‹ Collection de machines, instrumens, ustensiles, constructions, appareils, etc., employés dans l'economie rurale, domestique et industrielleChapitre 27 sur 75 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

en Normandie et dans d’autres départemens.

Fig. 2. Moulin à auge cireulaire pour le cidre. L’auge circulaire B, dont le grand diamètre est de 4 à 5 mètres ( 12 à 15 pi. ), est construite en pierres de taille creusées à la profondeur de 35 c. m.(13 po.), et dans une largeur de 45 c. m. (17 po.) à la partie supérieure, et de 26 à 27 (9 à 10 po.) dans le fond, Cette auge, nommée pile, est construite quelquefois avec des pièces de bois rapportées; et dans ce cas la meule est en bois. La meule A en pierre doit avoir 1 mètre 3 d. m. (3 à 4pi.) de diamètre sur 22 c. m. (7 po.) Elle est traversée par un levier, à l’une des extrémités du-

quel on attelle un animal, tandis que l’autre extrémité se trouve fixée dans un arbre vertical qui tourne sur son pivot au centre du moulin, et sur son tourillon fixé au plancher supérieur. Un rabot en bois B, attaché au levier de la meule, suit la marche de celle-ci, et fait retomber le marc au fond de l’auge, à mesure qu'il se répand sur les côtés. On a donné la vue perspective, le plan et la coupe de ce moulin, afin

de mieux faire concevoir sa construction. On

- en fait usage en plusieurs lieux de la France.

Souvent on forme avec des planches, dans le centre de la pile, des cases ou divisions, dans lesquelles on met les pommes, qu'on sépare ainsi d’après leurs qualités, pour les faire entrer en proportions déterminées dans la confection du cidre.

PLANCHE VII

Fig. 1. Chevalet pour travailler le bois. Cet instrument, dont font usage les tonneliers et les layetiers ‘est fort utile dans une ferme pour exécuter différens ouvrages en bois. Il est composé d’une forte planche, soutenue par quatre pieds, et au-dessus de laquelle se trouve une planche inclinée B, fixée sur deux appuis, dont l’un C est plus élevé que l’autre. On pratique dans le banc et dans la planche inclinée un trou longitudinal, à travers duquel on fait passer une tige en bois, qui porte une cheville à sa base, et une forte entaille à son sommet A. Elle doit être suspendue par une autre cheville, qui la traverse ainsi que le banc, de manière à ce qu’on puisse élever ou baisser sa tête à volonté. À cet effet l’ouvrier, qui est assis à cheval sur le banc du côté C, fait entrer dans l'entaille la pièce de bois qu’il veut travailler, la presse et la maintieni fixe, en appuyant ses pieds contre la cheville inférieure.

Fig. 2. Chevalet à corde pour scier le bois.

Il suffit, pour faire ce genre de chevalet, de prendre une forte pièce de bois, de former une entaille À à l’une de ses extrémités, d’équarrir les deux côtés de cette entaille et d'y clouer deux forts bâtons B, C, qui servent en même temps de pieds au chevalet, et d'appui à la bàche qu’on veut scier. Après avoir posé celle-ci à l'extrémité supérieure du chevalet, on l’assujétit au moyen d’une corde qui, étant fixée à la partie B, vient passer au-dessous du chevalet où elle est retenue par une cheville O, remonte de là sur la bûche, se tourne autour d’une

cheville placée en E, et retombe du côté opposé avec le poids F qu’elle porte à son extrémité. Cette machine, usitée en Angleterre, est solide et peu dispendieuse.

