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AbercrombytoPittj 12 juillet

2. Pour qu'on no m'accuse pas de fantaisie, voir Bancroft, History of ilie United States ; Fenimore Coo^qv, Satandoe; Parkman, Montcalm and Wolfe ; le Journal du major Rogers, etc.

LA BATAILLE DE CARilLON 101

embarcations de Langis. C'était précisément l'instant où Tarmée française prenait l'éveil, se formait en bivouac et déblayait les équipages.

Les ennemis restèrent à la Pointe-du-Sabbat jusqu'à onze heures du soir environ, pour attendre les radeaux de l'artillerie plus lourds et moins rapides. Ils poursuivirent alors leur route, et, le lendemain matin, à l'aurore, ils touchèrent au lieu de débarquement, sur ,1a rive gauche, à la tête de la rivière à la Chute.

Du haut de la Montagne- Pelée, de Langis et Trépézée surveillaient les mouvements de l'armée anglaise, tandis que les trois piquets détachés en tirailleurs par Bourlamaque s'échelonnaient sur la rive.

Les bataillons français avaient passé sous les armes cette nuit du 5 au 6. Le 6, à quatre heures du matin, l'arrivée des berges anglaises à la rivière à la Chute étant signalée, Montcalm envoya aussitôt ordre au sieur de Pontleroy, resté à Carillon, d'abandonner tous autres travaux, pour tracer des retranchements et abatis sur le terrain déterminé le 1er du mois; au sieur de Trécesson, d'y faire travailler le second bataillon de Berry avec les drapeaux ; et à 200 hommes des troupes de la colonie arrivés la veille, de venir le rejoindre sur les hauteurs de la Chute. ^

Vers neuf heures, les Anglais commencèrent leur débarquement. Les trois piquets placés en poste avancé à cet endroit, sous le commandement de M. de Germain, trop faibles pour inquiéter sérieusement cette manœuvre, ouvrirent un feu de tirailleurs contre les premières troupes ennemies, et se replièrent sur Bourlamaque, qui, faisant rompre derrière lui le pont du Portage, fit sa retraite avec ses trois bataillons, et s'en alla rejoindre Montcalm à la Chute, en passant par le chemin militaire. Là, les cinq bataillons réunis, Berry, Béarn, Royal- Roussillon, Guyenne, la Reine, traversèrent la rivière au pied de la Chute, rompirent le second pont et vinrent se ranger en bataille, avec La Sarre et Languedoc, sur les hauteurs de la rive gauche, à deux milles du fort, environ.

Pendant ce temps, l'armée anglaise achevait son débarquement, et ses chefs décidèrent de marcher sur Carillon, par la rive gauche, vu que les ponts étaient détruits. A midi, tous les diffé-

1. Relation de la victoire etc., déjà citée. — Nous touchons ici à la question des renforts. Il en sera parlé plus loin : disons seulement que, du 1er au 6 juillet, Montcalm n*avait reçu que quatre cents soldats de troupes de la marine ou canadiens. Le 6, ni Lévis, ni le détachement de réguliers destiné à l'expédition de la rivière Mohawk, n'étaient arrivés.

102 La bataille de carillon

rents corps étaient à terre, et l'armée s'ébranla. Il y avait d'abord une plaine couverte d'une épaisse forêt qui s'étendait vers le nordouest jusqu'à des montagnes, derrière lesquelles un ruisseau, appelé le ruisseau à la Truite, coulait dans la direction de la rivière à la Chute. Les troupes s'engagèrent sous la sombre ramure en quatre colonnes, laissant au lieu du débarquement toute l'artillerie, les provisions et les bagages trop lourds, i Rogers, avec les régiments provinciaux de Fitch et Lyman, servait d'avant-garde.

La forêt était presque impénétrable ; impossible de rien voir à quelques verges de distance. Les fondrières, les troncs d'arbres renversés,les obstructions de tous genres, arrêtaient à chaque pas la marche des colonnes. Pour comble de malheur, le terrain devint bientôt montagneux, les rangs se rompirent, les corps se mêlèrent, et, au milieu de ces fourrés obscurs, les guides finirent par se perdre complètement. Après quatre ou cinq heures de marche pénible, l'armée anglaise se trouvait dans l'étrange situation d'une armée égarée dans les bois.

Durant la retraite des bataillons français, et la marche en avant des Anglais, qu'était devenu le détachement de Messieurs de Langis et de Trépézée ? Lorsque le signal de la retraite leur avait été donné du camp de Bourlamaque, ils ne pouvaient plus traverser la rivière pour rejoindre leurs compagnons: les Anglais se trouvaient déjà entre eux et le Portage. Ils entreprirent alors de retraiter par le nord-ouest, de franchir les montagnes du ruisseau à la Truite, et de descendre ensuite par cette vallée jusqu'au camp de Montcalm, à la Chute.

Langis était un excellent coureur des bois, mais bientôt, sans guides indigènes, il se perdit lui aussi dans le dédale inextricable de la forêt. Vers la fin de l'après-midi, le détachement françaÎB se trouvait rendu sans le savoir non loin de la jonction du ruisseau à la Truite avec la rivière à la Chute. Au même moment, l'armée anglaise masquée par la forêt, s'avançait avec lenteur, vers cet endroit.

Lord Howe, accompagné du major Putnam et de deux cents éclaireurs, était à la tête de la colonne principale, un peu en avance sur les trois autres. Sous les bois silencieux rien ne dénonçait un péril. Soudain un cri : Qui vive ! part du fourré. — Français I répond quelqu'un dans la colonne anglaise. Mais de Langis et Trépézée savaient que leurs frères d'armes étaient plus loin. La forêt se remplit d'éclairs, une fusillade meurtrière

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