‹ Collection de documents inédits sur le Canada et l'AmériqueChapitre 252 sur 292 · M. de Madieres · texte numérisé non relu

M. de Madieres

Troisième lfvbaisok^ JuiUet 1888. 7

devoit plus songer qu'a sauver au Roy les vaisseaux et les troupes qui avoient échapés a tous nos malheurs, qu'en conséquence nous ferions incessamment route pour France. . L'on embarqua tous les Anglois prisonniers a bord du Parlementaire et on luy permit a midy de mettre a la voile. A quatre heures on embarqua aussy a bord d'un senod tous les Pilotes costiers, et on les renvoya avec des lettres pour M. de Ramzay qui commandoit ceux qui bloquoient Port Royal, a cinq heures, on fit servir d'un vent de Nord Nord Est, faisant route au Sud Sud Est.

Novembre. — ^Nous navigames tous ensemble jusques au 4. de novembre quelques fois heureusement, et très souvent avec des vents contraires. A neuf heures du matin de ce jour, après un calme qui avoit duré toute la nuit, une tourmente du vent du Nord nous surprit avec tant de vivacité, que nous n'eûmes pas le tems de carguer nos voiles, notre petit hunier et notre Peroquet de fougue furent très endommagés, nous parvînmes cependant a nous mettre a sec et nous y restâmes, la tempête durant toujours.

Ce ne fut que le lendemain 5. a la pointe du jour que nous bordâmes l'artimon, et amurames la mizaine, il netoit plus question de la flotte, et nous ne nous comptions que neuf Bâtimens, tous de transport. Le Prince d^ Orange étant un vaisseau de Boy, ils se trouvoient tous a nos ordres, a huit heures du matia ^ M. de la Boucherie me fit appeller pour décacheter nos paquets, qui luy ordonnoient de se rendre en cas de séparation au Port Royal de l'Acadie dans la Baye françoise mais que passé le 30. octobre tout Vaisseau qui se trouveroit séparé feroit route pour se rendre fen Europe dans les Port de Brest, ou de Rochefort . selon les vents qui regneroient a l'aterage, les dittes instructions ajoutoient que ceux qui se trouveroient dans ce cas, passeroient au sud des Alçores et reconnoitroient pour la sûreté de la Navigation Ste. Marie et le Cap Ortega, en conséquence de ces ordres nous fimes hisser Pavillon -blanc et quarré au grand mats, et nous tirâmes plusieurs coups de canon, a ce signal notre petite flotte qui etoit a vent se rallia. M. de la Boucherie que j'appelleray dans la suite le Command. fit part de ses instructions, et je me fis donner un Etat des soldats de trouppes de terre, tant en santé que malades qui etoient abord de nos neuf vaisseaux, il s'y trouva sept compagnies du Régiment de Ponthieu .

Page 1