FABRICATION DU VIN
PLANCHE PREMIÈRE
Fic. 1. Vue d’un coteau dont le terrain est disposé en terrasse pour la culture de la vigne. On est dans l'usage, en Catalogne, de disposer en terrasse le sol des coteaux rapides et pierreux. On trouve souvent cinquante, et même cent terrasses les unes au-dessus des autres. Elles sont d'autant plus rapprochées que les
pentes sont plus rapides, et elles suivent en.
amphithéâtre tout le tour des coteaux. Onlaisse des ouvertures ou chemins pour monter de l'une à l’autre. Cette méthode est excellente pour conserver la terre sur le penchant escarpé des montagnes et des rochers, On arrête ainsi l'effet désastreux des courans d’eau en coupant leurs cours par ces murailles, et on prévient l’éboulement des terres. Les petits plateaux que l’on forme par ce procédé sont soutenus par de murailles en pierres sèches, et on leur donne une largeur plus ou moins considérable, selon que le coteau est plus ou moins escarpé. C’est sur ces plateaux que l’on cultive, en Catalogne, avee beaucoup d'intelligence, la vigne, l'olivier, et même diverses espèces de grains. La France nous offre plusieurs exemples de ce genre d'industrie.
Fig. 2. Vigne cultivée en palissade. Cette méthode est usitée dans le Médoc; elle présente plusieurs avantages; elle demande une consommation bien moins grande d’échalas, et moins de main-d'œuvre; elle permet, en outre, de laisser entre les ceps des intervalles où l’on cultive différentes plantes. Ces palissades sont formées par des échalas que l’on plante sur la même ligne, et auxquels on at-
tache de longues lattes, contre lesquelles on palissade la vigne.
Fig. 3. Crochet pour provigner la vigne. On fait usage de cet instrument, en Champagne, pour assujétir contre terre les ceps de vigne lorsqu'on veut les provigner. À cet effet on pique sa pointe dans le sol, de manière que le crochet retient le cep dans la direction qu’on veut lui donner. Il est en fer et porte une longueur de 4 d. m. (15 po.)
Fig. 4. Fourchette pour soutenir les ceps de vigne. On emploie à Xerès ces petites fourches, qui sont en bois, pour soutenir et tenir élevés de terre les ceps lorsqu'ils sont chargés de raisins. C'est afin d'empêcher que les raisins ne se pourrissent, s'ils venaient à étre en contact avec le sol. Cette méthode est utile dans les pays chauds, où le tronc de la vigne acquiert une certaine grosseur, et où, en laissant ramper les branches, on évite la dépense occasionée par l'usage des échalas. Ces fourches ont 4 d. m. (15 po.) de haut. On les fait à plusieurs branches, afin de donner aux raisins la hauteur convenable.
Fig. 5. Treilles pour les allées de jardins.
Pour utiliser les allées, on élève, sur les deux côlés des poteaux, aux sommet desquels on assujétit un treillis horizontal, sur lequel on fait monter la vigne. On laisse à jour les entredeux des poteaux, de manière à permettre l'accès de l'air et des rayons du soleil. On se contente de dresser, à la partie inférieure, des ceps de vigne en espalier.
Fig. 6. Erable servant de soutien à la vigne