DIVERSES
PLANCHE PREMIÈRE
Fic. 1. Fauchon pour couper les ajonces et les bruyères. Il a une lame fort épaisse, longue de 3 d. m. (11 po.), et large de 16 c. m. (6 po.) vers le manche. Il est nommé dayat dans le département des Basses - Pyrénées, où on en fait usage. Son manche a 12 d. m. (3 pi. 8 po.) de longueur. Il est muni, vers le milieu, d'une poignée coudée, longue de 3 d. m.
(11 po.)
Fig. 2. Couperet pour tailler les broussailles. Il est usité dans l’Andalousie pour couper les camerops humilis L., très-communs dans les champs. La lame a 22 c. m. (8 po.) de long sur 14 (5 po.) de large. Le manche a 8 d. m.
(2 pi. 5 po.) de long.
Fig. 3. Tranchoir pour les bruyères. On le nomme #rdar dans le département des Landes, où il est employé pour couper la bruyère. Sa lame a de 25 à 35 c. m. (9 à 13 po.) de long sur 8 ou 16 (3 à 6 po.) de large.
Fig. 4. Tranche-gazon. Son manche à béquille, long de 13 d. m. (4 p.), s'attache à la gouge d’une lame longue de 4 d. m. (15 po.), et large de 11 à 12 c. m. (4 à 5 po.) Lorsqu'on veut enlever des gazons pour faire des rigoles, on désigne l'alignement avec un cordeau; et, après avoir coupé l’herbe et la terre avec cet instrument, on dégage avec une bêche.
Fig. 5. Support pour les citrouilles. C'est un panier en entonnoir, à la base duquel est fixé un piquet qui s'enfonce en terre. On y pose les citrouilles, aux environs de Rome, pour qu'elles ne soient pas gâtées par l'humi-
dité du sol. 11 a une ouverture de 38 c. m.
(14 po.) et une longueur de 26 (9 po. 7 lig.)
Fig. 6. Faucille à transplanter. Les cultivateurs des environs de Valence en font usage pour couper la terre et une portion des racines d’une plante qu’ils veulent transplanter. Le tranchant se trouve sur la courbe extérieure de la lame; il a 3 7; d. m. (13 po.); le manche a 22 c. m. (8 po.)
Fig. 7. Batte à manche. On s’en sert pour battre les aires de grange, les allées, etc. Elle est faite avec un billot de bois, long de 35 c. m.(13 po.), large de 20 (7 po.), et épais de 9 (3 po.), et un manche incliné, long de 9 d. m. (2 pi. 9 po.)
Fig. 8. Crochet pour esherber entre les pavés. Il est employé à Paris pour déraciner les herbes qui croissent dans les cours entre les pavés. Son manche a 7 d. m. (2 pi. 2 po.) Son fer a 106 c. m. (3 po.) de sa pointe à sa coudure, et 15 (5 po.) de cette partie à son extrémité supérieure.
Fig. 0. Épée pour tailler les fèves. Les cultivateurs du royaume de Valence engraissent leurs rizières avec la tige des fèves faba equina L., qui parviennent, à la fin de mars, à une élévation de 14 à 15 d. m. (4 à 4 pi. 7 po.) Alors un ouvrier, en faisant agir à droite et à gauche une large épée tranchante des deux côtés, taille les tiges des fèves en trois longueurs à peu près égales. La lame a 6 d. m. (rx pi.
10 po.) de long. Ce genre d'engrais pourrait remplacer avec avantage les fumiers.
Fig. 10. Cuillere pour enlever les yeux des Ppommes-de-terre. L'économie des matières nutritives est toujours une chose importante dans les temps de disette. Et comme l'œil de la pomme-de-terre est susceptible de reproduire la plante, on enlève ces yeux avec célérité, en employant une petite cuillère en fer, de forme semi-sphérique, à bords tranchans.
