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DES CATHOLIQUES DE FRANGE

à Dieu du fond de notre âme que cette heure bénie où notre <îhère patrie était comme placée entre le Cœur de Dieu et le cœur de son Pontife, attirât sur elle les inspirations qui relèvent ^t les bénédictions qui fortifient et qui sauvent I "

Quelques jours après, le pèlerinage français était admis en audience dans la vaste salle de la Loggia.

Deux adresses furent alors lues au Souverain Pontife, Pune par Mgr l'Archevêque d'Avignon et l'autre par M. le vicomte de Damas, exprimant les sentiments de tous dans de dignes et <îhaleureuses paroles.

Le Pape répondit par un discours qui témoigne de son affection constante pour la France, de la part qu'il prend à ses infor^ tunes, et de l'espoir qu'il nourrit toujours de la voir plus heureuse dans l'avenir.

Mais je laisse la parole à M. Chesnelong :

" A ce moment, le Pape se leva, et d'une voix vibrante, il prononça le discours que vous connaissez tous, et qui fut souvent interrompu par des explosions de reconnaissance émue et d'ardent enthousiasme. Laissez-moi vous dire l'impression Qu'éprouva l'assemblée tout entière en écoutant cet admirable discours.

** Cette France que nous aimons avec tant de fierté en songeant à toutes lès grandes choses qu'elle a faites, que nous aimons avec tant de compassion en songeant à toutes les épreuves qu'elle traverse ; cette France qui, même de notre temps, a touché à tous les sommets de la gloire et à toutes les extrémités du malheur, qui ne s'est pas toujours défendue contre de dangereux entraînements, mais qui s'est souvent honorée par de soudains et nobles retours ; qui, dans le cours de sa glorieuse iiistoire, s'est montrée tour à tour magnanime dans le succès, courageuse dans la défaite • sauvant l'honneur, même lorsqu'elle perdait tout le reste, et sacnant reconquérir à force d'héroïsme ce qu'elle avait pu comprt)mettre par un excès de témérité ; cette France à laquelle nous sommes attachés à proportion même des dangers qu'elle court; comme il nous fut doux d'entendre le Pape en parler avec une si noble sympathie I Oui, lorsque la VOIX la plus auguste de l'univers, lorsque la çlus haute autorité de ce monde, lorsque le Vicaire du Christ, qui, s'attristant " des ^' maux (jui affligent la France et des périls qui la menacent ", exprimait cependant l'espoir '* qu'elle resterait fidèle à ses çlo- " rieuses traditions et à son beau titre de Fille aînée de l'Eglise^ " et qu'elle ne voudrait jamais briser les liens si étroits et si '^ anciens qui, dans sa providentielle destinée, l'ont unie au ^' Saint-Siège " ; lorsque, rappelant sa grande vocation, il se plaisait à constater la fécondité toujours persistante de ses œuvres catholiques, lorsqu'il en tirait cette consolante conclusion ** que *' notre chère nation recèle dans son sein un çerme impérissable " de vie, un principe de salut et de résurrection qui répond de ** l'avenir et qui doit fortifier notre espérance " ; lorsqull disait

ces choses avec une énergie d'accent où se révélaient la profondeur de sa généreuse affection pour la France et de ses espérances pour son relèvement, nous nous sentîmes envahis car une émotion de foi et de patriotisme. Il nous semblait que Dieu ratifiait en ce moment la parole de son Pontife, que la France catholique s'y appuyait pour marcher confiante vers un avenir libérateur, et que Theure viendrait où l'antique alliance se renouerait, où le sentiment catholique et le sentiment français se confondraient, où la France redeviendrait le soldat de Dieu et le chevalier de son Eglise, où Dieu, son Eglise, rendraient à la France amour pour amour et la récompenseraient dans la sécurité reconquise, dans la paix affermie, dans la grandeur retrouvée, de n'avoir voulu livrer ni sa foi, ni ses devoirs, ni son antique générosité, ni la gloire de sa vocation, ni les traditions de son histoire."

Ces citations suffisent à démontrer que le récit de l'illustre sénateur valait bien un discours, et l'impression qu'il a produite sur le Congrès a été profonde.

M. Bonjean, un tout jeune avocat, nous a lu ensuite un rapport sur le futur Congrès Eucharistique, qui se tiendra à Paris dans les premiers jours de juillet prochain.

Ce travail était très bien fait et ne témoignait pas moins de l'intelligence que de la piété du rapporteur. Son nom fut salué par de chaleureux applaudissements, quand M. Chesnelong rappela à l'auditoire que M. Bonjean était le fils de l'illustre magistrat assassiné par la Commune, en même temps que Mgr Darboy.

Puis M. le duc de Brissac communiqua à l'assemblée un intéressant petit travail sur le projet d'élever une statue à sainte Geneviève dans la Basilique de Montmartre. Cette statue est terminée, et même exposée au salon de cette année ; mais le piédestal reste à faire.

Après le duc de Brissac vient M. le baron de Livois, qui nous parle de rhospitcdité de nuit. C'est une des œuvres nombreuses que les catholiques de France doivent soutenir.

On dit généralement d'un homme qui n'a pas de gîte, qu'il couche à la bdle étoile. Mais il est constaté que la belle étoile est une mauvaise auberge qui ne brille pas par son confort dans la saison d'hiver.

C'est pour suppléer à son insuffisance que M. l'abbé Ardouin a voulu fonder Vhospitalité de nuit. M. Baudon, l'ancien président des Conférences de Saint- Vincent de Paul, l'a un peu découragé en lui disant ce mot spirituel : '* Pour fonder une œuvre il faut —comme pour le mariage — des grâces d'aveuglement ". Mais l'abbé Ardouin avait évidemment ces grâces là; car il a fondé^ son œuvre et elle réussit.

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