Fig. 3. Chevalet à contre-poids pour scier Le bois. Ce chevalet, qui soulage beaucoup le travail de l’ouvrier, est originaire de Russie, d’où il a passé en Allemagne. Les avantages dont il jouit en ont fait adopter genéralement l'usage dans le nord de cette contrée. Un homme débite par son moyen presque autant de bois que deux pourraient le faire; l'action du sciage devient plus aisée et moins pénible; car il suffit que la main, sans avoir besoin d'appuyer, fasse le mouvement de va-et-vient; d’ailleurs un seul ouvrier peut scier des pièces de bois qui exigeraient l'emploi d’une scie à deux mains. Cet instrument mérite donc d’être adopté parmi nous. Celui dont nous allons donner la description est établi sur de grandes proportions; il sera facile de les réduire. Ce chevalet est construit comme celui dont on fait usage en France pour scier le bois à bràler, excepté que deux des pièces qui forment les chevrons s'élèvent au-dessus des autres, ainsi qu’on le voit en A. Elles ont trois mètres (9 pi. ) de long, tandis que les deux autres n’ont que 18 d. m.(5 pi. %). Sa hauteur, au point où ces deux pièces se réunissent, est de 9 à 10 d. m.(3 pi.); on peut régler cette hauteur d’après la taille de l'ouvrier qui doit faire le sciage. Les traverses qui unissent les chevrons ont 7 décimètres (2 pi. 2 po.) On établit, au sommet de la partie la plus éle-

vée des chevrons, une traverse qui se meut sur ses deux axes lorsqu’on exécute avec la scie le mouvement de va-et-vient; de sorte que le billot B, qui donne une pression sur la scie, s'élève ou s’abaisse; action qui se produit au moyen d'un montant C, lequel s'attache à la queue de la scie D, et forme avec elle un angle droit. Ce montant a un mètre et demi de long; il est percé de trous , ainsi que la queue de la scie, afin de pouvoir, au moyen d’une cheville, élever ou abaisser la scie, l’avancer ou la reculer. La pièce de bois B doit avoir une pesanteur proportionnée à la pesanteur qu'on veut produire sur la scie.

Fig. 4. Romaine pour peser les voitures, les bestiaux, etc. Cet instrument, qui est employé en Italie pour peser les voitures chargées, pourrait être d’un bon usage dans une ferme où l’on voudrait se rendre compte du produit de ses récoltes, du poids des bestiaux, etc.

Pour construire cette romaine, on fixe dans la muraille d'un bâtiment une forte solive C, que

l’on soutient au moyen d’une potence D; on attache au-desous de celle-ci un anneau de forme allongée dans lequel passe l'extrémité du levier de la romaine E; l’autre extrémité, qui est soutenue par un crochet fixé au bout de la solive, porte quatre chaînes, avec lesquelles on attache la voiture, de manière à pouvoir la soulever. On établit, au niveau d’une fenêtre À, un plancher avec des solives, qu’on fixe dans la muraille. Lorsqu'on veut peser une charrette, on la saisit avec les chaînes qu'on fail passer au-dessous, et qu’on réunit au moyen d’un crochet qu’elles portent à leur extrémité. Un homme placé sur le plancher suspend au crochet qui se trouve à l'extrémité du levier les poids nécessaires, et il trouve sur les marques qui y sont gravées la pesanteur de l’objet. On pourrait peser des animaux, en les enlevant au moyen de sangles, ainsi que cela se pratique lorsqu'on veut les mettre à bord des bâtimens.

PLANCHE VIIT.

Fig. 1. Chevalet pour soulever les fardeaux.

Il est composé de deux principales pièces de bois liées à leurs extrémités par deux traverses, et soutenues par deux autres pièces de bois moins longues. 11 porte à sa partie supérieure un treuil auquel on fixe la corde qui doit servir à enlever le fardeau. En tournant le treuil avec les deux leviers qui passent dans son axe, on soulève les objets qu'on veut enlever. On adapte à la traverse supérieure un cliquet qui porte sur le pignon du treuil, et l'empêche de tourner en sens contraire. Usité en Suède.

Fig. 2. Pressoir à huile. Il est fait de deux madriers À, qui sont traversés à leurs extrémités par des vis à écrou, D, D, C, C.On a représenté le profil et le plan de ce pressoir. La roue B, qui sert de levier, est fixée sur l’axe de la vis, de manière que les deux madriers doivent se rapprocher ou s’écarter, selon le sens dans lequel on la tourne. On place entre

les deux madriers un cylindre creux E, de 13 d. m. (4 pi.) de diamètre sur 30 (9 pi.) de longueur; et après l'avoir rempli avec les graines dont on veut extraire l'huile, on adapte à ses deux extrémités deux petits cylindres pleins, qui produisent la pression des graines, à mesure qu'ils sont poussés par le rapprochement des madriers. On en fait usage en Hongrie.

