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J. Winaor, Nar. and Orit. H„ III

'^ C'est pourquoi, dans le cas où ces bénéfices deviendraient vacants en mon absence, je demande que vous m'en fassiez donner possession, prenant les mesures voulues principalement là où c'est nécessaire, afin qu'ils ne me soient pas enlevés par d'autres, qui, à cause de leur présence, peuvent être plus diligents que moi ; car, dans ce pays, j'en suis réduit à la nécessité de manger de 10 ou 12 plats à chaque repas et à rester à table trois heures durant, deux fois par jour, pour l'amour de Votre Excellence, à qui je me recommande humblement.

*' De Votre Excellence, le très humble serviteur.

^^Londres, ISdéc, 1497."

** Raimundus,"

Supprimons les erreurs géographiques dues à l'ignorance de cette époque, et il n'en restera pas moins prouvé que Jean Cahot est le héros de l'expédition de 1497. De Sébastien, pas un mot ; et cependant Pasqualigo et Raimondo connaissaient les membres de l'expédition, et avaient conversé avec eux: si le rôle principal eût été la part du fils, ils l'auraient dit, et Jean n'aurait pas osé s'intituler '^ le grand amiral." Il me semble donc évident que la découverte de l'Amérique du Nord est le résultat de l'expédition de 1497.

Voilà pour le premier voyage de Jean Cabot.

Nous savons déjà quels étaient les projets de Jean Cabot pour l'année 1498. Les citoyens de Bristol, approuvés par Henri VII, ne voulaient rien moins que l'établissement d'une colonie anglaise pour enlever à Alexandrie le monopole des épiées. Mais il fallait trouver ce pays fortuné: Cabot avait son plan tracé à Tavance.

En partant des Terres-neuves dans la direction du sud, il devait trouver sur son chemin l'île de Zipangu et, au delà, la Terre promise !

L'autorisation destinée à faciliter les préparatifs de cette seconde expédition, fut accordée à Jean Cahot seul, en date du 3 février 1497/8, sans préjudice pour les privilèges accordés l'année précédente. En voici la teneur.

JBAN CABOT 649

'^ Mémorandum quod, tertio die februarii anno regni régis Henrici Septimi XIII, ista Billa delibata fuit Domino Cancellario Angliœ apud Westmonasterium exequenda.

*' To the Kinge,

** Please it your Highness of your most noble and habundaunt ** grâce to graunte to John Kabotto, Venecian, your gracious '* Lettres Patents in due fourme to be made accordyng to the " ténor hereafter ensuying, and he shall continually praye to ** God for the preservacion of your moste Noble and Roiall *' astate longe to endure."

** Rex.

** A toutes personnes qui les présentes verront, salut I Sachez que. par faveur spéciale, et pour diverses raisons deNous connues, Nous avons donné et accordé, et par ces présentes donnons et accordons à Notre tien-aimé Jean Kabotto, Vénitien, autorité suffisante et pouvoir de prendre, lui-même ou son représentant ou ses représensants dûment qualifiés, et selon son bon plaisir, six vaisseaux anglais en quelque port ou ports ou autre place dans Notre Royaume d'Angleterre ou terre soumise à Notre obédience, pourvu que ces vaisseaux ne soient que d'un tonnage de 200 tonneaux ou au-dessous, avec les appareils requis et nécessaires pour la sécurité des dits vaisseaux ; de les convoyer et diriger à la terre et aux Ees dernièrement découvertes par le dit Jean en Notre nom et par Notre commandement ; payant pour eux et pour chacun d'eux comme nous paierions en et pour Notre propre besoin, et non autrement. Le dit Jean, par lui-même, par son ou ses représentants qualifiés, peut prendre et recevoir dans les dits vaisseaux et dans chacun d'eux, tels maîtres, mariniers, compagnons et autres sujets qui, de leur plein gré, voudraient aller et passer avec lui sur les mêmes vaisseaux aux dites terres et îles, sans qu'il soit fait ou qu'il soit permis de faire aucuns empêchements, obstacle ou trouble par Nos officiers ou ministres ou autres sujets quels qu'ils soient, envers le dit Jean, son représentant ou ses représentants, ou tous autres dits sujets ou aucun d'entre eux, passant avec le dit Jean sur les dits vaisseaux aux dites terres ou îles. Nous donnons ordre à tous^et à chacun de Nos officiers, ministres ou sujets voyant ou entendant lire Nos présentes lettres, sans autre commandement de Notre part, pour eux ou chacun d'eux, de faire en sorte d'aider et secourir le dit Jean, son ou ses représentants et tous Nos autres sujets ainsi

voyageant avec lui selon la teneur de Nos lettres patentes. Et cela nonobstant tout statut, acte ou ordonnance, passée ou future, venant de quelque manière en opposition aux présentes."

L'original ebt en langue anglaise ; Richard Biddle l'a trouvé au bureau des Registres (Rolls chapel), en Angleterre. J'ai tenu à donner cette traduction tout à fait littérale de l'autorisation du 3 février 1498, pour que le lecteur puisse juger par lui-même du peu d'attention de certains écrivains, môme anglais. Les découvertes de l'année précédente y sont rapportées si clairement qu'il est impossible de supposer une simple mission de chercher les terres et les îles encore inconnues. Le plan d'une colonie s'y trouve même ébauché. Pourtant, jusqu'à ces dernières années, les écrivains anglais ont considéré cette lettre comme étant Vautorisalion accordée pour faire le premier voyage de découverte. Bien plus, les autres écrivains se sont autorisés du même document pour nier aux Anglais la priorité de découverte et de prise de possession, ^ TU que cette dernière expédition n'eut pas 1^ succès attendu.

Mais on peut se demander pourquoi Jean Cabot se trouve seul mentionné dans la présente lettre, lorsque ses trois fils étaient nommés dans celle de 1496. D'après Biddle ^, les raisons de ce changement sont que les fils aimèrent mieux donner à leurs elForts une direction autre que l'entreprise de leur père, et que le chef de la famille crut sage de retenir, soumis à son pouvoir discrétionnaire, le placement projeté de son capital restant. On dit, d'après Campbell 3, que l'un des fils alla s'établir à Venise et l'autre à Gênes. Quant à Sébastien, tous le font rester pour accompagner l'expédition.

Peut-être le roi eut-il regret d'avoir conféré des pouvoirs aussi étendus à des jeunes gens qui n'avaient aucun établissement en Angleterre et qui, probablement, ne s'y fixeraient jamais d'une manière permanente. De là, révoquant ses premières lettres, dit R. Biddle, Henri trouva plus profitable de n'intéresser que Jean dans les découvertes qui restaient encore à faire.

Cette explication de Biddle ne semble pas mauvaise, à première vue. Mais elle n'est pas soutenable aujourd'hui. En eflfet, la lettre accordée à Jean Cabot, en date du 3 fév. 1498, ne contient qu'un permis de prendre six vaisseaux et d'enrôler des volontaires. On n'y trouve aucune révocation des privilèges

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