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Voyages.... III

2. Pierre Martyr d'Anghiera, 1455-1526, historien italien, employé à la cour d'Espagne, publia ** De rébus Oceanicis et de Orbe Novo décades ", où se trouvent beaucoup de détails sur les voyages de Christophe Colomb, et sur ceux de ses cont.emporain8.

3. Jean-Baptiste Ramusio, 1485-1557, cosmographe vénitien, fut secrétaire du Sénat, puis du Conseil des Dix, et publia un recueil des Navigations et Voyages, en italien. Il était Tami de Sébastien Cabot et du cardinal Bembo.

4. Richard Hakluyt, 1553-1616, gradué d'Oxford, publia divers ouvrages sur les principales navigations et les principaux voyages et trafics de la nation anglaise. Pour honorer sa mémoire on a fondé, eu 1846, la Société Hakluyt.

5. Eden, ami de Sébastien Cabot, 1559 (?) a fait des collections de récits de voyages.

6. Sam Purchas, 1577-1626, gradué de Cambridge, publia des récits de royales : Purchas, hispUgrimagesorrelatiomofthe world atid the' rtligion, 1613,

N'en soyons pas surpris. Jean Cabot eut cela de commun avec Christophe Colomb et Fernand Cortez, que, après avoir donné l'impulsion au commerce de l'Angleterre, créé sa marine par l'appropriation de pays lointains et inconnus, il resta oublié de ses contemporains et consuma dans la douleur les jours de sa vieillesse.

Notre siècle a rompu avec les vieilles traditions. Des hommes sérieux se sont mis à l'œuvre avec le plus grand succès. En 1831, Richard Biddle , avocat de Pittsburg, a tiré de l'oubli bon nombre de documents, mis en lumière plusieurs faits oubliés, et rectifié des assertions inexactes des chroniqueurs du seizième siècle. Toutefois, son œuvre '* Memoir of Sébastian Cabot " n'est qu'une longue apologie du fils, qu'il considère comme l'auteur des découvertes anglaises en Amérique. Plus récemment d'autres chercheurs, NichoUs, Brevoort, Steven, Kidder, KoU, d'Avezac, Henri Harrisse, etc., ont traité le même sujet soit directement, soit indirectement, et élucidé certains points se rapportant à Thistoire de Jean Cabot.

M. Justin Winsor, bibliothécaire à l'Université de Harvard, s'est mis à l'œuvre à son tour, et, utilisant tous les matériaux anciens et modernes, il a pu arriver à des conclusions entièrement nouvelles. Grâce à ces ouvrages précieux, oà noas avons puisé abondamment, il devient facile de mettre sous les yeux des lecteurs du Canada- Français, une esquisse de la vie et des œuvres de Jean Cabot.

Zuan Cabote naquit à Gênes ou dans les environs, si l'on en croit quelques documents anglais et espagnols où se trouve l'expression de "Genoa's son ^ " en parlant du fils de Jean, et celle de '* Genoese " lorsqu'il s'agit du père.

Toutefois, comme on ne peut en établir la certitude, les conjectures vont leur train.

D'après M. J.-C. Brevoort, de Brooklyn, Jean Cabot pourrait être savoyard. Voici ceiqu'il insinue à l'appui de ses dires. Dans les Lettres et documents relatifs au règne de Henri VIII

1. Lettre de l'ambassadeur d'Espagne, De Ayala, 26 juillet 1498, traduite par J. Winsor, HT, 67.

John Stow, Girwiicle of Eiigland, cite un passage de Fabian relatif à l'année 1498 : ** Thi» year one Sébastian Gabato, a Genoa's son. ." J. Winsur, Nar, and Crit H., III, 37.

(I. pt. 1. p. 939, doc. 5639), il trouve le texte suivant ^i 27 nov. 1514 : ** Patent denization to Anthony Chaho^ surgeon, native of Savoy ", et deux ans auparavant, il constate qu'une récompense de £20 a été accordée au même personnage. M. Brevoort se demande si les Cabot ne sont pas originaires de la Savoie ? Cet ArUhony n'est-il pas un quatrième fils de Jean, venu en Angleterre après la mort de son père et le départ de son frère Sébastien pour l'Espagne 2 ? D'autre part, il est notoire que les Cabot du Languedoc, aussi bien que ceux de Jersey et de la Nouvelle- Angleterre, se prétendent issus de Jean Cabot '. Est-ce que les petits-fils du grand navigateur, en passant de l'Angleterre au Sud de la France, n^aur^ient fait que revenir au berceau de leurs ancêtres ?

L'insinuation de M. Brevoort ne semble pas concluante. A la rigueur, le scribe saxon a pu écrire Chabo pour Cabota mais le fait est peu probable. De 1496 à 1512, on trouve à maintes reprises les noms de Jean et de Sebastien Cabot.

On ne voit que les lettres C, K, 0.,. et jamais Ch... dans les pièces officielles. Une seule fois, le 9 octobre 1547, en parlant de Sébastien, on l'appelle Shabot, pilote.

Dans V Histoire géTiérale des voyages \ en parlant de Jean Cabota l'auteur dit qu'on a défiguré ce nom en Chabot^ mais il n'apporte aucune preuve de son avancé.

S'il y a des Cabot en France, les Chabot n'y sont pas étrangers, même à cette époque I... l'un deux a pu franchir la Manche... et voilà !

Donc, rien n'empêche Jean Cabot d'avoir été le compatriote de Christophe Colomb, avant de passer au service de Venise, où il obtint droit de cité. Toutefois, son nom ne se trouve dans les archives de cette ville qu'à la date du 28 mars 1476 ^. Le Sénat vote à l'unanimité une lettre de naturalisation en faveur de Zu^n Caboto pour la raison suivante : " Quod fiât privilegium civilitatis de intus et extra Joanni Cabotoperhabitationem annorum XV juxtaconsuetum "... ; après quoi se trouve indiquée une référence à une lettre du même genre accordée à un autre individu quatre ans auparavant. Dans cette pièce, la condition du séjour continu de 15 années à Venise est déclarée nécessaire, de même que

1. Justin Winaor : Narrative aiid GritùxU history of America, 1884,111, 18.

2. J. Winsor, Narrative and Critical History of Anverica^ III, 18, note.

3. Louis de 1h Roque, Armoriai de la noblesse du Langvdock, Paris, 1860, II, 163.

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