Fig. 3. Presse à tabac. Elle est employée en Amérique pour comprimer les feuilles de tabac dans des tonneaux. On peut la faire servir à d’autres usages économiques. On plante en terre un fort poteau auquel on adapte, au moyen d’une cheville, un levier qui peut se baisser ou se lever. On donne la pression en fixant à l’extrémité du levier un poids qu’on soulève, lorsqu'il est nécessaire, au moyen d’une chaîne attachée à l'extrémité d’un levier ou bascule, laquelle est soutenue par une pièce de bois plantée en terre.

PLANCHE IX

Fig. 1. Moulin à moudre le riz. La grande quantité de riz cultivé dans le royaume de Valence a conduit les habitans au perfectionnement des moulins nécessaires pour séparer le grain de son enveloppe. Celui dont on fait usage dans ce pays est bien supérieur à ceux d'Italie, et il remplit d’une manière plus parfaite et plus prompte l’opération qu’on se propose.

il est mû par une roue horizontale À, figurée sous le numéro 2. Cette roue est formée par une pièce de bois creusée en huit divisions qui reçoivent le mouvement par un courant d'eau horizontal. Le pivot de la roue tourne dans une crapaudine qu'on fixe au milieu du support B. Ce dernier repose sur une assise en pierre C, par l’une de ses extrémités, et il est soutenu à l’autre extrémité par un montant D qui traverse la voûte sur laquelle le moulin est posé, et que l'on élève ou que l’on abaisse au moyen de coins placés dans la mortaise E, et selon que l’on veut exhausser ou abaisser la meule supérieure I, L. La roue à eau reçoit au centre de son arbre une barre de fer F, assujétie avec des liens également en fer. Cette barre traverse la meule inférieure G, et se fixe dans la fusée K, qui soutient la meule supérieure 1, L, et lui communique le mouvement de rotation. La meule inférieure en pierre est immobile et repose sur un massif.

Elle est percée à son centre d’un trou garni d'un cylindre de bois (voyez fig. 4), dans lequel tourne l'arbre de fer. On ajuste au-dessus de ce cylindre, et l’on cloue une rondelle de tôle du diamètre de 22 d. m., lorsqu'on craint que le riz ne s'échappe entre l’intérieur du cylindre et l'arbre. La meule inférieure est encadrée dans un châssis en bois (voyez fig. 4), et recouverte de plaques de liége H, H, H; celles-ci sont formées de pièces qui vont en s'élargissant du centre à la circonférence; elles sont maintenues par des planches de bois, ajustées aux quatre angles du cadre. Les pla-

ques de liége ont 26 à 27 c. m. (10 po.) de largeur vers la circonférence.

La meule supérieure 1, L, est d’un grès de couleur jaune, à grains moyens, très-serrés et très-durs. Elle est percée à son centre M pour laisser tomber le riz sur la meule inférieure, et elle porte une entaille (voyez fig. 3) qui reçoit la fusée K, au milieu de laquelle se fixe l'arbre en fer. Le diamètre de cette meule est de 73 c. m. (30 po.) et son épaisseur de 15 c. m. (6 po.) environ. Elle porte vers son centre une excavation M, dont le diamètre est de 4 c. m. (9 po.) Elle a, ainsi qu'on le voit dans le dessin, des rainures en arc de courbe tracées du centre à la circonférence, profondes d’un centimètre (7, po.), et distantes de 3 c. in. (14 lig.) On creuse aussi de petites rainures obliques et peu profondes qui croisent les premières. Quatre petites gaules, placées dans le trou de la meule, servent à chasser le riz à mesure qu'il tombe, et à le rejeter sur les plaques de liége. Elles doivent sortir un peu audessous de la meule supérieure, et s'appliquer sur la meule inférieure. Après en avoir attaché deux ensemble à leur partie supérieure, on les fait passer au-dessous de la fusée, l'une d'un côté et l'autre de l’autre, et on dispose les deux autres de la même manière.

L'espace occupé parles meules est recouvert d'un encaissement en planches N, élevé de 4 d.m.(15 po.) La lettre O indique la trémie destinée à recevoir le riz. On place au-dessous un petit auget P, auquel est attaché un morceau de bois Q qui porte sur la meule. I sert à agiter l'auget et à produire la chute régulière du riz.

