Il venoit de Bouston et faisoit voile pour Plaisance
DOCUMENTS SUR L'aCADIE
Cette expédition, nous avoit extrêmement éloignés de l'Escadre, qui avoit toujours fait route, mais ayant forces de voiles, nous l'eûmes joints avant la nuit.
Depuis le 25. a midy, jusqu'au 26. à la même heure, la route me valut selon mon estime le Sud Sud Ouest i Ouest single 6. lieues î, latitude observée 44. dégrés 36. minutes, longitude, méridien Ténérif 320. dégrés 35. minutes.
Le 27. a six heures du matin nous aperçûmes la terre et avec un petit frais de Nord Est nous fîmes le Nord Ouest J d'Ouest, portant nos Bonettes d'escorte, ne doutant plus de coucher a l'ancre, en effet sur les deux heures après midy, plusieurs de nos vaisseaux entroient déjà dans la Baye de^ Chibouctouck,a six heures nous y étions tous. Nous y trouvâmes Monsieur Le Duc d'Enville mort la nuit précédente a deux heures du matin. M. de 2 Beauchaine qui vint dans une 3 Piroque a bord de nous, aussitôt que nous fûmes mouillés, nous apprit cette fâcheuse nouvelle, qui nous fit oublier que nous pouvions nous procurer le plus parfait des plaisirs, en pensant que nous étions maîtres d'aller à * terre, plaisir d'autant plus grand, qu'il y avoit quatre vingt dix neuf jours que cela ne nous etoit point arrivé. Cet officier soupa avec noua, et nous conta, qu'ils etoient depuis huit jours dans la Baye, que M. Le Duc, après la tempête du 14. s'etoit trouvé seulement avec trois Vaisseaux, et a la veille de mourir de faim, n'ayant plus de vivres, qu'heureusement ils avoient fait la rencontre d'un vaisseau anglois, qu'ils avoient pris, et a bord duquel on avoit trouvé quelques barils de biscuit et de bœuf salé, que dans le même Bâtiment, un Pilote s'étant vanté qu'il connaissoit la coste de l'Acadie, M. le Duc d'Enville luy avoit promis cent Louis, et la liberté, s'il l'entroit dans quelqu'endroit ou il pût faire de l'Eau et du bois et que cet Anglois promit dabord tout ce qu'on voulut, mais qu'ayant été rejoindre ses camarades, et ceux cy l'ayant appelés traître a sa patrie, il étoit revenu dire, qu'il ne pouvoit faire ce qtï't^n luy proposoit, notre Général s'en trouvoit fortement intrigué, mais que M. ^ Duperrier beaucoup moins tendre avoit dit a L'anglois, que s'il ne tenoit pas sa parole, il alloit luy faire attacher deux