‹ Collection de documents inédits sur le Canada et l'AmériqueChapitre 222 sur 292 · Ces pointa sont dans le manuscrit · texte numérisé non relu

Ces pointa sont dans le manuscrit

6 ans à l'islet et au château de Jersey et de la manière la plus étroite et la plus resserrée, quoiqu'ils ne soient coupables ni l'un ni l'autre de quoi que ce soit qu'on puisse leur imputer, ni contre le gouvernement ni contre aucuns des sujets du roy de la Grande Bretagne.

Cela supposé et d'après l'innocence reconnue de ce second missionnaire et au point de l'avoir renvoyé en France, faute d'avoir pu le convaincre d'aucune fautes qui aient pues donner occasion à son enlèvement et à sa détention, il paroît bien étonnant qu'on ait cru pouvoir priver la nation sauvage et les habitations françoises dont il avoit soin des secours spirituels qu'ils étoient dans l'usage d'en recevoir pour le libre exercice extérieur et public de leur religion à eux accordés dans les différentes capitulations de Louisbourg, de Québec, de Montréal et spécialement stipulé et accordé par le traité particulier de pacification et de neutralité qu'ils ont été volontairement et librement signer au gouvernement d'Halifax et des autres postes et forts dont ils se trouvoient alors plus à portée et plus voisins.

Si la cour et le ministre d'Angleterre permettent qu on le leur représentent ici il semble et on ose dire que c'est enfreindre de la part du gouvernement d'An2:leterre le plus important article des différentes capitulations qu'on a cy devant citées et le plus favorable aux Acadiens qui sont encore sous le gouvernement anglois, aussi est-ce ce qui a donné lieu au troisième et dernier objet de ce mémoire où l'on va exposer le plus brièvement qu'il sera possible le besoin que ces pauvres Acadiens ont d'un missionnaire et le droit qui leur a été réservé d'en demamler pour profiter de la liberté de religion qui leur a été accordée dans le traité de pacification et de neutralité qu'ils n\>nt signé qu'à cette condition par eux stipulé et à eux accordé par le gouvernement d'Angleterre.

Comme on n'imagine pas que M. Manach le sec<md des deux missionnaires dont il est parlé dans ce mémoire ait enfreint aucuns des articles onéreux de la capitulation, il paroît juste et naturel de reclamer pour lui et pour les sauvages les articles qui leur sont favorables... d'autant plus qu'il ne re^te actuellement en Acadie qu'un seul et unique missionnaire (nommé M. Maillard) qui à la vérité a })eaucoup à se louer du gouvernement et du bon traitement qu'il en éprouve journellement suivant le récit qu'en fait lui-même le missionnaire qui vient de nous être renvoyé et qui se loue également des mêmes traitements ([u"il en a reçu jusqu'au moment de son arrêt et de sa détention... mais il est aisé de voir et de juger <iu'un seul missionnaire ne peut

DOCUMENTS SUR l'ACADIE 51

pas fournir les secours spirituels à 235 familles qui restent encore en Acadie sous le gouvernement anglois et qui sans compter les sauvages composent au moins 1500 habitants, qui indépendamment de 1500 habitants françois qui se trouvent encore aujourd'hui en Acadie. i Les sauvages dont il a été parlé cy contre et qui professent comme eux la religion catholique apostolique et romaine sont au nombre de plus de 3000... dont il est aisé de conclure que comme on l'observe cy contre un seul missionnaire ne peut procurer des secours spirituels à plus de 4500 personnes et d'autant moins que les postes qu'occupent les sauvages sont très éloignés de ceux des Acadiens françois au milieu desquels le seul missioi^iaire qu'ils ont fait sa résidence habituelle.

Il s'agiroit donc de supplier la cour d'Angleterre de permettre qu'en conformité et en exécution du traité de pacification et de neutralité qu'ils ont signés et auquel aucun d'eux n'a jusqu'à

présent déroger elle voudra bien permettre qu'on leur fit

repasser de France le même missionnaire qui leur a été enlevé (M. Manachs) surtout dès qu'il n'a été atteint ni convaincu d'aucune faute et qui ait pu lui mériter le sort qu'on lui a fait subir et surtout dans le temps et circonstances où il venoit de recevoir de la part du gouvernement les marques les moins équivoques de contentement et de satisfaction.

Si cependant la cour et le gouvernement d'Angleterre trouvoit de la difficulté ou même une simple répugnance à ce qu'on fit repasser ce môme missionnaire en Acadie, on espère du moins qu'en exécution des différentes capitulations dans lesquelles ces habitants ont été compris, il sera permis de leur envoyer un autre et nouveau missionnaire à qui il sera instamment recommandé de se conformer aux engagements respectifs des deux couronnes, en se renfermant dans les simples fonctions de son ministère sans contrevenir en rien aux règles de régime et de police du gouvernement sous lequel il se trouvera.

^ [<iue M. de Stanley a cru pouvoir se charger en partant de France de deux lettres dont il est parlé cy contre la première pour M. LeLoutre prisonnier à Jersey depuis 1755, la seconde pour M. MaiUard seul et unique missionnaire à l'Acadie sous le gouvernement d'Angleterre.]

L'ahlié de Lisle-Dieu ne peut se résoudre à finir et à terminer co im'uioivc ^'ans prendre encore la liberté de demander lui nir-iiio nue nouvelle grâce à la cour d'Angleterre, surtout d'après

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