure.
N° 10. — Débris d'une pierre dont j'ai communique l'histoire à l'Académie de médecine. Le noyau était le contenu
d'un kyste ovarique qui avait pénétré dans la vessie. Le calcul fut détruit par les procédés ordinaires de la lithotritie. Les gros fragments peuvent donner quelque idée de sa configuration et de sa structure. On voit comment la matière du dépôt lithique a recouvert la masse de poils et les dents. On voit parfaitement la place qu'occupaient celles-ci dans la concrétion.
N° 11. —Cette pierre, qui n'a point sa pareille par le volume, a été décrite dans" un précédent article, pour donner une idée de l'accroissement des calculs. Il n'est pas besoin de faire ressortir les différences de structure et de couleur qu'on remarque entre la partie centrale, compacte et coupée de lignes circulaires et de stries divergentes, et la croûte ou mieux la coque qui l'enveloppe. Cette énorme pierre remplissait toute la capacité de la vessie.
Remarques. — Ces pierres, que j'ai rangées parmi les cas rares, présentent des échantillons des divers modes de formation. Les principales particularités de structure dépendent des changements survenus dans la dernière période de développement, ainsi que des dépôts calcaires qui se sont faits à la surface, notamment dans les cas où la pierre a séjourné longtemps dans la vessie:
Le volume de ces pierres, si l'on excepte la dernière, n'a rien d'extraordinaire, comparé à celui de certaines pierres vraiment énormes qui ont été extraites par l'opération de la taille ou trouvées dans la vessie après la mort. En général, le volume de la pierre est proportionné à l'ancienneté de la maladie, excepté pour les pierres phosphatiques, lesquelles grossissent très-rapidement.
C'est ici le lieu de remarquer qu'une grosse pierre peut séjourner longtemps dans la vessie sans occasionner de gra-
CATALOGUE Hl
ves désordres, si elle est homogène el â structure simple. Ces grosses pierres ue présentent pas à leur surface ta couche "blanche ou grise, amorphe ou granulée, qui e I -i souvent le résultat d'une phlegmasie vésicale et qu'on remarque
sur plusieurs pièces de la collection.
SIXIEME SECTION
CALCULS RENAUX.
Sous l'influence de plusieurs causes qui troublent la sécrétion régulière de l'urine, des calculs peuvent se former dans les reins et y acquérir un volume considérable. Cet effet matériel d'une cause organique peut, à son tour, occasionner de graves désordres dans l'économie.
Quoique les calculs rénaux soient inaccessibles aux moyens curatifs dont l'art dispose, ils ont fixé l'attention des observateurs. On trouvera clans le Traité de l'affection calcuîeuse les principales observations de calculs des reins, recueillies par divers auteurs. Je dois me borner ici à présenter un certain nombre de pièces, qui pourront donner une idée des principales variétés de forme, de volume, de structure et de couleur de ces concrétions.
On est tout d'abord frappé de la configuration de ces calculs; elle est singulière. Les variétés de forme ne tiennent pas autant qu'on pourrait le croire à la conformation des organes dans lesquels ces calculs se développent. Ces variétés ne seraient pas aussi nombreuses, ni aussi distinctes, si la conformation interne de l'organe déterminait la forme de la concrétion.
\\A CALCULS CJRINAIRES
A tous les points de vue, ces pierres se distinguent par des caractères particuliers. Comme nous ne les donnons ici qu'à titre d'échantillons, il nous paraît inutile de les décrire. Du reste, j'en ai signalé les principales variétés dans le Traité de l'affection calculeuse, où je me suis occupé spécialement des concrétions rénales, au point de vue des effets" de ces corps étrangers sur les organes qui les recèlent, et, par contre-coup, sur toute l'économie. Excepté quelques graviers uniforméments oblongs ou arrondis, les calculs rénaux, quel que soit leur volume, ont presque tous de commun des ramifications et des prolongements qui contribuent particulièrement à leur donner ces formes bizarres qui les distinguent.
Les deux dernières pièces de ce carton, remarquables par leur volume et par leur configuration, ont été trouvées dans le rein gauche du comte de Vergennes, l'un des ministres de Louis XYI. Le plus gros de ces calculs ressemble à un éléphant. Ce rapprochement avait été déjà indiqué par Baillie dans l'histoire de la Société royale de médecine.