Fig. 11. Batte-gazon. Il est employé pour affermir les gazons que l'on dispose pour former des bancs. C’est un billot de bois, long de 2 d. m. (7 po. 4), large de 11 c. m. (4 po.), et épais de 8 c. m. (3 po.) Il a une poignée longue de 12 c. m.(4 à 5 po.)
Fig. 12. Pincette pour ramasser les chätaignes. Elle est faite avec un morceau de roseau fendu en deux et courbé par le moyen de la chaleur. On l'emploie en Toscane pour ramasser les châtaignes qui sont couvertes de
leur enveloppe piquante. Cette pince, très-élastique, s'ouvre d'elle-même lorsqu'on cesse de la presser.
Fig. 13. Tabouret pour égruger les panicules de maïs. On y adapte une lame de fer dont les bords sont posés dans un sens vertical. Un ouvrier, assis sur le tabouret, prend à deux mains un panicule de maïs, qu’il égrène en frottant contre le bord supérieur de la lame. On en fait usage dans le département des Hautes-Pyrénées.
Fig. 14. Sac pour cueillir les feuilles. On fixe à son ouverture un cercle en bois avec une corde, à laquelle on attache un petit crochet. L'ouvrier, monté dans un arbre, suspend le sac à une branche par le moyen du crochet, et il le remplit de feuilles à mesure qu'il dépouille les branches. En usage dans le duché de Parme.
PLANCHE II
Fig. 1. Zraçoir. On fait usage de cet instrument dans le département des Hautes-Pyrénées pour tracer les lignes sur lesquelles on doit semer le maïs. Il est composé d’une flèche à laquelle on attèle Les bœufs à l’une des extrémités, et qui se fixe par son autre extrémité à une longue traverse de bois, qui porte un nombre plus ou moins grand de chevilles ou traçoirs. Cette traverse est surmontée de deux manches, qui servent à diriger le traçoir. Lorsqu'on a parcouru la longueur du champ, on fait passer dans la dernière ligne une des chevilles placées à l'extrémité de la traverse, afin d'obtenir par toute la pièce de terre des distances égales.
Fig. 2. Plantoir garni en tôle. Sa longueur totale est de 25 c. m. (9 po.)
Fig. 3. Plantoir à poignée. Il a 8 d. m. (2 pi. 6 po.) de long. Il est garni d’un fer à son extrémité. Sa poignée, large de 12 c. m. (4 po. 5 lign.), facilite beaucoup l'opération du plantage. En usage en Hollande.
Fig. 4. Plantoir obtus à son extrémité. | ressemble à celui de la fig. 2. Mais il est plus gros
à son extrémité, étant employé pour les plantes à racines touffues.
Fig. 5. Plantoir pour les arbres. On le fait plus ou moins gros ou long, selon les besoins. Il sert à planter les osiers, les peupliers, les saules, etc. La cheville placée à son extrémité supérieure sert à l’enfoncer en terre ou à le retirer.
Fig. 6. Plantoir à cheville. Cette cheville sert à déterminer la profondeur du trou qu’on veut faire.
Fig. 7. Plantoir ordinaire.
Fig. 8. Plantoir en fer enflé à son extrémité. 1] sert pour planter les arbres d’une certaine grosseur. On en fait usage en Italie.
Fig. 9. Plantoir en fer avec un anneau au sommet. Il sert en Espagne, ainsi que dans le département des Pyrénées- Orientales, pour planter les arbres et la vigne. On l’enfonce ou on le retire de terre par le moyen d’une verge de fer qu'on fait passer dans l'anneau qu'il porte à son extrémité. Ila 12 d. m.(3 pi.7 po.) de long, et 5 à 6 c. m. (2 po.) de diamètre.
Fig. 10. Plantoir pour les pommes-de-terre.
