Rlnuovamento, 1« III, c
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foyer sacré, lampe resplendissante suspendue à la voûte infinie, illumine des mêmes rayons et la terre et le ciel (Prbp. 9). — C'est la base du rosminianîsme.
Avouons qu'il n'est pas besoin d'observation bien profonde pour reconnaître l'étroite parenté de ces doctrines avec un système déjà réprouvé, en 1861, comme dangereux, par le St^ Office.
L^ontologieme, tel est le nom de ce système, quoique multiple de formes, s'unifie dans une pensée commune. C'est que l'esprit humain, par sa vertu propre et l'inclination naturelle qui le porte au vrai, voit dès ici-bas et immédiatement Dieu lui-même ou quelque chose de Dieu, et que, dans cette vision, lumineuse, universelle, brillent comme en un miroir toutes ses autres connaissances.— ^N'aperçoit-on pas l'erreur et le danger d'une pareille doctrine ? Contraire à l'expérience, contraire aussi à la nature de l'homme, dont l'intelligence imparfaite et bornée doit, selon l'expression de S. Paul *, s'élever des choses visibles aux choses invisibles, il est clair que l'ontologisme confond l'ordre surnaturel avec l'ordre naturel, et qu'il tend au rationalisme une main sympathique. Supposé, en effet, que l'homme, par ses seules forces, pût porter son regard directement sur Dieu même, cette vision bienheureuse ouvrirait sous ses yeux les plus profonds mystères. Dieu est simple, on le sait, souverainement simple; il découle de là qu'aucune intelligence ne saurait se fixer immédiatement sur lui sans le voir tel qu^il est et tout entier!
Or, il est aisé de s'en convaincre, ce que Rosmini enseigne dans son système idéologique concorde pleinement, du moins quant à la substance, avec la doctrine qui vient d'être signalée. Après avoir, faute de ne pouvoir comprendre comment l'universel est en puissance dans les choses particulières, faussement conclu à Pexistence d'une idée innée, mère de toutes les autres, le philosophe de Rovereto va plus loin et affirme que cette idée met l'esprit de l'homme en présence de l'être môme de Dieu. Que dit-il, en effet ? que répète-t-il souvent dans plusieurs de ses écrits ? Que l'être idéal, naturellement connu par toute intelligence créée, ** appartient à Dieu", est " incréé", " divin". On pourrait demander ici : mais cet être appelé divin, objet premier et source naturelle de toutes nos connaissances, Rosmini cependant ne le place-t-il pas en dehors de Dieu, quelque part au-dessus de nos têtes, comme un astre rayonnant au som-