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plus grands personnages du 1 7^ siècle , et des écrivains renommés d'alors , qui se recommandent on ne peut pas moins par la correction grammaticale et orthographique. Or il en fut ainsi des lettres originales de Poussin.
Ce grand peintre séjourna 17 ans à Rome, avant d'avoir été appelé à Paris, où il passa un peu moins de deux années. D vécut le reste du temps à Rome ; en tout 4o ans. Il s'étoit familiarisé avec la langue italienne, au point d'éprouver cette espèce d'oubli de la langue natale , qui fait que , par un mélange involontaire des deux idiomes , on parle peu correctement l'un et l'autre. Les lettres de Poussin sont donc remplies d'idiotismes italiens, dont plusieurs ou ne sauroient être entendus hors de l'Italie, ou souvent font entendre le contraire de ce que signifie le mot françois auquel ils semblent correspondre.
On ne doit pas douter non plus que dans les lettHPes originales, l'orthographe d'un grand nombre de noms propres n'ait été dénaturée.
Mais la copie sur laquelle on a imprimé, n'a pu encore qu'augmenter le nombre de ces incorrections. C'est ce qui arrive dans toute copie, «t c'est ce jqu'a prouvé surabondam-
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ment la seconde transcription qu'on a eue sous les yetix, qni, bien que d'un caractère mieux form^ , fourmille de ces sortes de méprises.
Il y auroit donc eu une sorte de perfidie, dans une fidélité qui auroit fait un devoir d'imprimer , en manière de fac simile , les lettres de Poussin.
A l'égard du style, on l'a déjà dit, il écrivoit bonnement, simplement, avec un fort bon fonds d'idées claires et justes, avec des formes très-naturelles. Mais on n'a pas cru manquer davantage à la fidélité, en dégageant quelquefois ses phrases de tournures embarrassées , en substituant le mot propre en françois, au mot qu'on n'auroit pas entendu, en usant d'une ponctuation qui rend le sens plus clair, en changeant parfois le temps des' verbes pour rétablir leur accord avec les noms , toutes choses qui n'altèrent en rien la véracité , l'authenticité , la légitimité du texte , et qui ne sont , par le fait , que des corrections typographiques, dont tout manuscrit a plus ou moins besoin.
Ajoutons que ce sont des^ égards plus particulièrement dus à l'écrivain, qui laîssoit cou-
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rir sa plume avec toute la négligence de la familiarité épistolaire; à< l'écrivain qui a dit lui-même , dans une de ses lettres : Tai "vécu ai^ec des personnes qui ont bien su ni entendre par mes ouvrages, n étant pas mon métier de savoir bien écrire.
Du reste, s'il restoit auprès de certains lecteurs le soupçon de quelque altération , qui pût attaquer le fond des choses , le manuscrit déposé à la bibliothèque de l'Institut, sera toujours communiqué à ceux qui voudront y éclaircir leurs doutes.
On ne s'est point proposé, et on se plaît à le redire, de donner ici une histoire de Poussin, ni même le moindre essai sur sa vie.
Outre qu'il en a déjà paru en françois, sous la forme d'éloge ou d'article biographique, on a cru que l'objet principal de la publication de ces lettres , devoit être de fournir à de nouveaux historiens, des matériaux et des moyens que leurs prédécesseurs n'ont pas pu mettre en œuvre. Ce qui manque le plus souvent à de semblables histoires, c'est d'avoir été inspirées par la connoissance personnelle de l'artiste , de son caractère , de ses mœurs , de sa manière d'opérer, de penser et de ju-
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ger; enfin de ses opinions, de ses sentiments et de ses inclinations.
La lecture des lettres familières de Poussin, et l'étude qu'on y pourra faire de l'homme , considéré sous tous les rapports qui le font apprécier, et dans les différentes positions où il s'est trouvé; la o>onnoissance qu'il donne lui-même de ses goûts, de ses qualités mo^ raies, de ses habitudes, enfin les détails de sa correspondance , qui nous font , si l'on peut dire , entrer dans l'intérieur de sa vie privée ; tout cela mettra à même d'embrasser, avec plus d'étendue et de vérité qu'on ne l'a fait jusqu'à présent , les traits qui caractériseront et le peintre et ses ouvrages.
On voit d'après cela pourquoi, indépendamment de beaucoup d'autres raisons , une telle histoire n'est pas venue grossir ce volume. Très-probablement elle auroit été trop longue ou trop courte.
A la suite des lettres de Poussin on a placé quelques notes. Elles ont pour objet d'offrir, sur les événements dont il est question dans cette correspondance, et sur les personnes qui y sont nommées, des renseignements, sans lesquels l'intérêt qu'elle doit exciter s'affoibli-
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roit peut-être beaucoup. Les événemeiits sont aujourdTiui assez éloignés pour que l'indication rapide, ou la simple allusion qu'offrent les lettres d'un contemporain, ne suffise pas toujours, pour les rappeler à la mémoire même la plus riche et la plus sûre ; quant aux personnes, il s'en faut que les noms de toutes celles dont parle Poussin aient joui jusqu'ici de l'espèce d'immortalité que sa correspondance leur assure désormais : pour les uns comme pour les autres, on a voulu épargner au lecteur des recherches qui sont toujours fatigarytes, lors même qu'elles ne sont pas infructueuses.