R. Biddle, *.' Meiuoir of Sébastian Cabot '', p
D'après la position de Gaspé et de la baie des Chaleurs, ce groupe d'îles correspond, à peu près, à l'endroit où nous plaçons le Bic ou Trois- Pistoles. Pour raser les côtes pendant 300 lieues, de rile du Prince-Edouard jusqu'à Belle-Isle, Cabot a dû remonter le fleuve jusqu'aux environs de la rivière Saguenay.
En outre, après un sérieux examen de presque toutes les anciennes cartes qui décrivent le St- Laurent, on constate que Cabot est le setd cartographe qui marque des Ys S. Juan à l'endroit susdit. Du reste, lorsqu'il traçait sa carte, Sébastien Cabot connaissait bien le fleuve, car on y voit l'Ile d'Orléans, Estadaconés (Stadaconé), la rivière de Fouez (Trois- Rivières), etc., puis, sur la côte nord, un peu au sud des Ys S. Juan, on lit Rio de S, quenam pour la rivière Saguenay.
Dans les cartes qui accompagnent les autres relations de voyages sur le St- Laurent, je n'ai jamais vu d'^te« S, Juan placées à cet endroit. Il y a donc une forte présomption que Jean Cabot a remonté le St- Laurent jusqu'au Bic ou aux environs, et donné son nom aux îles de la côte sud, terme de sa course.
Cabot, ne voyant dans ces parages aucun être vivant, selon la chronique, vira de bord, en route pour l'Europe.
Il longea la rive septentrionale du fleuve et passa par le détroit de Belle-Isle. Sur cette partie du voyage de Cabot il y a bien peu de détails. Toutefois, il est permis de conjecturer que le découvreur s'arrêta au Labrador, dont la découverte lui est attribuée dans des documents très anciens. Robert Thorne ^ citoyen de Bristol, domicilié en Espagne, dit, en 1527, que son père avait été l'un des découvreurs des Terresneuves, nom sous lequel il désigne les possessions britanniques, et il ajoute : *' La terre que nous avons trouvée est appelée ici en Espagne, terre de Labrador 2. Sur la carte qu'il publie la même année, on voit ces mots : Nova terra Laboraiorum dicta, et sur la délinéation des côtes : Terra hœc ab Anglis primum fuit inventa 3. Cependant le