C'est une espèce de brouette qui porte à sa roue des plantoirs longs de 12 c. m. (4 po. .), ayant 10 c. m.(3 po. 8 lig.) dans leur plus grand diam. et3 c. m.(1 po.) à leur extrémité. Ils sont placés sur la circonférence de la roue dans une distance proportionnée à celle que l'on veut conserver entre les plans de pommesde-terre, de sorte que souvent on ne met que 5 plantoirs au lieu de 9. Les deux bras à crochet qui tournent sur le boulon à l'extrémité du brancard, et qui ont 9 d. m. (2 pi. 9 po.) de long, servent de traçoirs pour régler les distances à observer entre les rangées. On les relève à volonté par le moyen d’une corde qui s'attache aux chevilles placées sur le côté des brancards. Ils sont distans l’un de l’autre de 9 d. m. (2 pi. 9 po.) La roue a 7 y. d. m.
(2 pi. 2 p.) de diamètre. Cet instrument, usité en Suède pour le plantage des pommes-deterre, est très-bien imaginé, surtout dans les terrains légers. On le charge avec des pierres lorsque les plantoirs n’enfoncent pas assez profondément.
Fig. 11. Plantoir à plusieurs chevilles. C'est une pièce de bois carrée, longue de 12 d. m.
(3 pi. 8 po.), sur laquelle sont fixées sept dents, et qui porte une poignée élevée de 6 d. m.(2 pi.) On l’emploie dans le canton de Zurich pour semer ou pour planter les légumes.
Fig. 12. Plantoir en fer. 1] est analogue à celui de la fig. 9, et a 12 d. m. (3 pi. 8 po.) de long. On en fait usage à Malaga, où, après avoir creusé des tranchées pour planter la vi-
gne, on forme au fond de ces tranchées, avec le plantoir, un trou de 8 d. m. (2 pi. 6 po.) de profondeur. On y met le plant, et on y jette de la bonne terre, qu’on fait descendre avec une baguette de fer. «
Fig. 13. Plantoir en fer avec un arrét. Il a 1 mètre (3 pi. 1 po.) de cet arrêt à la pointe, et 2 d. m. (8 pou.) de ce dernier point au manche. Celui-ci a 7 d. m. (2 pi. 2 po.) de long, et la cheville qui sert d'arrêt a 2 c. m. On l’emploie à Rome pour planter la vigne.
On en fait également usage à Pise, où l’on a coutume de jeter du sable dans le trou après qu'on y a mis le sarment, ce qui facilite le développement des germes.
Fig. 14. Plantoir à plusieurs chevilles et en béquille. Il est du même genre que celui représenté à la fig. 1r.
Fig. 15. Plantoir en planche. C’est un plateau en planche auquel on fixe des chevilles qui forment autant de trous. A cet effet on le pose sur le sol, on monte au-dessus, et on le soulève avec une corde à laquelleil est attaché : on varie ces dimensions selon les graines ou les plantes qu’on veut confier à la terre, Il est en usage en Suède.
Fig. 16. Plantoir en fer et en vrille. On l'emploie en Catalogne pour faire les trous dans lesquels on plante les ceps de vigne. On pose ceux - ci en files à la distance de 9 d. m. (2 pi. 9 po.) les uns des autres, et chaque file est séparée par un intervalle de 36 d. m. (1x pi.) Son manche a 5 d. m. (18 po.) de long, et le fer a 10 d. m. (3 pi. 1 po.) de long et 2 Y. c. m. (11 po.) de diamètre.
PLANCHE III
Fig. 1. Houe à bras. Cet instrument est trèspropre à donner des labours aux plantes disposées par rangées. Il se compose d’un avanttrain et d’un arrière-train réunis par une charnière. La roue en fer est fixée à l’une des extrémités de l'arrière -train, qui se termine, ainsi que l’avant-train, par un manche en bé-
quille. Le fer de houe se fixe dans l’arrièretrain à peu de distance de la roue. Lorsqu’on veut travailler la terre entre les rangées, un ouvrier placé à la partie antérieure tire la houe, tandis qu’un second la pousse par l’autre extrémité. On pourrait la disposer de manière qu'elle füt tirée par un petit âne.
