‹ Collection de documents inédits sur le Canada et l'AmériqueChapitre 158 sur 292 · R08MINT · texte numérisé non relu

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subordination parfaite de la volonté hamaine à la personnalité du Verbe. La volonté, enseigne-t-il, ayant entièrement cédé au Verbe le gouvernement de l'homme, se trouva comme dépouillée d'elle-même, et cessant d'être personnelle, ne fut plus que nature entre les mains de la Seconde Personne divine. — Voilà, certes, une doctrine que n'eussent désavouée ni les nestoriens, ni les monothélites.

Nestorius ne voulait admettre entre Dieu et l'humanité dans le Christ qu'un lien moral d'obéissance et d'amour: ce qui l'amenait à reconnaître deux personnes en Jésus-Christ. Or que signifie cette cession d'elle-même, faite, selon Rosmîni, par la volonté humaine à la personne du Verbe, et par lui réputée principe constituant de l'Incarnation ? Une simple union morale, un acte de renoncement et de soumission parfaite de l'homme à Dieu. — De leur côté, que soutenaient les monothélites? Que dans le Christ, après l'union, une volonté seule subsiste. Maie Rosmini ne prétend-il pas que par l'Incarnation la volonté humaine s'efface pour n'être plus que nature, et que seule la volonté du Verbe demeure?

Vieilles erreurs, frappées cent fois des anathèmes de l'Eglise ! c'est l'écueil inévitable où viennent se heurter ceux qui osent traiter un si profond mystère sans connaître la vraie constitution de l'homme, les rapports de sa nature avec sa volonté, son être, sa personnalité! Si Rosmini eût su voir dans notre volonté une puissance inséparable, mais réellement distincte, de l'essence de l'âme, jamais il n'aurait parlé le langage du monothélisme. S'il eût appris à ne pas confondre cette même volonté avec la personnalité humaine, terme et complément de notre être, si par là il eût compris ou du moins entrevu comment le Verbe, se faisant lui-même le terme de notre nature, peut remplir dans le Christ les fonctions de personne humaine, sa doctrine n'aurait point si tristement sombré dans les flots du nestorianisme.

Que dire maintenant des théories qu'il émet au sujet du VEucharistie, soit pour en faire voir la nature, soit pour en décrire l'usage ? C'est un tissu de conjectures, d'inventions et d'erreurs presque sans exemple sous la plume d'un théologien catholique. Il serait trop long de les relever toutes : nous nous bornerons à signaler les principales, telles que contenues dans les propositions 29, 30, 31 et 32.

Selon la doctrine des Conciles et de l'Eglise, il est constant que, dans le sacrifice de nos autels, toute la substance du pain et toute la substance du vin se convertissent au corps et au sang de Jésus-Christ, en sorte que de ces éléments les accidents seuls

demeurent. Aussi, par un effet de la toute^puiâsance divine, le prêtre consécrateur, parlant au nom de son Maître, peut-il dire alors en toute vérité : Ceci est mon corps, ceci est mon sang.

Saintes et graves formules 1 s'il fallait les entendre d'après le système rosminien, garderaient-elles le sens profond et mystérieux qui les justifie ? Nous devons en douter. Et de vrai, qu'est-ce, aux yeux de Rosmini, que le mystère de la transubstantiation ? Une conversion totale de la substance du pain et de la substance du vin ? Certes, non ; car, pour lui, cette conversion ressemble à celle des aliments que s'incorpore la substance de l'homme. Or personne n'ignore que, quand les aliments se changent en notre substance, quelque chose de cette nourriture subsiste : c'est la matière dont elle se compose, et qui, perdant sa forme d'aliments, tombe incessamment sous l'influence d'une autre forme, de l'âme humaine. — La conversion du moins, pour être partielle, serait-elle véritable ? Nous en doutons encore. Ecoutons le rovérétain ; " Dans le sacrement de l'Eucharistie, la substance, dit-il, du pain et du vin devient la vraie chair et le vrai sang du Christ, lorsque le Christ fait d'elle le terme de son principe sensitif et la vivifie de sa vie." Que Jésus- Chist donc applique au pain et au vin, comme à son objet, le principe sensitif de son humanité, c'en est assez, selon Rosmini, pour opérer le grand œuvre de la transubstantiation. Mais, de grâce, depuis quand l'union d'une puissance avec son objet implique-t-elle unité et communauté de substance ? L'homme ne peut-ij prendre pour terme de son sentiment un objet quelconque, sans que cet objet se transforme en la nature humaine? On le voit, la tninsubstantiation rosminiennne n'est pas même une conversion. C'est je ne sais quel alliage, qui n'a de fondement que l'absurde théorie par laquelle le rosminianisme prétend expliquer, dans l'être humain, l'union de l'âme et du corps.

Comment qualifier, en outre, les doctrines qui suivent, à savoir que, jjar la force des ]>aro^6« consécratrices, la substance du pain et du vin ne se change pas en tout le corps et en tout le sang de Jésus-Christ, mais que le reste de son humanité sainte est dans le sacrement par concomitance ; ou encore, que la transubstantiation semijle ajouter au corps glorieux du Christ une nouvelle quantité ? — Ce sont là, pour ne rien affirmer de plus, d'étranges assertions, aussi dangereuses qu'arbitraires, et que leur nouveauté seule justifierait assez de mettre au ban de l'opinion catholique. N'en faut-il pas dire autant de cette autre conjecture, allant à établir que les justes qui, en cette vie, n'ont pu participer à la sainte Eucharistie, la reçoivent dans la vie

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