‹ Collection de documents inédits sur le Canada et l'AmériqueChapitre 93 sur 292 · Archives de la NouveHe-Écosse, p · texte numérisé non relu

Archives de la NouveHe-Écosse, p

de la reconnaître, se regardant comme les seuls maîtres du pay^^

et disant que s'ils avaient permis aux Français de s'y établir,

i c'était par pure bonté et parce que les Robes Noires leur avaient

^ I montré la lumière de l'Evangile. Ils menaçaient même les

Acadiens de leur inimitié, s'ils consentaient à prêter serment. ^

La présence du P. Justinien à Louisbourg en de telles circonstances fit craindre à Philipps de nouvelles complications, d'autant plus qu'au moment de son départ ce père lui avait écrit une lettre dans laquelle il lui annonçait qu'il quittait la province pour n'y plus revenir. Il allait donc être libre de ses actions, il. irait peut-être même jusqu'en France porter au pied du trône les réclamations des Acadiens. Philipps crut donc prudent de dissimuler sa colère, et se hâta d'écrire au père Justinien une lettre fort obligeante, dans laquelle il tâchait de l'adoucir et l'invitait à venir reprendre son poste. Quand on a sous les yeux les invectives que le même Philipps écrivait, en ce moment-là même, à Londres, contre les missionnaires, il est plaisant de voir avec quelle déférence, quelle obséquiosité il traite le P. Justinien, dont il se souscrit le sincère ami, ^

Philipps, qui tenait à ne pas se brouiller avec Saint-Ovide de Brouillan en un moment où la France et l'Angleterre étaient dans les meilleurs termes, et qui redoutait en même temps son intervention en faveur des Acadiens, lui écrivit, vers le même temps, pour lui expliquer sa conduite. Il lui représentait les ■ » ordres qu'il avait reçus de la Cour, et le priait d'engager les Acadiens à la soumission, aj outant que s'il survenait des troubles, il les attribuerait à ses conseils, et que la responsabilité en retom-

1. M. de Costebeile marque, que '* quelques démarches que les Anglois aient pu faire pour se concilier ces nations (les Sauvages) ils n'ont pu en venir & bout." Le Sieur Capon lui a même avoué qu'ayant été député vers elles pour leur insinuer de reconnoître le roi d'Angleterre et souffirir qu'il fût proclamé parmi eux dans une assemblée publique, ils n'avoient jamais voulu (le) souffrir, et lui avoient répondu qu'il n'y avoit point d'autre roi qu'eux sur leurs terres, et que s'ils souffroient les François ce n'étoit cju'en considération de ce que le roi étoit leurpëre, les ayant mis dans la véritable voie du salut et de l'évangile.

" Qu'ils continuent à ne vouloir souffrir aucuns nouveaux établissements anglois sur la côte de l'Acadie et aucun de leurs bâtiments n'ose plus mouiller

dans les ports ni rades foraines fréquentés par les Sauvageo Tous ces

Sauvages reconnoissent le Sieur Gaulin pour leur Missionnaire.

*^ Nota. 11 est canadien et du Séminaire des Missions étrangères établi en Canada ; il est brave et a fait la guerre avec ces Sauvages contre les- Anglois."— Ctwweti de Mariney 28 mars, 1716.

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