Fig. 2. Ravale en caisson. C'est un instrument destiné à égaliser la surface du sol, en enlevant la terre des parties trop éminentes, et en la transportant dans les parties creuses. Il est composé d’un fond en planche, armé dans sa partie antérieure d’une lame de fer pour couper et prendre plus facilement la terre. Ce fond est garni, par derrière et sur les côtés, de planches liées avec des tenons, et servant à retenir la terre. Un manche qui traverse la planche du derrière, et qui se fixe sur le fond , sert à guider l'instrument. Il est tiré par un cheval qu’on attèle au palonnier , attaché sur les côtés de la caisse par deux chaînes. Lorsqu'elle est suflisamment remplie de terre, l'ouvrier appuie sur le manche de manière à soulever la partie antérieure. Il la conduit ainsi dans le lieu où doit être versée la terre. Elle est en usage chez quelques bons cultivateurs du nord de l'Europe.
Fig. 3. Ravale oblongue. Elle ne diffère de la précédente que par sa forme et ses dimensions. Elle a 13 d. m. (4 pi.) de long, sur 25 c. m.(9 po.) de large. Son grand rebord a 7 c.m. (2 po.) de hauteur. Le manche, mesuré extérieurement, a 42 c. m. (1 pi. 3 po.) de long. Sa plus grande largeur est de 15 c. m.
(5 po.) Il est percé à son extrémité, afin de donner prise à l’ouvrier. On le construit quelquefois sans lame. On l’emploie dans le royaume de Valence, non-seulement pour égaliser les terres labourables, mais surtout pour niveler les champs qui doivent être soumis à l'irrigation.
Fig. 4. Ravale de forme carrée. Le bord antérieur a 7 d. m. (2 pi. 2 po.) d'ouverture, et le fond en a 6 de long et 1 7, d'élévation. Les côtés ont6 7. d. m. (71 pi. 10 po.) de longueur. Le manche à 4 d. m. (1 pi. 10 po.) Les anneaux sur les côtés servent à atteler un cheval. Cet instrument, enusage dans le royaume de Valence, pourrait, étant construit sur de plus petites dimensions, être très-utile pour commencer à creuser les fossés.
Fig. 5. Crochet pour faucher. C'est le crochet dont il est parlé dans la série Faux et
Fourches, pl. Jre, fig. 7, et qu’on a oublié de figurer en son lieu.
Fig. 6. Traçon. Il sert à tracer au cordeau les lignes où l’on doit semer ou transplanter; c'est une perche armée d’une pointe de fer, qui sert en même temps de mesure. On indique par de petits clous les différentes parties des mesures.
Fig.7.Serpe à couper les chardons. On l’emploie aussi en Andalousie à tailler les broussailles. La lame, non compris la douille, .a dans sa plus grande courbure 26 c. m. (9 à 10 po.), et 8 (3 po.), dans sa plus grande largeur.
Fig.8.Truelle pour enlever les oignons. Elle est employée dans les jardins d'agrément pour les oignons de fleurs ou les petites plantes. Le manche a 13 c. m.(4 po. 7, ) de long, et la lame 12 (4 po.), sur 6 c. m. (2 po.) dans sa plus grande largeur.
Fig. 9. ruelle pour transplanter. On en fait usage dans les jardins aux environs de Valence en Espagne. Elle est commode, soit qu'on veuille déraciner les plantes, ou les enlever avec la terre pour les transplanter. Sa lame a 2 d. m. (7 po.) de long, la partie qui forme le coude a 5 c. m. (2 po.), et le manche > ”, d. m.
Fig. 10. Spatule à remuer la terre. On s’en sert pour donner un labour à la terre des pots et des caisses à fleurs. Sa lame a 14 %: c. m. (5 po.), et son manche 17 (6 po.).