Les calculs rénaux ont une certaine célébrité dans l'histoire, parce que d'illustres personnages ont été sujets à cette affection, qu'on a appelée la maladie des grands seigneurs. Un calcul, du volume et de la forme d'une châtaigne, fut trouvé dans le rein droit de Philippe II, roi d'Espagne. Frédéric III, électeur de Saxe, avait dans un des reins une pierre grosse comme un œuf de pigeon. Dans le rein droit de Gebhard, électeur de Cologne, on trouva un calcul du poids de 5 gros. Plusieurs calculs furent trouvés dans l'un des reins du célèbre Sperling. Un gros calcul fut trouvé dans le rein gauche du duc d'Estrées, ambasssadeur de France à Rome. Lancisi trouva dans le rein gauche d'Albani, parent du pape Clément XI, une grosse pierre falciforme,; dont les pointes pénétraient dans la substance de la glande; Le rein droit de Saehy de Lœwenhein contenait un gros
CATALOGU! ||
calcul. Le pape Clément XI avait un énorme calcul dan chaque rein; l'un pesait six onces, el l'autre neuf On pourrait multiplier ces exemples. Nous renvoyons pour de plus
amples détails au Traité de V affection calculeuse. ( Voir p. 1 16- 168.)
CALCULS URKTF.RAUX, URÉTHRAUX ET PRÉPUTIAUXi
Les uretères contiennent assez souvent des calculs ; quelquefois ils en sont remplis.
Deux calculs, du volume d'une olive, furent trouvés à l'extrémité de l'uretère gauche du cardinal Franzoni. Sennert. Clarke, Monro, etc., en ont observé plusieurs formant chapelet. Le célèbre Sperling avait les deux uretères farcis de graviers, sans compter un gros calcul rénal.
Les calculs des uretères peuvent occuper indistinctement tous les points de ces conduits. Quand ils en occupent les extrémités, il n'est pas rare de les voir faire saillie dans le bassinet ou dans la vessie.
De ces calculs, les uns sont ovoïdes, olivaires, oblongs. les autres présentent des formes sans aucune analogie avec la disposition des uretères. Il y en a de conoïdes. de pyriformes : d'autres ressemblent à un cœur, à un clou de girofle, à un très-long clou à tète, à un cylindre tronqué.
Le plus remarquable que je connaisse a été décrit et figuré par Alghisi. Chez une femme qu'on venait de pendre, on trouva, d'après Ledran. des colonnes pierreuses qui remplissaient entièrement les uretères. La configuration des pièces que j'ai recueillies n'offre aucune particularité inconnue. Je me bornerai à signaler deux cas.
N° 1. — Quatre des sept calculs qui furent trouvés, en 1837, clans l'uretère droit d'un malade mort à l'hôpital Necker, le lendemain de son entrée dans mon service. Tout est remarquable dans ces calculs : volume, forme, coloration, structure. Les uns sont à facettes, les autres arrondis. Les noyaux sont distincts. Les couches successives sont serrées ou séparées par des vides. La couche extérieure est lisse, mince, cassante, se détachant facilement, et laissant voir au-dessous d'elle une couche semblable, très-lisse et brillante.
Ces calculs si remarquables étaient libres dans une cavité spacieuse, vers le milieu de l'uretère gauche. On n'avait point soupçonné leur présence.
N° 2. — Le cas qui suit n'est pas moins intéressant. Ces douze calculs, formés d'une substance calcaire peu consistante, recouverts d'une couche très-mince, lisse et polie, étaient logés dans un renflement de l'uretère gauche, long de cinq centimètres. À l'intérieur du plus gros de ces calculs, on aperçoit la substance grise, présentant un aspect granulé et disposée par couches. Cette substance ressemble beaucoup à celle d'une pierre vésicale que portait le même malade. La surface de ces calculs est lisse et brillante. On remarquera le dépôt blanc qui recouvre en partie les deux calculs aplatis, d'une forme triangulaire.
Ce que j'ai dit des calculs rénaux s'applique de tout point aux calculs urétéraux. Les uns et les autres se trouvent par la situation des organes qu'ils occupent en dehors des ressources de la thérapeutique chirurgicale. Ces calculs doivent surtout fixer l'attention des praticiens, par les changements qu'ils produisent sur les surfaces des conduits dans lesquels ils passent ou séjournent, et par les désordres fonctionnels qui en résultent. Je ne puis que renvoyer le lecteur au Traité
de l'affection calculeuse, où Ida calcul; urétéraux ont un 31 ticle à part . ; 1 La suite des calcula rénaux.
