‹ Collection de documents inédits sur le Canada et l'AmériqueChapitre 157 sur 292 · Sess. VI, chap · texte numérisé non relu

Sess. VI, chap

Et ce qu'il faut entendre par le Verbe, c'est ^* l'être réel infini, manifeste par lui-même...., la seconde personne de la Très Sainte Trinité". — Ainsi donc, après avoir fait de la nature '* quelque chose de Dieu ", Bosmini n'hésite pas à définir la grâce : Dieu lui-même ou son Verbe. C'est logique, sans doute, pleinement conforme au reste du système, mais, devons-nous ajouter, fort peu catholique.

Il n'existe pas, que je sache, de déclaration formelle soit des conciles, soit des SS. Pontifes, touchant l'essence de la grâce. Qu'importe ? le langage clair et constant de la tradition sur un point de doctrine n'a-t-il pas toute l'autorité nécessaire pour guider notre croyance ?

Consultons les documents sacrés, les prières, la liturgie de l'Eglise : nous y verrons apparaître la grâce comme un don insigne de Dieu, comme une participation ineffable de sa bonté, jamais comme étant Dieu lui-même. S. Thomas, si profondément imbu du sens catholique, se pose cette question ^i est-ce que la grâce est une qualité de l'âme? Sa doctrine ne souffre pas de doutes. La grâce, répond-il, est '' une qualité " qualitas qicas dam " une forme accidentelle ", plus noble sans doute et plus parfaite que toutes les formes naturelles, par laquelle la bonté divine se communique aux âmes, et les élève à un ordre supérieur. " Ce ne peut être ni une substance, ni une forme substantielle". Comment serait-elle Dieu? — Rosmini eût dû savoir qu'identifier avec le Verbe cette perfection de l'homme, c'était porter atteinte à l'inviolable dignité de l'être divin. On comprend, en effet, que pour justifier une âme, la grâce, quelle qu'en soit d'ailleurs l'essence, doit nécessairement s'unir à cette âme, la pénétrer de sa vertu, ne faire en quelque sorte qu'un seul principe avec elle. Voilà pourquoi on l'appelle forme, forme surnaturelle de la créature raisonnable. Or, n'entre-t-il pas dans la constitution de toute forme réelle d'être en puissance par rapport à la matière qui lui est destinée, et de se compléter en l'actualisant? Si donc il fallait s'en tenir au sentiment du rovérétain, Dieu ne serait plus l'être infiniment parfait, cette nature absolue, pure et sans ombre, que le théologien démontre et que le fidèle adore. En d'autres termes. Dieu ne serait plus Dieu. La conséquence parle assez d'elle-même.

Un rapide coup d'oeil sur la proposition 27. Il s'agit de V Incarnation, ou de l'union hypostatique du Fils de Dieu avec notre nature. En quoi Rosmini fait-il consister cette union ? dans la

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