Pour que le mondage du riz soit exécuté parfaitement, il est nécessaire que la meule supérieure tourne dans une situation exactement horizontale. Il faut à cet effet que l'arbre montant soit placé verticalement. On vérifie cette position en faisant entrer à l'extrémité supérieure de l'arbre une pièce de bois dont

la longueur égale le diamètre des roues. La position de l'arbre sera verticale, lorsque, en le faisant tourner, la pièce de bois conservera une égale distance sur tous les points de la circonférence, relativement à la meule inférieure. On peut donner aussi du parallélisme à la meule en calant la fusée avec des cartes.

Lorsque le riz sort de dessous les meules, on le vanne pour en séparer l'enveloppe et la poussière. On emploie pour cette opération le van fig. 5. On le passe ensuite dans un crible en peau dont les trous ont 6 m. m. (2 lig. %:) de diamètre, afin d’en séparer les grains qui n’ont pas été décortiqués, et on les fait passer de nouveau sous la meule. On termine le nettoiement du riz en le jetant, au moyen d’un van, à une distance de 7 à 8 mètres (20 à 25 pi.), de mauière que le riz lancé au loin forme un tas, tandis que la balle en forme un autre plus - rapproché de l’ouvrier. On sépare enfin les différentes qualités au moyen de cribles percés de trous d’un diamètre plus ou moins grand.

Les cribles moyens ont des trous de 3 m. m.

Trois meules en activité donnent uu produit, en riz mondé, de cinquante charges.

Fig. 2. La roue à eau. Ce genre de roue est généralement usité en Espagne.

Fig. 3. La meule supérieure vue en dessous avec ses tailles, avec la rainure qui sert à retenir la fusée.

Fig. 4. Meule inférieure, avec son encadrement. Elle est recouverte de plaques de liége que l'on taille, et que l’on ajuste les unes contre les autres. Elles se trouvent pressées et maintenues par le cadre et les planchettes qu’on assujétit aux quatre coins.

Fig. 5. Van pour nettoyer le riz. 11 est formé par un châssis en fil de fer, surmonté d'une trémie, et soutenu par deux supports qu'on rapproche ou qu’on écarte, selon qu'on veut donner plus ou moins d'inclinaison au van. Le châssis est long de 16 d. m. (5 pi.); les fils de fer dont il est garni sont écartés de 2 m. m.(r lig.)

k PLANCHE X.

Fig. 1. Moulin tournant sur deux bateaux.

Ce genre de moulin a ses avantages, toutes les fois qu’on a à sa disposition une rivière assez rapide pour mettre en mouvement une roue, et qu’on veut éviter la dépense des digues et des écluses. On établit le moulin dans un bateau d’une capacité suffisante, et on a un second bateau plus petit, qui sert à soutenir un des arbres de la roue, et qui porte un pont de communication; on lie ces bateaux l’un à l’autre, . et on les attache au rivage avec des chaînes : c'est ainsi que l’on établit les moulins à grain sur le Tibre, et sur d’autres rivières.

Fig. 2. Pont à 4 roues. Cette espèce de pont est usitée dans quelques rues de Naples, où les ruisseaux deviennent très-abondans par l'effet des pluies; ils sont formés par un plancher soutenu sur les essieux de quatre roues, et ont leurs deux extremités qu’on relève lorsqu'on veut les traîner d’un lieu à un autre, et qui

s'abaissent pour faciliter le passage; une traverse soutenue par trois montans sert de rampe pour les passagers; les ruisseaux sont quelquefois assez rapides pour qu’il soit nécessaire de fixer le pont avec deux chaînes accrochées à deux anneaux scellés dans le pavé de la rue.

Fig. 3. Presse à levierserrée par un cabestan. On fixe sur une longue pièce de bois fort épaisse deux montans dans l’un desquels est fixée l’extrémité d'un levier, tandis qu’elle est contenue dans l’autre, afin qu’elle ne puisse s’écarter ni à droite ni à gauche. (On n’a pas donnéassez d'élévation à ce dernier montant dans cette figure.) Après avoir élevé le levier, et avoir placé sur la pièce de bois les objets qu'on veut presser, on attache une corde à l'extrémité du levier, et on serre en tournant le cabestan, sur lequel s'enveloppe la corde.