Calcul» nréthraux. — Les exemples connus f If calcula dans l'urèthre sont nombreux. J'en ai rapporté ou rappelé les principaux dans le Traité de l'affection calculeuse (1), Les faits que je signale ici sont plus récents.
Il faut établir une distinction relativement à la situation de ces calculs dans les voies urî'n aires.
Les uns sont uréthro-vésicaux, et siègent au col vésical. Les autres, et ce sont les plus fréquents, occupent la partie membraneuse de ' l'urèthre. Quelques-uns sont placés vers l'orifice extérieur, ou bien encore, entre le gland et le prépuce. Les calculs uréthraux se logent rarement flans la portion pénienne et spongieuse.
On conçoit que les calculs de cette espèce présentent un grand intérêt au praticien. Les calculs uréthro-vésicaux ont presque tous leur point de départ dans la vessie. Ce sont, en effet, des calculs vésicaux qui envoient un prolongement dans le col vésical 'et au delà. J'ai eu souvent l'occasion de m'en occuper (2). C'est dans la portion membraneuse de l'urèthre que ces calculs se logent de préférence. Ils s'y développent à l'aise, car ils occasionnent en général peu de douleurs. Sous ce rapport, la position du malade atteint de la gravelle contraste notablement avec celle des calculeux soumis à la lithotritie, lorsque les fragments s'arrêtent dans la portion membraneuse de l'urèthre.-
Il est de fait que beaucoup de malades qui ont des graviers engagés dans l'urèthre souffrent peu. C'est ainsi que les
(1) Pages 330-386.
(2) Voir les Traités de la Lithotritie et de Vafteet. calcul, et le Bulletin de thérap., où se trouve relaté un cas intéressant, avec la figure de la pierre n° 1,
420 CALCULS URINÀ1RES
graviers ont le temps de grossir et d'acquérir un volume très-considérable.
Des graviers venant des reins ou de la vessie peuvent s'accumuler en nombre considérable dans la partie membraneuse de Furèthre. Ils y sont en contact* les uns avec les autres; ils s'accolent même en s'aplatissant, et finissent par présenter de nombreuses facettes à surface lisse et comme vernie. Cette particularité s'observe d'ailleurs dans les autres calculs à facettes. Sur la plupart des échantillons que j'ai réunis ici, les facettes sont nombreuses. On en trouve aussi à surface arrondie ou aplatie, et à mamelons. Les derniers échantillons, par exemple, sont raboteux et hérissés d'aspérités.
On a aussi trouvé des calculs volumineux à la partie spongieuse de l'urèthre, où ils produisent peu de douleur en général. Dans la portion pénienne, au contraire, dont le diamètre est moindre, et dont les parois sont plus résistantes, la présence des calculs est très-douloureuse. Les calculs et surtout les fragments de calculs, qui s'engagent dans cette portion de l'urèthre, deviennent bientôt une source d'accidents.
À l'extrémité de l'urèthre, et entre le gland et le prépuce, les concrétions urinaires peuvent acquérir un volume énorme, ainsi que l'attestent les faits que j'ai réunis dans le Traité de V affection calculeuse, p. 377 et suivantes.
Les moitiés des deux calculs préputiaux qui figurent au dernier rang sur ce carton, donnent une idée du volume et de la configuration de ces concrétions.
SEPTIEME SECTION
GRAVELI.R T.RISE.
Cette forme de l'affection calculeuse diffère de toutes Les autres par le mode de développement, la couleur, la densité de ses produits et par l'arrangement des molécules constituantes.
Ces concrétions s'accompagnent toujours d'un catarrhe vesical, et sont les unes formées, les autres recouvertes- d'un dépôt phosphatique.
Dans l'étude de ces concrétions, il faut' tenir compte des modifications organiques. Les mucosités et la matière calcaire contenue dans l'urine suffisent pour produire une pierre grise. La concrétion se développe avec une rapidité proportionnée à l'intensité de l'affection catarrhale (1).
Ces concrétions se présentent le plus souvent sous des formes non définies, avec des teintes variables, depuis le blancmat jusqu'au brun sale. Quelquefois elles sont lisses et unies: mais en général, elles sont hérissées d'aspérités qui leur donnent une apparence spongieuse.
Plusieurs pièces de ce carton se ressemblent au premier aspect; mais elles diffèrent par la forme et le volume des
(1) Ces concrétions qu'on peut appeler de Tordre pathologique, et dont la base est un dépôt terreux et amorphe, résultent de sécrétions morbides. Leur production est soumise à des conditions pathologiques peu connues.
grains, bien qu'étant de même composition. La structure, la configuration et la teinte ne sont pas les mêmes dans les différents tas de poudre. C'est à l'observateur à saisir ces nuances qui échappent à la description.
