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Ceux de Vienne et de Latran

ET SON SYSTÈMB 589^

Que dire de ce système, lorsqu'il nous retrace les mystères du péché originel, de la justification, de la grâce? Hélas I même» théories bizarres, mêmes faussetés.

L'explication donnée par Bosmini du péché cTorigine et de sa transmission, puis de l'exception faite à la loi générale en faveur de Marie, serait vraiment amusante s'il ne s'agissait d'une matière aussi grave. Ecoutons ses paroles : ^' Les démons étant en possession d'un fruit, pensèrent qu'ils entreraient dans l'homme, si l'homme mangeait de ce fruit ; en effet, la .nourriture étant convertie au corps animé, ils pouvaient librement pénétrer dans l'animalité, c'est-à-dire dans la vie subjective de cet être, et ainsi disposer de lui selon leurs desseins " (Prop. 33). On sait que le projet réussit : moyennant cette possession du fruit défendu, le diable, paraît-il, s'insinua secrètement dans l'animalité de nos premiers parents, et une fois maître de ce terrain, ce lui fut chose aisée d'enfoncer les portes de leur libre arbitre I

Qu'on fasse, en cela, si l'on veut, la part de l'imagination^ l'erreur y a aussi la sienne. Cette histoire d'invention rosminienne entame et dénature l'exacte notion donnée par les saints docteurs, de la justice originelle. Si l'on en croit ces pères de la science sacrée (et qui oserait récuser leur témoignage), dans l'état d'innocence, telle était la subjection de toutes les puissances, corporelles et animales, à la raison, qu'aucune révolte de leur part ne polivait précéder et entraîner la désobéissance de la volonté. *' Les puissances inférieures, écrit S. Thomas, obéissaient à la raison, aussi longtemps que celle-ci demeurerait soumise à Dieu ^ ". Comment donc, d'après cette doctrine, les démons, tout habiles qu'ils soient, seraient-ils parvenus à soulever les sens, l'animalité, de l'homme contre les prescriptions de sa conscience ?

Pour préserver, continue Bosmini, la très sainte Vierge Marie de la tache originelle, il suffisait qu'un seul atome de la substance animale de nos premiers parents, atome béni d'où sortirait un jour la mère de Dieu, échappât, par oubli de Satan^ à l'universelle corruption (Prop. 34).

Distraction trop heureuse d'un ennemi si rusé! 0 providence du hasard ! Quoi ! c'est au hasard, et non à la sagesse de Dieu, non à son infinie bonté, que Marie devrait l'un de ses plus beaux et de ses plus importants privilèges 1 Pareilles assertions tombent d'elles-mêmes sous le poids de l'absurdité qui les condamne.

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