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INTERVENTION CHIRURQ. DANS LES AFFECTIONS DU REIN

La chirurgie surtout a largement bénéficié de ces idées nouvelles. Nous savons aujourd'hui que les accidents les plus redoutables des opérations chirurgicales, la septicémie ou l'infection purulente, sont le résultat de l'introduction dans l'organisme d'un parasite, vibrion ou microbe ; nous savons aussi que les instruments, les matières employées dans les pansements, les mains du chirurgien, sont de puissants agents de dissémination» La propreté, dit Chauvel, une propreté excessive pour tout ce qui entoure le blessé, choses et hommes, est donc une condition indispensable. C'est à cette propreté, acceptée aujourd'hui par tous, ordonnée et exigée le plus possible des infirmiers comme des élèves et du pratiquant, que revient certainement en grande partie le résultat plus heureux de notre chirurgie actuelle. Ne se servir que de linges neufs, d'épongés neuves et lavées avec soin, de coton soigneusement mis à l'abri, d'instruments passés au feu, c'est en somme faire de l'antisepsie, si ce terme est acceptable. On ne détruit pas ainsi les germes répandus dans l'atmosphère, mais on les évite en partie, et l'on soustrait la plaie au danger de ceux bien plus nombreux qui pullulent par milliers sur les objets abandonnés comme autrefois dans les salles d'hôpitaux.

Dans ces dernières années, sous l'influence des doctrines parasitaires, la chirurgie opératoire a pris un essor prodigieux, qui se soutient et s'agrandit chaque jour; elle subit l'élan général et, tout comme la prophylaxie et l'hygiène, elle progresse, se transforme et va comme se rajeunissant. Malgré ses audaces, tout semble lui réussir et, grâce aux méthodes antiseptiques, l'on ne voit plus guère ces terribles complications, gangrène, septicémie, infection purulente, qui décimaient autrefois les grands services hospitaliers. Il y a trente ans à peine, de véritables épidémies de ce genre sévissaient dans les salles d'opérés, et faisaient la désolation des plus habiles chirurgiens, qui ne savaient ni les prévenir ni les combattre. Mais grâce à Dieu, ces fléaux n'appartiennent plus qu'à l'histoire du passé. La thèse du Dr Brodeur offre une éclatante démonstration des progrès accomplis sous ce rapport. Ainsi sur 327 opérations pratiquées sur le rein, il y a 127 morts et 200 guérisons, soit 61.16 p. 100. Ces statistiques sont des plus encourageantes ; elles contribueront pour une large part à vulgariser des opérations qui jusqu'à ce jour n'étaient pratiquées que par quelques chirurgiens, accusés souvent de trop d'audace, et de témérité intéressée.

Arthur Vallée.

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