‹ Collection de documents inédits sur le Canada et l'AmériqueChapitre 22 sur 292 · Belatioit de la vicfoirc rempoHee sur les Anrflais. Id · texte numérisé non relu

Belatioit de la vicfoirc rempoHee sur les Anrflais. Id

contrelui, tenant chevaleresque des deux Frances, par l'Angleterre et l'Amérique ? La gloire, ou la honte? La victoire, ou la mort? Le dénouement de ce terrible problème était proche.

La journée du 5 était presque écoulée, et l'on n'avait encore aucune nouvelle du détachement de M. de Langis. Au camp de Bourlamaque, tous les yeux étaient fixés sur une montagne d'où la vue découvrait une grande étendue du lac. On avait posté là un officier chargé de donner l'éveil aussitôt qu'il apercevrait l'ennemi. Le soleil déclinait à l'horizon, et l'on pouvait croire que la journée se passerait sans incidents, quand, vers quatre heures et demie, on vit soudain un drapeau blanc se lever et s'abaisser, et l'on entendit tirer un coup de fusil du haut de ce sommet. C'était le signal convenu. Quelques instants après arrivait le détachement de Langis. Il rapportait qu'après s'être avancé à une journée sur le lac, il avait rencontré l'avant-gar de anglaise conduite par le général Bradstreet et le major Rogers.

Aussitôt Montcalm ordonna que les troupes prissent les armes, passassent la nuit au bivouac, et qu'on déblayât les équipages. Bourlamaque dépêcha trois piquets sur les bords du lac, pour éclairer le débarquement des ennemis. Enfin le sieur de Langis et M. de Trépézée, avec trois cents hommes environ, furent envoyés pour occuper la Montagne-Pelée, à l'ouest du lac. Ce détachement avait instruction de faire sa retraite sur Carillon par la rive gauche de la rivière à la Chute, tandis que Bourlamaque ferait la sienne par la rive droite.

Quels avaient été les mouvements de l'armée anglaise ? Comme nous l'avons vu, à la fin de juin elle était campée autour des ruines de William-Henry. Les rives du lac, le pied des montagnes et la plaine disparaissaient sous les tentes innombrables des quinze mille hommes d'Abercromby.

Ce général était le chef nominal de l'expédition ; mais lord Howe en était l'âme. Abercromby devait sa nomination à la faveur de lord Bute, collègue de Pitt. *' C'est un homme pesant," écrivait Wolfe à son père.^ ''C'est un gentilhomme âgé (an aged gentleman), infirme de corps et d'esprit ", écrivait, de son côté, un jeune troupier de 17 ans, William Parkman, qui, enrôlé dans les milices du Massachusetts, tenait un petit journal des incidents de chaque jour.^ Dans l'esprit de Pitt, lord HoAve devait avoir le commandement véritable. Ce jeune seigneur de

1. Wolfe à son père. Vie du major général Wolfe, par Robert Wright, Londres 1865, pp. 626 8vo.

Page 1