N° 1 . — Matière recueillie à l'état fluide ; à mesure 'qu'elle se desséchait, on la pétrissait avec de l'eau gommée, *de manière à former de petites masses.
La poudre grise ou d'un blanc sale dont j'ai réuni quelques échantillons, diffère par la composition et par la couleur de celle qui forme les dépôts d'acide urique.
Entre la gravelle grise et la gravelle d'acide urique, il y a à peine quelques analogies. Les granules et les grains qui constituent la gravelle grise ne sont que par exception régulièrement arrondis, comme ceux d'acide urique.
La plupart de ces grains sont creux ou poreux, et recouverts d'une mince écorce, uniforme et homogène.
Quelques échantillons présentent, avec la teinte grise, la configuration des graviers d'acide urique.
Les graviers durs, réguliers, dont quelques-uns à facettes, que l'on voit sur ce carton, sont des concrétions d'acide urique à l'intérieur, recouvertes extérieurement d'unejspaisse couche de ce dépôt qui formé la gravelle grise. Cette association n'est pas rare, comme on le voit en divisant les plus gros graviers: elle est plus fréquente dans les calculs.
A part ces deux séries de cas, où le développement des concrétions présente quelque régularité, tout est confusion. C'est ce qui résulte de l'examen des dépôts les plus ténus.
Dans les masses un peu considérables, on aperçoit les grains gris ou terreux groupés et formant par leur cohésion des particules poreuses et légères. Au moment où ces petits tas sont expulsés ou retirés de la vessie, la moindre pression suffit pour les désunir.
CATAi.nr.nr, 123
On remarquera particulièrement Les groupée 2,3, 1,6,6
et 7, pour leur structure. De ces dépôts, les lira 0H( été rendus par les malades, les autres, trouvés dans la vessie. Dans le groupe n* 3, les grains sont poreux et Lee pltu
présentent une véritable perforation.
On remarquera <nos (5 et 7) des filaments trèswvisibl
C'est un exemple de cette espèce de gravelle pileuse, donl on
s'est occupé il y a quelques années.
L'échantillon n° 5 est surtout remarquable par la structure de ces pièces poreuses., spongieuses, trouvées dans la vessie d'un homme mort d'un cancer de la vessie. On n'avait pas soupçonné, pendant la vie du malade, l'existence de cette concrétion, si curieuse par l'arrangement des grains.
On voit à côté, sur la droite, un tas plus considérable de débris rendus par un malade, les uns à la suite d'un simple cathétérisme, les autres après une séance de lithotritie. Cette masse était d'une extrême fragilité.
Nos 8, 9, 10 et 11. — Les grains de ces concrétions ont une forme qui mérite d'être remarquée.
N° 12. — Ce tas considérable représente à peine la moitié de la quantité qui me fut remise par le malade. Ce sont de gros graviers gris, irréguliers. recouverts en tout ou en partie d'une croûte plus ou moins blanche, plus résistante que la substance intérieure. L'expulsion ne s'accompagnait point de douleurs notables, ni d'accidents locaux. Seulement l'état général de la malade n'était pas bon.
N° 13. — C'est aussi d'une femme que proviennent les tr< gros graviers que l'on voit au-dessous du tas précédent . L'un de ces graviers, d'un blanc sale, est granulé à la surface. Les deux autres sont lisses, en partie du moins: car ils présentent l'un et l'autre une excavation à fond granulé.
On pourrait rapprocher ces deux graviers de la pierre que j'ai extraite de la vessie dtt colonel TourguenetL Cette pierre.
Wi CALCULS URINAIRES
régulière d'ailleurs, présente une excavation produite par une tumeur de la vessie. Parmi les gros graviers isolés qui figurent sur ce carton, il y en a de fort remarquables, tant par leur volume, leur configuration et le poli de leur surface, que par leur structure, plus compacte que celle de la gravelle grise ordinaire. Ces différences s'expliquent par la composition des concrétions.
Nos 14, 15, 16. — Je place ici, pour servir de terme de comparaison, deux graviers et un petit calcul, recouverts de cristaux saillants et très-rapprochés. Ils forment des pointes sur toute la surface. Dans le n° 4, on voit à la coupe la structure particulière de ces concrétions.