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suivant : ^ '' Quand les maux sont profonds, il faut en chercher les racines à une grande profondeur. La dépravation et la dissolution ne sont plus l'effet de la fragilité, d'une déplorable défaillance des forces morales de l'homme : le vice a pénétré bien avant, et a parcouru l'immense région des âmes ; il a envahi l'intelligence, et s'est changé en une malice froide et calculée. Par suite de cette marche, une guerre à mort a été
faite à la vérité C'est dans le scepticisme, c'est-à-dire dans
l'idiotisme absolu de l'homme que le génie du mal a enfin trouvé un lieu convenable pour l'édifice de la perversité et de la corruption humaines. Désormais, il ne faut donc plus glisser à la surface des choses, ni employer des remèdes palliatifs en se dissimulant à soi-même l'énormité de nos plaies. Aujourd'hui, il faut que tous les hommes de bien, qui ont puissance et savoir, sp liguent promptement et d'un commun accord pour réorganiser la science môme, pour réorganiser ensuite la morale, pour réorganiser enfin la société dont les éléments sans cohésion sont au moment de se dissoudre."
N'y a-t-il pas en ces paroles, avec la pénétration du coupd'œil, l'accent d'une mâle et saisissante éloquence ? Jusqu'au milieu de l'erreur, la pensée de Rosmini reste noble; elle sait s'élever encore à de sublimes hauteurs, mais c'est pour planer alors sur d'affreux précipices.
Chose digne de remarque, quand Rosmini s'attache à réfuter de faux systèmes, il y déploie une force, une habileté, quelquefois môme une sûreté de dialectique remarquable. Au contraire, s'agit-il de reconstruire la vérité battue en brèche, ce n'est plus le môme esprit ; quel contraste I disons mieux, quelle contradiction I Son dévouement s'épuise en efforts stériles, hasardés,, dangereux, en tentatives souvent contraires à la doctrine qu'il veut sauver.
D'où vient donc cette impuissance, et pourquoi faut-il qu'un écrivain si distingué, si ardent pour le bien, se soit si étrangement mépris, jnisqu'au point de vouloir donner pour base i l'édifice catholique le sable mouvant des erreurs les plus radicales ? La nature de l'homme a ses mystères qu'il n'est pas toujours facile de sonder.
Néanmoins deux raisons, qu'on nous permettra d'indiquer ici^ nous semblent concourir à mettre en lumière cette chute intellectuelle de l'illustre rovérétain.