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Rom., I

ET BOK SYSTÈME 681

met de la création des esprits ?-^ Nullement: cette réponse se dégage, claire et explicite, de ses propres paroles : '^ C'est, dit-il, une actualité non distincte de l'actualité divine ". C'est ^' quel- -que chose du Verbe, que l'intelligence du Père distingue, non pas réellement, mais rationnellement de ce Verbe " (Prop. 7).

£h quoi I dira-t-on encore, n'est-il pas possible de voir en Dieu quelque chose, v. g. les raisons des créatures, sans voir Dieu lui-même ? Impossible, devons-nous répondre avec S. Thomas ^, dont la parole toujours vivante, même après six siècles, revêt dans le cas présent un frappant caractère d'actualité. '' D'abord, dit le saint Docteur, l'essence divine elle-même «st la raison de toutes les choses créées, sans que, pour cela, rien ne s'y ajoute sauf une simple relation à la créature. — En outre, pour connaître une chose selon qu'on la compare à une autre, ce qui est connaître Dieu dans ses rapports avec les êtres créés, il faut préalablement la connaître en elle-même, ce qui est voir Dieu en tant qu'objet de la béatitude. "

Cela renverse absolument l'hypothèse ontologiste et avec elle le système rosminien dont elle est en quelque sorte le vice originel. C'est, nous n'en doutons pas, cette erreur radicale que l'Eglise a voulu réprouver dans les premières propositions attachées au décret de condamnation.

Mais pénétrons plus avant dans la doctrine de Rosmini, et demandons-lui de nous faire voir sous son aspect ontologique l'être merveilleux, auquel, selon lui, notre intelligence doit la splendeur variée de ses connaissances comme le premier rayon de sa pensée.

On se rappelle quel grave souci dominait l'âme du rovérétain. ^^ Le but de cet ouvrage, dit-il dans sa préface au Nouvel essai, c'est de découvrir une semence tmiqm, qui recèle cette vraie philosophie dont le monde a besoin, une philosophie marquée

de deux caractères l'unité et l'universalité. " — Dans ce

dessein de tout centraliser en un seul point, Rosmini pose comme base de Tordre ontologique ou réel ce même être qu'il a établi le fondement de l'ordre logique. Cet être, affirme-t-il, est quelque chose de commun à Dieu et aux créatures, conservant £dans l'un et l'autre terme la même essence (Prop. 6). Tantôt il prend le nom d'être indéterminé, parce que, sous l'effet de l'abstraction mentale, il ne s'applique à rien d'une manière précise ; tantôt c'est l'être virtuel, partie essentielle de toutes les

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