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future au moment de la mort, et que même le Christ, descendant aux enfers, ait pu se communiquer aux saints de PÂncien Testament sous les espèces du pain et du vin ? Franchement, notre esprit, trop incrédule peut-être, se refuse à concevoir que des âmes, séparées de leurs corps, puissent néanmoins se nourrir, au sens réel de ce mot, du pain eucharistique.
Encore quelques remarques, pour clore cette analyse, sur Vobjet de la vision béatifique. Rosmini le détermine dans les trois dernières propositions condamnées. — Selon lui, le bonheur des saints consiste, non pas précisément dans la contemplation de Dieu même, mais dans l'intuition des choses créées, telles qu'aperçues en Dieu. Il en donne la raison : c'est que l'Etre infini ne saurait, même par la lumière de gloire, se communiquer totalement à des êtres finis.
Hâtons-nous d'observer que cette nouvelle assertion du théo- Bophe rovérétain ne cadre guère avec le concept, universellement admis dans l'Eglise, de la béatitude. Serait-ce, en vérité, voir Dieu face à face, le connaître tel qu'il est — aicuti eêtj — comme s'exprime l'apôtre S. Jean, que d'ignorer éternellement son adorable essence pour n'en saisir que les contour^, les reflets, le rayonnement? Du reste, S. Thomas nous l'a fait remarquer plus haut, il est impossible devoir par intuition l'essence divine dans ses rapports avec les créatures sans la connaître telle qu'elle est en elle-même. A moins donc que l'esprit ne se porte d'abord sur la nature même de Dieu, forme exemplaire des Tîhoses, jamais il ne iouira de la vision des objets qui -baignent dans cet océan de pures et éternelles lumières.
Rosmini objecte que l'immensité de Dieu ne saurait lui permettre de se montrer totalement à des intelligences finies. — Depuis six siècles et plus, il existe une solution à ce problème. Dans sa superbe question douzième — Qmmodo Deua a nobis cognoscatur (1^ , a-7)> — l'auteur de la Somme théologique enseigne que les bienheureux, nourris des clartés de la gloire, voient Dieu tout entier, Dieu immense. Dieu infini, mais que bornés par nature, d'une puissance limitée comme leur être, ils ne sauraient le voir aussi parfaitement qu'il est visible, c'est-à-dire dans une lumière infinie : Toturn vidmt, non totcUiter, C'est en quoi ils diffèrent du Créateur lui-même, qui se voit et se comprend par un acte d'une perfection souveraine.
Tel est l'enseignement de la Théologie catholique. Connaîton rien de plus juste? Les saints, d'une part, contemplent directement toute l'essence divine : de là leur x^arfait bonheur. Que par suite de cette vision plus ou moins lumineuse, leurs yeux
découvrent plus ou moins le secret des choses créées, ce n'est là pour eux qu'une joie bien secondaire, un faible rayon de gloire comparé au soleil d'inénarrable félicité qui les éclaire et les embrase de ses feux divins. Deua veritatia, s'écriait S. Augustin tout pénétré de cette doctrine, infeliao homo qwi acU Ula omnia^ te atUeni nesdt : beatus aiUem qui te scUj etiam H Ula neaciat ^ .