Fig. 4. Pont à deux roulettes. C'est une planche avec deux petites roulettes, dont on fait

usage dans les rues de Paris, pour passer les ruisseaux grossis par l'abondance des eaux de

pluie; on emploie rarement le petit tréteau placé à l'extrémité opposée aux roues.

PLANCHE . XI

Fig. 1. Pressoir à coins. Il est composé de deux jumelles fixées en terre et liées par un chapeau à leur extrémité supérieure; une maie creusée en forme d’auge se trouve placée entre les deux jumelles; la pression s'opère au moyen d’une traverse À, que l’on fait descendre avec des coins BB, qui entrent dans une rainure pratiquée dans les jumelles. Avant de mettre däas la maie la substance qu’on veut presser, on pose les deux rouleaux C sur son fond, puis la planche D percée de trous; on recouvre la matière avec la planche B, et on presse après avoir placé des-billots de bois F. Usité en Suède.

Fig. 2. Pilons pour broyer l’ajonc. Cette machine, dont on fait usage dans quelques parties de l’ancienne Bretagne, pour hacher et broyer l’'ajonc, ulex europæus,consiste en deux ou trois solives qu'on plante en terre, qu’on adosse contre une muraille, et qu’on recouvre d’un toit en planches pour abriter, contre la pluie, l’ouvrier qui la met en activité. Les solives sont liées à leur sommet, et contenues par une traverse. Deux forts pilons coniques, armés à leur base de lames tranchantes, sont fixés à une pièce de bois qui est suspendue par une corde. L’ouvrier, debout sur cette pièce, et se tenant à la corde, fait descendre et monter alterna-

tivement les pilons, en penchant son corps tantôt à droite, tantôt à gauche, et broie ainsi l’ajonc qui est contenu dans une auge de bois circulaire. 11 a à côté de lui un crochet avec lequel il retourne l’ajonc sans avoir besoin de descendre. Il monte sur la machine au moyen d’échelons placés à l’une des solives.

Fig. 3. Moulin à moutarde. Le moulin est composé de deux meules en pierre, maintenu par un tambour en bois, et mis en mouvement au moyen d’un bâton À, fixé au plancher par l’une de ses extrémités, et par l’autre dans un trou pratiqué à la surface de la meule supérieure. La meule inférieure C repose sur le fond du tambour, tandis que la meule supérieure B tourne sur celle-ci. Cette dernière est percée d’un trou dans lequel on jette la graine de moutarde, qui passe entre les deux meules, et qui est réduite en pâte au moyen du mouvement de rotation que l’ouvrier donne au bâton. On verse dans le trou un peu d’eau ou de vinaigre pour réduire la moutarde en pâte. Celleci coule par une rainure et un trou pratiqué au tambour, et va se rendre dans un pot placé sur la table au-dessous du trou. La lettre D indique le couvercle que l’on pose sur le moulin, lorsqu'on n’en fait pas usage.

PLANCHE XII

Fig. 1. Z'raïfneau pour réparer les routes.

L'état déplorable des chemins vicinaux en France nous engage à donner la figure d’une machine pour réparer les chemins, dont on fait usage dans plusieurs communes en Angleterre pour réparer et entretenir les routes en bon état. C’est en vain qu’on cherchera à améliorer

l'agriculture, tant qu’il n'existera pas parmi

nous des chemins vicinaux praticables. Mais

pour cela il faudroit des lois et de l'argent qui nous manquent. Ceux qui se trouveront dans des circonstances plus heureuses profiteront de la machine que nous allons décrire. Elle est formée de deux fortes planches AB, garnies de lames de fer à leur base, formant un angle dont le sommet est ouvert de quelques pouces et la base de 20 d.m.(6 pi.) Ces planches sont surmontées d’un châssis en madriers dont les

côtés, longs de 135 c.m.(4 pi. 2 po.),sont réunis par quatre traverses qui forment à la partie antérieure un écartement de 90 c. m. (2 pi. 3 po.), et de 105 c. m. (3 pi. 3 po.) à la partie postérieure. Ces traverses sont garnies, ainsi qu’on le voit dans le dessin, de chevilles de fer qui rompent les proéminences de la route , tandis que le traîneau les égalise et comble les ornières. Les manches sont longs de 125 c. m.

