‹ Collection de documents inédits sur le Canada et l'AmériqueChapitre 55 sur 292 · Prov., XXXI · texte numérisé non relu

Prov., XXXI

grâce charmante ; Mme Emmeline Raymond, qui a traduit les romans de Marlitt ; Mme Maryan, dont les nombreuses productions jouissent d'une vogue bien méritée à tous les égards ; Mlles Marie Maréchal, Marthe Lachèse, et Julie Gouraud, Mme Julie Lavergne, etc.

Ces auteurs ont fait des études de mœurs et de sentiment. Si leur talent d'observation est un peu superficiel, elles ont, en revanche, la grâce et la délicatesse. Ce que nous reprocherions à quelques-unes d'elles c'est la persistance avec laquelle elles mettent en scène des jeunes filles pauvres, qui se font gouvernantes ou institutrices, et finissent inévitablement par épouser des princes ou des millionnaires. Les jeunes imaginations seraient trop portées à se bercer d'un tel rêve, qui se réalise rarement, il faut en convenir.

Madame Marie David, plus connue sous le nom de Raoul de Navery, a écrit un grand nombre de romans d'aventures. Elle a certainement assez d'imagination ; elle en a même trop parfois. La critique a reconnu l'inspiration honnête qui anime ses œuvres, mais elle lui a reproché de trop aflTectionner les aventures extraordinaires, les crimes et les drames de cours d'assises.

Par son nom de plume et par le genre qu'elle avait adopté, Raoul de Navery s'est éloignée des femmes pour se rapprocher des hommes. Elle peut ainsi nous servir de transition pour passer des romancières aux romanciers.

M. Léon Gauthier recommande aux écrivains catholiques de se consacrer surtout au roman historique, mais pour en faire une œuvre sérieuse et savante, et il leur propose comme exemple la Fdbiola du cardinal Wiseman.

Ce livre mérite bien en efi'et d'être placé au premier rang. C'est une œuvre d'érudition chrétienne, suffisamment dramatique pour quiconque n'a pas l'esprit blasé et la sensibilité émoussée par la lecture des romans de Dumas et de Soulié.

On pourrait présenter aussi comme un autre modèle du roman chrétien les Fiances àe Manzoni. Inutile d'en faire l'éloge. La description de la peste de Milan, les portraits admirables du cardinal Pederigo Borromeo, de l'Inconnu et de Lucia ont depuis longtemps immortalisé le nom de l'auteur.

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