Fig. 11. Truelle carrée. Elle est employée pour remplir de terre les pots de fleurs. Son manche a 4 c. m. (1 po. 7.) de long, et son collet en retour d’équerre en a 7 (2 po. 4).
La longueur de la lame est de 20 c. m. (7 po. 7 }, sa plus grande largeur de 15 c. m.
(5 po.), et sa plus petite de 8 c. m.(3 po.)
Fig. 12. Z'ransplantoir. C’est un instrument de fer, en forme de gouge, d'une plus ou moins grande dimension, qui sert à enlever de terre les plantes que l’on veut transplanter.
Fig. 13. Échardonnoir. C'est une pince en bois avec laquelle on saisit les chardons à fleur de terre, et on enlève leur profonde racine,
Car)
qui ne repousse plus, ainsi qu'il arrive lorsqu’elle se trouve brisée à peu de distance de la superficie du sol. Ses deux branches ont 15 d. m.(4 pi. 7) de long, et la partie qui forme les pinces est dentelée, et a une longueur de 18 à 19 c. m.(7 po.)
Fig. 14. Rabot pour égaliser le terrain. C'est une planche que l’on assujétit au bout d'un manche, et qui est surtout employée pour égaliser le sable dans les allées.
Fig. 15. Porte-cordeau. On emploie cet instrument lorsqu'on veut empêcher qu'un cordeau tiré à une grande distance ne traîne sur le terrain; car dans ce cas il serait difficile de bien prendre l'alignement. 11 est composé d'un piquet qui porte à sa partie supérieure une potence avec deux chevilles entre lesquelles repose le cordeau. Celui-ci est garni de nœuds qui servent à régler les distances qu’on veut donner aux plantes.
PLANCHE" TV
Fig. 1. Routoir en béton. Ces routoirs sont très-nombreux aux environs de Valence en Espagne, où on les nomme balzas. Pour les construire, on fait dans les champs des fosses de la profondeur, de la largeur et de la longueur qu'on veut donner aux murailles du routoir; puis l’on remplit ces fosses avec du mortier à chaux et à sable, mélangé de cailloux de rivière de la grosseur d'une noix jusqu’à celle du poing et au-dessus. On commence par jeter le mortier, puis des cailloux par couches peu épaisses, et l’on bat les cailloux à chaque fois avec une demoiselle. On élève une partie de la muraille à la hauteur de 45 à 65 c. m.( 1 à 2 pi.), et on laisse sécher pendant quatre ou cinq jours. L’on continue l'ouvrage de manière à reprendre audessus de la portion qu'on avait terminée quelques jours auparavant : on forme ainsi une solide et très-durable construction, connue sous le nom de béton, qu'on élève à fleur de terre. On enlève ensuite la terre qui se trouve dans l'intérieur des murailles jusqu'à leur base, après quoi l'on forme le sol en jetant le même mélange de mortier et de cailloux.
Ces réservoirs durent cent et cent cinquante ans, et se maintiendraient des siècles, si l’eau âcre dans laquelle le chanvre a macéré ne corrodait les pierres et surtout le ciment employé à leur construction. Les cailloux quartzeux qui entrent dans le bétou ne sont pas suscep-
tibles d’être corrodés : on les voit aussi ressortir à la surface des murailles. On remplit les balzas en détournant l’eau d’un ruisseau ou de toute autre manière : on les vide avec des seaux. On en trouve où l’on a construit un puisard à l'extérieur des murailles, avec une communication intérieure. C'est par ce puits qu’on vide l’eau. Les habitans des campagnes tiennent ordinairement ces réservoirs remplis d'eau dans le courant de l’année, et ils s’en servent pour laver le linge.