(4 pi.) On donne aux chevilles une entrure dans la terre de 2 à 8 c. m. (1 à 3 po.),au moyen de hausses qu’on place entre le traîneau proprement dit et le châssis. Ces deux parties de la machine sont liées entre elles par des boulons à écrou. On peut réparer avec cet instrument, dans l’espace d'une journée, une route dans une longueur de trois lieues.

Fig. >. Machine pour réduire la farine en pâte. Cette machine est usitée à Gênes dans quelques boulangeries, et à Naples pour la fabrication du biscuit à l'usage de la marine.

Elle produit, avec le secours d’un cheval, une grande quantité de pâte dans un court espace de temps. On pourroit l'employer dans les grandes fermes, où l’on est souvent obligé de cuire une quantité notable de pain; elle est simple et d’une construction facile et économique. Elle se compose d’un vase en bois ou cuivre a, cerclé en fer, fait avec des'planches épaisses. Son diamètre est de 14 d. m. (4 pi. 4 po.), et sa profondeur de 46 c. m. (17 po.) Il porte à son centre une crapaudine sur laquelle repose l’axe de l'arbre qui soutient les quatre traverses à, b, etc., armées de battoirs, situés verticalement. L’axe supérieur du même arbre est assujéti par une pièce de fer c, dans laquelle il tourne lorsque la machine est en mouvement. Le levier d est fixé à l’une des

traverses; celles-ci sont liées en forme de croix,

et portent l’une quatre battoirs et l’autre deux

seulement. Ces battoirs sont placés à des distances inégales du centre, afin que la pâte puisse être remuée inégalement dans toutes ses parties. On leur donne une forme triangulaire, afin qu’ils éprouvent moins de résistance à diviser la pâte. Is ont une longueur de 40 c. m. (15 po.) La figure A représente le plan de la machine, B l'élévation, C une auge portative dans laquelle on prépare le levain.

Lorsqu'on veut procéder à la manipulation de la pâte, on jette la farine dans le cuvier ou pétrin, puis on y ajoute le levain qu'on a délayé dans une suffisante quantité d’eau chaude; on met en mouvement la machine au moyen d’un cheval, et la pâte est parfaitement formée au bout d’un quart d'heure ou d’une demiheure, selon la quantité de farine qu’on a mise dans le pétrin.

Fig. 3. Compas niveleur. I] se compose de deux branches en bois A B, qui peuvent avoir deux ou trois mètres de long, et qui sont jointes à l’une de leurs extrémités par une charnière, comme dans les compas ordinaires. L'une des branches porte à son autre extrémité une tige C graduée, qui glisse dans une mortaise pratiquée à l’extrémité de l'autre branche du compas. On fixe sur cette branche un niveau d’eau ordinaire , ainsi qu’on le voit sous la lettre B.

Lorsqu'on veut niveler un terrain en pente et y pratiquer des irrigations, on emploie cet instrument, qui indique, au moyen des degrés numérotés sur la tige C, la différence des inclinaisons, et qui donne ainsi la facilité de diriger les rigoles, en conservant la pente nécessaire à la direction des eaux. On en fait usage en Angleterre.

PLANCHE XIII

Fig. 1. Pompe à chapelet. On emploie ces pompes dans plusieurs endroits pour élever eau nécessaire aux irrigations des jardins.

Elles en fournissent une assez grande quantité.

