MICMACS AUX ANGLAIS
S'ILS REFUSENT d'aBANDONNER KcHIBOUKTOUK (HaLIFAX). ^
Netnan elnoiii chagmak deloûîkemoûâtigel kchibouktouk edli gouvelneuléoûilich.
Chagmau
Oiilà éîmen, oulà edli oûîkademenkîk, oulà edli élidoûn oûagaloujan, oulà paoûè demen néguèch ktélikichkatpâehin, oulà néguèch kedoùi mechtayaljou demen magamiguéou, nân nai, nân anuchema edli ougichkaliei, nân nîl elnoùi telei, nân n'magamiguem ; kedèlba nân kijoûlk ignemouich n'oiièmtaguin yapchiou.
Tok shkemtouk k'télimoulintan dèlkoûitk n'kamélamounkîlktiniunkèl. Ludenân égélèg mou n'témelchiktagoun kchibouktouk néguèch edlidoûnel.
C'est ainsi qu'écrivent les chefs sauvages au Gouverneur de Kchibouktouk.
Seigneur
L'endroit où tu es, où tu fais des habitations, où tu bâtis un fort, où tu veux maintenant comme t'inthroniser, cette terre dont tu veux présentement te rendre maître absolu, cette terre m'appartient, j'en suis certes sorti comme l'herbe, c'est le propre lieu de ma naissance et de ma résidence, c'est ma terre à moy sauvage ; oui, je le jure, c'est Dieu qui me l'a donnée pour être mon païs à perpétuité.
Que je te dise donc d'abord les dispositions de mon cœur à ton égard, car il ne se peut que ce que tu fais a K'chibouktouk ne m'allarme. Mon Roy et ton
1. Archives du Séminaire de Qiiébec» Le texte de cette sommation auquel les chefs micmacs apposèrent les signes de leurs tribus, fut rédigé au port Toulouse, dans le Cap Breton, et confié à un officier anglais qui le remit au gouverneur à Halifax. Une copie de cette sommation, avec traduction littérale française en regard, fut envoyée comme curiosité par l'abbé Maillard à Tabbé Du Fau, supérieur des Missions Etrangères à Paris, dans une lettre datée de Louisbourg, le 18 octobre 1749. C'est cette copie qui se trouve imprimée ici. (L'abbé H. R. Casgrain.)
N'téléguèm ak kilktéléguèm kîckatkenachîtichenel magamigal; nân tchelkichkouk oûègiylagoudigik. Chkadounîl luba égéliak n'tilagoudinen, kiznè n'daunkoùanen kilou.
Teguendo nîlelnoùi bîgidech ?
èchâin kil ; tamidô paoùèdemen n'téliéligagin ? kichchoùèlmeher mech tâtoûn oula magamiguéou, tan tédougi m'chéguîk.
namcher nil echkoûi nemep kchibouktouk. Ndoko kîl apch nân kechkèl temoûin, tchelpaoûè. demen k'outchaïn ; netnan oùègi k'chijoûlek k'taginen moun'pouni nMoubélik tatinen, ak malteau n'tilagoudinen. oûègi medechkin k'pigouelnau. nîl téguéli elnoûi mokoûèch tami oùègi melguidèlchiou,pachik kijoûlkiktouk; Ludenân nègueiim kegidok toudélèg, jougîchich talâlougel mèch nedaouin'chkouat. nîl elnoùi égélèg mou tchel kichkatch n'pégilidèlmoukchin jougîchîch. abîch tok ouschiech n'piptaganeman kédoùi écoùimkel.
Mokoûèch élidè demouTeopchkik k'téli optaka demen, kiohogoch châk mou nân oûègi dèlmoulou. chkadou néguèch naoûiak mou n'kelougiu déli éouchami kemoudeminel. oûigoupchik pèl najamoultech, tchiptouk kédèl oulchedemoûidcx kedoûi d'iimoulan'l. oulchedoûin ak oulabougoûen, ak elp menakachkichkagidè dèdemen ktéli oulikichkajfitoun deli
Roy ont faitentr-eux le partage des terres ; c'est ce qui fait qu'aujourd'huy ils sont en paix, mais moy il ne se peut que je fasse paix ou alliance avec toy.
montre- moy où moy sauvage me logerai ? tu me chasses toy ; où veux tu donc que je me réfugie ? tu t'es emparé de presque toute cette terre dans dans toute son étendue, il ne me restoit plus que Kchibouktouk. Tu m'envies encore ce morceau, jusques - là même que tu veux m'en chasser. Je connois par là que tu m'engage toy-même à ne cesser de nous faire la guerre, et à ne jamais faire alliance entre nous, tu te glorifies de ton grand nombre moi sauvage en petit nombre ne me glorifie en autre chose qu'en Dieu qui sçait très-bien tout ce dont il s'agit ; un ver de terre sçait regimber quand on l'attaque, moy sauvage il ne se peut que je ne croye valoir au moins un tant soit peu plus qu'un ver de terre à plus forte raison sçaurai-je me deffendre si on m'attaque.
Ta résidence au Port Royal ne me fait pas grand ombrage, car tu vois que depuis long tems je t'y laisse tranquile.
mais présentement tu me forces d'ouvrir la bouche par le vol considérable que tu me fais.
J'iray bientôt te voir, peut-être recevras-tu bien ce que je te dirai ; si tu m'écoutes et que tu me parles comme il faut, et que tu exécutes tes belles paroles, je
DOCUMENTS SUR l'aCADIE 19
oulabougouen, nân ouschi connoîtrai par là que tu ne
k'chijoûltech pa chik oulôdi cherches que le bien, de sorte
k'paoùèdemen. Koulaman ké- que toutes choses prendront un
dèl mehet yliédal kokoûèl. net bon tour; je ne t'en dis pas
dègimoul, ak nougouch mou davantage pour ne te pas plus
apch kadoui chechpemoulou. longtems rompre la tête par
Oûèch kakelmoul, chagmau. mes discours.
Pol toulouze edloûikagik nân Je te salue. Seigneur,
ougnâg echkou menakchen Ecrit au Port Toulouse cinq
Michel Pechkeoûimouk. jours avant la Saint Michel.