L'intérieur du routoir a 13 m. (4o pi.) de long sur 4 (12 pi. %.) de large, et un mètre 7, (4 pi. 7 po.) de profondeur. Les murailles ont ordinairement 4 d. m.(1 pi. 3 po.) de largeur. Elles sont recouvertes en dalles. A. Canal par lequel on donne entrée à l’eau : il a 26 c. m.(9 po. .) de large; sa longueur est plus ou moins considérable. Les deux murailles qui le forment portent à leur entrée une rainure dans laquelle on met une planche pour arrêter l’eau, ou qu’on enlève lorsqu’on veut qu’elle coule à travers le routoir. Ce canal se divise à droite et à gauche, et conserve la même largeur jusqu’au point où, ces deux branches reprenant la direction primitive du canal, se rétrécissent et portent seulement 18 c. m. (6 po. % ) de large. Cette division est formée par un massif en maconnerie long de 13 d. m. (4 pi.) et large de 4 (1pi.). On pratique aux deux extrémités de ce massif, ainsi qu'à l'entrée du canal, des rai-
(Cr2)
nures qui reçoivent une planche lorsqu'on veut arrêter le cours de l’eau. L’eau sort du routoir par une ouverture qui se prolonge jusqu’en B. Cette issue, large de 3 d. m.(x1 po), et formée par un abaissement de quelques cent. que reçoit la muraille dans la longueur de 18 d. m. (5 pi. 7). Elle porte une rainure qui sert également à arrêter les eaux par le moyen d’une planche. Deux pierres posées le long de ce canal, distantes de 8 d.m. (2 pi. .), ayant en hauteur 4 d. m. (1 pi. 3 po.), et 9 (2 pi. 9 po.) de longueur, servent à placer le chanvre, et à le faire égoutter, à mesure qu’on le retire du routoir; elles sont situées à l'extrémité par où sortent les eaux.
Fig. 2. Manière de former des cercles pour les cuves. On fabrique sur les Apennins des cercles qui ont de 7 à 10 c. m. (3 à 4 po. ) de largeur sur 2 (9 lig.) d'épaisseur. A cet effet on fend des arbres de hêtre en 4, 5 ou 10 bandes, qu’on faconne ainsi qu’on va dire. On creuse en terre une étuve ou fosse longue de 11 mètres (34 pi.), large de 5 ou 6 d.m. (1 à 2 pi.), et profonde de 3 (11 po.). On garnit les côtés de cette fosse de pierres plates, ainsi qu'on le voit dans une partie de la figure 2, B. On recouvre cette fosse de pierres plates, comme on l’a représenté à cette même figure. On forme ainsi un canal souterrain large de 4 d.m.(1 pi.3 po.), et élevé de trois.
On établit au-dessus de celui-ci deux murailles en pierres plates, qu’on recouvre comme les précédentes, mais avec des petites pièces de bois, fig. 2, C; de manière qu’on forme un canal supérieur ayant les mêmes dimensions que le canal inférieur, et on recouvre le tout avec de la terre, comme on le voit dans la coupe fig. 2, A. On bouche les deux canaux à l’une de leurs extrémités, de manière cependant que la fumée du feu qu’on allume à l’autre extrémité puisse remonter dans le canal supérieur et sortir au-dessus de l'ouverture où l’on fait le feu. On met dans le canal supérieur des bois qui, étant échauffés par la chaleur, se ploient facilement et prennent la forme circulaire qu’on veut leur donner.
Fig. 3. Lorsqu'on a fendu les arbres, on faconne les pièces de bois en les fixant avec des coins dans des entailles faites à deux gros poteaux plantés verticalement en terre : les deux traverses horizontales représentent la position des cercles.
Fig. 4. Lorsque les cercles ont recu une première façon, on les termine avec la plane en les faisant passer dans un creux carré qu’on a pratiqué à travers un tronc d'arbre.
Fig. 5. Cette figure représente un cercle auquel on donne au sortir de l'étuve, par le moyen de piquets plantés en terre, la courbure qu'il doit avoir.
