J. Winsor, Ibid., III
Tel est le langage d'un homme d'affaires, parlant d'un compatriote qu'il connaît assez intimement pour savoir même des détails de sa famille et de sa fortune. Il devait être aussi bien renseigné sur les autres circonstances et incidents qu'il rapporte AU sujet du voyage, et qu'il tenait probablement de la bouche de Jean Cabot lui-même. A l'étranger, les compatriotes se groupent, pour faire revivre les souvenirs de la patrie absente.
Il y a des documents d'une portée plus grande : les rapports des plénipotentiaires étrangers alors présents à Londres.
Le 24 août 1497, l'abbé Raimondo de Soncino, envoyé du Duc de Milan auprès de Henri VII, écrivait le passage suivant dans une longue dépêche à son gouvernement ; elle a été tirée des ** Registres vénitiens ", et imprimée pour la première fois par VAinerican Antiquarian Society, en octobre 1866 i.
^' De plus, dit Raimondo, il y a quelques mois, Sa Majesté a envoyé un Vénitien qui est un très bon marin et qui possède une grande expérience pour la découverte des îles nouvelles ; il -est revenu sain et sauf après avoir trouvé deux îles nouvelles très grandes et très fertiles, ayant aussi découvert les Sept-OUés, à 400 lieues à l'ouest de l'Angleterre. Le printemps prochain. Sa Majesté se propose de l'envoyer avec 15 ou 20 vaisseaux."
Que veut dire cette découverte des Sept- Cités f — En 1569, Girard Mercator^plaçait au sud-est des Bermudes des îles auxquelles il donne le nom de Sept-Cités. — Elles n'ont jamais existé que dans l'imagination des géographes. Le nom vient d'un voyage attribué à sept évêques espagnols, fuyant la tyrannie des Sarra- - sins au huitième siècle. — Ce nom est aujourd'hui donné à une partie volcanique de l'Ile St- Michel des Açores.
Au mois de décembre de la même année, 1497, Raimondo écrivit, de Londres, une autre lettre où il fait mention plus sérieuse des découvertes de Jean Cabot et du projet nourri par le roi de les continuer au printemps suivant. Les Archives de Milan ? ont conservé ce document, qui reflète la simplicité de l'époque ainsi que les illusions, conséquences de cette expédition. Pour l'intelligence de cette lettre, il faut remarquer que Raimondo, en disant que le navire cingla vers VEst, entend déterminer le bv^ du voyage, c'est-à-dire le Levant^ où le navire devait arriver par la voie de l'ouest ; ou bien il faut dire qu'il s'est trompé. On ne sait pas non plus ce qu'il entend par TaThaïs.