Hist. ecclésiast. 1. I, c
forfait, fut atteint, par un juste jugement de Dieu-, de la maladie dont le ciel se servit comme d'un fouet pour le pousser au tombeau. Or, d'après Josèphe, Hérode avait alors environ 70 ans. 1 C'est précisément aussi l'âge où il est mort. D'où il est facile de conclure que cet impie ne survécut que très peu de temps à ses innocentes victimes de Bethléem, et que, par consé-^ quent, la naissance de Jésus-Christ n'a pas dû précéder de plus de quelques mois la mort du monarque iduméen, arrivée, nous l'avons dit, au printemps de 750.
Nous avons, dans un texte de Macrobe, une confirmation de ce rapprochement chronologique que nous avons établi entre le meurtre des Innocents et la mort d'Hérode. Voici ce que dit cet auteur païen, qui vivait à la fin du 4« siècle : ** Lorsque Auguste apprit qu'avec les enfants au-dessous de 2 ans qu'Hérode, roi des Juifs, avait fait massacrer en Syrie, son fils, à lui aussi, avait été tué, il s'écria : Il vaut mieux être le porc ^ d'Hérode que son fils " 5. Macrobe fait sans doute ici allusion à la mort d'Antipater, fils aîné d'Hérode, qui fut massacré par les ordres de son père 5 jours avant la mort de celui-ci, comme nous l'avons dit plus haut. Aussi bien, il n'y a point la moindre apparence dans l'histoire qu'Hérode ait eu, vers la fin de sa vie, un fils audessous de 2 ans ; et, en eût-il eu un, cet enfant ne serait pas né et n'aurait pas été élevé à Bethléem, et partant n'aurait pas été compris dans la liste de proscription des Innocents. D'ailleurs, comme le remarque Patrizzi, comment les émissaires d'Hérode aurait-ils osé porter la main contre le fils de leur roi ? Or, si l'auteur païen mêle Antipater aux Innocents, ce ne peut être que parce qu'il fut exécuté vers le même temps qu'eux, et que la nouvelle de cette exécution arriva à la cour de l'Empereur avec celle du massacre de Bethléem ^. Il semble donc bien que le meurtre dea Innocents et par conséquent la naissance du Fils de Dieu ont été très rapprochés de l'époque de la mort d' Antipater et d'Hérode. ,
IV. Le sentiment que nous défendons s'harmonise parfaitement et mieux que les autres avec l'époque delà paix universelle