Elle est composée d’une roue À, mue par un cheval, dentée, horizontale, et qui engrène avec une autre roue verticale B; celle-ci porte à l'extrémité de son arbre une lanterne G, sur

laquelle est posée la chaîne D, qui passe dans un corps de pompe : cette chaîne est formée par des rondelles de fer de 11 c. m.(4 po.) de diamètre, entre chicune desquelles on fixe deux pièces de cuir épais, qui sont de forme ronde, et dont le diamètre est plus grand que celui des rondelles, de manière qu’elles dépassent un peu celles-ci. Une des rondelles G est percée à son centre d’un trou oblong, et l’autre E est armée à sa face inférieure d’un demi-cercle en fer; elle est trouée comme la précédente. Ces rondelles tiennent les pièces de cuir comprimées par le moyen d’une pièce de fer F, dont l’une des extrémités se termine en forme d’anneaux, et l’autre est aplatie et percée d'un trou. Lorsqu'on veut fermer la

chaîne, on fait passer cette pièce de fer à tra-.

vers le trou pratiqué au centre des rondelles et des cuirs, et on l’assujétit par une lame de fer qu'on fait entrer avec force dans le trou inférieur de la pièce F, et qu’on replie pour l'empêcher de tomber. L'on dispose ainsi toutes les rondelles, et on les unit avec des anneaux de fer; de manière que l'anneau inférieur des chaînons passe dans l'ouverture supérieure de la pièce G, et leur anneau supérieur dans le fer demi-circulaire dont est garnie la rondelle E, ainsi qu'on le voit à la lettre D. (Il est à remarquer qu’on n'a mis qu'un anneau aux deux chaînons qui devroient en avoir plusieurs.) On fait entrer cette chaîne dans le corps de pompe qui descend jusqu’au fond de l’eau, et on la fixe autour de la lanterne. Lorsque la machine est mise en mouvement, les rondelles sont accrochées par les barreaux dela lanterne, de sorte que la chaîne est entraînée, et monte continuellement dans le corps de pompe; les cuirs qui pressent légèrement contre les parois intérieures de la pompe soulèvent l’eau, et la versent par le goulot qui est adapté à la partie supérieure de cette pompe. La machine qu'on vient de décrire était mue par un petit cheval, et avait coûté de 700 à 800 francs.

Fig. 2. Noria à godets de cuir coniques.

Cette machine, que nous avons vue sur la rivière d'Orbe en Suisse, a été décrite dans la

seconde partie du tome II des Mémoires de la société de Lausanne. Elle nous paraît mériter l'attention par sa simplicité, par le peu de dépense d'établissement et d'entretien qu’elle exige, et par l'application qu’elle peut trouver dans différentes circonstances ; elle est composée d’une roue À, recevant le mouvement par un encaissement d’eau qui est amenée d'une rivière F. Une ouverture à pêne.

porte, au moyen d’un conduit, l'eau sur les ailes de la roue; l'arbre de cette roue est garni d’un tambour à baguettes, qui donne le mouvement d’ascension aux godets remplis d’eau, au moyen de la corde C, à laquelle ils sont attachés; cette corde tourne en même temps sur un second tambour B, fixé à la partie supérieure où l’on veut monter l’eau ; les godets se vident dans un réservoir G, placé au-dessous de ce tambour, et l’eau se rend de ce réservoir à la partieH, ou dans tout autre lieu où on veut la diriger. Les deux tambours ont 13 d. m. (4 pi. 5 po.) de diamètre; la corde a 14 m. m. (6 li.) de diamètre, et dans sa longueur totale 72 mètres (224 pi.): elle se tend au moyen d’un nœud coulant. Les godets se remplissent en passant sous le tambour inférieur, qui tourne dans un baquet rempli d’eau ; cette eau est rapportée par un conduit qui part du canal O; les godets s'attachent sur la corde à leur base, au moyen d’une ficelle, et à une distance de 15 à 30 c. m. (5 à 11 po.), selon l'élévation où l'eau doit être portée, ou d’après la force motrice dont on peut disposer, etc.

Comme les cordes pourroient former une trop grande courbure si les godets étaient trop chargés d’eau, et que cette courbure pourrait puüire dans certaines circonstances, on évitera cet inconvénient en les tenant à de plus grandes distances les uns des autres, ou en mettant deux cordes garnies de godets , au lieu d’une ; ceux-ci élèveront une plus grande quantité d’eau, en raison que leur position approchera de plus près de la verticale. On a figuré deux de ces godets pour faire mieux concevoir la manière dont ils sont fixés sur la corde. Cette machine, telle qu’elle est ici décrite, élève 700

« Machines.

+ « D Zi. Cite Lot.

Hama. + S

«= Machirees. A7.

Lith.de Cde Last.

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