‹ Collection de machines, instrumens, ustensiles, constructions, appareils, etc., employés dans l'economie rurale, domestique et industrielleChapitre 21 sur 75 · TOME · texte numérisé non relu

TOME

16 d. m. (5 pi.) Le versoir B a 37 c.m. (13 po.) de hauteur dans sa partie antérieure, et 43 ( 16 po. ) de longueur à sa partie supérieure ; il est fixé avec des boulons contre le manche et les autres parties de la charrue. Le soc C a une longueur totale de 50 c. m. ( 18 po.); il se replie sur les deux bords de sa partie postérieure, à prendre de l'angle formé par le tranchant, et présente nne douille qui recoit l’extrémité du cep K.. Celui-ci a 55 c. m. (20 po.) de longueur. Le soc vient se réunir aux pièces H, I; K. La première, qui est en fer, se recourbe sur le versoir, et forme un angle aigu, ainsi qu’on l’a indiqué à la lettre M, fig. 2. La lettre L représente un tenon qui traverse la flèche et la réunit au cep. Le coutre D passe dans une mortaise de la flèche, et recoit un degré d’inclinaison convenable au moyen d’une tige de fer à boulon. La fig. 3 représente la charrue écossaise dessinée en perspective. Elle porte à l'extrémité de sa tige un étrier F qui sert à contenir une chaîne G. Le palonnier se rattache au crochet qui se trouve à l'extrémité de celleci. On adapte plus communément à l'extrémité de la flèche, au lieu de l’étrier, une bride de fer, au moyen de laquelle la ligne de tirage peut être élevée ou abaissée, ou être portée à droite ou à gauche. Le coutre D doit former un angle de 45 degrés avec le cep et un angle droit avec la ligne de tirage. Toutes les parties de cette charrue, si l’on en excepte la flèche et les manches, sont construites en fer battu et en fonte. On en fabrique même en Angleterre qui sont entièrement en fer.

PLANCHE VL

Fig. 1, 2 et 3. Charrue légère. Cette charrue est considérée comme la meilleure de celles qu’on emploie pour labourer la terre entre les rangées des plantes disposées à une égale distance de 6 d. m., ou plus; tels que les pommesde-terre, les choux, les maïs, les betteraves, etc. Lorsque l'instrument est destiné à rejeter la terre du milieu des rangées sur le côté des plantes, on le construit avec deux versoirs; on ne lui en donne au contraire qu’un, lorsqu'on veut enlever laterre qui borde les deux rangées, pour la porter au milieu de l'intervalle qui les sépare. Cette charrue est employée dans les sols tenaces, au lieu de la houe à cheval, qui serait trop faible pour bien ameublir la terre dans cette espèce de terrain. Elle est composée d'un double manche À, fig. 3, lié par une verge de fer, d'une âge B, d’une semelle en fer qui s’'ajuste au soc F, d’une petite bande de fer C, qui, étant sujette à s'user, peut se changer au besoin. Le versoir G, fig. 2, est recouvert par une forte plaque de tôle contre laquelle s’appuie le coutre E; le côté opposé au versoir est garni par une lame en fer H, fig. 1, qui repose sur la bande D. La lettre I indique un tenon qui unit l’âge à la semelle, et la lettre K un crampon qui sert à arrêter un arc -boutant à charnière, au moyen duquel on donne plus ou moins d’écartement au versoir. L, boulon qui

traverse l’âge, le manche, et les unit avec la semelle ou cep. M, cep de la charrue.

Fig. 4. Charrue taupe. Cet instrument a été imaginé en Angleterre pour dessécher les terrains trop humides; il est composé d’une âge traversée par un montant en fer qui fait l'office de coutre, et qui porte à son extrémité inférieure une pièce de bois À ronde, un peu conique, et taillée en biseau à sa partie antérieure. On la hausse ou on la baisse à volonté, au moyen d’une cheville qui traverse l’âge, et on forme ainsi les trous souterrains plus ou moins profonds. Elle est précédée d’une roulette en fer qui sert à couper les racines des plantes et à faciliter le passage du montant. L'âge porte à sa partie antérieure une petite roue qu’on peut élever ou baisser, selon la profondeur à donner aux trous ou tranchées qu’on veut pratiquer sous terre. On emploie quelquefois un avant-train au lieu d’une simple roue.