PLANCHE V
Fig. 1. Traçoir à cheval. Il est composé d’un châssis, auquel on fixe un branchard par le moyen d’un axe. La partie postérieure du châssis est armée de deux montans, qui servent de manches, et qui sont consolidés par une tringle de fer qui s'attache sur une traverse. On rapproche ou on éloigne les chevilles de fer destinées à former les raies, au moyen des trous plus où moins nombreux qui se trouvent sur le côté postérieur du châssis. Lorsqu'on veut planter ou semer des légumes, des racines, etc., à des distances égales, on conduit
l'instrument, attelé d’un cheval, sur toute la surface du champ, dans deux sens contraires et à angle droit. Les raies ou les points de jonction formés par l'instrument, indiquent les espaces où doit être faite la plantation.
Fig. 2. Maillet pour briser les mottes. On en fait usage en Suisse pour briser, après le labour , les grosses mottes dans les terrains argileux.
Fig. 3. Faucille et crochet pour la récolte des fèves. L'ouvrier tient de la main gauche le crochet avec lequel il embrasse une certaine
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quantité de tiges ; alors il les coupe en frappant avec la faucille qu’il porte à la main gauche. Cette manière de procéder, très-expéditive, est en usage dans l’île de Thanet.
Fig. 4 et 5. Plan et coupe d’une fosse à fumier. Il est de la plus grande importance de ramasser, de conserver et de bien préparer les substances soit solides, soit liquides, qui peuvent contribuer à augmenter la quantité et la qualité des fumiers. Il est donc indispensable d'avoir des fosses à fumier bien construites : il faut pour cela les creuser dans la terre, les paver, les entourer de murailles, donner accès aux voitures par une pente qui facilite à l'écoulement des liquides dans un trou pratiqué à l’un des coins. Une pompe placée sur ce trou sert à arroser et à humecter la masse du fumier de temps à autre.
Fig. 6. Panier pour semer le blé. On l'emploie en Angleterre dans le comté de Durham. Il est tissu en paille comme les ruches. Le semeur le suspend au devant de lui, en passant
la courroie derrière son cou. Il le soutient par une poignée placée sur son bord antérieur.
Fig. 5. Crochet pour le transport des caisses de jardins. La lettre À indique un double crochet, et la barre qui sert à le porter avec sa charge; B, un crochet simple. Ils ont l'un et l’autre 6 ou 7 d. m. (2 pi.) de long, et la barre en a 17 (5 pi. 3 po.). Lorsqu'on veut soulever une caisse, on pose contre l’un de ces côtés la calle E, dans l’échancrure de laquelle on fait passer le levier P. Lorsqu'elle est un peu élevée de terre, on insinue contre son fond les extrémités du double crochet, ou celles de deux crochets simples. On réitère la même opération du côté opposé de la caisse, et deux ouvriers peuvent alors la transporter, au moyen de deux bâtons. On peut ainsi employer des crochets garnis de cordes, lettre C, ou simplement deux barres F avec une corde qu'on fait passer sous les pieds de Ja caisse.
PLANCHE VI
Fig. 1. Melons en espaliers. J'ai vu en Sicile un particulier qui avait eu l'idée de cultiver des melons en espalier, et qui avait obtenu une plus grande abondance de fruits. Cette méthode me paraît devoir présenter de bien plus grands avantages dans notre climat, et mériter d’être tentée. On sème des melons le long d’un mur : on étend et on arrête les branches avec des crochets contre une palissade, et on met des supports en bois un peu concaves sous les fruits les plus rapprochés du sol.
Fig. 2. Chdssis pour faire voyager les jeunes plantes. C'est une caisse couverte avec des lates en forme de berceau et remplie de terre- Elle a deux poignées pour faciliter le transport. On la couvre avec une toile lorsqu'on veut l'abriter contre un soleiltrop ardent. C'est le moyen que l’on emploie pour faire faire des voyages de long cours aux plantes.
Fig.3. Ceinture de jardinier. L’ouvrier s'en