‹ Collection de documents inédits sur le Canada et l'AmériqueChapitre 141 sur 292 · St Luc : II, 1 et seqq · texte numérisé non relu

St Luc : II, 1 et seqq

2. Sed et ceusus constAt aotos sub Augusto nuno in Judsea per Sentiuiu Saturnin um. Tortul. : Adv. Marc IV. 19.

3. Les partisans de 748 s'appuient sur ce même raisonnement en faveur de leur thëse. Voici comment s'exprime Pagi, l'un d'entre eux, après avoir rappelé que le sentiment que nous défendons lui avait toujours paru plus probable, avant d'avoir vu les médailles de Varus : ** Si Sentius Saturninus tit le recensement de la Judée, comme le dit Tertullien ; et si, d'un autre doté, Varus lui succéda en 748, il ne semble pas qu'on puisse reculer la Nativité du Christ jusqu'en 749." Apparatûs chrotiologicuê ad Annales Card, Baronii, CXL.

560 QUAND A COMMENCÉ l'ÈBE CHRÉTIENNE

ment exécuté sous Saturninus, il est clair qu'on ne peut placer sa naissance avant l'an 747.

Mais ce raisonnement est loin de paraître concluant. Supposé que l'autorité du texte de TertuUien soit indiscutable, ce qui n'est pas admis de tous, ce texte pourrait très bien s'entendre dans ce sens que Saturninus aurait promulgué l'édit de l'empereur, dont l'exécution n'aurait eu lieu ou du moins n'aurait été complétée que sous son successeur ; et il est difficile, par conséquent, de voir qu'on puisse tirer rien de précis des paroles de TertuUien par rapport à la question qui noue occupe.

A l'appui de leur hypothèse sur le recensement de Saturninus les partisans de 747 allèguent un texte des AntiguUés juives où Josèphe rapporte que ^' toute la nation avait prêté serment de demeurer attachée à l'Empereur et de servir ses rois avec fidélité ", et que plus de 6,000 Pharisiens avaient refusé de prêter ce serment et en avaient été punis par Hérode i. Or, disent-ils, ce serment eut lieu pendant le gouvernement de Saturninus et avant le départ d'Antipater pour l'Italie, c'est-à-dire, selon toute apparence, vers la fin de 747. D'autre part, il a dû être accompagné de l'enregistrement de ceux qui l'ont prêté, puisque ceux qui l'ont refusé ont pu être signalés à Hérode ; d'ailleurs, chez les Romains, le recensement était toujours précédé du serment. Il est donc à croire, concluent-ils, qu'il faut identifier ce serment dont parle l'historien juif, avec le dénombrement mentionné par St Luc : il n'est pas vraisemblable qu'il y ait eu en Judée deux recensements dans un si court intervalle de temps 2.

Cette conclusion paraît assez fragile. Voici, sur le texte de Josèphe, les sages remarques de l'annotateur de cet historien, le P. Gillet, que nous avons déjà eu l'occasion de citer, et qui n'était pas préoccupé de questions de chronologie : '^ Comme Josèphe ne marque point que c'était par l'ordre de l'Empereur qu'Hérode exigeait ce serment, on ne voit rien qui autorise la conjecture d'un savant, qui prétend que le serment dont il s'agit ici est le dénombrement dont parle St Luc. Ce serment fut bien vraisemblablement l'effet de la politique d'Hérode, qui, en même temps qu'il faisait la cour à l'Empereur, en lui témoignant qu'il pouvait compter sur les Juifs dans le cas d'une guerre avec les Parthes, tâchait de s'assurer de la fidé-

Page 1