Antiq. juives : 1. XVII, c
2. Cf. Patrizzi : De EvangeliU : dissert. XVIII, c. II, 32 ; ainsi que Wallon : jDe la croyance due à l'Evaiigile : p. II, c. 3.
QUAND ▲ COliMBNCÉ L'ÈRE CHRÉTIENNE 561
lité de ses sujets. *' On ne voit pas, du re8te,qu'il soit si difficile, sans les identifier, de concilier la prestation du serment exigé par Hérode en Judée avec le dénombrement universel prescrit par Auguste, et il ne semble pas du tout certain que de la dénonciation faite à Hérode des 6000 Pharisiens qui avaient refusé d'obéir, on puisse conclure que le serment entraînait l'inscription de toute la nation.
A dire vrai, si le dénombrement mentionné par St Luc favorisait quelque date, ce serait plutôt 749 que 747. Selon l'évangéliste, " ce dénombrement fut le premier qui se fit sous Quirinus, gouverneur de Syrie ".i Or, d'après les calculs si savants et si vraisemblables de Zumpt 2 , Quirinus a été gouverneur de Syrie à deux reprises, une première fois, entre Quintilius Varus et M, SoUius, depuis la fin de Tan 750 ou l'an 751 jusqu'en 753, c'està-dire vers l'époque de la nativité du Sauveur, et une seconde fois, de 759 à 764, après la déposition d' Arohélaùs. Comme le premier gouvernement de Quirinus est postérieur à la mort d'Hérode, le recensement qu'il a accompli et auquel il a donné son nom, a dû être commencé avant lui. Mais peut-on le faire remonter jusqu'en 747? est-il croyable que, dans une seule province, il ait absorbé 3 ou 4 ans ? et cela, comme le remarque Patrizzi, à une époque où l'empire pouvait s'attendre sans cesse à quelque nouvelle guerre.
Outre l'argument tiré du recensement, on a produit en faveur de l'an 747 un autre argument relatif à l'époque du massacre des Innocents. L'ange qui rappela d'Egypte la Sainte Famille, s'adressa ainsi à Joseph : ^^Defuncti suntqui quserebant animam pueri" ; ** ceux-là sont morts qui en voulaient à la vie de l'enfant." 3 Ce pluriel, dit-on, ne peut désigner, avec Hérode, que son fils aîné, Antipater, qu'il fit tuer 5 jours avant sa propre
1. Luc : II, 2. C'eat la maniëre la plus simple et la plus naturelle de traduire ce verset, qui a donné lieu à tant de commentaires différents. Il serait difficile, en particulier, de donner à l'expression '* preeside Syrise" do la Yulgate, ou à celle qui lui correspond dans le texte grec, un autre sens que celui que nous avons indiqué, par exemple, comme le voudraient beaucoup d'interprètes, celui de commissaire extraordinaire envoyé par Auguste à l'effet de présider au recensement. ** Le terme grec employé par l'évangéliste remarque Wallon (De la Croyance à VEvangile : p. II, c. III), ** marque sans doute tout pouvoir emportant avec soi Vimperiumy et l'on peut dire, quoique cela ne fût pas d'usage, qu'un magistrat, revêtu d'une si haute commission, avait pu être revêtu de cette puissance. Mais St Luc ne se sert pas du verbe seul ; il le joint au nom de la Syrie. Or, par là, le mot prend une acception plus particulière, et implique nécessairement le gouvernement du pays."