Les eaux du terrain se rendent dans les tranchées ou rigoles formées par cet instrument, et elles s’écoulent suivant la pente du terrain et la direction qu’on leur a donnée : on ne peut établir ce moyen d'écoulement pour les eaux que dans les prairies ou les champs dont le sol est assez compacte pour ne pas s’ébouler, et pour conserver pendant un certain temps les cavités formées par la charrue.

PLANCHE VIL

Fig. 1,2. Charrue perfectionnée par M.F.E.

Molard. M. Molard, qui a établi à Paris un atelier d'instrumens aratoires, où l’on trouve les meilleurs instrumens français et anglais, a combiné cette charrue de manière à la rendre propre à exécuter les labours avec tout le perfectionnement qu’on peut désirer dans ce genre de travail. La fig. 1 représente la charrue vue du côté opposé au versoir, et la fig. 2 la fait voir par-dessus ou à vol d'oiseau ; elle se com-

pose d'un corps de charrue À en fonte de fer, d'un versoir B également en fonte, d’un soc C pareillement en fonte, d’un coutre O mis en position au moyen d’un coin et d’un anneau de fer; elle a deux manches en bois; l’un E s’appuie sur la semelle avec deux boulons à écrous, dont le plus long H traverse l’âge, le manche et la semelle ; l’autre manche F s'adapte contre un des côtés de l’âge. Une barre de fer I sert à maintenir avec plus de solidité le manche gau-

che contre l’âge ou flèche; le cep est désigné par la lettre G. L’entrure du soc est réglée par une roue en fer K, qu'on peut hausser ou baisser à volonté, et placer d’après la ligne de tirage. L indique une bride ou régulateur qui

permet de donner à la charrue une direction plus ou moins forte vers la droite ou vers la gauche. Cette charrue est dessinée sur un douzième de sa grandeur.

PLANCHE VIII

Fig.1. Houe à cheval simple. Elle sert à buter les pommes-de-terre et autres plantes semées par rangées; elle porte une semelle de fer dont la pointe se courbe en avant, et fortifie la partie antérieure des versoirs; le régulateur placé à l'extrémité de l’âge permet de donner au soc plus ou moins d’entrure. Cet instrument porte

aussi le nom de cultivateur: son action remplace les travaux à la main qui se font dans les champs pour le binage des plantes, et il apporte une grande économie dans la main d’œuvre.

Fig. 2. Cultivateur. Vu par-dessous.

Fig. 3. Le même. Vu par-derrière.

PLANCHE IX

Fig. 1 et 2. Charrue à deux wersoirs. La première figure représente la charrue à vue d'oiseau ; et la fig. 2 l'indique dessinée sur le côté. Cet instrument est caractérisé par deux versoirs, dont les extrémités s'écartent ou se rapprochent à volonté, au moyen de deux quarts de cercle, percés de trous, qui se fixent avec une cheville en fer. On écarte ou on rapproche les versoirs, selon qu’on veut rejeter la terre de la raie à une plus ou moins grande distance sur les côtés. Cette charrue est employée au lieu du cultivateur ordinaire, ou de la houe à cheval, lorsqu'il s’agit de donner un fort butage, ou plusieurs butages de suite aux plantes disposées par rangées, surtout lorsqu'il s'agit d'élever la terre à une grande hauteur au-dessus du fond de la raie. Elle est principalement destinée à la culture des choux et des pommes-de-terre. On l’emploie aussi pour tracer dans les champs des rigoles pour l’écoulement des eaux pluviales, et même pour former des fossés.

