‹ Collection de machines, instrumens, ustensiles, constructions, appareils, etc., employés dans l'economie rurale, domestique et industrielleChapitre 39 sur 75 · RÉCOLTES · texte numérisé non relu

RÉCOLTES

PLANCHE PREMIÈRE

Fic. 1 et2. Rouleau cannelé à dépiquer les grains. L'art de battre les blés et d'économiser la main-d'œuvre est une des parties de l'économie rurale qui a mérité depuis long-temps l'attention d’un grand nombre de cullivateurs. Les Suédois, les Italiens, les Anglais et les Français ont fait beaucoup de tentatives dans ce genre. Les Anglais ont composé des machines trop dispendieuses et trop compliquées pour étre adoptées dans les petites fermes.

Nous donnerons quelques-unes des machines qui sont d’une exécution assez facile pour être imitées par tous les cultivateurs.

Celle qui est représentée sous la fig. 1 et 2 est en usage dans les environs de Plaisance, en Italie. C’est un cylindre cannelé, composé d’une seule pièce de bois, ou d’un cylindre rond, sur lequel on cloue les parties saillantes qui doivent former les cannelures. Sa longueur est de 1 m.m. 7, à 2 m.(x lig.). Le cylindre, à prendre de la base des cannelures, a 2 d. m.

(7 pou. ::) de diamètre. Ces cannelures, au nombre de sept, sont fermées par des parties saillantes de 1x c. m. (4 pou.), larges à leur base de 8 c. m. (3 pou.), et à leur superficie, de5 7, c.m. (2 pou.). Le rouleau porte à ses extrémités un axe ou un boulon en fer, qui tourne dans deux pièces de bois, longues de 5 d. m. (18 pou.), auxquelles on attache les cordes qui doivent servir au tirage.

On étend sur l’aire les gerbes à demi redressées, et on les fait fouler par un, deux ou trois chevaux , qui tirent chacun un rouleau, et qui sont conduits, au moyen de longues cordes, par un ouvrier qui se place au centre de l’aire.

Fig. 3. Chariot carthaginois pour le dépiquage. Cetinstrument, qui est en usage dans la basse Andalousie, remonte à la plus haute antiquité. Varron en parle en ces termes: Fit ex axibus dentatis cum orbiculis, quod vocant plostellum pœnicum , in quo quis sedeat atque agitet, quæ trahunt jumenta, ut in Hispania citeriore et alüs locis faciunt. (Var. lib. I, cap. zu.) On retrouve dans cette description des axes ou cylindres dentelés, distribués par petites sections orbiculaires, cum orbiculis ; enfin une espèce de chariot, plostellum, sur lequel est assis le conducteur, qui presse ses chevaux. C’est en effet ce qui a lieu aujourd’hui en Espagne. Un homme, assis sur la tablette qui surmonte les rouleaux, conduit avec assez de rapidité les mules qui trainent circulairement sur l'aire le chariot carthaginois. Ce passage a été mal compris par les interprètes, faute de connoître l'instrument dont il s’agissoit : ils ont mis le mot assibus ( planches), au lieu de axtbus, rouleaux.

Il est formé par cinq rouleaux (fig. 3 et4) de 1 mètre (3 pi.) de long, et de 22 c. m.

(8 pou.) de diamètre. Chaque rouleau est armé de lames de fer dentelées, les unes posées transversalement autour du cylindre, les autres longitudinalement. Les premières, au nombre de six rangées, ont une longueur de 5 c. m. (2 pou.) Les lames longitudinales, posées entre les premières, ont 1 d. m. de long, sur 5 à 7 m. m. (2 à 3 lig.) d'épaisseur. Elles entourent le cylindre, au nombre de dix, par rangées.

Les axes des cylindres sont reçus dans deux pièces de bois parallèles, et surmontées d’un:

cadre avec lequel elles sont liées par quatre montans. Les deux montans postérieurs soutiennent un plancher qui est porté en avant par deux autres montans placés vers le milieu du cadre. On charge ce plancher avec les pierres, lorsqu'on veut donner plus de poids à la

machine. Il sert en même temps de siége à l’ouvrier qui conduit les mules. Celles-ci sont attelées par le moyen de deux cordes qui s’attachent à la partie antérieure des deux traverses.

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