L. KE. DeEssarpixs
Document N° OX.
Moutréal, 1£ Novembre ISS9.
MM. les Docteurs d'odet D'orsennens, Hingston et Desjardins.
Monsieurs.
J'ai l'honneur d'accuser réception de votre lettre du 13 courant. Elle ne m'a été remise qu'a midi. Un de votre Comité, M Hingston, m'a demandé, par le téléphone, une réponse pour ce soir. Une réponse adéquate à des questions aussi vastes, demande tout un mémoire, il m'est impossible de la rédiger à si bref délai. Comme ces éclaircissements sont pour vos confrères, vu que vous-mêmes, guidés par la prudence qui à dicté votre conduite depuis nos premières entrevues. avez demandé et accepté la solution à tous ces doutes, je répète ici l'offre que j'ai fait faire à l'Ecole par M' Desjardins, savoir: d'en rencontrer tous les membres dans une assemblée général. Les dissidents pourront y amener leur avocat, J'irai seul. Je me flatte de pouvoir y contenter tout le monde de bonne volonté. Vous me dites que plusieurs de vos collègues m'accusent d'avoir dépassé les limites de mes pouvoirs, mais en quoi? Ce n'est pas tout d'accuser, mais encore faut-il prouver. Il est évident que la politique de ceux qui veulent faire manquer l'union, est de soulever des doutes, de sup-
poser la ruse chez moi et le manque de perspicacité chez vous. On
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feint d'oublier le point principal, c'est que vous avez gardé deux ans pour résoudre tous les doutes, assurer tous les intérèts, prévenir tous les malentendus et régulariser tout ce qui pourrait paraitre irrégulier aux uns comme aux autres. On s'échauffe comme si dès à présent l'Union était définitive, et que, dans deux ans, le Ciel devait infailliblement tomber sur la tête de ceux qui se seraient laissés prendre comme dans une ratière. J'avoue que vous êtes de trop grosses captures pour mon piége; et vous admettrez, de votre côté, qu'il est impossible d'apporter plus de franchise et d'honnèteté que je ne l'ai fait dans cette matière.
Croyez que je demeure avec une haute considération, Messieurs, votre très-devoué serviteur.
J. B. Prourx prétre.
Document N° CNE.
Montréal, 15 Novembre 1889.
A MM. les Professeurs de la Faculté de Medécine.
Monsieur,
Vous ètes prié d'assister à une assemblée de la Faculté de Médecine de l'Université Laval à Montréal, qui aura lieu demain, à 5 hrs P. M. au Cabinet de Lecture paroissial, pour affaires importantes et pressantes.
Par ordre du Vice-Recteur.
J,. Usarn Ever Secr,
Document N° CNIL.
Montréal, 16 Novembre 1S89.
M. le D. Ls. Ed. Desjardins, Professeur de la Faculté de M. Monsieur,
En réponse à votre demande par le téléphone, je ne puis ni ne veux exiger de vous que vous mettiez de côté des affaires déjà arrè-
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tées pour assister à notre assemblée de ce soir. Seulement je dois vous dire qu'il y sera traité de la question peut-être la plus importante qui se soit présentée depuis notre union.
Personnellement, je serais on ne peut plus heureux qu'il vous fat possible d'y assister.
Croyez que je suis, avec une haute considération, Monsieur,
Votre tout dévoué serviteur.
J, B. Prourx, Prôtre.
Document N° CEE.
16 Novembre 1SS9.
Messieurs de la Faculté de Médecme,
Voici ce que les circonstances graves du moment me forcent de soumettre à votre délibération :
Vu que Mr le D" JF. A. $. Brunelle à refusé d'accepter le document le nommant professeur titulaire de l'Université Laval à Montréal et, par là, d'accepter les conditions de l'Union consentie par la majorité de ses collègues de l'Ecole de Médecine et de Chirurgie, et par la totalité des anciens professcurs de la Faculté de la dite Université ;
Vu que, après avoir eu un laps de temps considérable pour revenir sur son refus, il juge à propos de n'en rien faire ;
Vu que MM. les Dr L. B. Durocher et E, A. Poitevin, après avoir accepté le document les nommant Professeurs titulaires de l'Université, ont cru devoir le renvoyer, rejetant par là les conditions de l'Union ;
Vu que ce dualisme dans l'enseignement entretient chez les élèves un sentiment d'incertitude, de malaise, de mécontentement et de dissipation qui rend les études excessivement difficiles, pour ne pas dire impossibles ; |
Vu que cette dissidence de trois professeurs constitue un état de choses qui, par sa prolongation, devient irrégulier ;
Pour toutes ces considérations et raisons, il est demandé :
1,0 La Faculté de Médecine de l'Université Laval à Montréal, composée tant des anciens Professeurs de la Succursale Laval que des
F'rofesseurs de l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal qui ont reçu leur titre, peut-elle permettre plus longtemps aux trois docteurs dissidents, MM. L. B. Durocher, J. A. S. Brunelle et E. A. Poitevin d'enseigner dans son sein, sous les conditions actuelles ? 2,0 Si non, quelle mesure ou quel parti va prendre la Faculté ? 3,0 Quand la Faculté va-t-elle mettre à exécution la décision qu'elle aura prise ?
Atterdant une réponse, je demeure avec une haute considération, Messieurs, votre tres-dévoué serviteur.
J, B. Prouux, Prétre, N. B. — Après de longues délibérations, la réponse aux trois demandes
précédentes fut remise d'abord au 18, puis au 25 du mois de Novembre. On la trouvera au Document N° CXXIII.
Document N°: CIN.
N. B. — Le 15 novembre, je rencontrai tous les membres de l'Ecole de Médecine, réunis dans une des salles de leur institution. Les dissidents n'avaient pas amené leur avocat; mais M. le D.® Brunelle avait préparé une longue liste de questions où d'objections, à ce qu'il me parut, bien définies et subtiles. La séance dura trois heures. La discussion fut généralement calme u À et sérieuse. Seulement, pour un moment, quelqu'un s'échappa à dire «qu'il
ne voulait pas d'ingérence épiscopale dans l'enseignement de la médecine, ni de la sublilisation des biens de l'Ecole par l'Archevèque de Montréal, ni de l'accaparement de l'éducation universitaire par les Sulpiciens, ni de ces simaerces telles qu'on en avait faites à l'Eglise Notre-Dame lors de la cérémonie religieuse qui eut lieu à l'occasion de l'ouverture des cours, » Toutefois, je suis
\ | persuadé que ce Monsieur s'est laissé emporter, contre toute préméditation, BE. hors des limites de la modération, par l'entrain de sa conviction et la chaleur | de son débit, | Je répondis au long aux quatre questions qui m'avaient été posées par
| les membres du Comité dans leur lettre en date du 13 novembre. Je donne | ici le résumé de ces réponses,
Cependant je dus commencer par faire remarquer que l'on parlait beaucoup, en certains quartiers, de mes promesses, mettant en doute leur compétence et leur validité, comme si j'en eusse fait un grand nombre, «Je n'ai fait, messieurs, que deux promesses: la première, que le Conseil Universitaire
ratifierait le projet d'Union tel que signé entre les membres de l'Ecole de Médecine et les membres de la Faculté de Médecine de l'Université Laval à Mon-
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