Fig. 3. Extirpateur. Cet instrument est généralement adopté en Angleterre à cause des grands avantages qu’il présente pour la culture de la terre. Il est principalement utile pour la destruction des herbes nuisibles, dont il coupe

les racines et empêche la germination. C'est pour cette raison qu’on s’en sert principalement pour donner le labour qui doit précéder les semailles. Il remplace souvent les labours, et a l'avantage d’expédier l'ouvrage dans les momens de presse, puisqu'il marche aussi vite que la herse, et produit par conséquent une grande économie. Il conserve, à la partie inférieure du sol, l'humidité si nécessaire à la végétation, surtout dans les terrains légers. 11 s'emploie très-utilement sur les terres en jachères : on le fait passer sur les pommes-deterre et autres semences avant qu’elles ne sortent de terre. Enfin il est très-propre à ameublir la terre dans une profondeur de 3 à 8 c. m. (1 à 3 po.) On peut le construire dans une dimension assez grande pour qu’il embrasse dans son travail une largeur de 2 mètres : dans ce cas, il est armé de 11 socs, 5 sur le devant et 6 sur le derrière, en face du point qui correspond au milieu des précédens; de sorte que le sol se trouve entièrement remué par ces onze socs. Ils sont bombés, et portent une tige au sommet de laquelle est un pas de vis et un écrou, qui sert à les fixer sur Le châssis, ainsi qu'on le voit aux lettres À, B, C. La première lettre indique le soc avec son montant

vu par côté ; la lettre B, le même vu par côté, et la lettre C, le soc vu par-dessus. Ce châssis porte deux manches, qui servent à diriger l'instrument, et une flèche avec son avant-train. On fait des extirpateurs qui n’ont que sèpt dents placées sur deux rangs, et d'autres qui en ont cinq sur la même ligne. Ils remuent le terrain sur une largeur d’un mètre. Ces instrumens offrent une si grande économie et de si

grands avantages dans une exploitation rurale, qu'il serait à désirer que l’usage en devint général. On peut avec le grand extirpateur produire autant de travail au moyen de quatre chevaux , qu’on en obtient avec six charrues à deux chevaux : c’est un excellent instrument pour détruire les herbes parasites si nuisibles aux récoltes. M. Gegg d’Hertfordshire en est l'inventeur.

PLANCHE X

Fig. 1 et 2. Charrue à creuser les rigoles.

Elle est composée d’un double coutre d'une seule pièce avec le soc : celui qui est indiqué par la lettre B s'élève presque à la hauteur de la flèche, et s'appuie contre le versoir. Le second C est isolé, et n’a que la moitié du précédent. Tandis que la terre est coupée horizontalement par le soc, et fendue verticalement par les deux coutres, elle s'élève sur le plan incliné antérieur du cep E, et elle est rejetée sur le côté par le versoir. La fig. 2 fait voir le côté gauche de cette charrue. On adapte sur le devant de la flèche une roue mobile, au moyen d'un montant qui, jouant librement dans une mortaise, peut être élevé ou abaissé selon l’entrure à donner au soc.

Cette charrue est destinée à ouvrir des rigoles dans les prairies, soit pour les irrigations, soit pour l'assainissement. Elle détache une bande de terre large de près de 2 d. m. (7 po.), et de 15 à 30 c. m. (5 po.” à 11 po.) d'épaisseur.

Elle apporte une grande économie dans ces sortes de travaux; elle a été décrite dans l’ou-

vrage de l’habile agriculteur Thaer, traduit par un cultivateur non moins intéressant, M. Mathieu de Dombasle, ouvrage qui m’a fourni quelques-unes des charrues que j'ai insérées dans mon travail.

Fig. 3 et 4. Cultivateur à socs et à coutres. La troisième figure représente le profil, et la quatrième le plan de cet instrument. Il a une formeangulaire dont la pointe porte un fortcoutre, auquel s'accroche le palonnier. Les deux pièces de bois qui forment les côtés servent de manches à leur extrémité. Elles sont unies par trois tenons mobiles qui leur permettent de se rapprocher ou de s’écarter. Elles portent chacune cinq coutres et deux socs dans leur partie postérieure. Ces deux coutres ont la forme d'un angle droit, tandis que celui de la pointe présente un angle aigu. Cet instrument est employé en Angleterre pour cultiver la terre entre les rangées des plantes. Les socs soulèvent le sol; les coutres le divisent, et arrachent le: chiendent et les racines des autres plantes.

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