Archives de la NouvéUe-Écosse, p
8EBMENT d'ALLÉGEANOE 423
berait sur lui. ^ Saint-Ovide de Brouillan lui répondit avec autant de fermeté que de raison :
'' L'inaction, dit-il, dans laquelle ces peuples sont restés jusqu'à présent, ne peut ni ne doit leur être imputée à crime tant par rapport au défaut des secours essentiels à leur transmigration que par les obstacles que les gouverneurs généraux et particuliers qui vous ont précédé y ont mis.
'* Je ne puis non plus me dispenser, Monsieur, de vous exposer que les deux clauses de votre Proclamation qui concernent le terme et les circonstances de leur évacuation, me paraissent peu conformes aux assurances de bienveillance qu'ils avaient de la part de la Cour d'Angleterre, surtout après un traité et une convention de bonne foi entre la feue reine Anne et le roi Louis quatorze de glorieuses mémoires, traité qui a été exécuté en entier de la part de la France et en partie de la part de l'Angleterre.
" Vous n'ignorez pas, Monsieur, que par cette convention le sort des habitants de l'Acî^die était et devait être le même que celui des habitants de Plaisance ; on ne peut rien ajouter à la gracieuseté et à la bonne foi avec lesquelles s'est traitée cette évacuation, et j'aurai l'honneur de vous représenter que rien ne pourrait être plus dur que l'extrémité, ou pour mieux dire l'impossibilité à laquelle se trouveraient réduits ces pauvres peuples, si vous ne vouliez vous relâcher en rien du temps que vous leur accordez et de la manière dont vous exigez leur sortie.
" En vérité, Monsieur, ce serait leur faire sentir bien faiblement les effets de la bienveillance royale du roi Votre Maître, que vous leur faites valoir avec tant et de si justes titres dans votre Proclamation, et dont ils avaient de si heureux préjugés par le traité et la convention dont vous ne pouvez ignorer ni les clauses, ni le poids.
" Je suis persuadé, Monsieur, qu'en considération de cette sincère, indissoluble et inviolable union qui se trouve entre les roys nos mattres et leurs états, vous ne refuserez pas l'attention convenable à la représentation que j'ai l'honneur de voub faire,et que trouvant à l'avènement à votre gouvernement l'heureuse occasion de faire valoir la forte inclination que vous me protestez avoir de vous y conformer en tout ce qui pourra dépendre de vous, vous me donnerez les occasions d'y répondre