V. Magnan : De awno ncUtditio Christi : p
5. Le mois de Niaan comprenait une partie de nos mois de mars et d'avril.
6. Voici en faveur de cet usajçe, auquel il importe de faire attention, le témoignage du Talmud et de Buxtorf :
** Le premier jour du mois de Nisan ", dit le Talmud, '* est le commencement de l'année des rois et des fêtes " ; à l'occasion de ce texte, Buxtorf ajoute : '' Alors même que l'élection du roi n'aurait eu lieu qu'un mois, une semaine, un jour avant Nisan, ce mois, cette semaine, ce jour, étaient considérés comme une année entière, et le roi commençait la seconde année de son règne à l'ouverture du mois de Nisan. " Buxtorf : ' Synagoga jxtdaica^
552 QUAND A COMMENCÉ l'eBE CHRÉTIENNE
On a d'Hérode Antipas, fils d'Hérode-le- Grand, et son Buccesseur dans la Galilée, plusieurs médailles qui marquent la 43^ iinnée de son règne. Or, ce prince fut privé de sa tétrarchie et exilé par Caius Caligula au plus tard en septembre 792 i. Comme, d'après les médailles ci-dessus mentionnées, il avait atteint la 43® année de son règne, il a dû nécessairement commencer à régner en 750, et, conséquemment, cette dernière année a dû être en même temps la première d'Antipas, et la dernière d'Hérode l'Ancien.
En outre, d'après Josèphe, il y avait dix ans ^ qu'Archélaûs, autre fils d'Hérode, régnait en Judée à la place de son père, lorsqu'il fut déposé par l'empereur Auguste et relégué à Vienne dans les Gaules. D'un autre .côté, Dion Cassius ^ nous assure qu'Archélaûs fut exilé sous les consuls Lépidus et Arruntius, c'est-à-dire l'an 759. Il faut donc nécessairement que ce prince ait commencé à régner en 750, et que par conséquent cette année soit la dernière d'Hérode. De plus, rapporte l'historien juif, après avoir pleuré son père pendant sept jours, et donné au peuple, selon l'usage, le festin des funérailles, Archélaûs se rendit au temple où il fut d'abord reçu avec de grandes acclamations de joie. Tout à coup, sur le soir, des factieux s'assemblèrent et se plaignirent hautement de la mort cruelle des Juifs qu'Hérode avait livrés aux flammes pour avoir abattu F aigle d'or placé, par ses ordres et au mépris de la loi de Moïse, sur la porte du Temple: une sédition s'éleva dans l'édifice sacré, et Josèphe ajoute positivement qu'Archélaûs, n^ayant pu apaiser les rebelles par la douceur, les dissipa enfin par les armes durant les jours fjks Azymes. * Il résulte clairement de tout ce récit qu'Hérode dut mourir 7 ou 8 jours avant les fêtes pascales, qui s'ouvraient le 14^' jour de Nisan, et, par conséquent, une semaine environ après le l«r jour de ce mois.
Une autre circonstance, qui nous a été transmise par Josèphe, vient appuyer nos calculs sur la date précise de la mort d'Hérode. Selon cet historien, la lune s'éclipsa à Jérusalem quelques jours avant la mort du roi ; or, d'après les données astronomiques, il y eut en effet, dans la capitale de la Judée, une éclipse de lune le 13 mars de l'an 750 ; et il est à remarquer que, les xleux années suivantes, on ne constata rien de semblable.
1. Cf. Wallon : De la croyance dxde à VÉva^igih : Notes additionnelles, note XXXIV.